‹ Ernest RenanChapitre 4 sur 28 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

attaquait Bossuet. Bossuet, c'était la voix de nos cathédrales, réloquence liante et large du Gaulois, vir probiis et^dicendi peritus. Il représentait la sonorité puissante de nos voûtes ogivales où la voix de l'homme monte au ciel, comme un parfum de l'ùme en prière.

M. Alphonse Daudet semhle avoir donné d'un mot la raison de cette haine de M. Renan pour Bossuet, en l'appelant une <' cathédrale désaffectée ».

M. Renan avait heaucoup d'esprit, peu, très peu d'Ame.

C'est parce quil manqua d'àme toute sa vie, qu'il sût toujours si bien rester extérieur à ce qu'il jugea. 11 avait trop peur d'être dupe; l'Ame donne confiance et enthousiasme. L'esprit rend adroit et prudent. Aussi M. Renan ne manqua jamais d'avoir deux opinions successives sur le même objet, opinions qui l'aidaient à en concevoir une troisième, celle de n'en plus avoir, au besoin de n*en avoir jamais eu.

M. Renan a tué le courage des idées. Il est de-, meure toute sa vie, par peur de se compromettre, à l'embranehemenl de deux voies, qui menaient Tune au Mensonge, l'autre à la Vérité. Il a discouru sur chacune des deux voies à suivre, sans jamais entrer dans le riMe honorable de l'homme élu qui opte et se décide à faire le voyage de la vie. Ce'J philosophe aura été le cicérone qui n'accompagnei pas le touriste. L'exégèse future le retrouvera au*

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