ERMITES CLERCS, ERMITES LAÏQUES II
aujourd'hui reçue. La messe d'un ermite dans sa petite chapelle, perdue au fond des bois, ne pouvait être qu'une messe hasse {missa privata). Il suffira de citer les textes suivants, qui s'échelonnent entre le IX^ et le XIP siècle, pour prouver que l'expression missam cantare (ou canere ou decantare) ne signifiait pas autre chose que « célébrer, réciter la messe » :
Nullus presbyter soins (i) missam cantare valet recte (2). — Semper lumen ardeat cum missa decantatur (3). — De privata missa, quomodo sit cantanda, id est legenda : sacerdos si privatam missam cantare voluerit, etc. (4). — Statutum est ut... missa... quotidie secreto decantetur (5). -r- Qui missam privatam cantare voluerit uni eorum quibus injunctum est in privatis missas ministrare innuat eum signe crucis (6). — Paralyticus autem erat et prae manuum tremore assidue sine astantinm anxilio presbyterorum missam canere nen petuit (7).
A ces textes significatifs nous pourrions ajouter d'autres témoignages nombreux et aussi probants. On disait pareillement « psalterium, hymnes decantare r> avec le sens de réciter (8).
Godric, nous l'avons dit, était laïque. Un moine de Durham venait tous les dimanches dire la messe dans son ermitage, et le pieux ermite avait le privilège de conserver le Saint-Sacrement dans sa chapelle (9).
(i), C'est-à-dire « sans servant ».
(a) Gonc.de Mayence de 8i3, c. 43 (Mamsi, XIV, 74).
(3) Lois d'Edgar, ia (Migne, P. L., CXXXVIII, 5o2).
(4) Guillaume d'Hirsau, Consaetudines, I, 86 (P.L., CL, ioi5).
(5) Pierre le Vénérable, Statuta, liv (P. L., CLXXXIX, io4o).
(6) Constitutiones Marbacenses, lxvii. De missa privata (Eusebics Amort, Vêtus disciplina canonicorum regularium et saeeularium, Venetiis, 1747, p. 406-407).
(7) Thietmar de Mersebodrg, Chronicon, VU, 4i (P.L., GXXXIX, iSgS); Marianus Scottus, Chronicàn, m. — Voir sur la question les remarques de Baluze, Capitalaria, Parisiis, 1677, note du t. II, p. 1168.
(8) Vita Wiielmi Firmat, II (BolL, avril, III, p. SSg ; Pierre Damieh, Opase. XV. i4 (P.L., CXLV, 847).
(g) Regihald, Vita Godrici, 49. Cf. Bridgett, Op. cit., p. a35-a36.