VIII PREFACE
en effet.... du vieux philosophe, qui relevait d'une attaque de goutte ce jour-là. Son visage était comme à Tordinaire éclairé par ce sourire anonyme dont il se faisait uu masque contre les gens plats et ceux qui les imitent. Toute sa personne était comme enfouie dans uq geste de complaisance uniforme et universelle qui s'étudiait à n'avoir point de signification.
Quand il m'eut regardé assez longuement, de son (cil ironique, qui semblait le clair voile d'une raillerie sans fond, il prit comme malgré lui, une mine contractée. J'ignore si mon visage l'inquiéta. Il reissaisit la parole. En s'exprimant, il regardait Quellien: — « Etrange, étrange, répétait-il, comme c'est inattendu, celte révolution; je croyais qu'il n'y en avait plus de possible, je croyais les avoir toutes prévues — je n'avais pas prévu celle-ci. »
A table, mon voisin qui avait assisté à celte mani^re de confession, me dit: « Cela venait de loin, allez, ce (juil vous a dit-là, M. Ilenan ; cet aveu émane d'une inquiétude réelle, qu'on devine au fond de lui. Cette guerre aux Juifs, à laquelle il ne s'altendait pas, le dérange dans beaucoup de ses plans sur l'avenir; elle l'inquiète pour la destinée de ses livres. Il n'est pas sur qu'ils résisteront à un retour au christianisme vrai. Et puis qui sait... cela dérange peul-èlro aussi l'assiette de ses revenus. Il voit clair, vous savez. Et il a bien aperçu du premier coup que c'était le renversement de tout le régime financier actuel dont Tesprit l'a servi, avec lequel il avait compté pour arriver