‹ Errata du Dictionnaire de l'Académie françaiseChapitre 26 sur 55 · Cette locution dojt être bien surannée · texte numérisé non relu

Cette locution dojt être bien surannée

6. Cette phrase était dans l'édition de 1694, comme la précédente. Nous croyons qu'aujourd'hui l'on dirait « Cela lui a causé... »

7. Nous croyons qu'il faut c C'est à vous db ùdre... » Voy. Êtrb.

(p. 725^ col. 2) Cet homme n'aime pas tant le jeu qu^U faisait, Il ne

l'aime plus tant qu'il Taimait i. (p. 726, col. 3) Un petit homme mal fait et malbâti <.

FAIRE..., neutre, signifie aussi Avoir une influence, un effet quelconque. L'argent fait plus auprès de lui qu'aucune recommandation. — Il nous semble qu'on peut très-naturellement sous-entendre pour régime direct plus dHmpression, plus d'effet, ou tout autre équivalent, et qu'ainsi faire peut être considéré comme verbe actif dans cette phrase, aussi bien que pouvoir dans celles-ci : (à Pouvoir) Vous poovez tout sur lui, sur son esprit.

Id. C'est un homme qui peut beaucoup dans l'affaire dont U s'agit, Id. Il PEUT beaucoup auprès de vos chefs.

où pouvoir signifie a avoir l'autorité, le crédit, le moyen, la faculté, etc. , de faire ». Il doit être également actif dans L'argent fait tout auprès de lui.

L'argent ferait beaucoup dans l'affaire dont U s'agit. L'argent fait beaucoup auprès de vos chefs , beaucoup plus que les recommandations.

Que le complément ou le régime de faire soit tout, beaucoup, heaurcoup plus, ou seulement plus, nous pensons que ce verbe n'en sera pas moins actif.

Dans la sixième édition , l'Académie a formé le substantif a/faire des deux mots à faire. Elle écrivait précédemment « Je voudrais bien lui parler, j'ai À faire à lui. Il aura À faire à moi, il verra à qui il aura À faire. J'ad bien àfaire de lui. J'ai bien À faire de tout ce qtœ vous dites » ; et aujourd'hui a J'ai affaire à lui, il faut que j'aille le voir. Il aura affaire à moi. Il verra à qui il a affaire. J'ai bien affaire de tout cela. Qu'ai-je affaire de toutes ces querelles?» Sans examiner si cette métamorphose convient également à toutes les phrases qui l'ont subie, nous demanderons si elle n'aurait pas été . applicable à celles-ci, qui du reste ont vieilli : « C'est À faire (affaire, une affaire) à perdre deux cents francs. C'est À faire (affaire, sens figuré) à être mouillé. »

FALLOIR, V. n... Fam., Un homme, une personne comme il faut. Un homme, une personne d'un rang distingué. C'est un homme très comme il faut. Les gens comme il faut ne suivent plus cette mode.

Nous avons entendu dire plus d'une fois C'est un homme très comme il faut; mais cette locution est-elle bien convenable, surtout dans le sens exclusif qu'on lui donne ici ? N'y a-t-il de gens comme il faut que les gens distingués quant au rang ? — Ensuite nous demanderons si très, qui, suivant l'Académie, « se joint à un adjectif, à un participe

1. Nous pensons qu'il serait mieux de dire c Cet homme n'aime pas autant le jeu..., il ne l'aime plus autant... » <~ Il serait bon de rétablir la phrase telle qu'elle était dans le principe : Cet homme n'aime plus tant..., puisque plus est resté dans la définition.

2. Il faudrait écrire mal bâti en deux mots comme mal fait. Yoj. fiàxiB.

ou à un adverbe », et qu*elle accompagne toujours d'un tiret, peut régulièrement être suivi de comme il faut. Si la réponse doit être affirmative , il n'y aura plus rien à dire contre ces locutions : Il est TRÈS à son aise; H prenait son rôle de critique très au sérietLX^, etc.

Dans cet article 11 manque une acception de la locution comm^ il faut, fréquemment employée dans le sens de Gomme il ne paot pas; c'est probablement un euphémisme. A l'article Accommoder nous Hsons : « Prov. et par raillerie, S'accommoder comme il faut. Prendre trop de vin, en prendre jusqu'à l'excès. Quand il trouve de bon vin, il s'accommode gomme il faut. » — Nous présumons bien que cette expression peut se dire au sujet de toute autre liqueur, et du manger comme du boire : Quand il trouve des mets, des boissons à son goût, il s'accommode gomme il paot.

L'article Accommoder présente encore une autre acception de comme il faut, qui manque également ici : Je l'accommoderai gomme il fadt. Je le traiterai durement comme il le mérite.

FALLOIR... se dit encore dans le sens de Manquer... Il s'en faut db BEADCOUP qus leur nombre soit complet. Il s'en faut beaucoup que l'un, soit du mérite de l'autre. Il s'en faut de peu que ce vase ne soit plein, H s'en fallait peu qu'il n'eût achevé. -^Vomt le de supprimé ou ajouté dans ces phrases il s'en faut beau^coup ou de beaticoup, il s'en faut peu ou DE peu, nous renvoyons nos lecteurs à l'article Beaucoup; quant à la particule ne également ajoutée ou retranchée suivant qu'il s'agit de peu ou de beaucoup, nous les prions de voir l'article Ne. Mais voici deux phrases que nous croyons devoir examiner ici même : Vous dites qu'U s'm femt taint que la somme entière n*y soit. Il m peut pas s'en falloir tant.

A l'article Beaucoup l'Académie dit qu'il faut ajouter de lorsqu'il s'agit de quantité ; « // s'en faut de beau>coup, La quantité qui devrait y être, n'y est pas à beaucoup près. Vous croyez m' avoir tout rendu, il s'en faut de beaucoup. » Ici la question de somme ou de quantité est encore plus formellement exprimée ; nous pensons donc que le de est indispensable, et qu'il faut mettre : Votes dites qu'il s'en faut de tàwt

1. Oatr« les deux exemples ci-dessos que nous avons puisés dans des ouvrages publiés par des membres de l'Académie, voici quelques autres phrases également prises dans des ouvrage» publiés ou par des membres de l'Académie ou par nos sommités littéraires :

Quand je me la représente ( la marquise de S... ) ... sans fortune et très en crédit...

Elle (M»« de T... ) était restée très^oraie, très elle-même.

M. Magallon, homme distingué et très au fait de l'Egypte et de l'Orient...

Si l'on opérait de même, très à la hâte, sur d'autre objets mal définis...

Le jeune homme s'appelle Victor; c'était un nom très à la mode «otM l'empire.

Ce secours vient très à propos.

Le roi d'Angleterre était resté très en froid avec le roi de Fra/nee depuis lapaiçede

Nimègue.

Nous désirerions beaucoup savoir si l'Académie en corps reconnaîtrait pour bonnes ces

diverses locutions. Dans tous les cas on peut s'étonner, en trouvant l'adverbe tris employé une

seule fois bon de la règle tracée par l'Académie, que ce toit dans une phrase telle que celle-ci :

Un homme très .omoib n, faut, pour signifier Un homme d*un mAiv* TRfts-Bimifautf .

qne la somme enliêre n'y soit (ou y soit). — La seconde phrase, bien qu'ei!e choque moins au premier coup d'œil , n'est pas plus correcte. Nous pensons qull faut dire :

Il ne peut pcis s'en fcUloir de tant (d'une somme de tant de francs), ou , !l ne peut pas s*en falloir d'autant (que vous le dites). La même faute se retrouve dans cet exemple de l'article Travers : H $*en faut dbox (lisez : de dbdx) travers de doigt que ces planches ne se joignent (ou se joignent), A l'article Doiot l'Académie a très-bien dit :

Il s'en fallait à peine D'un troAjers de doigt que le coup ne fût au ccbw.

FALLOIR.^* Fam. , Tant s'en faut qu'au contraire , s'emploie quelquefois, par plaisanterie, pour dire simplement. Au contraire. Vous demandez si celte femme est jolie, tant s'en faut qu'au contraire. — Évidemment il y a ici une ellipse que l'Académie aurait bien fait de suppléer, c'est : elle est très-laide. Mais elle aurait pu dire aussi que le plus souvent on abrège de moitié cette locution, et qu'on dit seulement tant s'en faut* Cette personne n'est pas belle, n'est pas bonne, tawt s'en faut. Cet ouvrage n'est pas bien écrit, tant s'en faut. On ne vous a pas fait le poids, la mesure, tant s'en faut. * FAON, s. m. (On prononce Fan,) Le petit d'une biche ou d'un chevreuil. Un faon de biche. Un faon de oAevr^ta/...— Autrefois on disait un chevreuil mêle, un chevreml femelle, et en conséquence il fallait nécessairement dire le faon d'un chevreml; aujourd'hui qu'on a donné le nom de chevrette à la f^nelle du chevreuil comme on appelle biche la femelle du cerf, il nous semble convenable de dire Le petit d'une biche ou d'une chevrette... Un faon de chevrette.

FAUBOURG. — L'Académie nous apprend que bourg se prononce bourk; ici elle aurait dû dire qu'on prononce faubour.

FAUCILLON, s. f. — Liscz ; S. m.

FAUTE DE... — Il manque ici l'expression faute vi'héritiers, et surtout protêt faute vi" acceptation, faute de payement. Voy, Défaut.

FÉCALE, s. f. --Lisez : adj. f.

FEMELLE... est aussi adjectif des deux genres. Un serin mâle,tmserin femelle. Une perdrix mâle, une perdrix femelle, — Avant que l'Académie adoptât le féminin serine, elle avait raison de dire un serin mâle, un serin femelle, comme on dit une perdrix mâle, une perdrix femslle; un rossignol mâle, un rossignol /emeWe; mais aujourd'hui qu'elle a admis les deux substantifs serin, serine, les expressions serin mâle, serin femelle, peuvent-elles être conservées? N'e^t-ce pas comme si l'on disait une linotte mâle, une linotte femelle; un dinde mâle, un dinde femelle, maintenant qu'on est convenu de dire pour le masculin un Unot, un dindon, et pour le féminin une linotte, une dinde ?

FER-BLAN€. FERBLANTIER. — Au premier abord on se demande pourquoi l'un de ces mots prend un tiret, et non l'autre. Nous pensons que cela vient 4e ce que blanc est un modiftcatif connu, un nwt fran-

çais par lui-même, tandis que blantier n'a aucune signification. C'est la même raison sans doute qui a fait écrire sans tiret enlretaillure (voy. ce mot), et qui devrait le faire supprimer dans entresol et havre-sac.

. Il est à remarquer que le c de fer-blanc s'est changé en t dans ferblantier^ comme celui de tabac dans tabatière^ et le qu de rever<fuier dans revertier; au contraire, le t d'écart s'est changé en qu dans écarquiller.

FERMETURE, S. f. Ce qui sert à fermer. Il se dit, particulièrement, en termes de Serrurerie et de Menuiserie. La fermeture d'une chapelle, La fermeture d'une bcmtique, — Il se dit aussi, dans les places de guerre, de L'action de fermer les portes. La garde prend les armss à la fermeture des portes.

Nous croyons que fermeture a d'autres acceptions ; il doit se dire, comme le verbe lui-même, de l'action de fermer un magasin, un bureau, et même de l'heure où cessent les travaux des employés, et de la . suspension des exercices, des travaux, etc., dans certaines administrations. J'irai chez vous après la fermetdïib de ma boutique, de mon magasin, de mon bureau. La-FERMETORE des bureaux de telle administration a lieu à quatre heures. La fermeture des théâtres pendant certains jours de la semaine sainte. La fermeïdrb des tribunaux, des collèges, des écoles pendant les vacances.

FESSE, s. f... Fig. et bassem., Je m'en bats les fesses. Je m'en moque. — C'est là en effet une expression bien basse, et nous sommes d'autant plus surpris de la trouver ici qu'elle est probablement trèsrare; nous ne l'avons jamais entendue, et nous pensons qu'il aurait suffi et au delà de Je m'en bats l'œil, qui se trouve à Battre et à QEiL. On est peiné de rencontrer dans ce Dictionnaire des expressions telles que celles-ci :

Cela n'est pas tant chien.

n n'avait que cet ouvrage dans le ventre.

Cet argument l'arrêta sur cul.

mais*rarticle Gueule en fournit plusieurs à lui seul : Il en a menti par la gueule, par sa gueule.

Avoir toujows la gueule ouverte.

Avoir la gueul^ morte, la gueule ferrée, la gueule fraîche. La GUEULE du juge en pétera. Etc, etc.

FÊTE, S. f... Garder les jours de fête; et plus bas : Il ne met cet habit-là que les jours de féteS carillonnées,

A l'article Étaler, fête est également au pluriel : // est défendu d'étaler les jours de féteS, et à Chômable, « il ne se dit que des jours de fêteS » ; tandis qu'à Ouvrir il est au singulier : Les boutiques n'ouvrent point les jours de fête. Peut-on mettre indifféremment le singulier ou le pluriel? — Dans le premier exemple, garder est sans doute mis pour Observer; mais dit -on Garder les jours de fête.

comme on dit Garder les commandements de Dieu? Nous n'en voyons aucun exemple à l'article Garder.

FÉTOYER. — On ne comprend pas pourquoi ce mot prend un e' à la première syllabe, tandis que fête, fêter, prennent un é, et que festin, festiner, conservent encore Vs qui se mettait autrefois dans les trois autres mots {feste, f es ter, festoyer).

FEUIIXETONISTE, S. m. Écrivain qui rédige des feuilletons, -r- Il est possible que ce mot ne fût pas encore usité lorsqu'on imprimait le premier volume de la sixième édition du Dictionnaire ; mais c'est un mot nécessaire aujourd'hui qu'il n'y a presque pas de journal sans feuilleton. — Il est encore d'autres mots de cette terminaison que nous voudrions voir adoptés par l'Académie pour rectifier l'orthographe qu'on leur a donnée dans quelques dictionnaires; ainsi dans le Complément du Dictionnaire de l'Académie on a écrit abolitionniste, fusionniste, résurrectionniste, etc., avec deux n, tandis qu'on n'en a mis qu'une à bourhoniste, confessioniste, feuilletoniste, opinioniste, unioniste, etc. Tous ces mots devraient suivre une seule et même règle, c'est-à-dire ne prendre qu'une n, comme sorboniste, violoniste, antagoniste, etc. Il est vrai que l'Académie en met deux à bâtonniste.

F£€RR£, s. m. (On disait autrefois Foarre.) Paille de toute sorte de blé. Une gerbe de feurre. — Il se dit, particulièrement, de la paille longue qui sert à empailler les chaises.

Il aurait fallu ajouter « Voyez Foerre ou Foarre » ; il y a là une phrase proverbiale qui complète l'article Feurre : « Faire à Dieu barbe de foerre, ne pas payer la dîme à son curé, ou la payer avec des gerbes où il y a peu de grains; et, par extension. Traiter les choses de la religion avec irrévérence. »

FEUTRER, V. a. Mettre en feutre du poil ou de la laine. Feutrer le poil destiné à faire des chapeaux. Feutrer de la laine. Feutrer à chaud. Feutrer à froid. — Il fallait ajouter que feutrer s'emploie quelquefois avec le pronom personnel, car nous lisons à l'article Marcher, v. a. « C'est à force de marcher V étoffe^ qu'elle se feutre et se contracte. »

FiCELLiER. — n vaudrait peut-être mieux écrire ficelier avec une seule Ij comme chandelier, chapelier, coutelier, sommelier, tonnelier, etc.

FINALE, s. m. T. de Musique, emprunté de l'italien. Morceau d'ensemble qui termine un acte d'opéra, et dans lequel le compositeur doit chercher surtout à produire de l'effet. Le finale du premier acte. Il y a un très-beau finale au deiumème acte. Ce compositeur a fait de beau^ finales, — Cette terminaison féminine trompe bien des personnes, qui ignorant que ce mot vient de l'italien croient devoir donner à finale le genre féminin comme on le fait en grammaire lorsqu'on

1. Il aurait été plus correct de dire : « C'est à force d'êtrb marchés (foulée, comprimée), QUB l'ktoffb se feutre et se contracte.

emploie ce mot dans le sens de Syllabe finale : « On met l'accent sur LA FINALE de ce mot » , ou même en musique lorsqu'il est synonyme de Tonique : « La basse doit tomber sur la finale ». Aussi quelques auteurs, afin d'éviter toute équivoque, suppriment Ye et font de ce mot un. substantif masculin complètement français; ils disent, par exemple : Les finals des opéras de Mozart,., Cette orthographe pourrait être adoptée sans trop d'inconvénient; nous avons d'autres mots qui sont dans le même cas : caporal^ carnaval, etc, dont on a retranché Ve final italien.

FLAMANT, S. m. Oiseau... ainsi nommé à cause de la belle couleur rouge de son plumage. — Buffon écrivait ce mot avec deux m, par analogie avec flamme, d'où ce mot est dérivé ; il observe même que quelques naturalistes, trompés par l'orthographe flamant, avaient cru devoir écrire flamand, comme si cet oiseau était particulier à la Flandre. C'était là une grande erreur, puisque le Flammant habite les rivages des mers méridionales.

FLEUVE. — Aux articles Noir, Onde, Oubli, etc., on trouve les noms du Styx, du Cocyte, du Léthé; mais personne ne songera à les chercher ailleurs qu'à Fleuve, où il n'en est pas fait mention; nous devrions aussi y trouver le Phlégéthon, que nous n'avons vu nulle part, et VAchéron, qui a obtenu le privilège d'un article. — Les Juges des enfers manquent également à Juge et à Enfer.

FLORAL, ALE, adj.— Dans jeux floraux faut-il mettre deux majuscules ou seulement une, et auquel de ces deux mots faut-il la mettre ? La réponse n'est pas facile, car l'Académie écrit ces deux mots tantôt d'une manière, tantôt d'une autre. Dans cet article, par exemple, elle met : « En termes d'Antiq., Jeux floraux (petite f) , Jeux qu'on célébrait à Rome dans le mois d'avril, en l'honneur de Flore, déesse des fleurs. L'institution des jeux Floraux» (petitj, grande F). — Fig., Jeux Floraux, Assemblée qui se tient chaque année à Toulouse... Remporter un prix aux Jeux Floraux, Académie des Jeux Floraux (deux majuscules, J,F). Aux articles Jeu et Académie, floraux est toujours avec une petite f : Remporter un prix aux Ieux floraux, Académie des Jeux floraux *.

FŒTUS. (On prononce l'S.) — Peut-être Vœ demandait-il que l'Académie dît « On prononce fétuce » , de même qu'à Coecum elle a dit « On prononce cécome » ; mais puisque les Latins écrivaient fétus, fetare, fetura, fetifer, etc., préférablement à /b?i«^5, e^c.^ nous pensons qu'il serait mieux d'écrire fétus comme on écrit Phébus, fémur, hvr mérus, utérus, etc. De cette manière le composé superfétation aurait plus d'analogie avec son radical.

FONDRE... Fondu, ue, participe. Plomb fondu. Cire fondue. Maison

1. A Tarticle Olympiqub, au contraire , c'est l'adjectif qui prend la majuscule : Remporter le prix aux jeux Olympiques; 6t de même à l'article Jeu : les jeux Olympiques, le$ jeux NéMÉEMs; à Instauration, Instauration des jeux Olympiques, etc.

fondue. — Ce dernier exemple n'est à la vérité que quinze lignes audessous de cet autre « La maison fondit (s'abîma) tout à coup » ; mais l'expression maison fondue est tellement en dehors des idées communes, surtout après plomb fondu et Inre fondiie, qu'il aurait été convenable d'ajouter comme explication « abîmée, écroulée ». C'est ainsi qu'à un des exemples du participe Piqdé , ée , l'Académie dit : « // parle en homme piqué , fâché, irrité. »

FORCE... Maison de force j Maison où l'on enferme les gens de mauvaises mœurs qu'on veut corriger. On l'enferma dans une maison de force. — A la lettre G l'Académie nous apprend qu'en quelques endroits on appelle Conciergerie « certaines prisons qui étaient autrefois celles où les parlements tenaient leurs prisonniers... La Conciergeriede Paris, » Ici elle aurait bien fait de dire ce qu'était la prison appelée la Force, qu'elle a mentionnée plus d'une fois :

(à Claquemurer) Il fut claquemuré à la Force.

(à Gdichetier) Les guichetiers de la Conciergerie, de la Force,

FORCEPS. — Il aurait été utile d'indiquer la prononciation, et de dire, comme à Biceps, « On prononce le P et l'S », ou, comme à Triceps, « On prononce tricèpse ».

FORÊT... La foret des Ardennes. L'ancienne forêt Hercynie. La forêt Noire. — A l'article Sibylle nous trouvons également « La sibylle Erythrée. » Pourquoi dire la forêt Hercynie, la sibylle Erythrée, au lieu de La forêt n'IIercynie ou la forêt hercynienne, la sibylle ï>' Erythrée ou la sibylle érythréenne? Il est vrai que dans les phrases d'un usage journalier on supprime volontiers la préposition de; ainsi l'Académie dit :

(à Saint) La 'porte Saint-Antoine. Uhôpital Saint-Louis.

Id. Uéglise Saint-Germain , Véglise Saint-Gervais, etc. (à Parvis) Le parvis de Notre-Dame , et plus ordinairement, Le parvis

Notre-Dame.

(à Foire) La foire Saint-Laurent.

Mais elle met la préposition même ^devant ces noms de saints lorsqu'il s'agit de lieux plus éloignés ou de phrases moins familières :

(à Tenir) La foire de Saint-Germain tenait depuis le 3 de février jusque

vers la semaine sainte.

(à National) Véglise de Saint-Louis est, à Rome, Véglise... des Français. (à Désespoir) L'église de Saint-Pierre de Rome est le désespoir des archi" tectes.

A plus forte raison doit-on mettre la préposition lorsqu'on parle de noms aussi peu connus que ceux de la forêt d' Hercynie et de la sibylle d'Erythrée.

FORUM, s. m. (On prononce Forome.) Mot emprunté du latin. Il se dit des places où le peuple s'assemblait, à Rome, pour les affaires publiques, et de celles où se tenait quelque marché. Le plus ancien forum j ou le Forum proprement dit, était situé entre le Capitole et le

mont Palatin, Le forum de Nerva, Le forum de Trajan... — Ce mot doit-il prendre la marque du pluriel? En donnant un exemple avec ce nombre, l'Académie aurait empêché de s'égarer les auteurs qui ont publié des histoires de Kbme et de ses conquêtes. Nous avons lu dans Tune : La Narbonnaise se couvrait de forums , de temples, etc. ; dans une autre : Les fora étaient nombreux à Rome,

FOURCHETTE.— On s'étonne de ne pas trouver dans le Dictionnaire de TAcadémie le mot fourchelée comme on y trouve cuillerée, assiettée, écuellée, jattée, platée, potée, etc,

FOURRAGER, V. n... FOURRAGER s'emploic aussi comme verbe actif dans le sens de Ravager. Fourrager tout un pays. Le troupeau a fourragé DANS cette pièce de blé. Les lapins ont fourragé mon jardin. — Dans les quatre premières éditions on lit : Le troupeau a fourragé TOUTE (et non dans) cette pièce de blé. Il faut donc supprimer dans, qui donne au verbe actif une acception qu'il n'a pas.

FRAGILE, adj. des deux genres. Aisé à rompre, sujet à se casser. Fragile comme un verre.— Nous croyons qu'il faut dire fragile comms LE verre, comme du verre, et non comme un verre, car les verres à boire ne sont pas plus fragiles que le verre en général. Cette même locution se retrouve à l'article Verre : Cela se casse comme un verre. Voy. Marbre.

FRAIS, FRAICHE... s'emploient aussi adverbialement, et signifient Nouvellement, récemment. Maison toute fraîche faite. Appartement tout frais décoré. Du beurre frais battu,., — On a oublié d'ajouter ici l'expression de frais, pour signifier Nouvellement, récemment; elle doit être bonne puisqu'elle a été employée par l'Académie : (à Espalmer) Un navire espalmé de frais.

(à Tondre) Il est tondu de frais.

A l'article Raser on lit : // est frais rasé, tout frais rasé.

FRANC, s. m... La pièce d^n franc pèse un gramme. — Lisez : cinq grammes,

FRICANDEAU, S. m. Morceau de veau lardé, qu'on sert en entrée de table. Un plat de fricandeaux. — Si l'Académie avait défini fricandeau. Tranche ou tranche mince de veau lardé, comme dans les précédentes éditions, on comprendrait le pluriel qu'elle a mis à ce mot; mais comme aujourd'hui un seul fricandeau suffit pour garnir un plat, il est plus naturel de mettre le singulier.

FRITURE , s. f. L'action ou la manière de frire. Friture au beurre. Friture à l huile, — Il se dit aussi du beurre ou de l'huile qui sert à frire. De la friture trop vieille. — Il se dit, par extension, du poisson frit. // ne mange point de friture.

Friture ne se dit pas du poisson seulement; aux articles Artichaut, Salsifis, Cervelle, Huître, etc., on lit : Une friture d'artichauts. Des salsifis à l'huile, en sauce blanche, en friture. Des cervelles frites. Des huîtres frites. Il aurait donc fallu mentionner quelques-

unes de ces fritures, et ajouter : Employé absolument, il se dit du poisson. // ne mange point de friture.

FRONCÉ, ÉE. Peau froncée, —Après Froncé, ée, o/ow^e^- : participe.

FRUGIVORE, adj. des deux genres. Qui se nourrit de fruits, de végétaux. Les animaux frugivores. — Frugivore doit s'employer substantivement aussi bien que camivore, herbivore, etc. Les frugivores forment une famille dans V ordre des oiseaux sylvains. Conséquemment il faudrait dire « adj. des deux genres et s. m, »

FUNAMRULE, S. m. — Ne dit-on pas Une funambule, comme on dit Une acrobate , et le premier de ces mots ne doit-il pas être un substantif des deux genres aussi bien que le second?

FUR, s. m. Il n'est employé que dans la locution Au fur et à mesure, ou A fur et mesure, qui s'emploie en termes de Pratique et d'Administration, comme conjonction, comme préposition et comme adverbe, et qui signifie, A mesure que, à mesure de, à mesure. Nous vous ferons passer les marchandises au fur et à mesure qu'elles arriveront. On le paye au fur et à mesure de Vouvrage. Travaillez, nous vous payerons au fur et à mesure, à fur et mesure. — A ces deux locutions il aurait été convenable d'ajouter A fur et à mesure, qu'on trouve à l'article Mesure; mais peut-être serait-il encore mieux de laisser aux notaires et au barreau , comme l'Académie le faisait précédemment, ces trois variétés d'une longue locution conjonctive, prépositive ou adverbiale, et de dire simplement comme elle le fait encore aujourd'hui à l'article Mesure* : a On vous payera À mesure que vous travaillerez. A mesure que l'un avançait, l'autre reculait. Vous n'avez qu'à travailler, et on vous payera À mesure. Vous serez payé À mesure de votre travail. »

FUSAIN, s. m... On le nomme vulgairement Bonnet à prêtre.— y oy. Bonnet et Contre-basse.

FUSÉE, s. f... en termes d'Horlogerie, se dit d'un petit cône, cannelé en spirale, autour duquel se roule la chaîne d'une montre quand on la monte. — A l'article Rouler nous n'avons pas trouvé se rouler employé dans l'acception ci-dessus ; nous pensons donc qu'il fallait dire « autour duquel s'enroule la chaîne... » Se rouler signifie Se tourner de côté et d'autre : Se rouler sur V herbe, sur un lit, dans la poussière, etc; S'enrouler signifie Tourner plusieurs fois autour d'un objet ou sur soi-même : Les vrilles de la vigne, des pois, etc., s'enroulent autour des échalas, des rames, qu'on leur donne pour supports. Le spiral d'une montre s'enroule sur lui-même.

FUSILLADE. FUSILLER. — Comme on ne prononce pas 1'^ de fusil, il aurait été au moins utile de dire que dans ces dérivés les II doivent être mouillées.

1. Dans les deux premières éditions cette locution ne se trouvait qu'à l'article Mesure, où l'Académie mettait, pour l'usage vulgaire, A mesure, à mesure que; puis dans un autre paragraphe elle disait : € Au fur et à mesure que. Terme de Pratique dont les Notaires se servent dans les baux à ferme, marchez et autres semblables contrats, pour dire, A mesure que.'*

GAixE. GAixiER. — Il manque ici un mot essentiel et très-usité : Gaînerie, Fabrique et commerce de gaînes, ou L'art, le métier ou le commerce du gaînier, définition analogue à celle de Ganterie *.

Nous ne savons pas pour quel motif TAcadémie écrit ces deux mots avec un circonflexe, si c'est à cause de la syncope faite dans l'étymologie latine, ou pour la prononciation. Si c'est à cause de la suppression du g de vagina, nous ferons observer qu'il y a un grand nombre de mots où l'on supprime non pas seulement une lettre de l'étymologie étrangère, mais une lettre des mots français même, sans la rappeler par un accent ; tels sont reliure, chute, toit, coteau, otage, vite, etc., qu'on écrivait autrefois relieure, cheute, toict, costeau, ostage, viste, etc.; dans cogner, il y a même deux lettres supprimées, car on a dit coingner. D'ailleurs l'Académie ne met pas cet accent dans les composés engainer, dégainer, rengainer.

Si c'est pour la prononciation , la première syllabe de gaine n'est pas, nous le croyons, plus longue que celle des mots aine, haine, raine, etc., où l'on n'en met pas. Quant à gaînier, il serait bien surprenant qu'elle y fût plus longue que dans Rengaine, je dégaine, je rengaine, où l'on met un i simple.

GANGRÈNE. (On pronouce Gangrène.) — Il est plus que probable que dans se gangrener, gangreneux, la première syllabe doit aussi se prononce can; cependant l'Académie, au lieu de dire simplement « On prononce cangrène » , aurait bien fait de dire « Dans ce mot et dans ses dérivés, la première syllabe se prononce can » *.

GANGRÈNE... Mortification totale de quelque partie du corps, qui s'étend quelquefois avec rapidité. — A l'article Mortification, nous lisons : « Dans la gangrène il y a mortification imparfaite ; dans le sphacèle il y a mortification entière. » Laquelle de ces deux assertions est exacte?

GARGANTUA. — Ce nom du géant de Rabelais s'emploie tous les jours en parlant des personnes qui mangent beaucoup. Il a un appétit de gargantua. Toute cette famille se compose de vrais garganticas. On devrait trouver dans le Dictionnaire de l'Académie un mot aussi usité.

GARGOUSSE, S. f. T. d'Artillerie. Charge pour un canon, enveloppée d'un papier fort ou de serge, etc. Charger à gargousse. Une gar gousse pour une pièce de vingt-qicatre. — Nous avons des raisons pour croire

1. Nous profitons de cette occasion pour signaler l'omission de sécheiie (lieu aéré où l'on fait sécher des toiles, etc.), vinaigro'ie (fabrique de vinaigre), teinlurene (métier, art, atelier du teinturier), etc., mots qui ne sont pas moins utiles que veiTeine, setruroie, chantreHe, elc,

2. Au reste nous ne comprenons pas l'utilité de cette prononciation , qui est contraire à l'étymologie soit grecque, soit latine (gaggraina, gangrœna); c'est l'opposé de celle des mots Claude, Claxulinc; second, secoïulcr; secret, seaélaire, elc, où le c devait autrefois so prononcer comme le g ( Glande, segond^ segrH, elc. ). *

que le mot gargomse, comme cartouche, signifie d'abord « l'enveloppe de la charge » ; et il serait utile de faire connaître la signification primitive de ces deux mots.

GEINDRE^ V. n. Gémir, ou se plaindre à diverses reprises, et d'une voix languissante et non articulée... Ce mot est familier. — S'il est un terme populaire généralement usité, c'est ce verbe geindre employé substantivement pour dénommer celui des ouvriers d'une boulangerie qui pétrit le pain, évidemment à cause de l'espèce de gémissement qu'il fait entendre pendant son travail. Ce mot est tellement connu qu'il a été donné pour nom à une rue de Paris. Nous ne comprenons pas pourquoi il n'a pas été accueilli par l'Académie comme substantif.

GELÉE, s. f. Grand froid... — On employait autrefois la locution gel, qui est encore usitée dans un grand nombre de localités, et dont on a fait le mot dégel (le gel et le dégel). On regrette d'autant plus cette ancienne locution , que gelée a une autre acception complètement étrangère à celle-ci {gelée de viande, gelée de fruits) et qu'il n'a pas comme gel un correspondant opposé.

GÉLIF, adj. m. T. d'Eaux et Forêts. 11 se dit des bois qui ont été fendus par les grandes gelées. Arbres gélifs, — Il faudrait mettre GÉLiF, ivE, adj..., et ajouter : En T. de Maçonnerie, il se dit également en parlant des pierres. Pierre gélive,

GEMME, adj. m. Il se dit des pierres précieuses, et du sel qui se tire des mines. Des pierres gemmes. Du sel gemme,— Kn lieu de : adj. m., lisez : adj. des deux genres.

GENOU... Avoir les genoiêx souples, les genou^ faibles... Mes genoux fléchissent. — Il y a en français sept substantifs terminés par ou^ qui prennent un a? au pluriel : bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou, y)ow.Tous les autres prennent une s : des fous, des licous, des trous, etc. Il est assez bizarre d'écrire bambouS et hibouX, clouS et chouX, fllouS et cailloux ; mais il l'est plus encore , ce semble , d'écrire verrouS, et genouX, pouX. Autrefois verrou, genou, pou, prenaient tous trois une s au pluriel : verrouils, genouils, pouils; nous avons encore verrouiller, s'agenouiller, pouilleux, épouiller. Il est à désirer que tous les trois se terminent par une s, comme précédemment, en supprimant il.

GENTIANE, S. f. — Ajoutez : On prononce genciane.

GENTIL, adj. m. Païen, idolâtre. — Après adj. m., ajoutez : On ne prononce pas l'L. — Nous demanderons pourquoi cet adjectif n'a pas un féminin , puisqu'il s'emploie au singulier comme chrétien, juif, mahométan, etc. Ne pourrait-on pas dire : // était fils d'un père chrétien et d'une mère gentile, aussi bien que. Il était fils d'un père GENTIL et d'une mère chrétienne ?

GENTIL, ILLE. — Cet adjectif demandait d'autant plus que la prononciation fût indiquée, que dans le masculin 1'^ ne se prononce pas, et que dans le féminin on mouille les II.

GENTILHOMME. ( La lettre L se mouille dans ce mot et dans les sui* vants.) ^ Lisez : dans les deux suivants (genlilhommerie, gentilhommière ) .

GENTiLLÂTRE. GENTILLESSE. — Ces mots, qui Ont deux Ij demandaient une prononciation à part.

GERMAIN, AINE, adj... Issu de germain se dît des personnes qui sont sorties de deux cousins germains. Cousin issu de germain. Ils sont issus de germain. Elles sont issues de germain.

La définition ci-dessus. « se dit des personnes qui sont sorties de

deux COUSINS germains » nous semble prouver surabondamment qu'il

fallait écrire, Ils sont issus de germainS, elles sont issues de germainS;

[ et de même à Cousin , Cousiîis issus de germainS^ et à Issu : Cousins

issus de germainS. Ils sont issus de germainS^,

GIBELET, s. m. Petit foret dont on se sert pour percer une pièce de vin ou de quelque autre liquide qu'on veut déguster. Les essayeurs de vin^ ont toujours un gibelet dans leur poche. — Dit-on Un essayeur de vin ? Cette expression ne se trouve dans aucune des éditions du Dictionnaire de l'Académie, où Essayeur est toujours défini « Officier préposé pour faire l'essai de la monnaie , des matières d'or et d'ar- ;. gent... i>; mais elle se lit à l'article Gibelet dès la deuxième (1718). - Elle était admissible et même nécessaire dans un temps où l'on n'avait pas le mot dégustateur, qui figure pour la première fois dans la sixième édition; dès qu'on a eu une expression convenable, il fallait supprimer l'autre, dont on ne s'était servi que faute de mieux.

GILLE... Jouer les rôles de Gille, et elliptiquement. Jouer les Gilles. — C'est un Gille, un vrai Gille (toujours avec un grand G) .

Ailleurs on a mis des minuscules : Jouer les arlequins. — Cet acteur est un vrai trivelin. — C'est un turlupin, un vrai turlupin. f GIRATOIRE, adj. des 2 g. T. didactique. Il se dit d'un mouvement de rotation, et du point autour duquel ce mouvement s'exécute. Mouvejnent giratoire. Point giratoire. — Voilà un terme didactique, un mot presque inconnu au vulgaire, et où la plupart de ceux qui Vem- 1 ploient mettent Vy (gyratoire); pourquoi l'Académie l'écrit-elle par un i plutôt que cylindre, gypse, myrte, mystère, etc., qui sont d'un emploi journalier?

GLACIER, s. m. Grand amas de glace, qui couvre le sommet d'une haute montagne. Le glacier du Mont-Blanc est le plus remargiiable de la Suisse. — En 1835, le Mont-Blanc était dans la Savoie, et non dans la Suisse ; depuis 1860 il est dans la Frange.

1. n va sans dire qu'après cousin ou cousine aa singulier (cousin issu de germaki, cousine issue de germain ) , get'main doit rester au singulier. f

2. Dans les quatre premières éditions on ne trouve ni dégustaieur ni même déguster; la quatrième donne seulement dégustation, et pour la définition de Gibelet on disait alors c Petit foret dont on se sert pour percer un muid de vin dont on veut faire l'essai. » Dans la sixième, où l'Académie dit « qu'on veut déguster » , il était naturel de remplacer également essayeurs de vin par dégustateurs , mot qu'elle venait d'adopter.

Ne i^erait-il pas mieux d'écrire le mont Blanc, le mont Rose, comme an écrit la mer Blanche, la mer Noire, la mer Rouge, la mer Jaune, le cap Blanc, le cap Vert, les montagnes Bleues, etc. f

GLAS. — Nous avons souvent entendu prononcer Vs dans ce mot; faut-il la faire sonner? Cela semblerait d'autant plus naturel qu'autrefois on a écrit glass.

GLOUGLOTER OU GOUGLOVTER, V. u. Il se dit du cri des dindons. La poule piaule, le dindon glouglote, — 11 faut probablement lire « Le poulet piaule » ou « La poule glousse n, car au mot Piauler, on trouve: « Il se dit du cri des petits poulets » ; il n'y est point parlé de la poule.

GOBBE. GOBER. GOBET. •— La gobbe et le gobet sont tous deux de la famille du verbe gober, et par conséquent ils devraient s'écrire de la même manière, c'est-à-dire avec un seul b. Nous ne pensons pas qu'il y ait des raisons pour mettre deux b à gobbe plutôt qu'à lobe, globe, robe, etc.

GOÉLAND. GOÉLETTE. GOÉMON. GOETIE. — DaUS les trois pre-

i miers de ces mots, l'e doit-il être prononcé autrement que dans le .. v^ ^quatrième? S'il -a dans tous le son de Vé, ne devrait-on pas mettre £ ^^ ' cet é aux uns comme aux autres ? »

^^ ^ ' GOtr... se prend quelquefois pour Odeur. On sent ici un goût de renfermé. Ce tabac a un goût de pourri. — Cet emploi de goiU pour odeur est-il bon, et devait-il être recueilli par l'Académie? Dans cet exemple On sent ici un goOt de renfermé, goût n'est-il pas un terme impropre? Quant à celui-ci. Ce tabac a un goi3t de pourri, nous pensons qu'on peut très-bien l'appliquer au tabac à fumer ou à chiquer, mais que ce serait une faute de l'employer en parlant de tabac à priser.

GOUVERNER... siguifte particulièrement, Avoir grand crédit, grand pouvoir sur l'esprit de quelqu'un... Tel croit gouverner un autre qui en est gouverné. Gouverner à son gré les volontés de quelqu'un. Gouverner les esprits. Gouverner V opinion publique. V opinion gouverne le monde. On le dit aussi Des choses morales. Les préjugés gouvernent la plupart des hommes.— Nous présumons que l'Académie, après avoir donné cette phrase « Gouverner Vopinion publique » , où l'opinion publique, chose morale, est employée comme régime , a voulu indiquer qne gouverner peut aussi avoir pour sujet une chose morale; et il aurait été convenable de le dire d'une manière précise. Nous ajouterons que cette indication devait précéder l'exemple « L'opinion gouverne le monde », car l'opinion est un être moral aussi bien que les préjugés, et tous deux sont employés comme sujets du verbe.

GRAIN... Grains d'or. Morceaux d'or très-purs qui se trouvent dans

les rivières, ou sur la surface de la terre. On les nomme ainsi, quel

que soit leur volume. — Aujourd'hui l'on n'appelle plus grains les

morceaux d'or d'un certain volume; on leur donne le nom ^q pépite.

GRAMEN. (Men se prononce comme dans ^wew.) — Ici et à Gluten ;

il aurait été plus court et tout aussi clair de dire « On prononce TN »> , car au mot Amen l'Académie ne dit pas autre chose.

GRAMINÉE^ adj. des deux genres. T. de Botan. Il se dit d'une famille de plantes fort nombreuse» à laquelle appartiennent le blé, le seigle, l'avoine... — Dans l'édition de 1762, l'Académie terminait encore par un e muet les adjectifs cétacé, crustacé, oslracé, teslacé; cutané ^ igné, instantané, momentané, pédané, simultané; éthéré, etc., et en faisait ainsi des adjectifs des deux genres. Aujourd'hui qu'elle supprimé Ve muet dans tous ces mots , elle devrait faire de même pour graminée.

GRAMMAIRE. GRAMMATICAL. GRAMMATISTE. ~ Dans CCS mOtS et

dans leurs dérivés faut- il faire sentir les deux m, ou prononcer comme s'il n'y en avait qu'une? On raconte que l'abbé d'Olivet, jouant sur la prononciation de son temps, disait que c'était sa grand'mère {gran-maire) qui l'avait fait entrer à l'Académie. Molière aussi a dit dans les Femmes savantes (acte II, se. 6) :

BÉLiSE. Veux-tu toute ta vie offenser la grammaire ?

Martine. Qui parle d'offenser grand'mère ni grand-père ?

BéusE. . . . Grammaire est prise à contre-sens par toi.

GRAND, AND^, adj... Grande, placé devant un substantif féminin qui commence par une consonne, perd quelquefois Ve dans la prononciation, et même dans l'écriture, et l'on marque ce retranchement par une apostrophe, comme dans ces phrases : A grand'peine. Faire grand chère, Cest grand'pitié. Ce nfest pas grand'-chose. La grand^ chambre. La grand'messe, etc. Il hérite de sa grand'msre, de sa grand'-tante.

Nous pensons que malgré l'apostrophe il faut espacer, dans l'im- ' pression comme dans l'écriture, les mots grand* chère, grand' pitié, grand' chose, grand' chambre, grand' messe, etc. Suivant nous, on doit suivre pour grand' la même règle que pour tout autre mot où Ve a été élidé, comme dans ces deux vers de Béranger : Nous qui n' sommes pas d' l'Académie , Souhaitons-lui d' ces p'tits plaisirs-là.

{A Antoine ArnaïUt, le jour de sa fête.)

, En conséquence il nous semble qu'il ne fallait pas de tiret à la fin de la ligne après grand' dans grand' chère et grand' chose, et de même & l'article Diacre où l'on trouve grand'-messe ^. En effet, l'Académie ^gfamiBims'sé'oxx. grand'messêTgrande"piiié ou grand'pitié, grande presse ou grand' presse, grande route ou grand'route, et elle ne met pas le tiret après grand' qui se trouve à la fin de la ligne dans les phrases Clivantes :

(à Acolyte) Faire les fonctions d'acolyte à un^ grand' messe.

(à Échapper ),Lwi-w^me n'échappa qu'à grakd' peine.

(à Peine) Je n'y ai pas eu grand' peine.

(à Pitié) Ce serait grand' pitié s'il ne trouvait pas d'asile.

1. Nous avons mis le tiret à grand'-chère, grand*'Chose, grande -tante, grand*-messe, parce que dans le Dictionnaire de l'Académie le mot grand*- termine la ligne et que nous avons Toulu reproduire exactement l'orthographe de l'Académie.

Nous n'avons pas besoin de dire que puisqu'on écrit grand-père, gra/nd-cncle, avec un tiret, il en faut également un à la fin des lignes dans grand'mère, grand' tante; nous croyons de plus qu'on devrait le mettre toujours, c'e^à-dire lors même que ces mots ne sont pas divisés d'une ligne à une autre * ; et il est probable que cette suppression n'a lieu qu'afin de ne pas multiplier des signes inutiles pour la prononciation. C'est sans doute aussi par la même raison qu'on met seulement le tiret à grand-croix dans ces phrases Grand-croix de la Légion d'honneur^ grand-croix de l'ordre du Christ, où nous préférerions l'apostrophe au trait d'union, qui ne représente pas du tout l'apocope, et que d'ailleurs on ne met pas à grand cordon. Peut-être l'adoption du tiret dans cette locution, dont on semble faire ainsi un substantif masculin , vient-elle de ce que ces décorations sont conférées presque exclusivement à des hommes; cependant l'ellipse suffit pour rendre compte du genre féminin que doit conserver grand' croix lors même qu'on le met en rapport avec un pronom, un participe, etc., de genre masculin : Jl est (porteur, revêtu, décoré de la) grand' croix de tel ordre ^, Les (dignitaires revêtus, décorés de la) grand' croix de l'ordre national se sont rendus chez l'Empereur.

GRANDIR, V. n. — On dit généralement : Ce vêtement le grandit beaucoup ; cet acte de courage, de générosité, le grandit à mes yeux. Mais l'Académie n'admet pas ces locutions. Pour le sens propre, elle dit : « Ce vêtement agrandit la taille ; Une distribution bien entendus agrandit en apparence un jardin. » Elle ne parle pas du sens figuré.

GRATERON. GRATIN. •— Ccs deux mots, qui viennent de gratter, semblent devoir prendre deux t, comme grattelle, grattoir, etc.

GRATUITÉ, s. f. T. de Théologie. Qualité de ce qui est gratuit. La gratuité de la prédestination.— Gratuit a cinq acceptions difiTérentes; à laquelle faut-il rapporter la définition de gratuité dans cet exemple? Est-ce à supposition gratuite, c'est-à-dire Qui n'a aucun fondement (quatrième acception) ? Il aurait fallu le dire d'une manière positive.

GRAVER, GRAVEUR, GRAVURE. — L'Académie fait suivre à peu près indifféremment ces trois mots des prépositions sur, en, à : « Graver SUR l'airain, sur le bronze; graver sur des agates, sur des pierres précieuses; graver en creux; graver en relief. Graver en taille-douce; graver sur le cuivre au burin; graver en bois; graver À l'eau- forte; graver A la manière noire.-— Graveur en pierres fines et en médailles^ ;

1 . Le rapprochement des mots dans grand*mère, grand*tante, peut à la rigueur, pensonsnous , remplacer le tiret lorsqu'ils se trouvent dans une même ligne.

2. Il est bien surprenant que ni dans cet article-ci, ni à Croix, il n'y ait pas un seul exemple de grand'eroix comme décoration, et conséquemment précédé de l'article. Celui que nous avons trouvé à l'article Bailli « le privilège de porter la orand'croix » nous fait désirer qu'on répare la double omission que nous venons de signaler, et qu'on adopte la môme orthographe en parlant de ceux ou de celles qui portent cette décoration : /{ ou elle est grand* croix, comme on écrirait, // ou elle est grand cordon.

8. Nous ne pensons pas qu'on puisse dire graveur bn pierres fines comme on ait graveur BN médailles. Le premi'er travaille, grave sur la matière même, et ce rapport doit être exprimé

graveur en caractères d'imprimerie ; graveur sor métaux; graveur en acier; graveur en taille-douce, en eau-forte, en 6ot«; gtaveur À /o manière noire,— Gravure en 6ots^ en pierres fines; gravure en ^aî7/edoiœej À /a manière noire, etc.

Bien que ces locutions soient en quelque sorte autorisées par Tusage^ nous croyons que les trois prépositions ci-dessus doivent avoir des emplois distincts, et nous nous permettons d'indiquer^elui qui nous paraît le plus naturel pour chacune : sur s'emploierait lorsqu'il s'agit de la matière, en pour désigner le genre de gravure, à pour le procédé.

Graver, graveur, gravure sur bois, sur acier, sur cuivre, sur pierres fines.

— — — EN nïédailles, o caractères dimprimerie, en musique.

— — — EN creux, EN relief, en taille-douce.

— — — AU burin , À Teau-forte, À la manière noire.

GRÉEMENT. (Plusieurs écrivent Gré ment.) — Il serait fâcheux que ces plusieurs finissent par avoir le dessus ; c'est bien assez, ce semble, que le mot radical agrès ait perdu l'initiale a dans ses dérivés.

Les mots gj^é et agrès ont eu une fortune bien différente. Les dérivés du premier ajoutent un. a à leur radical : agréable j agréer , agrément, etc. ; dans ceux du dernier, au contraire , on supprime aujourd'hui l'a initial, et au lieu à^tigréer, àgréement, on dit gréer, gréenient,

— Les mots gréeur et agréeur semblent même n'être pas synonymes. L'Académie définit agréeur, celui qui prépare, qui fournit les agrès d'un bâtiment, et gréeur, celui qui fait métier de gréer les bâtiments, c'est-à-dire de les garnir de toutes les voiles, manœuvres, poulies, etc. nécessaires pour naviguer. Dans la quatrième édition de son Dictionnaire , l'Académie donnait désagréer sans observation ; dans la dernière, elle dit que ce mot a vieilli et qu'il faut employer dégréer,

GRÈNETERIE. grènetier. — Nous ne comprenons pas bien pourquoi l'on doit écrire par un è le mot grènetier (celui qui vend des graines), tandis que l'on conserve les lettres ai du radical dans le mot grainier (celui qui vend en détail toutes sortes de grains).

GRIOTTE, s. f. Espèce de cerise à courte .queue, grosse et noirâtre, plus douce que les autres. — Dans quelques provinces , on appelle griotte l'espèce de cerise que , sans doute par antiphrase ou par euphémisme, on appelle à Paris la douce on cerise de Montmorency, qui est loin d'être plus douce que les autres , et qui généralement n'est pas noirâtre. Dans le Supplément de la première édition on lit : « Griotte, s. f. Espèce de cerise à courte queue, qui est un peu aigre, et plus grosse que les autres. » Voilà, ce nous semble, la définition exacte du mot griotte,

par la préposition ; le graveur en médailles, comme le graveur bn caractères d'imprimerie, bn musique, etc., ne grave que le poinçon qui doit donner l'empreinte aux coins et aux matrices.

— Quant aux expressions gi'aver, graveur, gravure en bois, en acier, au lieu de sur bois, sur acier, nous croyons que ce sont réellement des fautes.

GRIS, ISE, adj... Fig. et fiam., Être gris, un peu gris, être à demi ivre. A la fin chi repas nous étions tous un peu gris. Cette femme est grise, — Cette locution se trouve entre Patrouille grise et Vin gris ; mais quoiqu'on dise II est gris comme un cordelier, comme la manche d'un cordelier, nous avons peine à croire quMl s'agisse ici de couleur, et il nous semble que cette acception de gris devrait faire un article à. part.

GRIS... signifie aussi La couleur grise, et alors il est substantif masculin. Gris blanc. Gris cendrée GiHs pommelé. Gris brun. Gris de More. Gris sale. Gris de minime. Gris de souris. Gris mêlé. Gris de perle. Gris de lin. Gris de fer. Gris moucheté. Cela tire sur le gris. S'habiller de gris. On dit aussi adjectivement, Couleur gris-de-perle. Étoffé gris-de-lin. Habit gris-brun, etc.

Lorsque nous avons lu cet article nous avons cru tenir la règle de tous les modificatifs composés pour les couleurs ; car nous y voyons que lorsque le nom de la couleur est pris substantivement, les mots qui l'accompagnent ne prennent pas de tiret : le gris de perle, le gris de lin, le gris de fer, le gris brun, etc. Si au contraire le nom de la couleur est employé adjectivement, les modificatifs qui l'accompagnent doivent lui être joints par un ou des tirets : Un habit grisbrun, la couleur gris-de-perle, une étoffe gris-de-lin , et Vet cœtera donne à entendre qu'il faut pareillement écrire Un habit gris-de-fer, gris-de-souris , gris-de-minime, etc. — Mais nous nous trompions grandement, et plus nous avons compulsé le Dictionnaire pour nous assurer de l'exactitude de la règle, plus nous avons été convaincu que si l'Académie a eu réellement l'intention d'en poser une, cette règle n'a été observée à peu près nulle gart. En efl'et l'on trouve

(à Coumeur) Couleur gris de lin.

(à Lin) Ruban gris de lin.

(à More) Des bas gris de more, et à Gris, gris de More (grande M).

(à Perle) Des bas de soie gris de perle.

(à Souris) Couleur gris de souris,

(à Perdrix) Vin œil de perdrix.

(à Barbeau) Un habit bleu barbeau.

(à Châtain) Des cheveux châtain clair.

Pour la robe des chevaux nous n'avons trouvé de tiret qu'à Cheval gris-pofnmelé, dans l'article Pommelé; et encore à l'article Cheval on n'en a pas mis « Cheval gris pommelé ». L'Académie écrit donc « Chevaux bai clair, jument bai brun, cheval bai obscur, cheval alezan brûlé, alezan moreau, alezan doré, alezan truite; cheval gris moucheté, soupe de lait ou soupe au lait, poil de souris, etc. etc. »

Terminons par le très-petit nombre d'exemples où nous avons vu le tiret , outre les trois que nous avons cités plus haut. L'Académie écrit, à l'article Vert employé comme substantif : Vert-dragon, vertpré, vert-pomme; cependant à l'article Céladon elle met vert céla-

don sans tiret. Lorsque vert est suivi de .la préposition de , elle le supprime : Vert de mer, vert d'eau, vert d'émeraude; et de même, un taffetas merde d'oie.

RouGB-CERiSE , fouge très-vif et un peu clair.

Jaune couleur de citron , ou Jaune^citron.

Vert d'eau, couleur vert-clair.

Cette femme est clair-brune, elle a les cheveux clair-bruns.

Enfin elle écrit Teinte bleue-violatre, teinte jaune-verdàtre. *

GROSEILLE... Gelée de groseille. Sirop de groseille ; et h Gelée ^ Gelée de groseille. Gelée de pomme. — knx mots Pomme, Sirop, on trouve : Sirop de pommeS, Gelée de pommeS; Sirop de groseilleS, de mûreS, de grenadeS, de liinonS. Voy. Amande.

'GROSSii:REMENT, adv... se dit quelquefois pour Sommairement, imparfaitement. Voilà grossièrement ce qu'il a dit sur ce sujet. — 11 est fort possible que des personnes illettrées aient employé et emploient encore aujourd'hui grossièrement dans le sens de Sommairement, comme d'autres disent sanguinaire pour sanguin, grossier pour gros, etc. Puisqu'on 'a la locution en gros, et que l'Académie donne pour exemples « Raconter une histoire en gros , et sans s'arrêter au détail^; Dire les choses en gros; Je vous ai rendu compte de cela en GROS ; Voilà en gros comme les choses se sont passées » , nous pensons qu'il est mieux de n'employer grossièrement que dans son acception naturelle, pour signifier D'une manière grossière : « Cela est travaillé grossièrement. Il parle, il répond, il fait tout grossièrement. »

GROTESQUE. — Ce mot, qui vient de grotte ou tout au moins de l'italien grottesche (les peintures appelées de ce nom ont été, dit-on, trouvées dans des grottes, dans des lieux souterrains), nous semble devoir prendre deux t aussi bien qtie pittoresque.

GROUP, s. m. T. de Comm. Sac cacheté plein d'or ou d'argent, qu'on envoie d'une ville à une autre. — L'usage général est de prononcer groupe. Il était d'autant plus essentiel d'indiquer la prononciation, que l'Académie l'a mise à Croup et qu'on ne prononce pas lep dans les autres mots de cette terminaison : coup, loup, cantaloup, etc,

GUÈRE... Adverbe qui s'emploie toujours avec la négative, et qui signifie Pas beaucoup, peu. Il n'y a guère de gens tout à fait désintéressés. Il n'a guère d'argent... Il n'a plus guère à vivre *. Une s'en est guère fallu.— Cette définition demande peut-être un peu pliis de darté, pour faire bien comprendre que c'est la négative dont guère est accompagné qui lui fait signifier Peu , pas beaucoup ; car guère, par lui-même, doit signifier Beaucoup, comme le mot italien gu^ri dont il nous paraît être la traduction, ou comme l'allemand gar, qui est l'étymologie probable de l'un et de l'autre.

1 . Il serait peut-être mieux de mettre le pluriel : sans s'arrêter auX détailS.

2. Que dans cette phrase de l'Académie « // n'a plus guère à vivre » on substitue à guère les expressions beaucoup ou peu, pas beaucoup, et l'on verra si guère signifie Peu ou Beaucoup.

' GUET-APENS. — Autrefois (dans les trois premières éditions) TAcademie écrivait guet-à-penSj orthographe dont on ne se rend pas bien compte. Guet^appens serait plus conforme à Tétymologie appensus,

GUIGNARD^ s. m. T. d'Hist. nat. Espèce de pluvier de la grosseur d'un merle, bon à manger et fort délicat. On ne trouve gitère de guignards que dans le pays Chartrain. — Nous croyons qu'il faut des guignards, car ici guère modifie non pas guignards mais trouver ou le pays Chartrain; la phrase signifie, Ce n'est guère que dans le pays Chartrain qu'on trouve des guignards. — Au contraire on mettrait de si l'idée portait sur la quantité et non sur la localité; on dirait donc; On ne trouve guère de guignards dans le pays Chartrain,

GUINGAN. GUINÉE. — Trausposcz : Guinée. Guingan.

GUTTURAL, ALE, adj... signifie aussi Qui vient du gosier. Son guttural. Sons gutturaicx. GetK sont des lettres gutturales. La langue espagnole et la langue allemande ont beaucoup de lettres gutturales, — Il aurait été plus exact de dire « La langue espagnole et la langue allemande ont un grand nombre de mots où figurent des lettres gutturales » , puisque l'une et l'autre n'ont que trois lettres de ce genre : la première, le G, le J et le X ; la seconde, le G, le K et le GH , car le ch ne forme proprement qu'une seule lettre, qu'une seule articulation.

H. — Il est à remarquer que l'Académie, qui dans tout le cours de son Dictionnaire donne le genre féminin aux lettres f, h, l, m, n, r, s (sauf au mot Interrogant, où elle dit « l'E est ouvert, et on ne prononce qu'uN R dans ce mot et les suivants », et à Tarticle Impromptu tt Quelques-uns lui donnent un S au pluriel » ) , donne six fois dans cet article le genre masculin à la lettre h, et une fois à la lettre f (ph se prononce comme un /"), bien qu'elle y conserve le féminin à l'r (après un T ou une R). Au mot Hanneton, terme de Passementerie, on trouve encore « H n'est pas aspiré. »

La lettre H présente d'assez nombreuses difficultés, parce <iu'elle est maintenue dans certains mots et supprimée dans d'autres dont l'étymologie est la même, comme rhume, diarrhée, et hémorroïde, hémorroïsse; psychologie et métempsycose ; asiarchat, exarchat, et patriarcal, patriarcat; gothique et ostrogot; ou dans des mots qui, sans avoir la même étymologie, semblaient devoir suivre la même fortune, comme catarrhe et liémorragie ; rhéteur, rhétorique, rhinocéros, et rabdologie, rabdomancie, rapsode; Charybde et Car on; rhubarbe et ipécacuana (précédemment ipécacuanha)^ etc.

HABILLER... Ce traducteur a habillé Démosthène à la française. — Ici et à Opposer a Quel orateur avons-nous qu'on puisse opposer à Cicéron, à Démosthène », on a fait la division Démos-thène; à Narration et à Ne {^Cicéron, Démosthène excellent dans la narration; Dé-

mosthéne n'est pas si abondant que Ciccron)^ on a au contraire 'divisé Démo-sthène, Nous pensons que cette dernière division est préférable à l'autre, et qu'on devrait également diviser Anti-stliène, Bory-sthène, Calli-sthène, Erato-slhène, Pli-slhène, etc.

UAÏR, y. a. (H s'aspire.) Je hais, tu hais, il hait; nous haïssons, vous haïssez, ils haïssent. Je ftaïssais. J'ai haï. Je haïrai. Hais, Que je haïsse. Haïssant. — L'Académie ne nous donne ni le passé défini ni l'imparfait du subjonctif. Ce n'est sans doute pas qu'elle rejette ces temps, car on doit pouvoir dire : Lorsque j'eus appris les calomnies quil avait publiées contre moi, je le haïs cordialement. ïl faudrait que je le haïsse bien pour me conduire ainsi à son égard; mais peutrôtre a-t-elle voulu éviter qu'on ne lui demandât comment il faut écrire les deux premières personnes plurielles du premier de ces temps et la troisième personne singulière du second, qui devraient s'écrire : nous hàimes, vous Mîtes, qu'il hait. Cependant, puisqu'elle dit que le tréma fait détacher la voyelle qui en est affectée de la voyelle suivante aussi bien que de la précédente, nous pensons qu'il faut écrire ces trois personnes comme nous venons de le faire, au lieu d'écrire nous haïjnes, vous haïtes, qu'il haït. Voy. Arguer.

liÂLTE... Halte-là. — A l'article LÀ on trouve Halte là sans tiret, et nous croyons cette dernière orthographe préférable, parce qu'on ne met plus comme autrefois un tiret entre lé verbe et là. L'Académie écrivait dans la première édition, Demeure-là (à LÀ), demeurez-là (à Demeurer) ; mais dès la quatrième on ne retrouve plus le tiret ni à l'un ni à l'autre.

HARMONIE. — Ce substantif a un et même deux verbes correspondants (harmonier et harmoniser) pour signifier Mettre en harmonie. L'auteur de Paul et Virginie, dans ses Harmonies de la nature, dit toujours harmonier; d'autres auteurs préfèrent harmoniser^. Il est à désirer que l'Académie nous dise quel est celui qu'on doit employer.

HARPAGON. — Ce nom, presque aussi u^té que celui de tartufe, et certainement bien plus usité que ceux d'olibrius, de trivelin, de turlupin, etc., méritait de figurer dans le Dictionnaire de l'Académie. Je n'ai jamais vu de pareil harpagon. Prenez garde à vous; vous avez a/faire au plus avide harpagon qui existe.

1. Des substantifs terminés par te les uns forment leur verbe régulièrement par la simple addition d'une r, comme amnistie, calomnie, carie, copie, effigie, génie, parodie, scie, etc., dont les verbes sont amnistier, calomnie}', carier, copier, effigier, s'ingénier, parodier, scie)'; — les autres veulent Taddition d'une s avant Ve; ainsi allégorie, économie, symétrie, syinmthie, tyrannie, etc., ont pour verbes allégoriser, économiser, symétriser, sympathiser, tyranniser. — S'il nous était permis de déduire une règle de ce petit nombre d'exemples, nous ferions remarquer que les verbes qui prennent 1'^ dans leur dérivation viennent d'un substantif qui a pour correspondant un adjectif en iqite; des mots allégorie, économie, symètne, etc., on fait allégorique, économique, symétri(jue, tandis que calomnie, carie, copie, effigie, etc., n'ont pas cet adjectif. D'après cela, harmonie devrait prendre Vs dans son verbe (liarmoniser) , car il a pour adjectif harmonique (et harmonieux, comme calomnie a calomnieux, mais cela ne change rien à la règle ). — Le verbe agoniser, formé d'agonie, bien qu'il n'ait pas d'autre adjectif qu'agonisant, n'infirme pas davantage la règle que nous avons essayé de donner.

HARPIE.—Dans la seconde syllabe de ce mot les Grecs mettaient ut, les Latins yi; l'Académie a supprimé Vy dès la première édition de son Dictionnaire, et elle a maintenu cette orthographe bien que généralement les littérateurs et surtout les littérateurs avancés en âge emî^loient Vy encore aujourd'hui. Elle a bien fait de ne conserver qu'une des deux voyelles; mais peut-être aurait-il été mieux de supprimer Vi, parce que. Y y est plus radical. Toutefois ce n'est pas là le principal objet de cette remarque ; nous voulons parler des noms des harpies : Aëllo, Ocypète et Célœno. Nous pensons qu'il faudrait écrire Aello avec un e au lieu d'un ë (Voy. Tréma); quant à Celceno, c'est probablement par distraction qu'on a mis un oe à la seconde syllabe au lieu d'un m ; mais on aurait pu simplifier aussi l'orthographe de ce nom en mettant un é (Céléno), puisqu'on écrit avec un è Célènes, ville de Phrygie où régnait Midas, et avec un é Céléna, nom de la montagne où ce roi fut puni par Apollon.

HAVRE -SAC. — Nous présumons que c'est à cause de la prononciation de Vs que l'Académie a mis un tiret dans ce mot et dans entresol; mais puisqu'elle écrit sans division entretaillure, ferblantier j soubresaut^ parce qu'une portion de ces mots isolée ne forme pas un mot par elle-même, peut-être aurait-il mieux valu écrire kavresac, car havre, reproduction de l'allemand Haber, qui signifie Avoine, n'a ici aucune signification. — A l'article Capote, on trouve havresac.

HÉ... I(é quoi! vous n'êtes pas encore parti! — Il paraît qu'il est assez indifférent d'écrire hé ou eh, du moins dans l'exclamation hé quoi!, car à l'article Quoi nous lisons « On y ajoute (à quoi) quelquefois l'interjection eh. Eh quoi! vous n'êtes pas encore parti! »

HÉLIX, s. m. T. d'Anat. — Ajoutez : On prononce l'X.

HÉMISPHÈRE, s. m.— Il est fâcheux que l'usage donne parfois aux mots composés ou juxtaposés un genre différent de celui qu'ils ont étant seuls; ainsi, midi est masculin, après-midi est féminin; sphère et nuit sont féminins, tandis que minuit, hémispMre, planisphère, sont du genre masculin. Autrefois atmosphère était aussi de ce même genre, en sorte que sphère seulement était féminin.

HERBORISTE, S. m. — On aurait pu, sans manquer à la vérité, dire substantif des deux genres, car les herboristeries (l'Académie n'a pas encore adopté ce mot) de détail sont en grande partie tenues par des femmes. D'ailleurs les substantifs chaudronnier, cordonnier, chapelier, boucher, boulanger, pâtissier, confiseur, etc., oui un féminin bien moins motivé : chaudroi^nière, cordonnière, chapelière, etc. • \ HiÈBLE, S. f.— De quel genre est ce mot? A la lettre Y, nous trou-

Ivons « Yèble, s. m. Plante. Voyez Hièble. » — Ce substantif changerait-il de genre suivant l'orthographe qu'on lui donne?

HISTORIQUEMENT, adv... se dit aussi par opposition à Fabuleusement. Suivant la fable reçus, Didon vivait du temps d'Énée ; mais, à parler historiquement, elle était plusieurs siècles avant ce héros. —

Cet exemple date de la seconde édition (i7S0); aujourd'hui, pour être compris, il fawirait dire, elU ixistait.

H<M.À... Mettre le holà, filtre les holà. Faire cesser des gens qui se querellent, qui se battent. — Mettre les holà était sans doute usité en 1696, puisqu'on le trouve dans la première édition de ce DictUnnaire; mais Testp-il encore aujourd'hui? Qu'un grand poète ait employé le pluriel afin d'ajouter une s qui sauvait un hiatus. Vous mettez Ibs holas en écoutant l'auteur, c'est là une licence qui ne peut faire règle, surtout pour l'orthographe, et nous pensons qu'il vaut mieux s'en tenir au singulier, mettre le holàjCBT ce mot est composé de l'exclamation ho.f et de l'adverbe là.

H<MI^LIK..» Les homélies de saint Chrysostôme sur saint Matthieu. — Dans cet article, Chrysostôme a un d circonflexe à la troisième syllabe; à Docteur on trouve « saint Jean Chrysostôme » sans accent, Bien que cet accent se voie dans plusieurs biographies, nous pensons qu'il vaut mieux mettre un o simple puisque le mot grec (chrusos, or \ stoma, bouche : bouche d'or) prend un omicron et non un oméga. . BOMOCENTEIQVE, adj. des deux genres. T. d'Anat. n se dit des cercles qui ont un centre commun, et que l'on nomme aussi cofu:enr triques, — Au lieu de « T. d'Anat. » lisez « T. d'Astron. »

HONCHETS, s. m. pi. (H s'aspire.) Sorte de jeu d'enfants. Voy. Jon- GHETS. — Ce mot est dérivé de jonc, et il est fâcheux que l'Académie autorise Honchets, non-seulement en donnant ici des détails, au lieu de renvoyer purement et simplement à l'expression correcte, mais encore en mettant au mot Jonchets « Quelques-uns disent Honchetst.

HUMAIN. HcnnANinÊ. iNHVjnAiif . iKHUiiAinTiÊ. — Ces quatre mots peuvent-ils ou non s'employer avec un complément? Peut-on dire « Il faut être humain avec, pour, envers les animaux; il ne fatU pas être inhumain, même avec, pour, envers les animaux » ? Nous croyons avoir entendu et lu ces diverses expressions , mais nous ne les trouvons pas dans les dictionnaires, et nous voudrions savoir si elles doivent être bannies même de la conversation. Puisqu'on dit. L'indulgence pour; indulgent pour, à*; sévère envers, à l'égard de, à , rude À, envers'; terrible À*, et même souple À*, inébranlable À i tendre À', on doit pouvoir donner un complément aux quatre mots mentionnés plus haut.

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