SUR LE
A, s. m.,. Ane se prononce pas dmis quelques mots, tels que août, taon , etc. — L*étyinologie du mot taon, en latin tabanus, nous semble demander qu'on le prononce tan et non pas ton. Voy. Taon.
À, prép.,. Commencer à désigne une action qui aura du progrès, de l'accroissement. Le jour commence à luire. Il commence à pleu/ooir. Cet enfant commence à parler, — Commencer de désigne une action qui aura de la durée. Lorsque cet orateur commença de parler, il s'éleva ^dans l'auditoire un murmure favorable. Quand le tonnerre commence de gronder, il faut s'attendre à un orage.
Nous pensons qu'on emploie souvent commencer à pour commencer de, soit parce que le premier est plus doux à l'oreille, soit parce qu'il est assez diflScile de prévoir si une action aura du progrès, de l'accroissement, ou si elle aura seulement de la durée; et en effet non-seulement l'Académie donne pour exemples, aux verbes Gronder et Tonner, « Le tonnerre, V orage.,, commence k gronder; l'artillerie commençait À tonner », contrairement à la règle ci -dessus; mais encore elle dit à l'article Commencer : « Cependant on dit quelquefois commencer à pour commencer de. Commençons À dîner. Ils commencèrent À Jouer. Etc. » — D'un autre côté nous pensons que parfois on emploie de au lieu de à lorsqu'on veut éviter un hiatus ; ainsi dans les exemples ci-dessus on dirait, lorsqus le tœinerre, l'orage conpmençaDE gronder...; l'artillerie commença de tonner vers midi; on com^nença de dîner, de jouer, etc. C'est ainsi qu'à l'article Obliger l'Académie dit :
Mes réprimandes, mes exhortations Vont obligé À changer d^avis, de conduite.
tandis que dans la phrase qui vient immédiatement après, elle emploie de afin d'éviter la r^icontre de trois voyelles : L'envie de parvenir l'a obligé ^'étudier.
Voy. Commencer et Continuer*
À... Traiter quelqio'un de Turc à More. — Voy. More.
À... Au veau qui telle, — Voy, Teter.
À... On dit elliptiquement... à une personne que l'on quitte, A demain, à ce soir, à dimanche, etc. Nous nous reverrons demain, ce soir, dimanche. — Nous ferons remarquer que cette expression elliptique s'emploie aussi dans une acception bien différente, comme dans
ce vers ;
A demain, à demain les affaires,
qui veut dire, Aujourd'hui amusons-nous, et remettons à demain les affaires. Elle peut donc signifier, Renvoyons, remettons à demain, etc., notre entrevue, la fin de cet entretien, de cette discussion. Quoi qu'il en soit, il nous semble que l'Académie aurait bien fait de suppléer l'ellipse de la phrase telle qu'elle l'entend, comme Bonjour, adieu jusqu'à demain, ou d'autres expressions analogues.
À... s'emploie de même quelquefois pour déterminer son régime ou complément par rapport au nombre. Avoir, louer une maison à deua:, à trois. A moi seul je le ferai. A dix que nom étions, pas un ne refusa.
Il aurait été bon que l'Académie ajoutât que souvent on supprime la préposition à du second exemple, comme elle l'a fait à l'article Maxime :
Maxime, en termes de Musique, Note qui vaut elle seule quatre mesures.
Quant au troisième exemple, nous croyons qu'on emploie plutôt sur, dCj que à; c'est ainsi qu'elle dit :
(à Sur) Sur dix, il n'y en avait pas un de bon.
(à De) De six cents hommes qui montèrent à V assaut, pas un n*est revenu.
À... indique particulièrement... 2* la destination, l'usage. Fille à marier. Maître à danser, à chanter. Bois à brûler. Tabac à fumer... — Ce rapprochement ne suffit-il pas pour faire sentir que les expressions maitre de danse, maître de chant * seraient préférables à maître à danser, maître à chanter ? Et maître à écrire ne devrait-il pas également être remplacé par maître d'écriture, de calligraphie, puisqu'on lit à Tarticle Maître , maître de danse, de musique, de harpe, de violon, d'escrime, de dessin, etc. ?
À... indique... 3" ce qui sert spécialement, ce qui est nécessaire à l'emploi d'une machine, d'un instrument, etc. Arme à feu. Fusil à vent. Bateau, machine à vapeur. Moulin à eau, à vent, à bras. Chaise à porteurs. Instrument à vent. — Il nous semble que, malgré ces nombreux exemples, plus d^'un lecteur aura de la peine à voir de prime abord un rapport exact entre eux et l'explication qui précède ; et nous aimerions mieux une définition dans le genre de celle-ci : « Rapport
1. A l'article Dansb, l'Académie dit très-bien maître de danse ^ et si à Chantée elle met maître à chanter, à l'article Chant nous trouvons école de citant. Nous ne croyons pas que personne ëise École à chanter, à lire, à écrire; et il nous semble que les locutions nuUtre à chanter, à lire, à écrire, ne sont pas meilleorei.
de Tinstrument, de la machine à son moteur », parce qne dans les exemples le nom du moteur vient après celui de la machine : arme à PEU, fusil à VENT, m^achine à vapeur, etc.
ABATAGE, abatée, abatis. — Ges mots devraient s*écrire avec deux Ij comme abattre, abattement, abatteur, abattoir, etc. Voy. Battre.
ABBATIAL, ALE.— L' Académie nous dit bien que dans cet adjectif le t se prononce comme c, mais elle a oublié de nous apprendre s'il faut faire sentir les deux b.
ABDOBIEN... T. d'Anat., emprunté du latin, qui signifie le ventre. — Nous avions toujours pensé que ce mot devait signifier le basventre, soit parce qu'il y a synonymie entre Vinterior abdominiê mem^ brana de Celse et le peritonium de G. AurelianusS que l'Académie définit « Membrane qui revêt intérieurement toute la capacité du bas^ ventre » ; soit peut-être parce que la partie inférieure de l'abdomen correspond à cette partie extérieure du corps que la pudeur fait cacher avec le plus de soin, même chez les sauvages. Mais nous tenions à voir cette synonymie donnée par l'Académie elle-même, et nous l'avons trouvée à l'article Ventre : « Le ventre inférieur^ ou le baiventre, raèdomen. »
ABECQUER OU AB^QUER. — L' Académie écrit également becquée ou béquée, becqueter ou béqueter, abecquer ou abéqmr; mais elle n'admet point de variante pour se rebéquer»
ABERRATION, ABHORRER. — La prononciation n'est pas indiquée, et pour savoir qu'il faut faire sentir les deux r dans le second de ces mots, il faut recourir à l'article R ; celle d'aberration ne se trouve nulle part.
ABJECT, ECTE. — L'Académie n'indique la prononciation à aucun des adjectifs terminés par ect : abject, circonspect, correct, direct, infect j suspect; et à l'article T, contact et correct sont les seuls exemples des mots terminés par et, où elle dise qu'on prononce le t même devant une consonne.
ABLATivo. Terme adverbial et populaire, qui ne s'emploie que dans cette phrase, Ablativo tout en un tas, tout ensemble, avec confusion et désordre. Il a mis cela ablativo tout en un tas, — On se demande pourquoi l'Académie a recueilli dans son Dictionnaire cette locution moitié latine, moitié française, et dont une partie est inintelligible pour bon nombre de ceux qui le consultent. Serait-ce parce que Dancourt, dans sa pièce le Charivari, a dit : « Allons, morgue, ablativo tous en UN TAS ; mettons toutes les noces en mie * » ? Nous croyons, comme M. Paulin Paris ', que cette locution n'est pas populaire puisque le peuple ne s'en sert jamais, et qu'il aurait été mieux de la laisser dans les dictionnaires de Basnage et de Trévoux.