‹ Ermites et reclus [microform]Chapitre 28 sur 32 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

le pain blanc, dont il fut cependant obligé d'user par ordre de ses supérieurs (i), attendu qu'il s'était fait une loi de vivre d'aumônes à lui offertes, librement, sans se permettre d'en demander, à quels besoins qu'il se vît réduit, et s'il eût refusé le pain blanc, il se fût vu dans une perpétuelle nécessité de manquer de tout. Il couchait presque toujours sur le bois, ayant sous la tête une bûche entaillée, qui lui servait de traversier, se levant à nainuit. Toujours vêtu d'étoffe grossière, sans linge, aimant la solitude jusqu'à s'interdire toute conversation avec les hommes des carêmes entiers, refusant à toutes femmes l'entrée de sa grotte, à moins que ce ne fût par Ordre de ses supérieurs et en leur présence.

Charitable envers les pauvres jusqu'au point de distribuer, dans les calamités, les aumônes qui lui étaient faites, avec un si grand désintéressement qu'il se voyait souvent réduit à manquer du nécessaire à la vie. Il prenait souvent la discipline et celle dont il se servait était de fer, armée de pointes et d'éperons. Il ne lisait presque jamais la vie des saints qu'il ne répandît un torrent de larmes. Infatigable dans les exercices on le voyait, les diman-'^ ches et fêtes, huit heures à genoux et, dans certain temps, quinze. Il vendit son bien peu de temps après sa prise d'habit, dont il employa le prix en œuvres pies.

Il fit, au commencement de sa vie érémitique, un voyage à Rome ; auparavant il en avait fait un au Mont Séran (a), à Saint-Servais de Matreil (3) et à Saint-Jacques en Galice, sans que la dissipation, qui paraît inséparable des voyages, ait causé aucune altération à l'intégrité de ses mœurs, ni à la solidité de sa piété. Les treize dernières années de sa vie, il n'en fit aucun. Pendant quelque temps, il ne reçut que des pommes de terre. Il a passé quelquefois depuis le mercredi saint jusqu'au vendredi au soir sans nourriture que l'Eucharistie. On lui a vu faire dix-sept lieues sans manger. Il allait tous les jours à la messe et fréquentait les sacrements (4). »

(i) Les cordeliers de Savenay.

(a) Montserrat (Catalogne).

(S) Maestricht.

(4) Cette notice a été publiée sous le titre : Un prédécesseur de S.Benoît- Joseph Labre, dans les Annales Franciscaines (avril 1928, p. ii5-ii6), et.

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