‹ Ernest Hello, l'homme, le penseur, l'écrivainChapitre 8 sur 15 · LE FOND D UNE AME I · texte numérisé non relu

LE FOND D UNE AME I

velle-Orléans. La lettre était triste et pleine d'un pressentiment étrans^e:

Qu'y a-t-il? s'écriait l'ami. Je refifarde aux horizons, je vous cherche et je ne vous trouve plus.

Hello comprit qu'il allait mourir.

Alors cet homme qui avait tant de choses à dire, mais qui savait que le silence peut être la parole suprême, entra dans un silence profond, que la douleur même ne pouvait rompre. Il n'en sortait que pour donner des consolations ou préparer des consolations futures à celle qui l'avait fait vivre trente et un ans et qui veillait depuis tant de nuits à son chevet.

Un gracieux détail se mêla à la solennité de la mort qui approchait. Cinq hirondelles, entrées par la fenêtre ouverte, vinrent se percher sur le lit du malade ; elles y revinrent tous les jours; puis le jour de la mort, s'élancèrent dans le ciel; on ne les revit plus. Ce n'était plus le rouge-scoroe du jardin, c'était l'oiseau de haut vol, c'était l'oiseau du départ. Hello reçut les sacrements de l'Église avec sa foi et son amour, et attendit son heure. Quelques instants avant la fin, il prononça ce simple mot, qui est toute la philosophie :

— Je remonte au Principe î Et sa lèvre murmura :

— Adieu ! qui est le mot de la désolation. Puis, d'une voix forte, il dit:

— A Dieu ! ({ui est le mot de respéraiico.

Los funérailles crHello lurent simples connue sa vie et sa mort. On coucha son corps sous une vaste croix de pierre, grandiose et nue, portant ce seul titre : Ernest Hello. Il est là, dans le cimetière lorientais, non loin de Brizeux, en face de l'Océan dont il aimait la ma4»-nificence.

Mais j'ai hâte, après avoir esquissé sa vie, d'aborder la pensée du ^laître.

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