‹ Errata du Dictionnaire de l'Académie françaiseChapitre 22 sur 55 · Cette même définition se retrouve à l'article Échapper · texte numérisé non relu

Cette même définition se retrouve à l'article Échapper

3. Il nous semble qu'il aurait été mieux de donner cette règle à l'article Falloir, car elle s'applique à un certain nombre d'adverbes tels que beaucoup, peu, guère, tant, etc., et môme à des nombres :

// i*en faut peu de chose, de peu, db beaucoup, de tant de francs, de cinquante

centimes, de cent mille francs, que la somme soit complète. Il ne s*en faut de guère que ce vase ne soit plein. Peut-être aussi aurait-il fallu dire : Après il s'en faut, l'adverbe ou l'expression représen-

BiiAVSE, — Au sens figuré (montrer à quelqu'un son bé jaune) ^ FAcadémie ajoute : « On écrit aussi bec jaune, mais on prononce toujours bëjaune, » — QueDe déplorable chose que cette paresse dans la prononciation , qui dénature les mots et empêche d'en reconnaître la véritable signification! Qui, en entendant le mot bëjaune, comprendra que cette expression vient de ce que la couleur jaune du bec des oiseaux décèle leur jeune âge et en même temps leur inexpérience, ce qu'on traduit chez Thomme par ignorance, sottise, ineptie? Voy . Pivert.

BENGALI, BENJAMIN, BENJOIN, benzoIque. — Gomment se prononce la première syllabe de ces mots, ban ou binf L'usage est pour bin; mais comme il y a d'autres mots, tels que prëbetide, prëbendier, térébenthine, etc., où ben se prononce ban, il aurait été bon que l'Académie indiquât la prononciation aux uns et aux autres.

berger. — La mort égale les rois et les bergers. Voy. Égaler, Égaliser.

BESOIN, s. m... Besoin naturel, ou simplement Besoin^ se dit aussi, particulièrement, Des besoins du corps, qui résultent de la digestion. // est sorti pour un besoin. Un besoin pressant. Il lui à pris un besoin. Faire ses besoins. — Besoin, dans cette acception, ne s'emploie pas seulement avec le verbe faire ; on le joint aussi au verbe satisfaire, et nous devrions en trouver ici au moins un exemple. A l'article Retenir nous lisons : « Vous ne pouvez satisfaire ici À vos besoins; retenez-vous, tâchez de vou^s retenir » ; mais à Satisfaire nous trouvons a Satisfaire un besoin. Faire ce que ce besoin exige ». Peut-on

tant ane quantité doit être précédé de la préposition de : // s'en faut de peu de chose, etc., que la somme soit complète; Il s'en faut de deux travers de doigt, de 10 centimètres, que ces planches ne se joignent {on, se joignent. Voy. Ne ). — Quand le sens est figuré , on supprime DE : Il s'en faut peu que je ne vous blâme. Il t^en fallait peu qu'il n'eût aolievé.

Cette dernière phrase est sur l'extrême limite entre le sens propre et le sens figuré; mais on peut éluder la difficulté en faisant une transposition :

Peu s'en fallait qu'il n'eût achevé.

Peu ^en est fallu qu'il ne fût tué.

Le coup a été si violent qu'il s'en est peu fallu qvue mon ctU ne sorUt de l'orbite.

Peu s'en est fallu que je ne vinsse.

Peu s'en faut qu'on ne m'ait trompé.

Peu s'en faut que je ne vous blâme.

Il ne s'en est guère fallu, —Une s'en est presque rien fallu. Nous croyons qu'on peut également éluder la difficulté pour l'adverbe opposé, beaucoup, de beaucoup, en. employant bien, tant :

Vous croyez m'avoir tout rendu; il s'en faut bien, tant sl'en faut.

'Le cadet n'est pas si sage que l'aîné, il s'en faut bien.

Il s'en faut bien que leur nombre soit complet.

Il s'en faut bien que l'un soit du mérite de l'autre. Mais la règle ne peut pas toujours être éludée , et nous sommes persuadé que dans le sens propre t7 s'en faut doit toujours être suivi de la préposition de; ainsi T Académie aurait dû dire :

Vous dites qu'il s'en faut de tarU que la somme entière n'y soit.

Il s'en faut de deux travers de doigt que ces planches ne se joignent. comme elle l'a fait ailleurs :

(à Doicw) // s'en fallait d peine d'iw tracers de doigt que le coup ne fût au cœui\

dire indifféremment s<Ui$ faire un besoin et À im besomj satisfaire des besoins et À des besoins, dans Tacception qui nous occupe?

BIGONCATE, BICONVEXE. — On est surpHs que TAcadémie^ qui explique les mots bidenté, bifide, biflore, bilabié, bifolié, bilocvr laire, etc., termes employés uniquement par les personnes qui s'occupent de botanique, ne nous donne pas des mots fort intéressants pour tous ceux qui se servent de lunettes, de binocles, de jumelles, etc., tels que biconcave et biconvexe, plano^oncave et piano-convexe, concavo-convexeetconvexo-^oncave^. Nous croyons utile que le presbyte sache que les lunettes' dont il se sert sont appelées biconvexes (autrefois on disait convexo^onvexes) ou bombées des deux côtés comme les lentilles ou verres à grossir; — que le myope sache de même que les siennes sont dites biconcaves (autrefois, concavo-concaves) ou creuses des deux côtés; — il n'est guère moins utile que celui qui se sert d'une simple lorgnette ou de jumelles sache que le petit verre (l'oculaire) est biconcave; que le verre opposé (le grand verre, le verre objectif) est ordinairement composé de deux pièces : l'un de ces deux verres est piano-concave, l'autre biconvexe.

BIEN, adv... // va aussi bien, autant bien qu'il est possible. Il y est aussi bien, autant bien qu'on y puisse être.— L'Académie aurait mieux fait de supprimer la locution autant bien, qui était usitée lorsqu'elle fit imprimer la première édition de son Dictionnaire, mais qui ne Test plus aujourd'hui ; elle dit elle-même, à l'article Autant : « Autant bien, autant mal. Ces locutions vieillissent : on dit Aussi bien, aussi mal ». Nous avons remarqué plus d'une fois l'emploi de ces locutions hors d'usage qui trompent le lecteur étranger et peuvent même induire en erreur le lecteur français. En voici quelques exemples :

(à Apothicaire) Apothicaire pour Pharmacien.

(à Secours) Destitué pour Dénué, dépourvu.

(à Vin) Engraisser («'), pour se graisser.

(à Ektre) Entre ci et là, pour Entre ces deux époques.

(à Meoble-) Survendre) Inventaire, pour Encan. *,

(à Dévoilement) Le Vieux Testament, pour V Ancien Testament. Il nous semble que dans cet article Bien il manque une acception fort usitée, et qui ne peut rentrer dans aucune de celles qu'a données l'Académie; c'est celle de Réellement :

( à Prix ) Est-^e bien là votre dernier prix ?

1. On dit assez généralement, dans la conversation, concave, convexe, au lieu de Ifieoneave, Inconvexe, piano-concave, piano-convexe; mais il serait peut-être mieux d'employer le terme propre. — Quant aux termes concavo-convexe et convexo-concave, qui signifient Concave d'un côté et convexe de l'autre , ou vice versa, ils ne s'emploient guère qu'en parlant des verres de montres.

2. Le mot lunette vient de ce qu'autrefois les verres en étaient ronds comme la pleine lune ; aujourd'hui qu'on se sert plutôt de verres à peu près ovales, on devrait dire des besicles, des binocles (mots qui signifient (i^uo; yeux ^ de bis et oculus; binus oculus ou bini octili); mais le mot besicles, quoiqu'il remonte à plus de trois cents ans, n'est guère employé parce qu'il semble n'être qu'à l'usage des personnes âgées ( les besicles de ma grand'mère ) ; quant à binocle, il ne se dit que des lunettes à deux brancheif qu'on tient à la main.

Les exemples suivants semblent se rattacher à cette même acception : (à Être} Cela est bien de son caractère»

Id, Cela est bien de luû (à Accompagner) Tout ce qu'il disait , il l'accompagnait cTtm geste, d'une

action qui marquait bien, . .

(à Bien) VoUà bieA le langage d'un ami.

(à Passion) Voilà bien comme la passion s'exprime, (à Langage, Passion) C'est bien là le langage de la passion.

Nous aurions désiré y voir aussi quelques exemples de bien signifia,pt Beaucoup, et placé où il doit l'être, c'est-à-dire après le verbe, ou plutôt immédiatement avant le substantif qu'il modifie, contrairement aux exemples suivants :

(à Gouiedyre) n a bien avalé des couleuores.

(à Angoisse) Il lui a bien fçit avaler des poires d'angoisse.

(à Chemin, Faire) Il a bien fait du chemin en peu de temps.

(à Las) fai bien fait du chemin aujourd'hui, . . je suis las,

( à Pays) Il a bien vu du pays , bien fait * , bien parcowru du pays.

(à Tourment) Cette affaire m'a bien donné du tourment.

où nous croyons qu'il aurait été plus exact de dire : Il a avalé bien DES couleuvres; il lui a fait avaler bien des poires d'angoisse; il a fait BIEN DU cherfiin en peu de temps; j'ai fait bien du chemin aujourd'hui; il a vu bien du pays, etc. En effet, puisque j'ai bien vu le pays signifie J'ai bien examiné le pays, pourquoi serait-il permis de dire J'ai bien vu du pays pour signifier J'ai vu beaucoup de pays? Ailleurs l'Académie dit très-bien :

(à Affaire) C'est un homme qui a vu bien des affaires. (à Couleuvre) On lui a fait avaler bien des couleuvres. (à Chemin) Je lui ferai voir bien du chemin,

(à Remuer, Terre ) H lui a fallu remuer bien de la terre pour faire ce jardin.

(à Nulle) Cette lettre a donné bien de la peine à déchiffrer à cause des

nulles.

et non , C'est un homme qui a bien vu des affaires. Je lui ferai bien

voir du chemin. Celte lettre a bien donné de la peine... D'un autre

côté on dira encore comme elle :

(à Chemin) Il a bien fait son chemin, parce qu'ici il s'agit de la manière dont on a fait le chemin, et non de la quantité de chemin,

BIEN-DIRE, s. ni. Il s'emploie dans ces phrases familières. Être sur son bien-dire, se mettre sur son bien-dire. Affecter de bien parler. Quand il se met sur son bien-dire. Il est sur son bien-dire. Hors de là. Bien dire, pris substantivement, s'écrit sans trait d'union. Le bien faire vaut mieux que le bien dire. — Pourquoi supprimer le trait d'union à bien faire, bien dire, dans cette dernière phrase? ils sont substantifs là comme dans les autres locutions. Au reste, à l'article

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