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RELATIONS AVEC LÉ MONDE EXTÉRIEUR I

maceriae (i) — que le trésor de sa virginité, et sa conduite ne doit donner lieu à aucune interprétation défavorable (2). En règle générale, elle ne s'entretiendra avec aucun homme hors le cas de nécessité absolue et, même dans ce cas, elle le fera en présence d'une tierce personne (3). Elle ne désirera faire la connaissance d'aucun prêtre séculier, encore moins d'un religieux, a Eve s'entretint sans crainte avec le serpent, mais Marie ne parla qu'avec tremblement à Gabriel (4). » Qu'elle ne se permette, qu'elle ne tolère aucune familiarité. Elle ne passera jamais les mains par sa fenêtre (5); elle se gardera de donner ou de recevoir des baisers (6). Elle ne parlera à un homme que voilée et seulement à la fenêtre assignée pour les conversations (7), qui sera munie d'un rideau ou même d'un double rideau (8). M. Jusserand, qui a étudié jadis la règle d'Ailred au point de vue de l'histoire des mœurs du temps, a écrit à ce propos : « La fenêtre est l'objet des anxiétés de tous les faiseurs de règles pour recluses. 11 fallait bien une ouverture pour laisser passer le jour et, dans certains cas la nourriture, mais quelle nécessité dangereuse! (9) »

(1) Vita B.Inettae, xiv, 42, p. i53.

(2) Gbimlaîc, 16; Statuts de Richard de Chichester (Mamsi, XXIII, 71/»); Ancren Riwle, p. 21, 2a, 28, etc.

. (3) AiLRED, De vita eremit., 9, col. i454; Ancren Riwle, p. 53, 54.

(4) Ancren Riwle, p. 45, 53. « Penitus prohibemus ne aliquis ordinis nostri ad domos inclusarum vel monialium alterius ordinis visitandi gratia ire praesuœat » (Scripta defratribus de Sempringham, 24 : Dugdale, op. cit., VI (2), p. Lxn*). ■

(5) Ancren Riwle, p. 87 ; Vita Dorotkeae, rv, 96, p. 54o.

(6) Ancren Riwle, p. 87, i54, 34o. « Neque osculari debent a solitariis omnino [feminae] quia osculum una est ex quatuor speciebus amoris carnalis » (Grimiaïc, Régula, 16).

(7) AiLRED, De vita eremit., 10, col. i454; Ancren Riwle, p. 54.

(8) Grégoire de Tours, Vitae Patrum, i3. L'A. R. prescrit deux rideaux noirs sur lesquels sera cousue une croix d'étoffe blanche (p. 4o). Cf. Statuts de Richard de Chichester (Mahsi, XXIII, 714).

(9) JussERAHD, Les contcs à rire et la vie des recluses au XII° siècle (Romania, XXIV, 1895, p. 12 3).

I04 LES REGLUS

La recluse gardera ses yeux. Qu'elle se souvienne sans cesse qu'elle est morte au monde. Les morts regardent-ils encore (i)? Est-il rien de plus malédifiant qu'une recluse curieuse, qui se porte, à chaque instant, vers sa fenêtre comme un oiseau sauvage aux barreaux de sa cage (2)? Elle gardera sa langue, ne parlant qu'aux jours et aux heures auxquels la règle permet de rompre le silence (3). Elle évitera les conversations inutiles et prolongées et observera une sage discrétion même avec son confesseur, qui sera un vieillard d'une vertu éprouvée (4). Le bavardage et les commérages ernpêchent le recueillement intérieur et détournent de la contemplation (5).

VAncren Riwîe détend d'écrire ou de recevoir des lettres sans permission (6).

.Les règles destinées aux reclus leur recommandent pareillement la plus grande circonspection dans leurs rapports avec le sexe féminin (7).

(3) Ancren Riwle, p. 4ij 49. Voir la page en moyen-anglais intitulée How ane Ankares sal haf hir to thaim that cornes to hir (Gomment une recluse doit recevoir des visites) chez G. Horstmann, Yorkshire writers, Bichard Rolle of Hampole (London, 1896), I, p. 106-107. « Neque aliqua soror extra per fenestram prospiciat impudice, vage aut scandalose... Nec alicui viro manum nudam porriget palpandam » (Stat. incl. S. Reinoldi, en Appendice).

(3) Ancren Riwle, p. 76.

(4) AiLRED, De vita eremitica, 8; Ancren Riwle, p. 17, 5a, 53, 54, 323; Ordo inclusorum, éd. Haeftbn, p. 83.

(5) AiLRED, De vita eremitica, 8 ; Ancren Riwle, p. 5o, '360.

(6) AiLRED, 3. Cf. L, Pfleger, art. cité, p. 5o5. Wilbirgis recevait quelquefois pour la nuit des religiosae feminae de passage (Vita, ix, a8, col. 234). L'A. R. défend de donner l'hospitalité de nuit à aucun homme dans la recluserie (p. 817). Si un hôte y doit prendre un repas, il sera reçu par les servantes (p. 54).

(7) Ancren Riwle, p. Sig.

(8) Voir notamment Grimlaîc, r6, col. 694.

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