POSITION CANONIQUE DES ERMITES
monition suivante accompagne la remise de l'habit érémitique :
Frater, ecce damustibi habitum heremiticum, cum quo monemus te vivere amodo caste, sobrie et sancte, in sanctis vigiliis, jejuniis, laboribus, precibus et misericordiae operibus, ut habeas vitam eternam et vivas in secxila seculorum.
L'oraison ad exenndum de ce pontifical et d'autres documents prouvent que des séculiers accédaient directement à la vie érémitique sans passer par la vie cénobitique. Mais la méthode la plus recommandée, préconisée par les ascètes de tous les âges et sanctionnée par la règle de saint Benoît, voulait que le candidat à la vie érémitique fît d'abord un long stage préparatoire dans un monastère. Suivant saint Pierre Damien, le cloître est le noviciat de l'ermite (i). a Ce n'est qu'après de longues années de luttes dans la palestre spirituelle, écrivait Etienne de Tournai, qu'il est permis d'ambitionner la solitude (2). » De désastreuses expériences avaient en effet montré que la solitude ne convient pas à la jeunesse. « De jeune hermite vieil diable », le proverbe était courant à la fin du moyen âge (3).
(i) Pierre Damier, Epist. la (P.L., CXLIV, SgS). — Tel était aussi le sentiment de S. Romuald, comme le montre Walter Franke, Romuald von Camaldoli und seine .Reformtâtigkeit (Historische Studien d'Efaering, 107, igi3, p. ii3).
(2) ÉTiEKNE DE TOURNAI, Epîst. iBq (P. L., GCXI, 446). — Sur la nécessité d'une probation antérieure dans un monastère, voir également les textes conciliaires indiqués et Bède, Hist. eccles., III, 19 (P.L., XCV, i48).
(3) Ce proverbe est cité par Rabelais, IV, ch. 64, et par Noël du Fail, Contes d'Ealrapel, éd. E. Courbet, Paris, 1894, p. i4i.