BASSESSE DE C(TFA'R ET D'ESPRIT
besse de Jouarre, audacieuse glorification du vice impur.
Du Prêtre de Némi, Renan dit lui-même dans sa préface :
J'ai supposé pour ma part, dans des temps fort anciens un prêt'-e de Némi, liomme éclairé, voulant corriger une vieille religion absurde et j'ai montré la conséquence qu*entraîne d'ordinaire la tentative d'introduire dans les choses humaines un peu de raison. Celte conséquence est double. D'une part la foule qui n'est jamais bien rassurée que par le crime heureux, réclame un scélérat pour prêtre; de l'autre, le prêtre libéral arrive bientôt avoir qu'il a fait, avec ses bonnes intentions, plus de mal que bien, et qu'il a porté préjudice à la patrie laquelle repose en définitive sur des préjugés généralement admis. Ici, je plaide un peu contre moimême, mais je ne suis pas un prêtre, je suis un penseur; comme tel, je dois tout voir. Un ouvrage bien complet ne doit pas avoir besoin qu'on le réfute.
Dans une rapide synthèse, les quelques lignes de cette citation évoquent devant nous la pensée intime de Renan. En dehors de ses sentiments à propos de la pairie « laquelle repose en définitive sur des préjugés généralement admis », sentiments que nousexposerons plus loin, il y a dans toul cela une guerre perfide k la religion d'aujourd'hui. Car Albe-la-Longue
« l'égoïsme des grands, la sottise du peuple, l'impuissance des gens d'esprit, l'infamie du sacerdoce mensonger, la faiblesse du sacerdoce libéral, les faciles déceptions du patriotisme, les illusions du libéralisme, la basse^e incurable des vilaines gens.*
n\;sl qu'iino fiction. C'est à Paris et de nos jours que dans l'esprit do Tauteur se déroule le drame sous une forme puremont arlistique on apparence. Le Prrfve de Aénii osl un pamphlet contre le catholicisme et bien des intelligences amenées par; le drame à se replier sur notre époque, ont peut-être été séduites par les idées de l'aristocrate Métius. Comme lui, beaucoup ont dit qu'il faut respecter la religion, parce qu'elle est une force sociale ; qu'on devient athée dès qu'on raisonne sur elle ; que la religion va, marche, devient ce qu'elle peut ; mais qu'il ne faut pas s'occuper d'elle otqu'on la pratique comme on latrouve de son temps. C'est ainsi qu'on en vient à la morne indifférence, l'état le plus souhaité par les destructeurs du catholicisme.
Dans ce livre, le scepticisme en morale accompagne le doute en religion. L'aristocrate Métius s'écrie :
« Le noble seul est tenu u l'iiUelligence et à la vertu. Le peuple a le droit d'être immoral. Je dis plus : la .garantie de notre liberté, c'est l'immoralité joyeuse du peuple. Il faut que le peuple s'amuse, chante, boive, danse, pendant ce temps-là nous sommes libres (Ij. »
Ailleurs on lit :
• Les hommes vertueux trouvent leur récompense dans la vertu même, ceux qui ne le sont pas dans le plaisir... La vertu
(I) En bon franc-maçon, Renan souhaitait l'abrutissement du peuple pour le mieux dominer.