‹ Errata du Dictionnaire de l'Académie françaiseChapitre 23 sur 55 · Dit-on faire du pays, et qu'est-ce que cela «ignifie · texte numérisé non relu

Dit-on faire du pays, et qu'est-ce que cela «ignifie

Dire l'Académie n'établit pas de différence, et elle écrit avec des tirets, Le bien-faire vaut mieux que le bien-dire « comme Être sur son BIEN-DIRE, se mettre sur son bien-dire.

BIEN-DISANT, ANTE, adj. Qui parle bien et avec facilité. On le dit par opposition à Médisant. C'est un homme bienniisant. Il est peu usité, — Si cette locution était.usitée, nous en parlerions plus longuement; nous nous bornerons à dire que le tiret ne nous semble pas plus utile là que dans bien pensant, etc., où l'Académie n'en met pas.

BIENHEUREUX, EUSE, adj. Fort heureux, extrêmement heureux. Bienheureux qui peut vivre en paix, L'Écriture dit : Bienheureux cetuc qui sont persécutés pour la justice. État bienheureux. Séjour bienheureux. Vie bienheureuse. Il a vieilli, excepté dans les cas où il est précédé d'un verbe ; mais alors on l'écrit en deux mots. Bien heureux. Je le tiens bienheureux d'en être échappé. H est bien heureu^x d'avoir évité ce danger. — Cette règle qui dit d'écrire bien heureux en deux mots « dans les cas où il est précédé d'un verbe » est- elle bien exacte? Indépendamment de cette phrase

J'ai passé des moments bien heurec\ auprès de lui, qu'on trouve à l'article Moment, ne peut-on pas en construire d'autres encore où le verbe ne sera pas exprimé ? telle est celle-ci :

« Nous avons passé dans cette campagne vingt années bien heureuses , entourés de ce que nous avions de plus cher. »

Peut-être serait-il convenable, pour prévenir toute hésitation , de ne réunir les deux mots que dans le substantif bienheureux; et puisque l'Académie nous apprend que ce mot a vieilli comme adjectif, on dirait : Heureux qui peut vivre en paix; heureux ceux qui sont persecutés pour la justice. État des bienheureux; séjour des bienheureux; vie des bienheureux.

BIENNAL, TRIENNAL, DECENNAL, VICENNAL. — Dans ces mOtS

faut-il prononcer les deux N? A quinquennal, l'Académie figure la prononciation par cuincuennal; à septennal, elle dit qu'il faut faire sonner les deux n, et il est probable qu'il en est de même pour les quatre mots ci-dessus; mais elle aurait bien fait de le dire.

BIENVENU, UE, adj.-Quc Ton accueille avec plaisir. Cest un homme qui est bienvenu partout. — ' Fam. Vous ne seriez pas bienvenu à lui aller dire cela. Il vous accueillerait fort mal si vous alliez le lui dire. — Bienvenu s'emploie souvent comme substantif. Soyez le bienvenu, la bienvenue. On écrit aussi bien venu, en deux mots.

A l'article Venir on trouve : « Soyez le bien venu, soyez la bien venus. Formule de bienveillance ou de civilité dont on se sert à l'égard d'une personne qui arrive. On écrit aussi bienvenu, bienvenus, en un seul mot. — Être bien venu partout. Être bien reçu partout ».

Nous croyons devoir suivre pour bien modifiant un participe ou un adjectif la même règle que pour mal; si les deux mots sont employés

adjectivement, ils seront séparés; substantivement, ils seront réunis. C'est un homme qm est bien venu (bien reçu 9 bien accueilli) partout. Vous ne seriez pas bien venu à lui aller dire cela, — Soyez le bienvenu; soyez la bienvemie, Voy, Malappris, Malbàti , etc.

BiENVOULU, UE, adj. Qui est aimé, à qui Ton -veut du bien. On écrit aussi bien voulu, en deux mots. Il est vieux.

Et à Vouloir : « Voulu, ue, participe, s'emploie comme adjectif dans ces phrases qui vieillissent : Elle est bien voulue dans cette înaison. Il est mal voulu partout. »

L'Académie , en écrivant elle est bien voulus, il est mal voulu, confirme la règle que nous avons cru devoir poser à Tarticle ci-dessus ; si la locution bien voulu s'employait substantivement, nous suivrions le même principe que pour bien venu, c'est-à-dire que dans ce cas-là nous l'écririons en un seul mot.

BIGARADE. — - Cette espèce d'orange paraît devoir son nom à sa figure irrégulière, comme le bigarreau à la diversité de ses couleurs, et ce mot s'écrivait autrefois avec deux r {bigarrade) ainsi que bigarrer et bigarrure.

Ne devrait-on pas appeler bigaradier l'arbre qui porte les bigarades comme on appelle bigarreautier l'espèce de cerisier qui donne les bigarreaux? ou plutôt l'Académie ne devrait-elle pas adopter ce mot bigaradier, q\xi est depuis longtemps dans d'autres dictionnaires?

BILLET... Négocier, escompter, endosser, acquitter,» payer, rembourser un billet. —Voilà une énumération de verbes assez longue, et cependant il en manque un, qui n'est pas le moins important, c'est protester ou faire protester un billet. Voy. Protester.

BILLON, s. f. T. d'Agricult. — Lisez : s. m.

BILLON et BiLLONNAOE,T. d'Agric. BILLOT. — A BiLLON, monnaie, l'Académie dit que les L sont mouillées dans ce mot et ses dérivés; mais elle ne dit rien pour les trois mots ci-dessus, ce qui pourrait induire en erreur en faisant supposer que là elles ne le sont pas.

BINOCLE... Il se dit aussi d'une sorte de longue-vue ou de télescope double, au moyen duquel on peut observer un objet éloigné avec les deux yeux en même temps, et qui est aujourd'hui peu employé. — Il paraît que la mode a bien changé depuis le moment où l'Académie a fait cet article, car aujourd'hui les longues-vues simples sont presque entièrement abandonnées et l'on ne fait plus guèfe usage que de longues-vues doubles; mais afin de ne pas confondre deux choses très-distinctes, les longues-vues doubles et les doubles lorgnons, on donne le nom de binocle à un double lorgnon réuni par une charnière à l'extrémité des branches, et celui de jumelles à la longuevue double.

BiSTOURifER... On a reconnu qu'il y avait plus de danger à bistoumer im cheval qu'à le couper. — Nous croyons qu'il serait plus correct de dire « qu'il y k ». C'est là une vérité reconnue et qui

probablement sera de tous les temps. Il nous semble quUl faudrait également mettre le présent dans la phrase suivante, qu'on trouve à Tarticle Entre :

On a dit que chaque vertu tthn entre deux vices. C'est ainsi qu'on lit :

(à RisniLE) Les philosophes scolastiques disaient qw Vhomme est un animal risible,

(à Réciter) L* acteur Baron disait qu'on ne doit pas déclamer la tragédie, qu'on DOIT la réciter.

Mais on doit mettre l'imparfait lorsque l'opinion dont on parle est reconnue une erreur, comme dans les exemples suivants :

(à Éternel) Quelques philosophes païens ont cru que le monde était

étemel.

(à GofoeiufEL) QtAelques philosophes païens ont cru que la matière était

coétemelle à Dieu, (à C!ongbler) On a cru longtemps que certains poisons congelaient le

sang,

BLANC... Blanc de baleine ou Sperma ceti. — L'Académie aurait fait chose utile en disant, comme à l'article Sperme, qu'il faut prononcer céti; puis, comme elle l'a fait à Baleine, que l'expression sperma ceti ou sperme de baleine est abusive, c'est-à-dire vicieuse.

Bi^TTE, adj. fém... « Il se dit le plus souvent dans cette locution : poire blette j pbire molle, qui n'est pas encore gâtée... 11 se dit encore de quelques autres fruits qui s'amollissent sans se gâter. On ne mange les nèfles que lorsqu'elles sont blettes. » — Serait-ce une faute de dire : On ne mange certains fruits, tels que les nèfles, les sorbes ou cormes et quelques poires sauvages, que lorsqu'iLS sept blets? Si cette phrase est correcte , ne serait-il pas convenable de donner à cet adjectif le genre masculin aussi bien que le genre féminin?

BLUET, s. m. BLVETTE, S. f. — L'analogie avec bleu^ bleuâtre^ bleuir j semblerait demander bleuet, bleuette. Nos bons poètes disent généralement bleuet. On lit dans les Contemplations de Victor Hugo ;

Les parfums, qu*on croit muets, Content les peines secrètes Des liserons aux bleuets. (T. I, p. 70. )

. .• J*ai souvent

Des conversations avec les giroflées;

Je reçois des conseils du lierre et du bleuet. (T. I, p. 113.)

BŒUF... (p. 196, col. 3, lig. 42) Des œils-de-bceufS, — Lisez : Des œils-de-bœuf.

BOIRE, V. a... (p. 197, col. 2, lig. 59-60) « Faire les Rois, Faire le festin du jour des Rois. » Ces deux lignes ne peuvent appartenir à l'article Boire, et conséquemment elles devraient être supprimées.

BOITE, S. f. (La première syllabe est brève.) Le degré auquel le vin est bon à boire. boIte, s. f. (La première syllabe est longue.) Sorte d'ustensile à couvercle, etc. — Cette attention scrupuleuse d'indiquer 4a prononciation indépendamment de Taccent, qui aurait pu suffire, dénote chez l'auteur de ces deux articles une sévérité d'exactitude qu'on aimerait à rencontrer plus souvent dans le Dictionnaire de l'Académie.

BOiî... (p. 201, col. 3) Un remède bon au mal de (été, contre le. mal de tête. Cela est bon à la fièvre , contre la fièvre , pour la fièvre. — Bon POUR la fièvre est, croyons-nous, l'expression le plus généralement employée ; bon contre la fièvre nous paraît la plus exacte ; quant à bon À la fièvre, au mal de tête, etc., nous ne l'avons jamais entendu prononcer.

L'article Bon tient trois pages in-/i°, c'est-à-dire neuf colonnes de llx lignes chacune , qui sont en grande partie occupées par des proverbes dont la plupart se retrouvent dans d'autres articles. Quand ils sont courts et que les définitions peuvent être brèves, il n'y a pas grand mal à ces répétitions, telles que celles de, A bon vin point d'enseigne; Après bon vin, bon cheval; Faire contre fortune bon cœur, qui se voient à Bon, Vin, Enseigne; Bon, Vin, Cheval; Fortune, Bon, CoBUR. Mais il est des locutions telles que bonne aventure, bonne fortune, de bonne heure, etc., qui avec leur sens figuré tiennent huit à dix lignes, et il nous semble que c'est même beaucoup de les donner deux fols. Peut-être serait-il bien de ne les faire figurer qu'une seule, en ayant soin , comme l'Académie l'a fait pour les locutions A bon escient. Faire bonne boucla, etc., de renvoyer de l'adjectif au substantif, où le lecteur ira les chercher de préférence.

Parmi ces proverbes, les uns sont présentés avec les mêmes définitions à chacun des articles où ils se trouvent; d'autres le sont en termes différents ; il serait utile de comparer entre elles ces définitions, afin de conserver les meilleures et même de compléter les unes par les autres.

Ce que nous disons ici au sujet des nombreuses et longues définitions des proverbes et de certaines locutions de l'article Bon, peut/ s'appliquer à un assez grand nombre de mots; et l'on n'a qu'à voir dans le Dictionnaire les articles Faire, Tirer, Cœur, Ventre, Gros, etc., pour le nombre des proverbes; Entendre, Raillerie, Raison, Plaisanterie, etc., pour la longueur. — Il est des proverbes tels que, Si jeunesse savait et vieillesse pouvait, qui s'y trouvent quatre fois, avec des variantes dans les mots ou dans la ponctuation ; il y en a même quî figurent jusqu'à six fois.

BONHOMIE. — Les mots bonhomie et prud'homie devraient s'écrire avec deux m, comme bonhomme et prud'homme. Voy. Prud'homie.

BONBîET... Les grenadiers à cheval ont de grands bonnets à poiL —

Ghacun sait que depuis longues années les grenadiers achevai ne sont pas le seul corps qui ait des bonnets à poil, et que Tlnfanterie en porte également. Pour comprendre cette phrase il faut recourir à l'article Grenadier, où Ton trouve : « Grenadiers à cheval^ s'est dit autrefois d'Une compagnie de grenadiers montés, créée par Louis XIV, qui servait avec la maisoù du roi, et qui marchait en tête. Il s'est dit aussi dWn corps de cavalerie de la garde impériale et de la garde royale dont les soldats portaient des bonnets à poil ».

BONNET... En termes de Fortification , Bonnet-de-prêtre ou Bonnetàr-prélre,.. — En Botan. Bonnet-àrprétre, Voyez Fusain.

A l'article Prêtre on a écrit Bonnet à prêtre^ ou Bonnet de prêtre, sans tirets ; et de même à Fusain, Bonnet à prêtre; mais les noms de plantes ou autres, lorsqu'ils sont composés de mots employés figurément, doivent prendre le ou les tirets; c'est ainsi que l'Académie écrit : bouton-d'or , bouton- d'argent, ruban-d'eau , écuelle-d'eau, langue-de-chien, œil-de-chèvre, etc,

BONNE - voGLi£. (On prouoncc bonne -voille, en mouillant les deux L. ) — Nous croyons qu'il aurait été plus exact et plus clair en même temps de dire : « Prononcez bôné-^ôlië »^ ou « Prononcez bonnevoile, en mouillant les deux L » ; sinon on fera sentir Vi, et l'on ne rendra pas du tout la prononciation demandée. Voy. Oille.

BORDIER, adj. et s. m. T. de Marine. Il se dit d'un bâtiment qui a un côté plus fort que l'autre, qui incline plus d'un côté que de l'autre. Un bâtiment bordier. Un bordier, — Pourquoi ne dirait-on pas, Une frégate, une corvette, et même mw barqus, une chaloupe bordière, comme on dit une frégate, une corvette, une barque canarde , c'està-dire « qui tangue beaucoup et qui reçoit des lames sur son avant » ?

Il nous semble que l'Académie est parfois trop exclusive , et qu'elle ne donne que le genre masculin ou le genre féminin à des adjectifs qui devraient avoir l'un et l'autre ; tels sont :

châtains (cheveux), qui doit poavoir se dire de la barbe, d*une pemique.

éc<mteux (c\iQ\2L\) d'une jument.

gélif (arbre) de la pierre.

houUler (terrain, dépôt) d'une mine, d'une zone.

pair (nombre) des années, des folioles.

piaffeur (cheval) d'une jument.

voilier (navire bon, mauvais) d'une frégate, etc.

blette (poire) d'un fruit.

clapoteuse (mer) d'un lac, de l'Océan.

tandis qu'elle a très-bien donné les deux genres à d'autres tels que persillé, ée; per folié, ée; peccant, ante, etc., bien que généralement ces adjectifs ne s'appliquent qu'à un seul substantif d'un genre déterminé : fromage persillé, plante per foliée, humeur peccante. L'autre genre peut trouver tôt ou tard son emploi.

BOSPHORE... Le Bosphore de Thrace. Le Bosphore Cimmérien. —

tes mots Bosphore et Chersonèse ne devraient-ils pas suivre la môme règle que Archipel, Manche et Péninsule; c'est-à-dire prendre la minuscule lorsqu'ils sont employés comme noms communs, et la majuscule seulement lorsqu'ils font l'office des noms propres *? Nous pensons qu'il faudrait écrire avec une minuscule, le Bosphore de Thrace, le Bosphore Cimmérien; la chersonèse Cimbrique, Taurique, de Thrace, d'Or,, etc., comme l'Académie le fait pour ^archipel du Mexique, des Philippines; la manche de Bristol, de Tarlarie; la vimm- SVLE ibérique *; la Morée est une péninsule; — et réserver la majuscule pour les rives enchantées du Bosphore ; la grande Chersonèse ; la petite Chersonèse, etc., phrases où Bosphore et Chersonèse sont réellement des noms propres, de même qu'on écrit les îles de /'Archipel, ce vaisseau est entré dans la Manche, voyager dans la Péninsule. BOSSELER... se dit quelquefois dans le sens de bossuer, et alors on l'emploie surtout avec le pronom personnel. Cette écuelle s'est bosselée. — L'Académie aurait peut-être mieux fait de blâmer cette locution que de la consacrer. Puisqu'on a bossuer pour exprimer les creux et les bosses qu'on fait par accident à la vaisselle, on devrait n'employer bosseler que pour signifier Travailler en bosse. Nous n'avons jamais entendu employer ce mot dans l'autre sens par des personnes qui parlent purement notre langue.

BorcxE... Des boucles de souliers,.. Des boucles de jarretière... Des boucles d'oreilles. — Comme on ne met qu'une boucle à une jarretière , plusieurs boucles supposent plusieurs jarretières ; il faudrait donc écrire jarretières au pluriel , ainsi que l'Académie l'a fait pour souliers, oreilles. Voy, Amande.

^ BOULEVARD. (Quelques-uns écrivent encore Boulevart). — L'Académie avait toujours écrit ce mot avec un t, même dans le temps où elle écrivait verd, par analogie avec l'étymologie et avec ses dérivés verdâtre, verdoyer, verdure, etc. Dans la sixième édition elle y substitue un d que rien ne réclamait; cependant à l'article Tréteau on trouve encore le < : « Cette pièce est ignoble, et digne des derniers tréteaux de nos Boule varts ».

BOULON, s. m... Grosse cheville de fer qui a une tête à un bout, et à l'autre une ouverture où l'on passe une clavette , pour l'arrêter. — Aujourd'hui , dans la majeure partie des boulons le bout opposé à la tête se termine par un pas de vis qui reçoit un écrou; nous pro-

1. On peut dire que les mots bosphore et manche, chersonèse et péninsule sont synonymes, puisque les deux premiers signifient Détroit , bras de mer, canal ; et les deux derniers , Presqu'île, lie qui tient à la terre ferme. Il n'y a donc pas de raison pour écrire Hoaphore et Clie^'sonèse avec une majuscule, manche et péninsule avec une minuscule, lorsque ces mots sont employés de la même manière , c'est-à-dire comme noms communs. Si jusqu'à présent l'on a toujours écrit Bosphore et Chersonèse avec des capitales, c'est seulement parce qu'ils sont moins usités que leurs synonymes, et qu'on n'a pas encore songé à leur appliquer la règle. Voy. Rbcbz.

2. C'est sans doute par erreur qu'on a mis un petit t à l'adjectif ibérique, puisque dans les «xemples ci-dessus l'Académie écrit avec une majuscule Cimmérien, Cimbriqtie, Taurique,etc.

t^osohd dàtiû d'ajèutër atrtpèà clavelte : m oU tih pas *6 vis atnï^el 6h ^adapte uti écrou ».

BOULONMlBii, t. n. Arrêtef avec tin boulon. *- jLtié^ : v. à.

toVRSE. — Ce mot doit s'écrire avec une minuscule quand il isignitle La réunion des négociants, etc., et le temps pendant lequel dure leur assemblée : La bottrse de Paris, de Lyon, elc, Fréqutenter la boutrse; affaires de bourse; bnitts, notmelles de bourse; à l'%èute de la bourse ; à l'ouverture , à la àiôturè de là boiirs^e ; pendant èa bour^ ; le cours de la bourse. Mais lorsqu'il s'agit de l'édifice même, hbUà y mettrions une majuscule, comitté l'Académie l'a fait à l'article Mondmei^t :

La BooRSE de Paris est tin beau monument.

Nous pensons donc qu'on a eu tort de l'écrire avec un petit b, (k Périptère) La boirse de Paris est un périptère. (à Wribole) Le péribole de la bourse de Paris est planté tTarbres. (à LAififERNE) La lanterne de la saile de la bourse. (à Soi^SB ) Aller à la bodrsb.

A la rigueur on poutf att nous objecter que dans «c^s xietix def ûîei*s exemples il s'agit de la salle de réunîoi^ ou de la réttôion même dès négociants, etc. ; mais on peut très-bien aussi l'entendit comme sigttîflant la principale pièce de l'édifice ou l'édifice même, et alors la mfajuscule devient nécessaire; c'est ainsi que l'Acadétfrfe écrit, (k Salle) La salle de la CowèhtE. La salle de 1*0pèra. (à Opéra) Aller à ('Opéra. Aller à TOpéra-Comiqui. (à Trajet) Faire le trajet de la porte Saint-Marim à f Observatoire.

BOURSOUFLA«E^ BOURSOUfi^R, HouRSOUFLimfi.—Ces trois mot^, composés de souffler, xlevraient prendre deux f comme essouffler; et c'est ainsi (boursouffler) que l'Académie écrivait dans leêde^x ît>remières éditions»

BOUT..» Prov. et fig*, Être au bout de son rolet. Ne savoir pkis que 4îre ni que fetire, ne savoir plus que devenir. On dit à peu près dans le même sens. Être me bout de son rouleau. — Rouleau pour rôlel ne serait*il point un de ces mots mal entendus et mal répétés ou dénaturés, comme huile d'aspic pour huile de spic ?

BOUT..» Avoir vent de bout. On écrit aussi debout, en un seul mot. — Nous préférons de boiU en deux i»ots. Voy. Debout.

BRASi.. «e dit en outre de certains chandeliers qu'on attache au mur, à la boiserie, d'une chambre ou d'une salle, parce que jadis oh leur donnait ordinairement la figure d'un bras... Des bras d'argent, de vermeil doré. — On trouve de même à Coupe, à Couvert, ^ Flambeau, etc., une coupe, un couvert, un flambeau de vermeil doré. La locution vermeil doré présente un pléonasme , ou plutôt une erreur, car ce n'est pas le vermeil qui est doré, c'est l'argent doré qui fait le vermeil. Au reste, aux articles Cuiller, Sacrement, SeïiVicè, Vermeil, etc., l'Académie dit simplement « Une cuiller de vermeil, un saint sacrement de vermeil, un service de vermeil, 'Un vase de vermeil. »

BRASSIÈRES, S. f. pi. — Gc iDOt De devrait-il pas s'employer au singulier, comme caleçon, culotte, pantalon, etc. f A l'article Futaini nous trouvons « Brassière de futaine ».

BRIEF, BREF. — Ces deux adjectifs signifient également Court, prompt, de peu de durée. Brief n'est guère usité qu'au barreau, mais c^st de là que se forment les dérivés brièvement, brièvetë, La Fontaine disait breveté, et Ton s'étonne que breveté, brèvement, n'aient pas prévalu comme le radical bref.

BRUT, CTE. — L'Académie ne nous donne aucun exemple analogue aux phrases suivantes, qui sont d'un usage journalier :Qwe^ homme brut ou brute! Que cet homme est brute ou brut! Si nos souvenirs sont fidèles, Buffon, dans des expressions à peu près semblables, a écrit brute, faisant de ce mot un substantif féminin ; mais ceux de nos amis que nous avons consultés pensent qu'il est plus rationnel d'employer brut adjectivement, en lui conservant, au figuré, le sens propre de, Qui est dans l'état grossier où la nature l'a produit : QuHl est brut h Nous attendons la décision de l'Académie.

BVBOXOCÈLE, S. m. — En général les substantifs terminés par cèU tiennent cette finale d'un mot grec qui est féminin ; il semblerait dono naturel que tous ceux qui ont cette origine fussent de ce genre. Mais il n'en est pas ainsi ; si hématocèle, hydrocèle, hystérocèle, scrotocèlê, stéatocèle, varicocèle, suivent la règle et sont du genre féminin, bubonooèle et sarcocèle sont du masculin. Cependant il n'y a que sphacèle (en grec sphakélos) qui n'ait pas kèlè pour étymologie, et qui conséquemment doive prendre le genre masculin.

BUTINER, V. n... On l'emploie aussi comme actif. Les fleurs quê fabeille butine, — A la fin de cet article ajoutez : Botiné, ée, participe.

BUVEUR, s. m... Buveur d'eau, se dît d'une personne qui ne boit que de l'eau , ou du vin fort trempé. Dans cette acception , il a ua féminin, Buveuse. — Ce n'est pas seulement dans cette acception qu'on emploie le mot buveuse; on le dit encore en parlant des femmes « qui aiment le vin, qui sont sujettes au vin , et qui boivent beaucoup » ; c'est dans ce sens quMl a été employé par La Fontaine dans le Testament expliqué par Ésope (livre II, fable 20) :

Un certain homme avait trois filles, Toutes trois de contraire humeur :

Une bwœuse; une coquette; La taioisif-ma, avare parfaite.

L'Académie a admis biberonne, qui se trouve dans la mémie ftiblc, mais qui est moins usité. — On pourrait ajouter que La Fontaine a employé buvewr adjectivement i

A la coquette, (il donna) Tattirail Qui suit les personnes buvêusis; La biberonna eut le bétail...

çÀ... Çàj oh çà, dites-moi ce que vous pensez. Or çà commençons. — Oa n'écrit ni ne dit plus guère, oh çà, or çà; mais en revanche on dit fréquemment, et nous avons lu dans les romans, dans les comédies, ah çà, qui devrait se trouver dans le Dictionnaire de l'Académie.

CABAS, s. m. Espèce de panier de jonc, qui sert ordinairement à mettre des figues. Cabas de figues. — Il aurait été utile de dire « à mettre des figues, du raisin. Cabas de raisin. Cabas de figues »; car on dit tous les jours du raisin de cabas, et cette locution se trouve à l'article Raisin. Or ceux qui ignorent que le raisin de cabas est ainsi appelé par opposition au raisin de caisse ( c'est-à-dire qui est expédié dans des caisses, et qui est plus beau, plus soigné) peuvent croire que cabas est un nom de pays, et qu*on dit du raisin de cabas comme on dit du raisin de Damas, de Corinihe, de Malaga, etc.

CÂBLE. — L'Académie met à ce mot un circonflexe qu'elle n'y mettait pas autrefois ; elle le conserve même dans câblé, câbleau ou câblot, etc., mais elle le supprime dans encablure. Nous ne le croyons pas phis nécessaire dans ces mots que dans sable, sabler, sableux, sablon, etc.

CABUS. Pommé. Il ne se dit qu'avec le mot chou. Des choux cabus. — Pourquoi cabus ne s'emploierait-il qu'avec chou? N'y a-t-il pas de la laitue pommée, que dans quelques provinces on appelle cahucef

CACAOYER ou CACAOTIER. CACAOYERE. — Nous croyons que dans Gacaoybr et Cacaoyère, Vo doit être prononcé pur comme dans cacaotier, et Vy détaché de la voyelle qui le précède comme dans bayadère, bayart, copayer. S'il en est bien ainsi, il faudrait substituer un ï à Yy. Mais comme les variantes cacaoïer, cacaoïère, présentent quatre voyelles successives, dont l'effet est assez désagréable à l'oreille , nous pensons qu'il serait mieux de dire cacaotier, cacaotière, dérivation qui a plusieurs analogues : de coco, domino^ indigo, numéro, etc., on fait cocotier, dominotier, indigotier, numéroter.

CACATOIS, s. m. (Quelques-uns disent Catacois.) T. de Marine* Nom des plus petits mâts qu'oa grée, sur les grands bâtiments, audessus des mâts de perroquet. Mât de cacatois. Voy. Kakatoès. — Il nous semble qu'il aurait été mieux de présenter catacois comme une locution vicieuse, que de l'autoriser par l'exemple de quelqdeS'-dns.

CACHET, s. m... Lettre de cachet se disait autrefois d'une lettre du rcM, contre-signée par un secrétaire d'État, fermée du cachet de Sa Majesté... — Plus bas nous lisons : « Cacheter, v. a... Fermer avec un cachet ». A l'article Fermer nous ne trouvons ni fermer d'ww cachet, ni fermer avec wi cachet, et c'est une lacune à combler.

CACHOTTERIE. — Il Serait à désirer que ce mot ne prît qu'un t, comme chuchoter, chuchotement, chuchoterie.

CADRATURE. — Voy. QUADRATCRE.

CADUC... Le mal caditCj L'épilepsie ou le haut mal. Cet homme a le mal caduc. Il tombe du mal caduc. — Dans cette locution , caduc n'a point la même acception que dans âge caduc, santé caduque; maison caduque; corolle, feuille caduque; il forme en quelque sorte un seul mot avec mal, pour signifier Épilepsie, et nous croyons que le tiret serait nécessaire, comme aussi à haut mal(\m a la même signification.

CAHUTE. — Hutte et cahute ne devraient-ils pas avoir une même orthographe , prendre tous les deux un seul t ou deux t ? Dans les premières éditions F Académie écrivait cahuette, et y mettait conséquemment deux t, comme à hutte.

CAJOLER. — Nous avons deux mots où ge s'est transformé en j : cajoler et enjôler, formés de cage et de geôle. Ces mots ont pour dérivés cajolerie, cajoleur, et enjôleur.

CALICE, s. m. T. de Botan. — Les botanistes écrivent généralement ccUyce, conformément à Tétymologie grecque, calu^; mais TAcadémie a mieux fait de supprimer une difficulté en écrivant de la même manière le calice des fleurs et le calice qui sert pour la consécration du vin à la messe (en grec culiœ) , que d'en créer une en écrivant zéphyr et Zéphire, mots qui ont une étymologie commune, zéphuros.

CAMPHRÉ, ÉE, adj. Qui contient du camphre. Potion camphrée. Esprit'de-vin camphré. Eavr-de-vie camphrée. — Si la potion, l'espritde-vin, Teau-de-vie, mentionnés dans ces exemples, sont camphrés,' c'est évidemment parce qu'on y a mis du camphre. Il faut donc admettre le verbe qui exprime l'opération de camphrer; camphré, ée, en serait le participe. Vous aurez soin de camphrer cet esprit-de-vin et cette eaunde-vie. Le pharmacien n'a pas camphré ma potion. Au reste, ce verbe se trouve aujourd'hui dans la plupart des dictionnaires.

CANEPIN, CANÉPHORE. — Transposez : Canéphore, Canepin.

CANNELLIER. — L'analogie avec cannelas, ca/nneler, cannelure, semble demander la suppression d'une l dans ce mot : cannelier.

CANNELLIER, S. m. T. de Botan. L'espèce de laurier dont on tire la cannelle. Plusieurs savants ont cru que le cannellier était le cinnamome des -anciens. —Y oM une forme bien dubitative sur l'identité du cannellier et du cinnamome , ou plutôt qui donne à penser que l'opinion de ces savants était une erreur. A l'article Cinnamome, cette opinion est devenue commune ou générale :

On CROIT COMMUNÉMENT Que la Cannelle est le cinnamome des anciens.

CARACTÈRE... Danse de caractère. Danse qui consiste principalement en attitudes expressives et nobles. — Il aurait été bien de mentionner aussi la Comédie de caractère; pour la définition l'on aurait renvoyé à l'article Comédie , où nous lisons : « Comédie de caractère. Celle qui a principalement pour objet la peinture et le développement d'un caractère. Le Tartufe est urne comédie de caractère. »

CARAGTÉRiSTiQUE... se dit aussl (te \^ Wf^Q q\>i se qk)ps^>cç, ^^41% tes dérivés d'un mot^ QQmçaQ le P dans les dérivés dç Corpi ejt de Temps, : Corporel, temporelj temporiser, -r- Il est Qertaiu que le p, se conserve dans plusieurs dérivés, de corps, mais il en est quelques-uns qui le perdent, tels, que corsage, corset, corselet^ rencorser, etc.

CARIATIDE. — L'étymologie demandait caryatiçte. l.' Académie , qui dans sa dernière édition semble s'être proposé de rappeler Tétymologie dans les mots qui ne sont pas trop usuels, aurait dû le faire également pour celui-ci.

CAS, s. m... En cas s'emploie aussi quelquefois substantivement, et signifie, Supplément, chose préparée pour servir en cas de besoin : il ne se dit guère que dans les maisons des princes, ou familièrement. C'est un en cas. Le prince s* étant levé avec appétit^ se fit servir son en cas de nuit. — Nous ne demanderons pas que les deux mots en cas soient immédiatement réunis comme dans enjeu, enfin, ensuite, etc. ; mais il faudrait du moins les joindre par un tiret comme on Ta fait pour sans- fleur, sans-peau, sans -souci, etc.

CAUSER, V. n. S'entretenir familièrement avec quelqu'un... Causé, ÉE , part. — Supprimez ce participe , qui ne peut convenir qu'à Causer, V. a. Être cause de, occasionner.

CAUTÈRE... Appliquer un cautêî^e.^X l'article Occiput nous lisons : « On lui a fait un cautère au-dessous de Vocciput ». Si faire un cautère est une expression reçue, elle devrait se trouver Ici. Nous l'avons déjà dit, et nous aurons souvent l'occasion de le répéter, chaque article devrait réunir,* autant que possible , toutes les locutions auxquelles le mot en question peut donner lieu, avec un renvoi aux articles où la définition en a été donnée.

CE... est quelquefois pronom démonstratif invariable, et signifie la chose même ou la personne dont on parle... Ça été la cause de bien des malheurs. — Quelques grammairiens disent que l'apostrophe qu'on met après le c dispense de la cédille ; ils écrivent donc : 'c'o été la cause de bien des malheurs; je ne pense pas que c'ait été lui qui...; on dit que font été des fêtes splendides. Malgré ce qu'il peut y avoir de choquant pour rœil à voir le e sans cédille devant un a ou un lorsqu'il doit prendre le son de r« forte, nous pensons que ces grammairiens ont raison ; mais ils auraient dû s'expliquer, et ajouter que si le c suivi d'une apostrophe n*a pas besoin de la cédille, c'est parée que cette apostrophe détache du verbe la consonne , qui eonserve le son qu'elle avait dans le pronom ce; c'est eomme si l'on éerivait : ce a été, G0 ait été, ce ont été.

CEINTURE, -^ Aux articles Gros, Plein, en lit. Être, grosse à pleine ceinture. Vue femme grosse à pleine ceinture, mais sans aucune défi-nition. La dernière de ces phrases devrait se trouver ici avec l'expliToatioD nécessaire : « dans un état de grossesse trèi-avapQé ».

CELA.— Au mot ACCEWT, TAcadémie dit : « 0« Iç met aussi (l'accQBt

grave) sur a, préposition, pour le distinguer de a, troisième personne du singulier du présent de Tindicatif du verbe avoir; on le met également sur iàj adverbe, pour le distinguer de la, article, et sur où, adverbe, pour le disting«er de #»^ conjonction. » — On écrit donc la préposition voilà avec un accent grave, soit pour la distinguer de voila j verbe, soit parce ^'elle est composée du verbe voir et de Tadverbè là {vois W). Ne ««^ît-41 pas convenable d'écrire aussi le pîDnom telà ave<ï ufi accent grave, pour les mêmes raisons : d'abord pour le distinguer de tela, verbe, et ensuite parce qu'il est également composé de Failverbe là {ce on cette chose, là) ?

cÉLADO!!, s. m. VcTt pâle tirant sur la couleur du saule ou de la feuille de pêcher. Taffetas céladon. Rubmi tMadoH, On dit aussi, adjectivernéBi^veH céladon. — Céladon est employé adjectivement dans 44i^«(a« * céladon, ftJban céladon, aussi tûen que 4aQs verl céladon, où vert est mis pour D'un vert : taffetas vert céiadon. Pour donner un exemple où céladon fût substantif > il aurait fallu dire, p^ exemple. Le celad&n e»i un vert pâle,..; céladon clair, céladon fonce.

CENELLE. — A la lettre S on lit : « Senelle, s. f. Voy. CsiitLLB. » Ici ce dernier mot manque; il faudrait donc y mettre : Censlle, s. f. PeUt fruit rouge du houx.

CEKT^ME.. — L'Académie écrit avec un tiret un deux-centième, tm iroês-œnlièfne, et cependant elle n'en met pas à la deux cetilième partie, la trois centième partie. Nous croyons qu'il en faut un dans toutes oes phrases et autres analogues, la cinq-millième partie^ la huit-millionième partie. Il serait utile de donner des exemples de ces fractions aux articles Millième et MiLUONiÈME, car ceux qui auront besoin d'en connaître l'orthographe ne penseront guère à consulter l'article Centième.

CENTis»LE. Qui vaut cent fois autant, centupler. Rendre cent fois plus grand. ~ Nous pensons que la définition de centuple est exacte, et qu'il y a erreur dans celle de centupler, où il aurai^ fallu dire : rendre cent fois aussi grand.

ciSiicuEiLr, s. m. — Ajoutez « On prononce cerkeuil, » Voy. Accueil.

CERTAIN, AINE 9 adj... Il y a certaines choses, de certaines choses pour lesquelles on éprouve de la répugnance, -^ Nous ne voyons pas l'utilité de la préposition ou plutôt du partitif de dans cette phrase, car il y a certaines choses se dit.pour II y a des choses ; et de semble former un pléonasme ou une redondance. Puisque l'Académie ne le met pas dans les locutions à certaines époques, dans certains cas, qui nous, paraissent être dans les mêmes conditions, il serait peutr-être mieux de n'en pas faire usage. On retrouve ce de,

(à Aswber) 72 y « de certaine mots âcms ta Icmguêé^,

(à Indclt) Privilège accordé... dfe pouvoir ïïOmmêr à de Certains bénfiflces,

(à Mauvais) Le fruit est mauvais pour de certains estomacs.

(à Suppôt) Celui qui est membre d'un corps, et qui remplit db certaines fonctions pour le service de ce corps*

tandis qu'à l'article Affecter l'Académie le supprime ; elle dit :

Affecter certains' mots, certaines façons de parler, certains airs, certains gestes, et non, affecter de certains mots,,.

Voltaire aussi a dit, il est vrai : « Les filles ont toujours de certaines petites incommodités qui demandent de certains petits soins, et auxquelles il faut mettre un certain ordre, dans de certaines circoTh stances » ; mais nous soupçonnons fort Voltaire d'avoir mis ces trois de explétifs pour ajouter à la forme plaisante de sa phrase, et peutêtre même pour faire bien sentir le ridicule de cette redondance.

CERVIER9 adj. f. — Lisez : adj. m.

CESSER, V. n. Discontinuer. Cesser de vivre. Cesser de parler. Cesser d'agir. Depuis ce matin, il n'a pas cessé de travailler... Il est quelquefois actif. Cessez vos plaintes. Cessez vos cris... — L'Académie ne regarde pas le verbe discontinuer comme neutre dans ces exemples : Discontinuer db faire une chose, de parler, de travailler. Voy. Différer.

CHAIRE... se dit figurément... du siège apostolique. La chaire apostolique. La chaire d'unité. Le pape est assis dans la chaire de Saintpierre *. — Il ne s'agit pas ici de la chaire d'une église ou d'une basilique, pas plus de celle de Saint-Pierre que de celle de Saint-Jean de Latran ou de toute autre chaire proprement dite , mais de la chaire apostolique de l'apôtre saint Pierre ; il faut donc écrire saint Pierre (petite s et pas de tiret).

CHAMEAU... Chameau mâle. Chameau femelle. — On a déjà donné des féminins à des noms d'animaux qui n'en avaient pas autrefois ; on dit un barbet, une barbette; un serin, une serine, au lieu de un barbet mâle, femelle; un serin mâle, femelle; et de même un linot, une linotte, au lieu de une linotte mâle, femelle; enfin encore, toujours pour abréger, au lieu de un coq d'Inde, une poule d'Inde, on dit un dindon, une dinde. Puisque de bons auteurs, et entre autres Chateaubriand et M. de Lamartine, ont employé le féminin chamelle, qui est tout aussi régulier que les mots damoiselle, jouvencelle, pastourelle, jumelle, nouvelle, etc., nous ne doutons pas que dans la prochaine édition l'Académie ne mette Chameau, melle, subst.

CHAMP... Champs Élysées, Élysiens ou Élyséens, Lieux où, selon les anciens païens, étaient reçues, après la mort, les âmes des hommes justes. — A la lettre E nous ne trouvons que les champs Élysées et les champs Élysiens; l'expression élyséen est réservée pour « Ce qui

.1. Cette môme faute de Saint-Pierre pour saint Pierre se retrouve aux articles Clef, Denier , Patkiuoinb, etc. ; mais c'est à l'article Clbf qu'elle est le plus choquante. Ce sont évidemment des fautes typographiques, et l'on aurait tort de les mettre sur le compte de l'Académie.

appartient à TÉlysée, aux champs Élysiens : Repos élyséen. Ombres élyséennes ». Laquelle de ces deux versions est la bonne?

CHANDELLE... Chandelle des quatre j des huit, des douze à la livre. -— Nous préférons de beaucoup la locution qu'on trouve à Tarticle Livre : Des chandelles, des bougies de quatre, de cinq, de six à la livre, car ici il n'y a qu'un mot de sous-entendu : des chandelles de quatre chandelles à la livre ; si l'on emploie des , il faut en sous-entendre plusieurs : des chandelles des {de celles où il y en a) quatre à la livre.

CHAPELET. — Il manque dans cet article Chapelet df oignons, qu'on trouve à Oignon, mais dont la définition laisse à désirer.

CHAPON, s, m... Prov. et fig., Ce sont deux chapons de rente, se dit de deux personnes dont l'une est grasse et l'autre maigre. — Lorsqu'on voit un proverbe on désire connaître non-seulement le sens qui y est attaché, mais encore sa valeur propre, c'est-à-dire ce qui a pu donner lieu à ce proverbe ; or on ne comprend pas pourquoi de deux chapons de rente l'un est gras et l'autre maigre ^. Nous espérions trouver une explication plus satisfaisante à l'article Rente , mais loin de là; nous n'y lisons que ces mots : Chapon de rente.

CHARGE, s. f. — L'Académie définit Bénéfice à charge d'âmes * par ces simples mots « Celui qui oblige à être prêtre », et oublie de nous apprendre ce que c'est que d'avoir charge d'âmes. A la vérité elle dit, à l'article Prêtre, qu'on appelle ainsi a celui qui a l'ordre du sacerdoce, en vertu duquel il a le pouvoir de dire la messe, et de donner l'absolution des péchés » ; mais cela ne constitue pas ce qu'on appelle proprement avoir charge d'âmes. Il nous semble que la charge, d'âmes, c'est-à-dire la direction spirituelle d'une paroisse, est la fonction du curé et non celle du simple prêtre.

CHARIOT. — Tous les dérivés de char : charrette, charretier, charrier, charroi, charron, charrue, et les dérivés, prennent deux r; chariot est le seul qui n'en ait qu'une.

CHARMOIE. Lieu planté de charmes. — Les noms des lieux plantés de certains arbres se terminent généralement par aie : aunaie, boiùlaie, cannaie, châtaigneraie, chênaie, coudraie, houssaie, oseraie, pommeraie, roseraie, saussaie, tremblaie, etc. — On dit ormaie ou ormoie. Charmoie fait encore exception à la règle.

CHÂSSE. — C'est une règle en français de ne jamais affecter d'un accent une voyelle suivie d'une consonne redoublée ; cependant il y a deux exceptions, châsse, masse, et leurs dérivés. Voy. Affre.

1. Ce proverbe signifierait-il que celui qui est appelé à donner deux chapons de rente, ne voulant pas les donner tous deux gras et n'osant pas les donner maigres, prend une moyenne et donne l'un gras et l'autre maigre ?

2. A l'article Amb on lit : c Bénéfice à charge d*âmes, avec charge d'âmes » ; et à Bénéfice : « Bénéfice ayant charge d'âmes^ avec charge d'dmes, à charge d'âmes ». C'est très-bien d'avoir mis ces trois yariantes à Bénéfice ; mais , suivant nous , elles devaient à plus forte raison se trouyer à Tarticle Charo», -

cAltAHi, adj. m... H n'est gaère osité que dans ees loduUofis, Pml châtain, cheveux châtains. -^ Puisqu'il y a des chereux châtains, an fait probablement des perruques de cette couleur; et d'ailleurs n'y a-t-il pas des barbes couleur de châtaigne comme il y en a de blanches, de noires, de blondes, etc. ? Quelle dénomination donnera-t-on à ces barbes et à ces perruques?

CHATOYER. — Le mot chatoiement nous semble au moins aussi . usité que chatoyer, et nous pensons qu'il mérite d'avoir uine place dans le Dictionnaire de TAcadémie.

CHATTEA. Une chatte qui est prête à chatter, — Voy. âgiteler.

CHAUD... s'emploie aussi comme substantif, dans le sens de Chaleur. Il fait grand chaud. Avoir chaud. Souffrir le chaud et le froid. Mourir, étouffer de chaud. Crever de chaud... — Aux articles Mourir, Étouffer, Crever, on retrouve ces mêmes locutions, Mourir de GHAUD, étouffer de chaud, crever de chaud. On lit encore,

(à ÀLtÉRER) Le grand chaud altère les liqueurs.

(h Modérer) Le temps s* est modéré ^ le froid, le chaud cammenxie à se modérer, (à Terre) La terre est toute crevassée du chaud quHl fait.

Puisque chaud est l'opposé de froid, nous comprenons très-bien qu'on dise , Avoir froid, avoir chaud ; souffrir ie chaud et le froid ; mais dans la plupart des autres locutions nous aimerions mieux chaleur : J'étouffe de chaleur; la chaleur commence à se modérer; la terre est toute crevassée par la chaleur; d'autant plus que nous lisons dans le Dictionnaire de l'Académie : Chaleur se dit souvent, dans un sens particulier, d'une température produite par l'action du soleil. La CHALEUR est dévorante, étouffante. Être incommodé par la chaleur. Nous partirons ce soir, après la chaleur; et

(à Altérer) La chaleur et la poussière m'ont fort altéré, (à Durcir) La grande chaleur durcit la terre.

CHAUSSER. CHAUSSURE. — - Peut-on dire être chaicssé en souUers, en escarpins, en bottes, oxxde souliers, etc; avoir pour chamsmre des souliers, des escarpins, des hottes f Aucune de ces locutions ne se trouve dans le Dictionnaire de l'Académie.

CHAUSSE-TRAPE. — Voy. ATTRAPE.

CHERSONÈSE... La Chersonèse Taurique. La Chersonèse Cimbrique. La Chersonèse d'Or, etc» — Voy. Bosphore.

CHICORACÉES, S. f. pi... Les laitues appartiennent à la famille des chicoracées. Il peut aussi s'employer au singulier. Le pissenlit est une chiboracée. On dit quelquefois adjectivement. Les plantes chicoracées.

Njous pensons que ce mot a été employé adjectivement avant de l'être comme substantif, et qu'il aurait été mieux de suivre ici l'ordre chronologique comme l'Académie l'a fait pour d'autres mots tels que labié, papilionacé ou papillonacé, cétacé, crustacé, testacé, etc.

qu'elle a mis d'abord comme adjectifs. Elle aurait ajouté : « Il s'emploie plus souvent comme substantif, au féminin. Le pissenlit est une chicoracée. Les laitues appartiennent à la famille des chicoracées, »

L'Académie n'a pas observé de principe fixe dans l'exposition de ses articles relatifs aux noms des familles de plantes ; elle a même quatre manières de procéder.

La première, qui nous semble la plus convenable, consiste à donner d'abord l'adjectif au masculin et au féminin (Voy. GraminéÈ), puis à dire qu'il s'emploie aussi comme substantif. C'est ce qu'elle a fait pour Labié, ÉE ; Légdmineux, edse ; Papilionagé, ée, ou Papillonacé, ée, etc. Plante labiée. Fleur labiée. La famille des labiées, — Plante légumine use. La famille des légumineuses comprend un grand nombre de genres, — Presque toutes les fleurs des légumineuses sont papilionacées. Le haricot, le trèfle, sont des papilionacées.

Dans la seconde, l'adjectif n'est présenté qu'avec le genre féminin : Caryophyllée, adj. f. ; Cugdrbitagée, adj. f.; Liliagée, adj. f. ; Malvacée, adj. f. Fleur caryophyllée. Plante liliacée. Plantes malvacées. — Puis vient l'emploi comme substantif : La famille des caryophyllées ^, des cucurbitacées, des liliacées. Les malvacées.

Dans la troisième, comme à Fromentacée, adj, f., elle ne parle pas du substantil ; cependant on doit pouvoir dire. Les orges, les chiendents, sont des fromentacées, comme on dit, sont des plantes fromentacées.

Enfin dans la quatrième manière elle présente d'abord le substantif au pluriel : Chigoragées, s. f. pi.; Rosacées, s. f. pi., etc. Les laitues appartiennent à la famille des chicoracées. Le pommier, le poirier, la ronce, le fraisier, sont des rosacées. Puis elle ajoute : « On dit quelquefois adjectivement. Les plantes chicoracées »; « On dit adjectivement, dans un sens analogue, Uîie fleur rosacée ». Quelquefois cependant, comme à Amentacées, Rdbiacées, Solanées, Urticées, s. f. pi., elle ne parle pas de l'adjectif.

CHRÊME. (Dans ce mot et dans les suivants, jusqu'au mot chuchoter, on ne prononce point l'H.) — Lisez : Jusqu'au mot chuchotement; ou mieux , jusqu'au mot chrysoprase inclusivement.

Puisque chrémeau prend un accent aigu, ne devrait-on pas écrire chrême, avec un accent grave?

CHRIST... Le Christ, La venue du Christ. La religion du Christ. On le fait plus ordinairement précéder du nom de Jésus, et alors il ne prend point l'article. Notre-Seigneur Jésus-Christ. Nous avons été rachetés par le sang de Jésus-Christ. Souvent on écrit par abréviation , J. C. Cinquante ans avant J. C.

1. a l'article Sapomairb, l'Académie dit « Plante de la famille des OEillets ». Elle aurait dû peut-être dire « Plante de la famille des Caryophyllées » ; mais œillet est plus simple et sera mieux compris de la plupart des lecteurs. Si à l'article Roucouyer elle avait mis que cet arbre est de la famille des tilleuls, au lieu de dire « de la famille des tiliacées » , elle ne se serait pas exposée à voir les typographes convertir tiliacées en liliacées, et faire ainsi du roucouyer un arbre de la famille des lis. Voy. Roucodybb.

Ces lignes nous fournissent le sujet de deux observations. D'abord on se demande pourquoi TAcadémie, qui écrit Jésus-Christ avec un tiret, n'en met pas lorsque ce nom est abrégé (7. C.)- On pourrait croire que c'est une distraction typographique, si l'on ne retrouvait ce même principe dans plusieurs articles du Dictionnaire; ainsi à Décollation, Nativité, Précurseur, Préparer, etc., on trouve saint Jean-Baptiste; à Maillot on lit Jean-Jacqties (sous-entendu Rousseau), tandis qu'à Confession, Correspondance, Écrit, Esprit, Lange, etc., on volt J. J. Rousseau sans tiret entre les prénoms, et de même à Cantate et Allégorie pour 7. B. Rousseau, On répondra sans doute qu'il n'y a pas de confusion à craindre entre les noms et les prénoms dès que ceux-ci sont en abrégé ; cependant le tiret est d'usage en typographie, excepté dans les catalogues, où on le supprime généralement, dans la crainte de n'en pas avoir suffisamment* ; mais on ne met jamais J, C. sans tiret, même dans les notes marginales.

Nous demanderons ensuite pourquoi, au contraire, elle en met un à Nôtre-Seigneur^? Cette orthographe nous semble n'être fondée sur aucun principe ; en typographie nous ne nous souvenons pas de l'avoir jamais vu.

CHRISTE-MARINE. — (lig. 3-U) le Passe-pierre ou Bacile. —Nous croyons qu'il faut la passe-pierre , puisqu'à la lettre P l'Académie a donné Je genre féminin à cette plante ainsi qu'à passe-fleur et à passe-rose.

CHROME. — L'étymologie demande chrome^ et c'est ainsi qu'on écrit généralement.

CHRYSOLITHE, S. f. — Le mot grec chmsôliihos est masculin; chrysolithe devrait avoir le même genre, comme l'ont déjà aérolithe, ichthyolithe, monolithe, oolilhe, ostéolithe, phyllithe, phytholithe, zéolithe, zoolithe. — - L'Académie donne le genre féminin à hippolithe et à hystérolithe comme à chrysolithe,

CHUT. (Le T se prononce.) Mot dont on se sert pour avertir ou ordonner de faire silence. — Il aurait été convenable de donner au moins un exemple pour faire connaître si ce mot doit être suivi d'un point d'exclamation. Nous le croyons utile, et nous le mettrions dans ces phrases : Chut! on nous écoute. Chut ! quelqu'un vient. Je vous ai dit cela entre nous; mais, chut! n'allez pas le répéter. Il est vrai que l'Académie n'en met ni à chut, ni à paix, ni à silence, dans les exemples suivants :

1. Dans quelques ouvrages tels que V Annuaire militaire, où l'on met en toutes lettres le prénom usuel des officiers et en abrégé ceux de leurs prénoms qui ne figurent que dans l'extrait baptistaire, et où l'on a voulu suivre le principe admis par l'Académie, cela fait une bigarrure dont on a peine à se rendre compte, à moins qu'on ne sache par cœur son Dictionnaire de l'Académie.

2. Excepté toutefois à Rachbtbb , où le tiret a été omis : « Baeheter se dit aussi en parlant de Notre Seigneur Jésvs-Cubist ». Quant à l'exemple du mot RéoBUPTEiTR, « Notre Seigneur <t rédempteur » , le tiret 7 serait une faute.

(à PAIX7 Paia>4â, messieurs. Eh, fmx âme. Chut, paix, (à Silence) Silence, messieurs.

Nous ne voyons pas Tutilité du tiret dans paix-là, — Voy. LÀ.

CIBLE. — L'Académie, qui semble en général tenir aux étymologies, ferait peut-être bien de supprimer VI de ce mot, qui doit être formé de l'allemand Scheibe.

CICATRICE. — On regrette que l'Académie n'ait pas adopté l'adjectif cicatrice, qui porte une ou plusieurs cicatrices, de Boileau :

Son front cicatrice rend son air furieux.

CICATRISER. — Ce verbe nous semble réclamer le substantif cicatrisation pour exprimer l'action d'une plaie qui se ferme : Lm cicatrisation de cette plaie sera lente, sera longue,

CICERONE. (On prononce Chichéroné.) — Au mot Fantoccini, l'Académie a très-bien figuré la prononciation italienne {fantotchini) ; elle n'a pas fait de même ici , car les Italiens prononcent tchitchérôné. Si cette prononciation paraît trop dure pour des bouches ou des oreilles françaises, il vaudrait mieux franciser le mot, même pour l'écriture, que de prendre une moyenne qui ne satisfait personne.

CIGABE. — L'Académie ajoute ou retranche un peu arbitrairement, à notre avis, des lettres que repousse ou que réclame l'étymologie. Elle écrit escarre au lieu ^'eschare (Voy. Escarre) ; ici elle supprime sans nécessité une des r que demande l'espagnol cigarro.

aPATE, s. m. (On prononce CipoMfe), Soldat indien. — spahi, s. m. Soldat turc qui sert à cheval.

Cipaye et spahi ont une commune origine. On est d'accord sur l'orthographe de ce dernier ; quant au premier, sur lequel on diffère, nous proposerons de l'écrire cipaïe, ce qui indiquerait la prononciation (cipa-«e),— ou plutôt sipaï, afin de le rapprocher de l'étymologie indienne {sipahy).

circoncira... Je circoncis, nous circoncisons. Je circoncirai. Que je circoncisse,^ — Est-ce le présent ou l'imparfait du subjonctif que l'Académie a voulu donner? Si c'est le présent, comme nous le pensons, il faut circoncise, avec une seule s. Peut-être y a-t-il omission de ce temps. *

ciseaux... Il s'emploie quelquefois au singulier. On n'a point encore mis le ciseau dans cette étoffe. Le chirurgien lui a donné trois coups de ciseau. — Il nous semble regrettable que l'Académie accueille des locutions qui ne pourraient s'écrire. Qu'on dise donnez-moi les pincettes ou lapincette, cela ne change pas le sens du mot; mais, à notre avis, ce serait tout au moins s'exposer à n'être pas compris que d'écrire qu'wn chirurgiena donné des coups de ciseau à un patient.

cithare. — Comment se fait-il que l'Académie , qui nous décrit le sistre des Égyptiens, ne parle ni du cistre des Italiens ni même de la cithare des Grecs? D'ailleurs ce mot devrait être ici par la seule raison

quMl figure dans TartidQ HiPTACOiuoi ; maà» Uw futrdivtraotion, on a mis cythare avec un y,

ciTBON... JiLs de citron. Cotdeui^ çk citron. Chair de citrcm cm^ fUe, Écorce de citron. Couleur de citron. — Supprimez le py^wier exemple <t Couleur de citron » ; le dernier sert de liaison avec le para* graphe suivant, où sont les phrases « Taffetas citron. Une robe citron, »

CITRONNAT. — L'Académie dit « Orangsat, s. m. Espèce cfe confiture sèche faite de petits morceaux d'écorce d'orange ». Pourquoi n'a-t-elle pas admis en même temps le citronnât f Ces deux sortes de confitures doivent avoir eu une origine à peu près simultanée, ainsi que le cédrat confit. Au reste , en 1696 le Supplément du Dictionnaire de l'Académie disait déjà : « Citronat, s. m. Confiture faite de peau de citron coupée en filets longs et menus. »

CLAiR-SEM^, fe, adj. — La réunion de ces deux mots en un seul (clairsemé) en faciliterait beaucoup l'orthographe aux commençants , qui croient qu'on doit faire accorder clair aussi bien que semé avec le substantif (des blés clairs-semés, de l'avoine claire-sem^é) ^ tandis que clair doit rester invariable. Nous avons déjà clairvoyant, qui constitue un précédent pour clairsemé.

CLAPOTEFSE, adj. f. Il se dît de la mer lorsqu'elle clapote après avoir été agitée par différents vents. La mer est clapoteuse. — Cet adjectif ne peut-il pas se dire également de l'Océan et dès grands lacs , et dans ce cas le masculin clapoteux ne pourrait-il pas s^employer?

CLEF, s. f. (On prononce clé, même devant une voyelle, et plusieurs l'écrivent ainsi.)— Puisque dans ce mot Vf ne se prononce pas comme dans nef, qu'elle reste nulle même devant une voyelle , et que plusieurs écrivent clé, nous croyons qu'il serait convenable d'adopter cette dernière orthographe, d'autant plus que les dérivés ne se forment pas très-régulièrement (clavier, clavecin, clavette, claveau) et qu'ils sont peu nombreux *. Déjà dans la première édition l'Académie écrivait blé (au lieu de bled, en basse latinité bladum), mot qui a pour dérivés blatier, emblaver et emblavure.

CLEF... Fig., Les clefs de Saint-Pierre, L'autorité du saint-slége. — 11 est plus qu'évident qu'il ne s'agit point ici des clefs de Téglise Saint-Pierre, mais des clefs données* à saint Pierre, c'est-à-^ire de la puissance de lier et de délier qui lui a été conférée ; il faut donc écrire, les clefs de saint Pierre (petite s et pas de tiret).

CLIN, s. m... En wn clin d'œil, en moins d^un clin d^œil. En un moment, en fort peu de temps. Il disparut en un clin d'œil. Cela fut fait en moins d'un clin d'œil. — Fam., C^est l'affaire d'un clin d'œil, cela fut fait ï>*im clin d*œil, se dit d'une chose qui doit se faire ou qui a été faite très-promptement.

Nous pensons qu'il est beaucoup plus naturel et plus correct de

1. Nous ne parlons pas de clavicule , conclave, enclave, etc., qui viennent directement du

dit«e Ceiu fut ftgk^nn un cHn, éfceil que D*«n clin cTceii, car la chose ne fut pas faite, avec ou par un clin d'œil, mais dans le temps qui suffit pour un cHn d'côil. On dirait très-bien ^e fut l'affaire T>'une minute, nrwne sebondè, mais non *cela fut fofèt d'une minute, d'une seconde; il faut, BK une minute, etc. — Cependant on pourrait dire, dans le sens de par : D'un clin d'ceil Jupiter ébranle l'Olympe.

co Accusé, COASSaCHÊ, COBIÊBITËITR, codétentëur, codona- TAIKE^COPARTAOEANT, COVENDEUR. — Ces mots et quelques autres où co est joint à un substantif qui le plus souvent s'emploie seul, semblent demander un tiret : co-accusé, co-associé, co- débiteur, etc.

COCCINELLE , S. f . — Voilà un joli nom , le nom d'un joli petit insecte, l'un des plus répandus et des plus connus, et que suivant les localités on a surnommé béte à Dieu, bêle à la Vierge, vache à Dieu, etc. On est surpris que l'Académie n'ait pas recueilli le nom scientifique , ne fût-ce que pour avoir l'occasion de redresser ou du moins de mentionner tous les surnoms ou noms vulgaires donnés à cet insecte, comme elle l'a fait pour la plante appelée bacile^.

COEMPTION. — Il aurait été utile de dire ici que le p se prononce, comme on l'a fait pour contempteur et gontebiptiblb^ exemption,

SYMPTOMATIQUE , CtC.

CŒMJtu.* Tant que le ceeur me battra dans le ventre. Tant que je vivrai.

L'Académie, qui a mis cette phrase à Battre, à Coeur et à Ventre, dit, il est vrai, qu'elle est populaire ; mais il nous semble qu'il eût été mieux d'y substituer poitrine à ventre, car nous l'avons souvent entendue avec ce changement et elle y gagnait beaucoup en noblesse.

— Sans doute on dit au£(9i, Dofnner dncœwr au ventre à quelqu'un, ou Im mettre, Im remettre le cceur au ventre; mais ici ceeur signifie Cou* n^, et l'un peut placer le courage dains telle partie du corps qu'on voudra, puisqu'on dit : Prendre, tenir son courage à deu>x mams. — A l'article Corps on lit : « Tant que l'âme me battra dans he gobps » ; et bien certainement cette expression est préférable à la première^ Tant que le coeur me battra dans le ventre.

CŒUR... (p. 336, col. 2) Dieu est scrutateur des cœ^n.— Nous pensons qu'il faut lire ici comme à l'article Scrutateur : Dieu est le scrutateur des cœurs.

COGNASSE , s. f. Coing sauvage moins gros et moins jaune que l'autre. COGNASSIER, S. m. Arbre qui porte des coings ou des cognasses.

— Puisque le coing présente trois points de différence avec la cognasse, qui est sauvage, moins grosse et moins colorée, pourquoi ar-t-on supprimé le nom de l'arbre qui le produit ? Le mot coignier,

1. L'Académie a soin de nous dire que le bacile est aussi appelé jwrce-piwrt, pcuie-piene, ehriate marine, ou fenouil marin. Ces renseignements sont d'un grand intérêt pour bon nombre de lecteuts.

qti'on trouve dans la première édition du Dictionnaire de TAcadémie, devrait être rétabli. Voy. Verglas.

COING, s. m... Gros fruit jaune en forme de poire... — Pourquoi l'Académie a-t-elle supprimé un des caractères du coing, celui d'être un fruit à pépins, caractère indiqué dans les quatre premières éditions?

COLICITANT. — Dans ce mot, la syllabe co a la même signification que dans collaborateur, collatéral; et puisqu'on n'y met pas deux l, U serait nécessaire d'y mettre un tiret : co-licitant.

COLLAGE , s. m. —■ A l'article Coller on a bien dit « Coller du vin, Y mettre de la colle de poisson ou quelque autre ingrédient, pour l'éclaircir » ; mais ici l'on a oublié de parler du Collage du vin et de diverses liqueurs, qui se fait avec des blancs d oeufs, de la colle de poisson, -etc.

COLLECTION, S. m. -— Lisez : s. f. Ici la faute typographique a des conséquences moins graves, parce qu'il y a plusieurs exemples qui servent à la redresser.

COLLÉGIAL, ALE, adj. Il n'est guère usité qu'au féminin, et dans cette dénomination Église collégiale, qui se dit d'un chapitre de chanoines sans siège épiscopal. — Comme l'Académie n'a pas admis plusieurs mots de Fénelon, de Boileau, de Bufibn, etc., qui sont usités, nous ne parlerons pas de Gresset, qui a dit : la prose toisée des poètes collégiaux; mais nous rappellerons qu'on dit tous les jours les études collégiales, et qu'on trouve la rétribùtioA collégiale à chaque page de l'Almanach de l'Université.

COLONNE... en termes de Physique... Colonne d'kin. Colonne rf^EAU. Il y a une colonne d'air qui pèse sur la colonne de mercure contenue dans le baromètre. — Pour compléter l'énumération, on pourrait ajouter une phrase analogue à la suivante , qui sç trouve à l'article Feu : Une colonne de feu guidait les Israélites dans le désert, pendant la nuit,

COLORER. — Nous avons décolorer et décoloration; pourquoi n'avons-nous pas aussi coloration, pour exprimer l'actioii de prendre ou de donner de la couleur? « Le plus ou moins de coloration des fruits dépend de ce qu'ils 07it plus ou moins reçu les rayons du soleil. La COLORATION du mont Blanc, la coloration des nuages par les rayons du soleil couchant, présente un beau spectacle. La coloration du verre, du cristal, se fait par tels et tels procédés ». Enfin pourquoi ne diraiton pas la coloration de la peau, puisque l'Académie admet la décoloration de la peauf

COLORIER, V. a. Appliquer les couleurs convenables sur une estampe, sur un dessin, etc. Colorier une estampe, un dessin. Colorier une statue. — Nous venons de demander qu'on admette coloration pour correspondant de colorer; nous en faisons autant pour coloriage, correspondant de colorier. Autrefois colorier ne se disait que des tableaux.

et dans ce sens il arait son mibstantif coi&ris; aujourd'hui qu*on remploie en parlaat des estampes, des dessins, des statues, pour lesquels coloris n'est pas usité, U (aut un nouveau sul>@tantif ; et ce substantif c'est coloriage.

Sans doute on a le substantif enluminure^ qui exprime la même idée ; mais on ne dirait ni enluminer une statue j ni l'enluminure d'une statue. Ainsi donc coloriage pourra s'employer aussi bien que colorier en pariant des statues, des estampes et des dessins; d'ailleurs c'est le terme df^nt on se sert généralement aujourd'hui.

COMBATTRE, V. a... Il est souvent employé absolument et neutraiement. — L'Académie emploie tantôt l'une, tantôt l'autre de ces expressions; ainsi à Tourner (façonner au tour) elle dit que ce verbe est employé absolument dans cette phrase a Un ouvrier qui tourne bien » ; et à Toucher , qu'il est employé neutràlement dans ceile-ci : « Regardez cela, mais n'y touchez pas ». Ces différences sont trèsbien exprimées. Ici elle dit que combattre s'emploie souvent de l'une et de l'autre manière ; cela est encore vrai et les exemples sont bien choisis , mais elle ne dit pas dans lesquels le verbe est employé absolument ou neutràlement; nous allons essayer de le faire connaître. TSous pensons que combattre est employé absolument dans les phrases Combattre vaillamment; combattre à pied, à cheval; combattre à l'épée, au pistolet, parce qu'on sous-entend un régime direct, V ennemi, etc.; \\ est employé neutràlement dans celle-ci « Combattre contre quelqu'un » , parce qu'on ne peut pas y mettre un régime direct.

COMBLER, V. a... Fig., Combler une personne de biens. Lui faire de grands biens. — Dit-on faire des biens à quelqu'un? Nous ne le croyons pas * ou du moins nous ne l'avons jamais ni lu ni entendu ; on dît faire du bien à quelqufun, lui faire beau^coup de bien; et à l'article Bien nous trouvons de même. Faire nu bien à quelqu'un, procurer du bien à quelqu'un. — Dans la première édition l'Académie a donné la définition suivante, qui nous paraît meilleure, « Combler une personne de biens.,. Lui donner très-abondamment des biens. »

COMÉDIE... signifie encore Le lieu où Ton joue la comédie pour le public. H loge vis-àrvis de la comédie. Sa maison est à côté de la comédie. Les bureaux de la comédie. — Comédie se dit aussi de la troupe des comédiens qui appartiennent à un même théâtre. Toute la comédie doit paraître dans cette pièce. La comédie française. La troupe de l'Opéra-Comique s'appelait autrefois la comédie italienne.

Ici , comme on le voit, quelle que soit l'acception du mot comédie, l'Académie l'écrit avec un petit c; ailleurs elle emploie la majuscule : (à Salle) La salle de la Comédie. La salle de TOpéra. (à Entrée) Cet auteur a ses entrées à la Comédie française. (à Acte) Il vient de donner un joli acte à la Comédie française.

1. A l'article Pairie on lit aussi : Cela lui a fait de grands maux, de grandes douleurs. Causé nous femblerait préférable.

(à Semainier) Les deux semainiers de la Comème franç&isc. (à Sociétaire) Les sociétaires de la Comédie française.

Ailleurs encore nous trouvons de plus une variante pour le mot franr çaisCj qui est écrit avec une majuscule :

(à Pensionnaire) Pensionnaire de la Comédie Française.

Voy. Relâche.

COMMENCER, V. a. -— Il y a dans cet article une transposition de trois lignes. Après ces mots du second paragraphe « Ce roi commença de régner en telle année » , il faut mettre ceux-ci , qui sont au troisième : « Cependant on dit quelquefois, Commencer à, pour Comment cer de. Commençons à dîner. Ils commencèrent à jouer. Etc. » Voyez, à l'article À, Commencer à, etc.

COMPACTE, adj. des deux genres. T. de Physique. Qui est condensé, dont les parties sont fort serrées. Corps compacte. Substance comrpacte. Les métaux les plus compactes sont les plus pesants.

On écrit sans e final les adjectifs exact et inexact , intact j abject, correct et incorrect, direct et indirect, infect, strict, abrupt, et même quelques substantifs tels que tact et contact, rapt, intellect, concept, etc., où cependant Ton fait sentir le t final ; il nous semble qu'il serait convenable de suivre la même orthographe pour compacte, qui d'ailleurs est généralement écrit sans e au masculin {compact) dans les ouvrages de sciences. — Nous ferions volontiers la même proposition pour l'adjectif contracte, terme dont on se sert dans la grammaire grecque.

COMPÉTEMMENT. — Voilà le premier adverbe de cette terminaison où l'Académie ait indiqué la prononciation {com^étament) . Elle dit elle-même qu'il est peu usité. Nous pensons qu'à égalité il aurait mieux valu l'indiquer au mot Antécédemment, qui du moins se trouvait le premier dans l'ordre alphabétique, ou au mot Ardemment, qui est le second, et qui s'emploie tous les jours.

COMPLÈTEMENT^ adv. — Les adverbes dérivés d'un adjectif terminé par ec, ef, er, et, prennent un ^ à l'antépénultième syllabe; tels sont sèchement, brièvement, grièvement, amèrement, entièrement, discrètement, secrètement, etc. Il n'y a qu'une exception , complètement, et il serait bon de la faire disparaître. — Pour complètement, s. m., voyez l'article Accents.

COMPLEXION, s. f. — Pourquoi l'Académie a-t-elle supprimé l'adjectif compleadonné, ée, qu'elle avait admis dans les quatre premières éditions? Cette expression, autrefois employée par les médecins seulement, a passé dans le langage vulgaire : Il est bien complexionné, .mal complexionné. Il ne vivra pas longtemps, il est mal complexionné. Dans le Complément du Dictionnaire de l'Académie, complexionné, ée, est regardé comme le participe du verbe cofnplexionner.

COMPOSER, V. a... COMPOSÉ, ÉE, part. Un corps, un être composé.

— Un corps, un être composé est évidemment formé de parties composantes, de composants; et Ton s'étonne que l'Académie ne donne pas l'adjectif eomposcmt, ante, dont le masculin doit être employé substantivement aussi bien que le masculin du participe composé ^. Cela nous intéresse beaucoup, parce que dans cet ouvrage nous sommes souvent appelé à parler des mots composés, qui présentent les questions les plus difficiles de notre langue. Ainsi nous sommes forcé de dire que dans écuelle-d'ecm, ruban-d'eau, flèche d'eau (celuici sans tiret, nous ne savons pourquoi) ou sagittaire j une des parties COMPOSANTES , le premier des composants est pris figurément , et que dans boutoTir-d'or^ boutonrd'argent ^ verge-d'or, les deux composants sont employés dans le sens figuré. Nous ne connaissons pas d'autre expression que celle-là pour rendre exactement notre pensée, et nous espérons qu'on voudra bien nous la passer parce qu'elle nous semble très-intelligible.

€0]iiPTANT, adj. m. Il n'est guère usité que dans ces locutions. Argent comptant, deniers comptants. Argent en espèces, argent compté sur-le-champ. Il a tant en argent comptant. Payer argent comptant, en beattx deniers comptants. Il refitsa les billets, et il voulut de l'argent comptant.,, — Comptant s'emploie aussi adverbialement. Payer une somme comptant. Payer comptant. Vendre comptant. Acheter

Trop souvent l'Académie n'est pas assez explicite, et omet de nous donner l'indication des ellipses. Bien des personnes, trompées par les beaux deniers comptants, croiront qu'il faut écrire mille francs comptants, d'autant plus qu'on ne comprend guère ce^ que c'est que des deniers comptants (au lieu de comptés). Sans doute l'Académie dit plus bas payer une somme comptant; mais comme le mot payer peut très-bien n'être pas exprimé, on sera trompé par la oontexture de la phrase : Vous demandez de ce petit mobilier douze cents francs; je vous en offre mille francs en beauj; deniers comptant, c'est-à-dire en comptant les deniers, l'argent qui sera bel et bon. Molière a dit de même :

Je gage cent pistoles. — Cent pistoles {payées) comptant?

COMPTE... Compte rendu. Exposé ou récit de certains faits particuliers. Compte rendu de l'état des finances, de la statistique criminelle. Compte rendu des séances d'une assemblée législative, etc. — Nous •croyons que le tiret serait fort utile dans ce mot composé, qui souvent est suivi d'un participe ou d'un adjectif. Sans doute il n'en faut pas dans ces phrases : « D'après un compte rendu à l'Empereur, au Ministre,..; Par suite du compte rendu à l'Académie des sciences... » ; mais nous le mettrions dans celles-ci : « Compte-rendu fait, lu, pré-

1. Le participe composé, ée, a donné naissance à deux substantifs, l'un masculin, l'autre féminin. L'homme est un composé de corps et d*âme. L'eau est un composé d'hydrogène et d'oxygène. — La famille des composées (des plantes composées).

sentéj, adressé à VlrtètHut; CoâiPTï-RBitDD ofidel, sommmrej géné^ rai, etc., du Ministre de Vintêrieur sur,,, ».

COMPTE..» À-GOMPtE. Je lui ai donné deuœ acompte, — Ce mot^ (Jui est d'un emploi journalier dans le commei»ce, semble demander qu'on supprime le tiret comme on Ta fait pour' beaucoup d'autres : abord, about, amont et aval, aplomb, atout, avenir, averse, les aleurtours, etc. Cette réunion en un seul mot {acompte) ^ déjà très-usitée, permettrait de mettre le signe du pluriel (des acomptes). Il est choquant de lire en face l'un de l'autre ces mots : Prêts, à-compte , ou Remboursements par à-compte ; payer par à-gomptb successifs.

CONCEPT. Le P se prononce dans ce mot et le suivant (conoep- TION). — Aux mots laps, biceps, l'Académie nous dit très-bien qu'on doit prononcer le p et Vs ; aux mots tact, intact, exact, intellect, etc., qu'on doit prononcer le c et le t; mais ici elle ne payrle que du p, comme au mot rapt elle ne parle que du t,

CONDAMNATION... Passer condemmatiôn. Consentir que la partie adverse obtienne jugement à son avantage.— Fig., Passer condamnation. Avouer qu'on a tort. Je passe condamnation.

Cette expression figurée ne peut-elle pas recevoir un complément i Je passe condamnation sur vos critiquas, sur vos reproches f Ne pourrait-on même pas dire, Je passe condamnation pour telle et telle phrase, pour telles et telles expressions, dans le sens de, Je les admets, bien qu'elles ne me semblent pas tout à fait correctes, tout à fait exactes? N'y eût-il qu'une de nos propositions qui fût admissible, nous nous applaudirions d'avoir attiré l'attention de l'Académie sur cet exemple un peu bref : Je passe condamnation^

CONDOLÉANCE... Nous avons été lui faire nos compliments de con* doléance.— Cette phrase est-elle correcte? Nous ne pensons pas qu'elle soit meilleure que ce vers de Corneille tant critiqué par les grammairiens :

Il FUT jusques à Rome implorer le sénat.

Nous pensons qu'il faut dire « Nous sommes allés lui faire nos compliments de condoléance, ou Nous avons été chez lui^, et nous lui avons fait nos compliments.,. », et non « nous avons été faire.., » Par la même raison nous croyons qu'il y a une faute dans cette phrase :

(à Maritalement) Ils ont été se promener maritalement, en tête à tête

(Voy. TÊTB À TÊTE).

Il nous semble que si les personnes dont on parle viennent de sortir pour se promener, il faut dire, « Ils sont allés se promener,.. », comme l'Académie à l'article Vin, « Ils sont allés boire le vin du mar-

1. Cette phrase, iwusavom été chez lui, n'exprime point l'action d'aller; elle signifie» Nous avons existé , vécu chez lui , nous y avons passé quelques moments plus ou moins longs. Il en est de môme de j*ai été dans les phrases suivantes : « J'ai été hier au spectacle, et je m'y suis ennuyé d*un bout à l'autre; /'ai été au tribunal ce malin, mais je n'y retournerai pas <»t après-midi. »

ché » ; mais si la pW^menade dont on parle a eu liêti plus ou moins antérieurement, fl faudra dire « Its se sont promenés, il kur est arrivé de se promener, tmies a vus se prom^ener, etc. »

CONFIDENTIEL. — On coflserve le t étymologique du latin dans confidentiel, différentiel, essentiel, obédientiel, pestilentiel, substtmtielj etc., tandis qu'on écrit conscienciemx^, Hcencieu», révérencieux, sentencieux, silencieux, etc., conformément au radical français. Il est à désirer que TAcadémie fasse disparaître cette anomalie dans la pro^ chaine édition de son Dictionnaire. Déjà elle écrit révérencielle (crainte), sans doute par analogie avec révérencieux; obédiencier réclame obédienciel; quintessencier dem^xide également essenciel, etc.

— En même temps sans doute elle adoptera circonstanciel, qui déjà en i 803 se trouvait dans le dictionnaire deGattel, et providenciel,qm est dans la bouche de tout le monde.

CONGLOBIERER. — On est surpris que TAcadémie n'ait pas donné à ce verbe le substantif corrélatif conglomération, comme elle a donné agglomération, congluiination, congratulation, etc., pour répondre à agglomérer, conglutiner, congratuler, etc.

CONGIIÈS, s. m... Le congrès de Radstadl, — Lisez Rastadt. Il ne faut pas confondre Radstadt, petite ville d'Autriche, dans le cercle de Salzbourg, où Moreau défit les Autrichiens en juillet 1796, avec Rastadt, ville du grand-duché de Bade, où se tint de 1797 à 1799 un congrès en vue d'amener la paix entre la France et l'Allemagne.

Page 1