‹ Errata du Dictionnaire de l'Académie françaiseChapitre 25 sur 55 · EI^TRE- COLONNE. ENTRE -<:ÔTE. ENTRE -LIGNE. — ENTREMETS · texte numérisé non relu

EI^TRE- COLONNE. ENTRE -<:ÔTE. ENTRE -LIGNE. — ENTREMETS

ENTRETOILE. ENTRETOISE. — Plus BOUS examinons la question du tiret dans les mots composés de la préposition entre, plus il nous semble qu'il n'y a pas de raison plausible pour mettre ce tiret aux uns plutôt qu'aux autres. En effet , il s'agit toujours d'un objet placé entre deux autres , en lieu ou en temps. Il ne doit donc plus y avoir à consulter que la logique ; et comme l'entre-colonne , l'entre-ligne , l'entre-côte, sont nécessairement un espace, vide ou non, entre deux colonnes, deux lignes, deux côtes, il répugne de mettre au singulier les mots colonne j ligne j côte. En réunissant les deux mots en un seul, on éviterait cette contradiction.

ENTRE-CROISER (S') , V. réciproque. — On ne comprend pas bien pourquoi l'Académie n'a mis le participe à aucun des verbes réciproques où ce participe s'accorde en genre et en nombre avec le sujet du verbe ; mais on est particulièrement surpris de ne pa» le voir à s'entre-croiserj car on doit pouvoir dire des lignes entre-croisées j comme on dit des lignes qui s'entre-croisent.

ENTRE-DEUX, S. m... E7itre-deux s'emploie adverbialement dans ces phrases et d'autres semblables : Ce mouton est-il dur ou tendre? Entre-deux, Fait-il froid ? Entre-deux : c'est-à-dire. Ce mouton n'est ni tendre ni dur ; il ne fait ni chaud ni froid. — Qu'on mette un tiret dans le, substantif entre- deux j c'est très-bien • L'entre- deux des épaules. Un entre-deux de morue. Mais dans la locution adverbiale nous croyons le tiret inutile; nous dirons plus, il nous semble constituer une faute dans les phrases suivantes :

(à Dodblbt) Deux morceaux de cristal mis Pun sur l'autre, avec une feuille

colorée entre-deux.

(à Fond) Botte à double fond y Boite qui a un premier fond sous lequel s'adapte un autre fond , de manière qu'on peut cacher quelque

chose ENTRE-DEUX.

(à II) II... se met ordinairement avant le verbe, dans les phrases affirmatives, sans qu'il y ait rien entre-deux.

(à Intermédiaire) Qui est entre-deux. Temps intermédiaire,

(à Je) Lorsqu'il (je) est ainsi placé après le verbe, c'est toujours immédiatement, sans qu'on puisse rien mettre entre-deux.

(à Joignant) Il (joignant) est quelquefois préposition; et alors il signifie Tout proche , sans qu'il y ait rien entre-deux.

(à Jour) Ces planches ne sont pas bien jointes, il y a du jour entre-deux.

(à Repasser) Revenir de celui-ci (lieu) au premier, traverser de nouveau l'espace qui est entre-deux.

Voici deux phrases où ce tiret n'a pas été mis :

(à Toucher) ... lorsqu'ils (les corps) se joignent tellement qu'il n'y a rien

ENTRE DEUX. Ma maison touche la sienne.

(à Traft) Ce lieu est à un trait d* arbalète de tel autre. Il y a entre deux

un espace à peu près égal à la portée d'un trait.

Il nous reste deux remarques à faire : l'une, c'est que le sens propre

d» la locution adverbiale, celui dont nous venons de citer des ex«npies épars dans le Dictionnaire, ne se trouve pas à Tarticle Eiitxb* DEDX : l'Académie n'en a donné que le sens figuré; — l'autre, c'est qu'on aurait dû commencer par la locution adverbiale et finir par le substantif, comme on l'a presque toujours fait, entre autres pour les substantifs à-compte, à-propos, pis aller, têie^iête, ttc, ENTEEFAITES, S. U^ Lisez : Entrcfaite, s. f., om Entrefaites, s. f. pi. EKTRER, v. n. (Il se conjugue avec l'auxiliaire Être.) — On peut . employer activement les verbes sortir et rentrer : Sortez ce cheval de l'écurie. Sortez la voiture de la remise. Il est temps de sortir les orangers de la serre. Voici le moment de rentrer les foins; — et l'on ne peut pas faire de môme pour le verbe entrer; il faut employer descendre, faire descendre, monter, etc., et surtout meUre, qui est un cheval à toutes mains :

(à Descendre) Dbscendmb du vin à là eavê.

(à Cave) Faire descendre du vin dans une cam,

Id. Mettre du bois dans une cave.

f à Monter) Il faut monter tous ces meubles dans une chambre,

Id. Monter du foin ou grenier, (à Grenier) Mettre de vieux meubles au grenier, (à Celuer) Mettre des pièces de vin au cellier.

(h Mettre) Mettre un cheval dans l'écurie, à Vécurie; un oiseau dans une cage, en cage. •

Id, Mettre du foin dans le grenier, au grenier. (àRBinsB) Mettre une calèche, un eàbrioUt sous la remisé, dans léi remise.

Nous ne comprenons pas pourquoi il n'est pas permis de dire Entrez le cheval dans l'écurie; entrez la voiture dans la remise; ENTREZ ces meubles dans le salon, etc. etc. C'est une lacune évidente et regrettable *.

ENTRE-SOL. — Dans les quatre premières éditions, l'Académie écrivait ce mot sans tiret (entresol), et l'on se demande quel motif le lui a fait ajouter, car ce tiret ne fait qu'apporter une difficulté pour l'orthographe du pluriel , qu'elle ne nous a pas indiquée *.

ENTRE -TAUXER (S'). ENTRETAiixuRE. — C'est probablement parce que l'Académie ne reconnaît pas taillure pour un mo* français, qu'elle ne l'a pas séparé de la préposition efitre comme elle l'a fait

1. En termes de douane et d'octroi, on dit tous les jours Entrer de la marchandise par eonirebande; et nous demanderons si dans cette phrase qu'on lit à Farticle Fraudb, Du vin ENTRÉ , introduit ch fraudc dans Paris, on ne pourrait pas employer entrer comme verbe actif aussi bien qu'introduire : Du vin qu'on a SNTRi , qu'on a introduis en fraude., — Dans le commerce et dans le langage de la tenue des livres, on dit encore Entrer un article, sortir un article, pour signifier Le porter au compte d'entrée ou au compte de sortie : Vous entrerez ces 100 ballêS de coton au erédil dt N..., et vous les «ostirbz au débit de X...

2. On- la trouve à l'article Mezzanine» mais nous ferons reooarquer que cett» orthographe n'est donnée qu'accidentellement: «Mezzanine... se dit aussi d'une petite fenêtre carrée, comme celles qu'on pratique aux entre-sols. » — 'Nous ajouterons qu'à l'article Étage on a mis entresol en an seul mot»

poifr le verbe. On éviterait cette anomalie en swpprimant le tiret dans le verbe, comme dans s' entrecouper j dont le sens est le même, ainsi que le prouve cette définition : « S'entre-taillér... se dit d*uti cheval qui se heurte les jambes^ Tune contre l'autre en marchant, et qui s^ entrecoupe, »

ENTliE-viFs. — Cette locution , qui est d'un usage journalier chez les notaires et au barreau, et qui aurait dû se trouver ici ou à Vif, ou même à ces deux endroits, ne se voit qu'incidemment 4ans quelques articles; aussi croyons-nous devoir citer les phrases que nous avons recueillies :

(à Capacité) Soit par actes entre-vifs, soit par testament.

(à Disposition) Dispositions entre-vips. — Par acte entre-vifs.

(à Donation) Donation entre-vifs.

(à Incapable) Un mineur est incapable de disposer de son bien entre-vifs.

Nous pensons que le tiret est inutile et qu'il devrait être supprimé.

ENVOLER (s>),v. pron... Prov. et fig. Il n'y a plus que le nid, les oiseaux s'en sont envolés^. — Nous croyons qu'il aurait été mieux de dire simplement les oiseaux se sont envolés, comme l'Académie l'a fait dans la première édition. Au verbe s'enfuir, elle dit très-bien : On Va mis en prison „ mais il s'est enfui, et non il s^en est enfui; le pronom en se trouve déjà dans s'enfuir, s'envoler, qui signifient Fuir, voler du lieu où l'on est vers un autre. C'est pour la même raison que dans cette dernière édition l'Académie dit : Le tribunal cassa la procédure et tout ce qui s'était ensuivi, au lieu de tout ce qui s'en éjait Eîfsuivi, qu'elle avait mis précédemment; mais elle aurait dû dire, tout ce qui s'en était suivi ^.

ÉPELER^ V. a... // commence à épeler. Épelez ce mot. — Non-seulement l'Académie n'indique pas la conjugaison de ce verbe, mais encore elle ne donne pas un seul exemple pour mettre sur la voie. L'analogie qui existe entre épeler, épellation, et appeler, appella^ tion, nous porte à croire qu'il faut écrire j'épelle, j'épellerai, etc»; mais ce n'est qu'une induction, et nous nous garderons bien de la donner comme une certitude.

1. A l'articl© EIntrecooper nous lisons «r "^'entrecouper se (fit des cheysttix et autres ani- ' ouiux qui se blessent en se frottant un piei> contre l'antre quand ils marchent d ; et ncn* croyons que , dans la définition de s'kntrb-tajixbr , pied serait plus exact que jambe.

2. Au bas de ce même article et à Nid , on lit : les oiseaux sont envolés ; nous pensons que SB iOtU envolés est préférable. A l'article Oisbau l'Académie dit très-bien Voiseau S'est envolé, et non est envoie. — Au reste dan» l'aiticle S'kkvolbb on trouve les trois viuriantes , dont la première seule nous jaaraît bonne : Les oiseaux étaâent déjà drus, ils se sont erwolés; — Il n*}f a plus que le nid, les oiseaux s'en sont envolés; — et Les oiseaux sont envolés.

3. On peut sans inconvénient écrire en un seul mot s*envoler, s'enfuir, parce que l'usage permet d'employer indifiFéremmwit ces deux verbes avec ou sans complément : le prisonnier s'est enfui, l'oiseau s'est envolé, ou h prisonnier s'est enfui de la prison, l'oiseau s^est envolé dé son nid. Il faut, au contraire, écrire s'en suivre en deux mots, parce que le pronom en devant 4tre snpqsMdmÀ toute» 1m foia que la eomplémMkt vient apcès le verbe, il doit iiéc«SRiir«ment en être détaché s'il le précède. Voy. Ensuivre ( s' ).

épizooTiE. — Faut-il prononcer Ue ou cie ?

ÉPOUMONER. — Précédemment TAcadémie écrivait ëpoumonner avec deux n; on se demande pourquoi elle supprime aujourd'hui la seconde, tandis qu'elle écrit avec deux n occasionner où elle n'en mettait qu'une.

ÉPOCSSETER. — L'Académie n'a donné qu'un seul exemple qui pût faire connaître si dans ce verbe elle veut la réduplication du t ou l'emploi de l'accent grave; malheureusement on s'est borné à transcrire d'une édition à une autre ce qu'il y avait dans la première, et l'on a mis : Je Vépousseterai (primitivement, espoicsseterai) comme il faut; en sorte qu'il est impossible de savoir si l'Académie avait l'intention d'écrire épousselterai ou épomsèterai. L'analogie avec épousselte nous fait préférer la première de ces variantes.

ÉRÉSIPÈLE, s. m. (On disait autrefois Érysipèle, ce qui était conforme à l'étymologie.) — Le nombre de ceux qui encore aujourd'hui prononcent érysipèle est assez grand pour que l'Académie eût pu mettre cette orthographe en tête de son article ; elle aurait ajouté : Quelques-uns ou Plusieurs disent érésipèle, ce qui est contraire à l'étymologie. — Il est à remarquer que bon nombre de ceux qui prononcent érésipèle donnent à ce mot le genre féminin, comme l'Académie l'a fait dans les trois premières éditions : « Érésipèle , s. f. »

ERGO-GLU. Expression familière dont on se sert pour se moquer des grands raisonnements qui ne concluent rien. — L'Académie aurait pu laisser dans l'ombre cette locution hybride * aussi bien que ablativo tout' en un tas; ou tout aii moins elle aurait dû donner le proverbe entier, pour l'édification de ceux qui l'ignorent : Ergo glu capiuntur aves (donc les oiseaux se prennent avec de la glu). Voy. Ablativo.

ERMITAGE OU HERMITAGE. ERMITE OU HERMITE. — On regrette

que l'Académie, qui supprime des h étymologiques, comme dans alcool, ipécacitanaj hémorragie, hémorroïdes, hypocondre, métempsycose,etc,j, conserve cette lettre dans des mots où l'étymologie ne la demande pas, comme hermitage, hermite; elle ne la met cependant pas dans l'adjectif érémitique.

ERRECR. — Dans aucun des articles Erreur, Rectifier, Redresser, - nous ne trouvons rectifier une erreur, des erreurs; redresser une erreur, des erreurs ; ces expressions que nous croyons avoir lues et entendues plus d'une fois seraient-elles vicieuses ? Si elles ne le sont pas, il serait bien utile de les admettre.— En revanche, dans cet article Erreur nous lisons : Les erreurs de calcul ne se couvrent point, phrase dont on ne peut connaître le sens, parce qu'à Couvrir on n'en trouve pas d'analogues.

ÉRUCTATION. — L'Académie nous dit que rot et roter sont des termes bas , et qu'on évite de s'en servir. Elle a donc adopté le sub-

1. U est évident que glu n'est pas l'ablatif de glus,gluH8, ni de glus, glutinis; c'est donc le mot français lui-même.

siAUtif ériccMion^ mais elle aurait dû adopter en même temps le verbe éructer,

ESCARRE. — Cette orthographe, qui se trouve déjà dans la première édition , aurait dû être modifiée conformément à Tétymologie soit grecque, soit latine (eschara), dont elle s'écarte sous deux rapports : une h en moins, une r en plus. Si TAcadémie voulait retrancher Y h comme elle Ta fait pour plusieurs mots et entre autres pour hémorragie^ hémorroïdes j etc. (voy. l'article H) , elle aurait dû au moins ne pas ajouter une r qu'elle ne met pas dans l'adjectif escarotiqvs,

ESCOMPTE. ESCOMPTER. — Ajoutez « On ne prononce pas le P. » Au mot Comptabilité , l'Académie dit bien : « Le P ne se prononce ni dans ce mot ni dans les suivants », et au mot Décompte « On ne prononce pas le P dans ce mot et le suivant » ; mais elle n'indique pas la prononciation à escompte, escompter, mécompte, se mécompter, précompter, recompter. Or c'est précisément parce qu'elle a indiqué la prononciation de deux des composés qu'elle aurait dû la donner pour tous, car il est naturel de conclure que le p doit se prononcer dans ceux où elle n'a pas dit le contraire.

ESCCLAPE, s. m. — L'Académie ne mentionne pas ce mot, qui se trouve dans plusieurs locutions figurées et familières : l'art d'Esculape; Vesculape du village; quand Vesculape arriva, le malade était mort. Voy. Mentor.

ESPALMER, V. a. T. de Marine. Nettoyer, laver la carène d'un bâtiment, d'une embarcation, avant de l'enduire de suif ou autre matière*. Espalmer un bâtiment... Un navire espalmé de frais.— Si l'expression de frais s'emp'oie pour Fraîchement, récemment, il serait convenable de la mettre à l'article Frais; si elle n'est pas reçue, il faudrait la supprimer ici et à Tondre, où nous lisons « // est toîidu de frais ».

ESPRIT, s. m... Un bel esprit.,, ne s'emploie guère aujourd'hui que par ironie. Messieurs les beaux esprits. On dit aussi , U7ie femme bel esprit. Une femme qui a des prétentions à l'esprit.— Faut-il dire « J'ai entendu de beaux esprits ou des beaux esprits qui m'ont paru bien sots » ? Si l'on doit dire des beaux esprits, nous pensons qu'il faudrait écrire bel-esprit, avec un tiret, comme on le trouve d'ailleurs 4ans quelques dictionnaires et dans un grand nombre d'ouvrages. Voyez Plein pouvoir à Pouvoir.

EST, s. m. — La prononciation de ce mot aurait besoin d'être indiquée, d'autant plus que est verbe se prononce tout différemment. Au mot Lest, l'Académie dit « Le T se prononce », et à Zest elle est encore plus explicite : « On prononce zeste ».

ESTAMPER, V. a. Faire une empreinte de quelque matière dure et gravée, sur une matière plus molle. Oîi estampe la monnaie avec un

1. La grammaire demandait : avant de l'enduire de suif ou D'autre matière.

balancier. Voilà une image bien estampée^, — Ces deux exemples prouvent qu'on peut dire « Voilà une pièce de monnaie^ une image qu'on a bien ou mal estampée » ^ et qu'à la fin de l'article il fallait ajouter : Estampé , ée , participe.

ÉTAIUPER, Y. a. — L'Académie nous donne le verbe, mais elle a omis le substantif, qui doit être bon et admissible puisqu'elle Fa employé à l'article Maigre : « Étamper maigre. Percer les trous ou étampures du fer d'un cheval , près du bord extérieur. »

éTERNUMENT. — Ici Ye supprimé dans la dernière syllabe diéternuer n'est pas même représenté par un circonflexe sur Vu,

ÊTRE... C'est à vous de parler. C'est au juge à prononcer, etc. C'est à vous qu'il appartient de parler, C'est au juge qu'appartient le droit de prononcer. Cest à vom à parler, à jouter, etc.. Voici votre tour de parler, de jouer. — Nous comprenons parfaitement cette expression Cest à vous DE parler, qui est une ellipse de Cest à vous qu'il appartient DE parler, comme l'Académie le dit fort bien à l'article De : « Cest à vous qu'il appartient de l'interroger, de décider cela, ou elliptiquement, Cest à vous de l'interroger, dé décider cela ». Mais par cette même raison nous ne comprenons pas l'emploi de À dans cette phrase : Cest au juge À prononcer, pour C'est au juge qu'appartient le droit de prononcer, et nous pensons qu'il faut y remplacer à par de, puisque l'emploi de la préposition à donne à la phrase une signification toute différente , et que Cest à vous À parler, À jouer, signifie Voici votre tour de parler, de jouer *.

1. Les exemples donnés par l'Académie ne sont pas heureux, car on dit frapper et non estamper de la monnaie; imprimer, tirer une image, et non l'estamper. — Aux articles Balancier, Frapper, Monnaib , on lit : De la monnaie frappée au balancier; Frapper de la monnaie, Frapper des médailles; De la monnaie bien frappée. Et en effet l'estampage (ce mot manque dans le Dictionnaire de l'A-cadémie) ne s'opère que sur un métal mince, pour la bijouterie, etc. ; il produit un relief d'un côté , et de l'autre un creux. — A Estampe , Imprimer, Tirer, nous voyons aussi, Estampe bien noire, bien nette, bien tirée ; Imprimer des lithographies; Tirer des estampes. — Enfin le mot image aurait peut-être dû être remplacé par êitampe, ear l'Aeadémie nous apprend encore <iu' image se dit « de certaines estampes... ordinairement gravées et coloriées grossièrement «. On ne met donc pas beaucoup d'importance à bien estamper ou plutôt à bien tirer une image ; et d'ailleurs on ne fait plus des images en kiille-douce, comme l'Académie disait en 1694 et même en 1740 ; aujourd'hui on les appellecait des estampes : le cabinet des estampes à la bibliothèque impériale.

2. A l'article À on lit de même : « Cest à vous de parler ^ C'est à vous qu'il appartient , qu'il convient de parler, et C'est à vous X parler, Votre tour de parler est venu. » Voici d'autres exemples :

(à Ce) Cett à vous À parler. Cest à vous de décider. (i Donner) A qui est-ce l donner ? Je vien» de faire, c'est d vous X donner. (à Faire) A qui est-ce À faire? Cest à vous k faire.

(à Mener) Cest à vous de mener la danse, de jnener le branle. C'est à vous de conduire les autres , de leur donner l'exemple, (à Passer) J'ai pané, c'est à vçus k parler.

Il est évident que dans les phrases où l'on a mis À o« veut exprimer le Totm, et nop le DEVOIR ou le DROIT ; il n'en est pas de même pour celles-ci : Cest d vout de décider, Cest à vous DE mener la danse, de mener le branle, etc.

Le Dictionnaire de TAcadémie présente un assez grand nombre de phrases où à devrait être remplacé par de. En voici quelques-unes :

(à Voir) Cest à vous À voir que rien ne lui manque ^ Vous devez veiller à ce qu'il ne lui manque rien , faire en sorte qu'il ne lui manque rien.

(à Faire) C'est à vous À faire que rien ne manque»

(à iNTERPRéTER) Est-ce à vous À interpréter ma pensée, ma volonté, mes intentions ?

(à Abatâge) C'est à l'acheteur À payer l'abatage.

(à Locataire) Ce n'est pas au locataire À faire les grosses réparations. '

(à Réparation) Cest au propriétaire À faire les grosses réparations.

ÊTRE..., dans les temps où ce verbe prend l'auxiliaire Avoir , se dit quelquefois pour Aller; mais avec cette différence que, dans J^ai été à Rome, par exemple, fai été fait entendre qu'on y est allé et qu'on en est revenu ; et que , dans II est allé à Rome, le verbe II est allé marque que celui dont on parle peut n'être pas encore de retour.

L'Académie aurait mieux fait de mettre II a été à Rome que Tai été à Rome, car il est plus qu'évident que celui qui dit /ai été à Rome n'y est plus. Mais nous ne pensons pas comme elle que cette expression fki ÉTÉ à Rome donne à entendre qu'on en est revenu ; moi , Parisien, Suisse ou Ai glais, je puis très-bien dire, étant ^ Florence, y^Ai ÉTÉ à Rome pour appreiidre la mosaïque, mais je préfère celle de Florence et je reste ici (donc je ne suis pas revenu dans mon pays). Un Portugais qui aura traversé la France pour se rendre en Russie, et qui en arrivant dira J'ai été à Paris, ne donnera pas à entendre qu'il en est révenu, c'est-à-dire qu'il est retourné au lieu d'où "il était parti; il exprimera seulement qu'il a vécu, existé à Paris plus ou moins d'heures, plus ou moins de jours, mais qu'il n'y est plus. Ainsi donc, il A été à Rome signifie qu'il n'y est plus; il est allé à Rome veut dire II est parti pour Rome, et conséquemment il n'est plus ici. Une domestique qui répond « Madame est allée à l'église » donne à entendre que sa maîtresse est sortie pour se rendre à l'église; si elle dit « Madame a été à V église » , on pourra en conclure que madame a assisté à l'office , mais non qu'elle est rentrée chez elle.

ÉTRIER... Par extension. Avoir le pied à Vétrier, Être au moment de partir. — A l'article Pied on lit « Avoir le pied à Vétrier, Être prêt à partir ». Cette dernière définition peut être la plus vraisemblable, mais malheureusement ce n'est pas la plus vraie. Avoir le pied à Vétrier se dit quand on est près de partir, et non prêt à.

EUPHORBE, s. m. T. de Botan. Genre de plantes qui renferme un très-grand nombre d'espèces, à suc laiteux, acre et corrosif. Les lithy maies sont des euphorbes. La gomme-résine d'euphorbe est un drastique violent. — A l'article Tithymale nous lisons : « Nom que Ton donne aux euphorbes indigènes, telles que l'épurge, l'ésule, etc.»; et à l'article Ésule : « Nom que l'on donne à plusieurs espèces d'eu-

— lU —

phorbes herbacées, dont la plus connue est appelée Pêtiiê ésule, » Où est la faute, à Euphorbe où Ton dit « s. m. », ou à Tithymals et à ÉsDLE où Ton fait d'Euphorbe un substantif féminin?

EXABUNATEUR, S. m.—Lisez « EXAMINATEUR, TRiGB , S. » Il y a maintenant des dames chargées de faire subir Texamen aux personnes qui postulent les places de maîtresses d^cole, etc.

EXCÉDANT, ANTE. — Autrefois l'Académie écrivait excédent, ente, ce qui était en harmonie avec précédent et antécédent. Aujourd'hui on a de la peine à se rappeler lequel de ces trois mots doit prendre un a à la dernière syllabe.

EXCLAMATION... Point d'exclamation. Point figuré ainsi (1), qui se met après une exclamation, comme Hélas! 6 Dieu! — Nous ne comprenons pas bien pourquoi Ton ne dit pas point exclamatif comme on dit point admiratif, et pourquoi Ton dit point interrogant un lieu de point interrogatif. Au sujet de ces points nous pourrions faire un article très-long, mais nous nous bornerons à présenter quelques phrases dont la ponctuation varie dans le Dictionnaire de l'Académie. Nous présumons que la ponctuation convenable est celle de la première colonne.

(à Donc) Gare donc !

(à Bombe) Gare la bombe!

(à Horreur) K! l'horreur!

(à Laid) Fi ! le laid ! ïI ! la laide!

(à Comme) Comme vous voilà fait!

(à RépoNDANT) Voilà un bon répon-

dantl (à De) Le cri de Vive le roi!

(à Gare) Gare donc.

Id, Gare la bombe.

(à Sale) Fi, le sale!

(à Vilain) Fi le vilain!

(à Affubler) Comme le voilà affîiblé.

(à Fier) Cinq mille hommes, voilà une

flère armée, (à Cri) Le tri de Vive le roi.

EXEQUATUR. (On prononcc Exé.) — L'Académie ne parle pas de la troisième syllabe ; faut-il la prononcer ca ou cowa ?

EXPÉRIMENTER, V. U. — Lisez .* V. a.

EXPIRER, V. n. Mourir, rendre l'âme, rendre le dernier soupir... Dès qu'il eut expirée II a expiré entre mes bras, dans mes bras.,. — Expiré, ée, participe.

L'Académie nous laisse ignorer si Ton peut dire qu'une personne EST EXPIRÉE. Les poëtcs nous offrent de nombreux exemples de cette locution , imitée de Racine :

. Ce héros eoopiré

N'a laissé dans mes bras qu'un corps défiguré.

Voltaire la réclame et s'en sert même en prose. Bien que nous préférions l'emploi de l'auxiliaire avoir, nous pensons qu'on peut dire être expiré comme on dit être trépassé, être décédé, etc,

1. Dans la quatrième édition nous lisons : « On ne dit pas d'un homme qui vient de mourir, qu'f/ est BxpiRÉ, on dit i7 est expirant, il a expiré à telle heure; il est mort. » L'Académie a bien fait de supprimer cette substitution d'expirant à expiré, car ces deux mots n'ont guère plus de rapport entre eux que mort et vif.

BXTSliSO (w) . -* Cette locution latine, qui se rend en français par « dans toute son étendue », est très-usitée et devrait se trouver dans le Dietionnaire de TAcadémie aussi bien que in extremis, in marms, in pcbGe, inporlilms, in petto, etc. Tous les jours on lit dans les jour^ naux : Le manque de place nom empêche de donner, de reproduire IN EXTENSO le discours de...

EXTRA. ^ Ce mot latin s'emploie depuis bien des années en français comme substantif ou autrement» et Ton est surpris que l'Académie ne l'ait pas encore admis : Mon frère est revenu de son voyage, et nous avons fait un extra au diner. Nous avons bu deux bouteilles de champa,gne pour extra , comme extra , en extra , d'EXTRA.

EXTRÉBIE. ^ Les adjectifs extrême et suprême changent d'accent dans leurs dérivés extrémité, suprématie ; ils devraient donc prendre l'accent grave comme emblème, problème, système, etc., qui ont pour dérivés emblématique, problématique, systématique, etc.

EXTREMIS (IN). Locutiou adverbiale empruntée du latin. — Il aurait été utile d'indiquer que Vs doit sonner, car le latin n'est pas connu de tous ceux qui consultent le Dictionnaire de l'Académie. Elle y a bien songé quand elle a dit de prononcer dé profondiss le de pro- FCNDis; honorèsse dans ad honores; vosse dans nesgio vos, etc.

EXTRÉMITÉ, s. f... Il Se prend aussi pour Excès. Vous allez toujours à l'extrémité. Vous portez les choses aux dernières extrémités. Passer d'une extrémité à Vautre. Toutes les extrémités sont vicieuses. --1)3X18 ce sens nous préférons à extrémité Vsidiectif extrême employé substantivement, qui nous semble plus usité et qui a d'ailleurs la sanction de l'Académie : « Les extrêmes se touchent. La prodigalité et Vavarice sont les deux extrêmes. Entre ces deu^x extrêmes il est difficile de prendre un juste milieu. Il se jette dans les extrêmes. Pousser, porter tout à ^extrême. » On lit encore

(à Gaver) Caver au plus fort... Fig. et fam., Porter tout à Textréme, dans

les entreprises, les opinions, les suppositions, etc. (à Paçs^r) Prov. et fig.. Passer du blanc au noir, Aller d*un extrême à l'autre.

FABRICANT, S. m. (Quelques-uns écrivent. Fabriquait.) Celui qui fabrique ou qui fait fabriquer. — Il aurait été mieux de ne pas mentionner la variante fabriquait, qui est d'une orthographe surannéQ. Lorsqu'un verbe en qusr a déjà un dérivé qui prend ca, les autres doivent suivre cette même orthographe; si l'on écrit confiscant, suffocant, vacant, à cause de confiscable et confiscation; suffocation; vacance et vacation, on doit écrire de même fabricant par analogie avec fabricateur et fabrication. Les verbes choquer, croquer, marquer, piquer, n'ont qu'un dérivé, Qt c'est probablement pour cette raison

qu'ils conservent qu : choquant ^ ante; croquant, anie; marquant, ante * ; piquant, ante *.

FACiLiiÏÊ, s. f... // a une grande facilité À parler, À s'exprimer. Cette facilité À produire nuit quelquefois au^x hommes qui en sont doués. — Aux articles Langue et Pendre on lit « Avoir la langue bien pendue. Avoir une grande facilité de parler. » Si Ton peut employer indifféremment à et de dans cette locution, il serait convenable de donner ici des exemples avec de ; sinon il faut mettre À dans les deux articles ci-dessus.

FAC-SIMILE, s. m. ~ Ce mot nous semble être absolument dans les mêmes conditions que le substantif aparté; on pourrait récrire en un seul mot, avec un accent sur Ve (facsimilé), et à tous les deux on donnerait un pluriel ^ comme à spécimsn. L'absence d'accent dans fac-similé nous paraît fâcheuse, car elle induit en erreur ceux mômes qui travaillent à ce genre de reproduction, les graveurs et les lithographes : ils font généralement muet Ve final de ce mot.

faIne. — Est-ce pour la prononciation , ou à cause du g supprimé dans l'étymologie (fagina), que l'Académie met sur Vi un accent qu'elle n'y mettait pas autrefois? Voy. GaÎne. — Quel est le nom de l'enveloppe verte de ce fruit? n'est-ce pas écale, comme pour la noix?

FAIRE, V. a.— Dans ce long article nous relèverons quelques phrases qui laissent à désirer.

(p. 723, col. 1) Il a BIEN FAIT du chemin en peu de temps *.

( p. 724, col. 2) Cela le fera bien aise^.

(p. 725, col. 1) Cela lui a fait de grands maux, de grandes douleurs^.

(p. 725, col. 2) C'est à fxms À faire que rien ne manque''.

1. DémareatUm (ligne de) vient, il est. vrai, de marquer; mais ce n'est qu'un dérivé composé , et, qui plus est , de fraîche date ; il n'a donc pas pu influer sur l'orthographe de l'adjectif marquant, qui est antérieur.

d. C'est probablement aussi pour la même raison que les adjectifs attaqtiable, critiquable, immanquable, remarquable et risquàble conservent le qu du verbe , tandis qu'on met un e à applicable, communicable, confiscable (mentionné plus haut), évocable, explicable, révocable, et leurs composés inapplicable, incommunicable, inexplicable, irrévocable; tous ces adjectifs qui prennent ca ont un substantif correspondant : appliecUion, communication, eon/lsccaion, évocation, explication, révocation. — Il est des adjectifs terminés pat cable qui viennent directement du latin; tels sont impeccable, implacable, inextricable, etc. (terminés en latin par cabilis). — Praticable et impraticable, qui viennent de pratiquer, n'ont en leur faveur ni une étymologie latine ni des substantifs correspondants en cation, et l'on ne voit pas bien clairement pourquoi ils prennent ca au lieu de qua. — Enfin prédieable, qui vient de prêcher, ou plutôt de prœdicare, prend ca d'abord parce qu'il est formé de prcediccUHlis, et ensuite parce qu'il a un nombreux cortège de mots dont la troisième syllabe s'écrit de la même manière : prédicant, prédicateur, prédication, prédicament.

8. Pour savoir coounent l'on doit écrire fac-similé au pluriel , il faut recourir à l'article FiouRBR, ou plutôt au participe FiouBé, ^b, où on lit : les fachsimilb sont des copies figurées.

4. Dans cette phrase, bien modifie chemin et non faire; il faudrait donc mettre comme dans les quatre premières éditions : Il a fait bien du chemin... Voy. Bibn.

Page 1