‹ Errata du Dictionnaire de l'Académie françaiseChapitre 27 sur 55 · à Indolgkncb) Avoir de l'indiUgence pour une personne · texte numérisé non relu

à Indolgkncb) Avoir de l'indiUgence pour une personne

(à Indulgent) Il est trop indulgent pour ses enfants, X ses enfants.

Id. Etre indulgent X soi-même. — Etr^ indulgent pour les fautes de ses onds.

t. ( i SévèBB ) Ce père est trop sévère envbrs ses enfants, k l'ôcjard dm ses tnfBMi^

(à A) Jndvdgent X tous. — Sévère X liû-méme.

8. (à Rude) Vn précepteur rude X ou envers ses écoliers. 4. ( à Terrible) // détint terrible X ses ennemis.

h. ^(à SW9LB ) Un enfmi souple aux volontés de ses mt^es. — Swpk k te iKt^K». 6. (i iMâBRANLABLE) Ce roc est inébranlable X IHmpétuosité des vmts.

Id. Inébranlable aux coups de l'adversité.

1, (à TEKDRB) Ce cheval est tendre X l'éperon. — Il est tendre à^uxtiumches.

I1VHI]NE..« la t^ne est moore toute humide ^.»^ H a plwTé^ il a encore les yeux tout humides. — Dans ces phrases tout signifie Entièrement, complètement; il est adverbe et conséquemment dans la première il doit rester invariable comme s'il était suivi d'une voyelle, puisque l'A est muette. L'Académie écrit très-bien ;

(à Aisb) Elle est tout aise et tout heureuse d'avoir trtmvé o$ man4à, (à Ébouriffé) Elle arriva tout ébouriffée,

Id. Votre coiffure est tout ébouriffée,

(à Tout) Elle est tout absorbée dans ses réflexions, Id. Tout ingrate qu'elle est.

HYBRIDE, adj. des deux genres. Qui est né, provenu de deux espèces différentes. Les mulets sont des animaux hybrides, n se dit plus souvent des plantes que des animaux. Plante hybride. Variétés hybrides. On l'emploie aussi substantivement. Les hybrides sont s térites*. — Il manque ici une acception importante, celle de mot HYBRIDE. A l'article Mot, l'Académie nous apprend qu'un mot hybride est tf Un mot composé d'autres mots qui appartiennent à des langues différentes. Choléra-morbus est un mot hybride ». On pourrait en citer beaucoup d'autres, tels que bureaucratie^ ergo-glu; mulîinôme, que l'Académie devrait supprimer, puisqu'on a polynôme; monocle, qu'a remplacé lorgnon, etc.

HYDROGÈNE, S. m... L'hydrogène est toujours à l'état de gaz. Gaz hydrogène. Le gaz hydrogène est quatorze fois et demie aussi léger que l'air. L'extrême légèreté du gaz hydrogène le rend très-propre aux expériences aérostatiques. Remplir un aérostat de gaz hydrogène. — Il fallait mettre « Hydrogène, s. m. et adj. » ou ajouter, avant Oa^r hydrogène : « Il s'emploie aussi comme adjectif. » La même distraction se retrouve à Oxygène. Voy. ce mot.

HYDROSULFATE OU HYDROSULFURE. UYDROSULFURIQUE. — AprèS

Hydrosulfate ou Hydrosulfure, ajoutez : Dans ces deux mots et dans le suivant, PS se prononce fortement, comme dans sulfate, sulfure, sulfurique.

HYÉMAL, ALE. — Cet adjectif ne devrait-il pas s'écrire hiémalf II n'y a pas plus de cinquante ans, nos professeurs nous faisaient, il est vrai, écrire hyems avec un y; mais des lexicographes modernes, qui ont fait plus de recherches qu'eux pour connaître l'orthographe du temps de la bonne latinité. Roquefort et MM. Quicherat et Paveluy, par exemple, mettent un i à hiems, hiemalis, hiematio, etc. ; et par les mots hibemum, hibemare, ils nous montrent également que nos pères avaient tort d'écrire hyver et hyvemer.

1. A l'article Lktantine on lit aussi c étoffe de soie toutb unie ».

2. Il aurait été utile de renvoyer d'HvBRiDE à Mulet , car on lit dans ee dernier article : « Mulet se dit en général de tout animal provenu de deux animaux de diffkente espèce, et qui s'engendre point — lise dit par extension, en Botanique, de toute plante qui est le produit d'une semence fécondée par la poussière d'une plante d'une autre espèce. » -^ âfuUt est donc un synonyme d^Hybride, du moins pour les animaux et les plantes.

HYPOTHÈSE... L'hypothèse de Ptolomée. L'hypothèse de Ticho- Brahé.—Ces deux noms célèbres sont mal écrits; heureusement nous les retrouvons à Tarticle Fondre , et là du moins ils sont tels qu^ils doivent être : « TYcno-Bra^' voulut fondre ensemble le système de Ptolémée et celui de Copernic ». Les noms propres ont été un peu négligés dans cet ouvrage : nous signalerons ici ceux qui nous ont

frappé :

Brignolles powr Brignoles, à Prdnb.

Essone Essonne, PooDRiiniE.

Lauffenbourg^ Laufenbourg, Forestier.

Natolie* Anatolie, Orient.

Radstadt Bastadt, Congrès.

Nous ne parlerons pas de Suisse pour Savoie, Glacier.

Parmi les noms d'hommes, etc.,

Célœno pour Célseno, à Harpie.

Mélanchton Mélanchthon, M<tonomasie.

Sénebier Senebier, Physiologie.

Van-Dick Van Dyck, Portrait.

Willughby Willonghby, ORNimoLOGn.

et enfin ici Ptolomée Ptolémée,

et Ticho-Brahé Tycho-Brahé.

Disons en passant que souvent on met dans les noms un tiret qui ne devrait pas y figurer, et si nous ne sommes pas dans Terreur celui de Tycho-Brahé est dans ce cas. Tycho était son prénom ; mais comme il était Danois et que ce prénom ne se retrouve pas chez les autres célébrités de cette nation, on a cru qu'il faisait partie du nom de famille et on l'y a joint par un tiret. Bien des auteurs en font autant pour le prénom Guij et écrivent Gui-Coquille j Gui-Patin^ etc, ; ici Terreur est moins excusable. Au reste il y a aujourd'hui même des Français qui unissent leur prénom à leur nom par un tiret, sans doute parce qu'ils trouvent ce dernier trop court.

Il est encore une autre sorte de noms où Ton met mal à propos le tiret. La particule nobiliaire de des Français s'exprime en allemand par von, en hollandais par van. Nous ne faisons jamais la faute de mettre un tiret après von, et nous écrivons Otto von Guericke ou Otto de Guericke ; mais par une bizarrerie dont la cause nous est inconnue, on le met assez fréquemment après van; c'est ainsi que dans le Dictionnaire de l'Académie on a mis Van-Dick au lieu de Van Dyck,

UTSOPE. — Dans toutes les Bibles on trouve hyssope avec deux s, conformément à Tétymologie.

1. Autrefois on doublait fréquemment la consonne finale f: Dorff, village; Hoff, cour; Lauff, course, etc. ; aujourd'hui ces mots ne prennent plus qu'une /"; îhrf, Hof, Lauf; il faut donc écrire laufen , courir, et Laufenburg ou Laufenbowg. C'est ainsi que ce mot est écrit dans les dictionnaires récents.

2. Natolie n'est pas précisément une faute ; c'est une suppression de lettre semblable à celle qui fait dire la Pomlle au lieu de VApulie; mais puisque Anatolie vient du mot grec tauUolè, qui signifie Levant, orient, pays de l'Orient, il est mieux de se conformer à Tétymologie comme on le fait dans tous les dictionnaires géographiques.

— Ul —

1 et Y. — Autrefois TAcadémie écrivait avec un y, abysme, asyle, myrmidon, etc.j et avec un ij analise^ diachiloUy emhrion, stile, etc.; aujourd'hui, c'est le contraire qui a lieu : elle écrit abîme, asile, mir- midon, etc., et analyse, diachylon, embryon, style, etc.

La suppression de Vs et la prosodie ont dû faire adopter abîme; analise et stile, se rattachant à la grammaire , ont pu reprendre Vy étymologique ; mais pourquoi avoir changé en i Vy de myrmidon, et en y Vi de diackilon, embrion, puisqu'elle écrit anévrisme et cariatide, termes de sciences et d'arts, dont l'étymologie réclame Vy (anévrysme, caryatide) ? — Pourquoi encore écrire avec un y lacrymal et lacrymatoire, sylvain, puisque les Latins y mettaient de préférence Vi {lacrima, silva)\ et avec un i sirtes, où le grec et le latin demandaient un y?— Pourquoi enfin écrire le zéphyr avec un y et Zéphire avec un if

ÏAMBE. ifAMBiQUE. — Ces deux mots sont les seuls de la langue française où J'on mette le tréma sur la première des deux voyelles qu'on doit détacher l'une de l'autre dans la prononciation. Aux mots Argder et Haïr, nous avons vu qu'il serait utile d'augmenter le nombre de ces cas. .

ICI... Revenez demain; d'ici là, j* aurai arrangé votre affaire. — La locution d'ici là est-elle la seule qu'on puisse employer pour exprimer l'idée qu'elle représente? Non, car nous trouvons :

(à De) Nous verrons bien des choses d'ici à ce temps-là, d'ici là. (à Eau et à Powt) Il passera bien de Veau sot*s les ponts entre ci etlà^, ou d'ici à ce temps-là.

On peut donc très-bien dire d'ici à ce temps-là, et il est fâcheux que l'Académie n'ait pas donné dans cet article-ci un exemple de cette locution.— Mais peut-on dire également d'ici à vingt ans, à trente ans, à cent ans, etc. f Nous le croyons ; cependant l'Académie aurait dû prévenir les doutes à cet égard. Il est probable que si elle avait mis à Ici l'expression correcte, Lamennais n'aurait pas écrit « D^ici VINGT ANS la face de la terre aura changé ». Nous pensons qu'il faut . « d'ici A vingt ans ».

ICONOLÂTRE. — Ce mot semble réclamer iconolâtrie, comme zoolâtrie semble appeler jz-oo/a^rc. Est-ce par omission ou volontairement que l'Académie n'a pas donné ces deux mots?

IDOLÂTRIE. — Puisque l'Académie écrit latrie , le culte de latrie, sans accent , pourquoi en mettre un à idolâtrie, zoolâtrie ? Qu'elle emploie l'a pour idolâtre, iconolâtre, zoolâtre, ce sera conforme au principe qui l'a décidée à en faire usage dans grâce, disgrâce, infâme,

1. A l'article Ci, l'Âcadéinie dit que les locutions entre ci et demairif erUre ci et là ont vieilli. Voy. Bntsb.

où elle ne mettait point d'accent autrefois, non plus qu*à idolMre, et où Ton pourrait aussi bien s'en passer que dans dictame, prame, profane, etc., où Va est long. Mais il nous semble que puisqu'on supprimé cet accent dans gracieux, disgracier, infamie, il n'y a pas de raison plausible pour en mettre dans les mots idolâtrie, zoolâCrie.

ILLEGAL, ALE, adj. (Dans ce mot et dans les suivants, on prononce les deux L.) — Ces mots suivants où il faut prononcer les deux L sont au nombre de vingt-deux. Celui qui cherchera la prononciation du mot Illustrissime ne pensera guère qu'il peut la trouver à Illégal.

ILLUMINATION... Une belle illumination. Une grande illumination. Faire une illumination dans un palais, dans une place publique, dans des jardins. Il y avait des illuminations à toutes les fe'nêtres, dans toutes les rues. Uillumination de cet hôtel est brillante. Allons voir les illuminations, — Dans tous ces exemples il n'y a pas ce que nous cherchons, c'est-à-dire quelle préposition il faut employer pour complément de ce substantif. Au verbe Illuminer nous lisons, il est vrai, « Toute la ville était illuminée par les feux de joie qu'on avait allumas dans les rues » ; mais nous ne pensons pas qu'on dise « Une illumination par des feux de joie, par des lampions ». Nous dirons donc comme l'Académie à l'article Verre, « Illumination f^m verres de couleur », et par suite « Illumination en lampions » ; pour le gaz, nous pensons qu'il faut employer la préposition À « Illumination au gaz ». Quant au verbe, nous dirons « Illuminer avec des bougies, avec des verres de couleur, avec des lanternes; illuminer avec du gaz ou au gaz (au moyen du ga^). »

IMBÉCILE. — Jusqu'ici l'Académie avait écrit imbécille, conformément à rétymologie. La suppression d'une l dans ce mot est d'autant plus surprenante, qu'on en met deux dans le substantif imlfécillité.

IMBROGLIO. (Mot italien qui se prononce imbroillo à l'italienne, ou imbroille à la française, sans faire sentir Vi et en mouillant les /.)— Nous pensons que le plus simple était de dire que dans imbroglio il faut mouiller gl, ou peut-être encore qu'il faut prononcer imbrôlio; quant à la prononciation française imbroille, bien peu de personnes la comprendront si elles ne la savent d'avance.

IBIMACULÉ, ÉE, adj. (Dans ce mot et dans les suivants, on prononce les deux M, et l'I conserve le son qui lui est naturel.) — Ainsi donc II faudra chercher à deux pages en arrière la prononciation diimmutabilité, qui est séparé dHmma^ulé par quarante-huit mots.

IMMARCESSIBLE. — L'Académie écrit, conformément i l'étymologie, adolescence, convalescence, effervescence, incandescence, etc. Elle aurait dû faire de même pour immarcessible, qui ^ venant de marcescere, se flétrir, demande également un c : immarcescible.

IMPASSE, s. f. Cul-de-sac, petite rue qui n'a point d'issue. — On a bien de l'obligation à Voltaire d'avoir ressuscité ce mot pour remplacer cuIhU-soc, et nous voudrions que la définition fût aussi conve-

nable que Texpression elie-iuême. A coup sûr la belette de la fable (La Fontaine, III, 17), si elle n'eût pas fait si bonne chère dans le grenier, n'aurait pas dit qu'il n'y avait point n'issue ; elle serait fort bien sortie par le mtoe trou qui lui avait servi de passage pour y entrer. Nous croyons donc qu'îi serait plus exact de dire : « Petite rue qui n'a qu'une issue. »

IMPERSONNEL, raxE, adj... Les verbes impersonnels proprement dits, sont ceux qui nfont que l'infinitif et la troisième personne du singulier, tels que Falloir, pleuvoir, neiger, etc., qui font II faut, il pleut, il neige, etc. — Il aurait fallu ajouter que Pleuvoir, employé figuré- * ment, prend le pluriel : « Les coups de fusil y pledvent. Les sarcasmes PLEDVENT sur lui de tous côtés. Les biens, les dignités, les honneurs pleuveht chez lui, pleuvent sur lui » ; ou du moins il fallait renvoyer au verbe Pleuvoir, où l'on aurait trouvé ces exemples.

IMPOLI, lE, adj... Homms impoli. Manières impolies. Réponse imrpolie. — Et au participe de Polir employé figurément : « Cest vm homme extrêmement poli. Cest l'homme du monde le plus poli. Il est savant, mais il n'est pas poli. Il a les manières fort polies. Parler d'un ton poli » . — Ainsi donc poU et impoli ne prennent jamais de corn* plément, et Ton ne pourrait pas dire : « Vous vous plaignez de ce que cet homme est impoli à votre égasis>; mais ce n'est pas une exceptiOHj il n'est poli avec personne » ?

IMPROMPTU, 8. m... (Quelques-uns lui donnent un s au plurieL)

Pour « un s » Yoy. l'article H. Quant à la marque du pluriel, nous pensons qu'il faudrait l'admettre pour ce mot-là ainsi que pour plusieurs autres où les composants ont été réunis^ tels que aparté, quiproquo, etc. y et pour quelques-uns où la réunion ^vrait se faire : àr^ompte, auto-da-fé, fac^simdle, etc. — Mais nous avons encore autre chose à demander : Impromptu peut-il s'employer adverbialement ? peut-on dire : « Excité par la gaieté des convives, il composa impromptu de fort joUs vers » ? Si cette locution n'est pas admissible, on en sera quitte pour employer le synonyme français sur-^le-champ ; mais nous aimerions mieux impromptu.

IMPU6NER, V. a. — Faut-il prononcer : impug-ner ou impvngner^ Les dictionnaires ne sont pas d'accord; et dans la cralQtecbe pasaer pour un pédant ou pour un ignorant, on désire connaître la proinonciation que préfère l'Académie. On dit répvr-gner et inexpug-nable.

IN... « Quand le (mot) simple commence par une des labiales 6 ou P, r» se change en m, et l'on prononce En, avec le son nasal : Imbu, im^f^Qorter (Ènbu, ènporter). — Partout ailleurs. In reste tel qu'il est; et il prend toujours le açm nasal devant les consonnes, 4 moim que le simple ne commence par N : Inattendu, inutile ( prononcez f-nattendu, irnutile); Indocile, injuste (prononcez Èn^docile, én-smte); kmé, innombrable ( prononcez Mme,, innombrable ) .

Nous croyons qu'il aurait n^ux Takiiie pas indiquer la prenôiKiia^

lion des mots imbu, importer, indocile, injuste, que de la figurer par ènbu, ènporter, èn-docile, èn-jtiste, même en ajoutant, comme l'Académie Ta fait, « avec le son nasal ».

INCOMMODER. — On trouve bien ici « // est incommodé depuis plusieurs jours. Être incommodé d^un bras, d'une jambe. Être incommodé dans ses affaires »; mais on n'y voit pas une autre acception fort usitée. Faut-il dire « Pendant ce trajet, qui dura trois mortelles journées, nous fûmes constamment incommodés de ou par; la neige et le vent qui nous fouettaient dans le visage, contre le visage »? A l'article * Toge , nous trouvons « Les Romains se couvraient la tête d'un pan de leur toge, lorsqu'ils étaient incommodés dd soleil ou de la pluie » ; et à Chaledr « Être incommodé par la chaleur. » Il fallait donc donner un exemple avec chacune de ces prépositions.

INCOMPLET, kTEj adj. — Cet adjectif réclame un adverbe correspondant. // m'a raconté ses malheurs, mais fort incomplètement (ou plutôt incompltlemenl) .

INCONVENANT, ANTE, adj. — Cet adjectif-ci devrait avoir son substantif, qui est d'un usage de tous les instants : L'inconvenance de ses propos choqua toute la compagnie. Quelle inconvenance î

INDISCRÉTION, s. f... se prend quelquefois pour Action indiscrète. Faire une indiscrétion, des indiscrétions. C'est la seule indiscrétion quHl ait faite en sa vie. — Ne peut-on pas dire Commettre une indiscrétion f Si cette locution est bonne, il serait convenable de l'adopter.

INITIATION. (On prononce inicialion.) — Il aurait mieux valu indiquer la prononciation complète du mot (iniciacion) ^ car il semblera évident au lecteur que si dans tia le t prend le son du c, dans tion, au contraire, il doit conserver la valeur qui lui est propre.

INNAVIGABLE. — Ajoutez « On prononce les deux N. » Le silence de l'Académie sur cette prononciation étonne, et il est d'autant plus fâcheux qu'au mot Inné, qui vient immédiatement après, elle dit qu'on prononce les deux n, ce qui pourrait faire supposer qu'elle veut qu'on n'en prononce qu'une dans innavigable,

INOCULATEUR, TRICE, S. f. — Supprimez : f.

IN-QUARTO, adj. et s. — Lisez : adj. et s. m. (On prononce in-couarto.)

INSATIABILITÉ. INSATIABLE. INSATIABLEMENT. — Au mot INSA-

TiABiLiTÉ, ajoutez : Dans ce mot et dans les deux suivants, tia se prononce cia; ou plutôt, à chaque mot ajoutez : Tia se prononce cia.

INSECTIVORE, adj. des deux genres et s. m.— Plus haut nous avons vu que l'Académie a omis de présenter frugivore comme substantif; l'omission complète du mot insectivore est plus grave, car cette dénomination se donne à des poissons, à des oiseaux, et même à des mammifères, qui se nourrissent d'insectes.

INSPECTEUR, s. m. — Lisez « Inspecteur, trice, subst. » Depuis bien des années, il y a des Inspectrices pour les écoles communales de jeunes filles et pour les salles d'asile.

INSTITUT, S. m... est aussi le titre de certaines sociétés savantes. L'institut de Bologne, — L'Institut royal de France, ou simplement L'Institut, Nom de la première société savante de France, établie à Paris, et composée de cinq Académies, savoir : l'Académie française, l'Académie des inscriptions et belles-lettres, l'Académie, des sciences, l'Académie des beaux-arts, et l'Académie des sciences morales et politiques. Les membres de. l'Institut, Être reçu, entrera l'Institut. On le dit aussi du lieu où se tiennent les séances de l'Institut. Aller à l'Institut.

Nous sommes tout à fait d'avis qu'il faut écrire le mot Institut avec une majuscule quand il est employé absolument. Cette majuscule a deux raisons d'être : Institut est le nom d'une société, d'une institution; en outre, c'est celui d'une société déterminée, de la première société savante de France. Conséquemment nous pensons qu'on a eu tort de mettre un petit i dans l'exemple suivant :

(à Membre) Membre de la chambre des pairs, de la chambre des députés,

de l'iNSTITUT*.

Mais en revanche il nous semble que lorsque ce mot est suivi d'un complément qui désigne Vinstitut ou qui en détermine l'espèce, il rentre dans la classe des noms communs; et nous ne voyons pas pourquoi il faudrait écrire Tinstitut de Bologne avec une minuscule, et rijvsTiTDT royal de France avec une majuscule.

Le même principe nous ferait écrire, contrairement à l'orthographe adoptée par l'Académie : l'académie Française, l'académie des Inscriptions ET Belles-lettres, l'académie des Sciences, l'académie rfc5 Beaux-arts , l'académie des Sciences morales et politiques; — et encore, école Polytechnique , école Normale , école des Ponts et Chaussées ; société Philotechnique, la société royale de Médecine, etc, mutant toujours la minuscule aux mots académie, école, société, etc., ^a majuscule aux déterminatifs, comme on le fait pour wowf Palatin, Valérien; la voie Sacrée, Appienne, Flaminienne; la roche Tarpéienne; la porte Triomphale, etc. Nous ne mettrions la majuscule au substantif que lorsqu'il serait sans complément, comme dans membre de TAcadémie, aUer à TAgadémie ; mon fils est entré à TÉcole * (l'école par excellence, l'école Polytechnique), etc. etc.

INTERDIRE, V. a. — Pour la conjugaison du pluriel de l'impératif, voyez Dire.

INTERPELLER, V. a. T. de Palais. Requérir, sommer... — Ce verbe devrait ne prendre qu'une / à l'infinitif, comme appeler, épeler,

1. Nous écririons avec une majuscule, la chambre des Pairs, la chambre des Dâptrris. «. C'est ainsi que l'Académie écrit :

(à Quarante) Les quarante de l* Académie française. — Un des Quarante.

( à Ile ) Us îles d'Amérique, etc. — // fit un voyage aux Iles. Cacao des Iles. ( à Code) Le code de Jv^tinien. — Le Code. Le Code et le Digeste. ( à Intérim ) L'intérim de CharleS'Quint. — L'Intérim permettait le mariage de$ prêtres et la communion sous les deux espèces.

puisque Tétymologie est la même {interpelUr, inter appellare, interpellare; épeler, c'est appeler (appellare) les lettres pour en former des syllabes et des mots). Nous croyons que si ce mot a conservé les deux Ij c'est parce qu'il est moins usité que les verbes appeler, rappeler, épeler; d'ailleurs c'est un terme de Palais, et l'on sait qu'au Palais l'orthographe reste immuable comme les us et coutumes ; témoin l'orthographe de préfix pour préfixe; ledit, ladite, mondit,etc,, en un seul mot; l'accord des mots ayant, ayant, tenant, tendant, ete,, avec le sujet, etc. etc. Voy. Ayant.

IRRACHETABLE. (Dans ce mot et dans les suivants, on prononce les deux R.) — C'est à irrachetable qu'il faut chercher la prononciation ^irruption, qui en est séparé par quarante-sept mots.

IRRÉMÉDIABLE. ^ Dans les derniers tirages de son Dictionnaire, l'Académie écrit irrémédiable, avec un ^ à la seconde syllabe. Voy. la note i de la page 10.

ISOCÈLE... -* Dans les mots composés on supprime fréquemment la consonne finale du premier composant, mais jamais l'initiale du second; et puisque le mot qui nous occupe est formé de ison, skélos, et qu'il s'écrit en grec isoskelès, il faudrait écrire isosgèle et non isocèle. Ajoutons que si le mot venait à être divisé, le tiret devrait venir après Vo (iso-scèle) , comme dans apostrophe, atmosphère,, horoscope, etc. — Nous profitons de cette occasion pour citer quelques mots français où la finale du premier composant est également supprimée ; c'est tantôt une consonne , comme dans soiccoupe, soulever, soumettre, fainéant, vaurien, morfil, verjus, pour sous-coupe, souslever, sous-^nettre, fait-néant, vaut-rien, mort-fil, vert-jus ; tantôt une voyelle, comme dA.ws justaucorps, pissenlit, mordoré, pour JM^-aucorps, pisse-en-lit, more doré (ou plutôt maure doré), etc.

ITEM... est quelquefois substantif, et signifie Un article décompte. C'est un bon item. Voilà bien de petits item. — Dans cet exemple bien signifie Beaucoup, et dans cette acception la préposition de qui vient après doit toujours être accompagnée de l'article. Vous buvez bien DE L'eau. Voilà bien des grosses fautes. Chacun sait que Voilà de BIEN grosses fautes présenterait un tout autre sens. Nous pensons donc qu'il fallait dire : Voilà bien des petits item.

IVRE, adj. des deux genres... Prov., Être ivre mort. Être ivre au point d'avoir perdu tout sentiment. — Ces deux mots devraient être joints par un trait d'union {ivre-mort), car l'idée n'est complète qu'après le second adjectif.

On dit aussi quelquefois mort-^vre; mais l'Académie n'a pas admis cette locution, et nous pensons qu'elle a bien fait; il pourrait y avoir amphibologie, surtout si l'on négligeait l'emploi du tiret (il était mort IVRE, ils étaient morts ivres).

ixiA, s. f. — Voy. Mimosa.

JAGUAB. — Ce mot, qui est étranger, prend un u entre le g et Va; mais cet u se prononce (jongu-ar)^ quoique l'Académie ne le dise pas. Il en est de même pour couguar (grand chat d'Amérique), qui n'est pas dans le Dictionnaire de l'Académie.

JARDIN... Le jardin des Tuileries. Jardin des plantes j des simples, ou Jardin botanique,— On regrette de ne pas trouver ici des exemples qui fassent connaître dans quels cas il faut écrire Jardin avec un / majuscule dans cette phrase Jardin des plantes. Nous comprenons très-bien pourquoi l'Académie écrit

(à Plante) Le jardin des plantes de Paris, de Bordeaux, de Montpellier, avec un petit j, tandis qu'elle met un grand J dans les phrases suivantes :

(à Amphithéâtre) U amphithéâtre de V École de médecine, du Jardin des plantes,

(à Démonstration) Une démonstration de bota/nique au Jardin des plantes.

C'est que dans le premier exemple jardin des plantes est employé comme nom commun, tandis que dans les deux autres il est pris dans un sens absolu et joue le rôle d'un nom propre. Ainsi on devrait écrire : « Le Jardin des plantes est situé près de l'Entrepôt , » et : « Paris possède un admirable jardin des plantes. » Mais cette règle a besoin d'être posée par le Dictionnaire : tous les lecteurs ne sont pas à même de saisir dès l'abord la différence que nous venons d'établir. JARDINIER... Jardinier- fleuriste. — Aux articles Fleuriste et Pépiniériste on a mis sans tiret yarrfîmer fleuriste, jardinier pépiniériste. Puisque l'occasion s'en présente, nous allons donner quelques-uns de ces noms d'état composés dont les uns prennent le tiret et les autres ne le prennent pas. L'Académie n'en met pas à

chirurgien dentiste. ^ chirurgien bandagîste. épicier droguiste, chirurgien pédicure. médecin vétérinaire. huissier audîencier.

Elle met le tiret aux suivants :

cardinal-diacre. orfèvre-joaillier. aide-maçon,

cardinal-prètre. sellier-carrossier. aide-poseur,

cardinal-évôque. chaussetier-bonnetier. aide-chirurgien,

docteur-médecin. huîssier-priseur. aide-major,

imprimeur-libraire. commissaire-priseur. chirurgien-major,

ingénieur - constructeur huissier-priseur-vendeur. adjudant-major.

de vaisseaux. commissaire-priseur-ven- état-major,

ingâoieur-géographe. deur. tambour-major,

ingénieur-opticien. ^peur-pompier. trompette-major,

orfèvre-bijoutier. brigadier-trompette. ronde-major, etc.

JAVELLE.— On est surpris que l'Académie qui dit, à l'article Tache : « Cette tache s'en ira avec de Veau de javelle » , ne nous apprenne pas ici

ce qu'est cette eau et d'où lui vient son nom. Le petit nombre de ceux qui peuvent savoir que primitivement elle se fabriquait au moulin de Javelle, entre Paris et Saint-CIoud , croiront devoir écrire ce nom ou ce mot avec une majuscule, comme on le trouve dans le Complément du Dictionnaire de l'Académie ; mais aujourd'hui c'est un nom commun , comme guinée^ malines, roquefort, etc.

JOIKTOTER, V. a. T. de Maçonnerie. Remplir les joints des pierres avec du mortier ou du plâtre.— Le substantif correspondant, jointoiement, est aussi nécessaire ({\x^ affermissement, alignement, nivellement, redressement, rehaussement, etc. En effet on doit pouvoir dire : Le joiNTOiEMENT de CCS piemcs est mal fait, a été fait avec de mauvais matériaux, avec de mauvais plâtre, de mauvais mortier, etc.

JOUJOU, JOUIR, JOUISSANCE, JOUISSANT. — Transposez : Jouir, Jouissance, Jouissant, Joujou.

JOUR... Jour de fête. — On voudrait que l'Académie eût fait connaître s'il faut écrire Les jours de fête ou de fêteS. Voy. Fête.

JOURNÉE... signifie encore Un jour de bataille, ou La bataille même. La journée de Poitiers, de Bouvines, etc. — Ce mot a une autre acception qu'on ne trouve pas dans cet article, c'est celle de là journée des Barricades, la journée des dupes, etc., qu'on trouve à Barricade et à Théâtre. Voy. Barricade.

JOUTE... // emporta le prix de la joute. — Nous croyons qu'il faudrait Il REMPORTA le prix, car au verbe Emporter nous ne trouvons pas le sens de Gagner, obtenir; 4'ailleurs il serait quelquefois assez difficile d'EMPORTER le prix, un prix semblable par exemple à celui qui fut adjugé à Entelle après sa lutte avec Darès.

JOUVENCE, s. f. Jeunesse. Il n'est usité que dans cette locution, La fontaine de Jouvence, fontaine fabuleuse qu'on suppose avoir la vertu de rajeunir. Je crois, vraiment, qu'il vient de la fontaine de Jouvence. Il a bu de l'eau de la fontaine de Jouvence. — A l'article Fontaine on retrouve la même orthographe, et nous demandons s'il ne serait pas plus convenable d'écrire jouvence avec un petit j, puisque ce mot n'est pas un nom de lieu et qu'il signifie jeunesse. Il faut réserver le grand J pour la ville de Jouvence, autrement dite Saint-Gengoux-le- Royal, département de Saône-et-Loire, où se trouve une fontaine destinée à rappeler la fontaine fabuleuse.

JUDAÏQUE, adj. des deux genres. Qui appartient aux Juifs. La loi judaïque. Les antiquités judaïques. Superstition judaïque.,.— îl serait bien d'ajouter « La religion judaïqice », qui manque ici et à Religion, mais qu'on trouve à l'article Juif, « Celui, celle qui professe la religion judaïque. »

JUGE. — Plus haut nous avons exprimé le regret de ne pas trouver à l'article Fleuve les noms des fleuves qui arrosaient les Enfers ; ici nous ferons de même pour les noms des personnages mythologiques qui jugeaient « tous les pâles humains », Éaque, Minos et Bhadam^nthe.

JUGER, V. ik.,. Il a été jugé, on Va jugé à mort; et à Tartlcle Mort, Condamner j juger à mort, condamner quelqu'un à la peine de mort. — Peut-on dire indifféremment Juger à mort ou condamner à movtl Nous ne le pensons pas. Juger, c'est simplement examiner si l'accusé est réellement coupable ; condamner, c'est appliquer la peine dont la loi punit le délit ou le crime commis. On ne peut donc pas dire qu'un homme a été jugé à telle ou telle peine.

JUIF, IVE, adj. et s. Celui, celle qui professe la religion judaïque... Les juifs de Pologne, d^ Allemagne, de France, — Nous avouons franchement que nous ne savons pas encore dans quels cas il faut écrire les Juifs (grand J) ou les juifs (petit j). Cependant nous croyons entrevoir que l'Académie met la majuscule quand elle parle des Juifs de l'Ancien Testament, des Juifs considérés comme peuple, et la minuscule quand il s'agit des familles ou des individus qui professent la religion judaïque ; ainsi nous lisons :

( à Repos ) Le septième jour de la semaine était chez les Juifs un jour de

repos qu'ils appelaient Sabbat, (à Sanctifier) Dans V ancienne loi, les Juifs sanctifiaient le sahbat* (à Septennal) L'année sabbatique des Jvivs était septennale,

et d'un autre côté :

(à Sabbat) Les juifs observent fort exactement le sabbat» (à Samedi) Le samedi est chez les juifs le jour du sabbat, (à Rabbinique) Les juifs écrivent quelquefois leur langue vulgaire en caractères rabbiniques.

Mais en revanche nous trouvons une majuscule en parlant des juifs modernes :

(à Circoncire) Les Juifs, les mahométans font circoncire leurs enfants, (à Épars) Les Juifs n'ont plus de patrie, ils sont épars dans tous les pays du monde,

puis dans une autre phrase les deux variantes :

(à Souillure) Parmi les Juifs, Souillures légales, l'impureté contractée, soit par certaines maladies, soit par certains accidents qui , selon l'opinion des juifs , rendent immonde.

en sorte que nous craignons beaucoup de n'avoir pas rencontré juste dans nos conjectures, que nous désirerions pourtant voir converties en une règle invariable.

JUJUBE, s. f. — Les naturalistes et les médecins donnent à ce mot le genre masculin , conformément à l'étymologie (zizyphum),

JURY, s. m. (Quelques-uns écrivent Juri.) — L'institution du jury en France date de 1791, c'est-à-dire qu'elle a soixante-dix ans d'existence, et il est temps que son nom soit francisé comme elle-même. Au Heu de jury, tilbury, jockey, etc., nous devrions écrire juri, lilburi, jockei.

JUSQUE-LÀ. — Voy. LÀ.

La lettre k est d'une grande utilité pour représenter le c dur devant les lettres e, i : kermès, kilogramme ^ kiosque, etc. ; mais en revanche il est tout à fait inutile devant a, o, u. On a substitué le c au A: dans cacatois, calendes, calendrier, carat, coran, etc. ; ne serait-il , p^s convenable de faire cette même substitution dans kahotumne, kanguroo, kaolin, etc. ?

De même, il semble que l'Académie, qui a figuré par ca la prononciation des lettres cha dans hacchanal, bacchante, chalcographe, Charyhde; par co le cho de dichorée, dichotome, manichordion ; par cU le chlé de cochléaria; par eue, eut, le que, qui de quérimonie, questeur, quiescent, requiem, etc., aurait bien fait d'employer également le c au Heu du k dans la prononciation de anachorète, archaïsme, archange, asiarchat, catachrèse, catéchumène, chlamyde, chlore et ses dérivés, cholédologie, càolérar-morbus, chorége et autres dérivés de chœur, chorographie, choroïde, conchoïde, eucharistie, exarchat, mxichabées, trochaïque, trochanter, ubiquiste, etc. etc.

KAKATOÈS. (On prononce Kakatoita.) ...T. d'Hist. nat. Sorte de perroquet remarquable par une huppe... —Au mot Cacatois on trouve « Voyez Kakatoès ». Ainsi l'Académie elle-même donne deux variantes.

Si l'on devait prononcer la finale de kakatoès comme celle d'^aloès, assurément il n'y aurait pas à balancer, et il faudrait mettre un ê, car le tréma ne donne aucun son et devrait disparaître de la lettre e dans la langue française ; mais puisqu'on doit prononcer cacatoua, il paraîtrait convenable d'écrire cacatois le nom du perroquet, comme le mât auquel la huppe de cet oiseau a donné son nom.

KALI... Nom que les Arabes donnent à la soude. Il se dit particulièrement, en français, d'une espèce de soude à feuilles épineuses qui croît abondamment sans culture sur les bords de la mer, dans les parties méridionales de l'Europe. — Puisque l'Académie écrit par un c « Alcali , s. m. Nom donné primitivement à la plante marine qui fournit la soude du commerce, et ensuite au produit salin de l'incinération de ce végétal » , il nous semble nécessaire d'écrire pareillement le mot cali, qui est le nom de cette même plante. Il serait ridicule d'écrire Valcool et le kool, Valcoran et le koran,

KANGUROO, s. m. T. d'Hist. nat. Quadrupède de la Nouvelle-Hollande... Une peau de kanguroo. — Au lieu de suivre l'orthographe des Anglais pour ce mot qui est étranger à leur langue, nous devrions en faire un mot français en l'écrivant kangurou ou plutôt cangurou f

KNO€T, s. m... se dit aussi du fouet même. Le patient mourut sous les coups DU k7iout. — Nous pensons qu'il faut dire sous les 4ioups de knout, comme on dirait sous les coups de fouet, de bâton.

LÀ. — Pourquoi mettre un tiret dans les locutions Mettez-voits LÀ-HAUT, LÀ-BAS, LÀ-DESSUS, descendez de là-haut, {)uîsqu'on n'en met pas dans celles-ci < Mettez-vous là dedans, là contre; sortez de LÀ DEDANS, ôtez-vous de LÀ coutre? — Et de même au figuré, pourquoi écrire avec un tiret Que pensez-vous là-dessus, puisqu'on le supprime dans Qu'a/vez-voi^ à voir là dedans? On trouve dans ce même article :

Quel discours est-ce-là? — Quelles gens sont-ce-là ?

(à Diantre) Quelle dia/ntre de cérémonie est-ce-là?

(à Espèce) Quelle espèce de drap, quelle espèce de cheval est-ce-là?

(à Jaune) Quelle couleur est-ce-là? C'est du jaune, de beau jaune.

Plus nous examinons ces phrases, plus le tiret qui précède là nous paraît inutile , car l'Académie n'en met point dans : (à Ce) Est-ce là votre voiture?

(à LÀ) SoNT-CE LÀ vos gens? — Est-ce là ce que vous m'aviez promis? (à Main) Voyez, est-ce là sa main?

(à Récompense) Est-ce là la récompense de mes services? (à Salaire) Est-ce là le saiaire des services que je lui ai rendus? (à Volonté) Est-ce là viotre volonté?

ni dans celles-ci, où est-ce là termine la phrase : (à Parler) Quel parler est-ce là?

(à Patrouillis) Quel patrouillis est-ce là?

(à Plante) Quelle plante est-ce là?

Concluons qu'il ne faut pas de tiret avant là dans est-ce là, sont-ce là.

On ne met pas de tiret à dès lors: il vaudrait donc mieux n'en pas mettre à dès-là, qui a la même signification : Il leur échut une succession, et dès-là ils se brouillèrent; ni même dans le sens éloigné de Cela étant : C'est votre père, et dès-là vous lui devez du respect. Au reste, à l'article Dès l'Académie écrit dès là sans tiret dans cette même phrase : C'est votre père, et dès là vous lui devez du respect. Elle le supprime également à l'article Lors : Dès lors se dit aussi pour De là ou DÈS LÀ, par forme de conséquence.

On n'en met point h par là : Allez par là; passez, prenez pkk là; vous viendrez, votes irez par là, c'estr-à-dire , par ce lieu-là. Nous croyons que par la même raison il n'est pas logique d'écrire avec un tiret : Allez, venez, avancez, reculez jusque-là. — Il en est de même pour le sens moral. Vous avez poussé jusque-là la patience*; il faut l'y supprimer, comme on le fait à par là dans cette phrase : Qu'entendez-vous PAR LÀ?

LACRTBIAL. LACRTMATOIRE. — Dans l'étymologie du mot harpie, il y a un y, puis un i; l'Académie, pour simplifier l'orthographe, a choisi Vi simple; et puisque les Latins écrivaient indifféremment

lacrima et lacryma, etc., le même motif aurait dû, ce semble, lui faire préférer lacrimal et lacrimatoire.

LAISSER, V. a... Fam., Avoir du laisser aller. Avoir une sorte de négligence, d'abandon. Dans cette phrase. Laisser aller est pris substantivement. — L'Académie met d'ordinaire un tiret entre deux verbes à l'infinitif qui sont employés substantivement : le laissercourre, le savoir-faire, le savoir-vivre, etc; pourquoi n'en met-elle pas dans le laisser aller? Nous croyons ce trait d'union nécessaire,

LAISSER -PASSER OU plutôt LAISSEZ -PASSER, S. m. — Ce mot, qui correspond à Passavant (autrefois Passe-avant), Passe-debout, est très-usité en termes d'Octroi et de Douane, et nous sommes surpris de ne pas le trouver dans le Dictionnaire de l'Académie. Nous croyons laissez-passer jpréférable à laisser-passer, parce que ce mot semble renfermer un ordre, une injonction adressée aux employés, comme passe-avant, passe-debout, expriment une permission pour le voiturier, etc. ; en un mot c'est le mode impératif : Passe avec ta marchandise, sous telle ou telle condition ; Laissez passer, pourvu qu'on remplisse telle ou telle formalité.

LAITUE... Salade de laitue, — Et à Salade, Salade de laitueS. LAMBIN, INE, subst... s'emploic aussi adjectivement. Êtes -vous assez lambin f — Assurément cette phrase n'est pas interrogative, et il y fallait un point d'exclamation. Nous en avons recueilli quelques autres, où l'on s'est également trompé ; telles sont :

(à Dommage) Quel dommage que vous ne soyez pas venu ce jour-là? (à Histoire) Que d'histoires ne sait-il pas?

(à Machine) Que de mcuihines n'or-t-on pas employées ^ n'a-t-U pas fallu pour réussir?

Évidemment ces trois phrases demandaient une exclamation, comme la première. En voici d'autres où l'exclamation a été omise : (à Fier) Cinq mille hommes, voilà une fière armée» (à Pied) Il n'est que quatre heures du matin, et vous êtes déjà sur pied. (à Plaire) A Dieu ne plaise que j'y consente jamais. (à Fi) Fi du plaisir que quelque crainte accompagne. Au lieu de ce dernier exemple, qui n'est qu'une variante de La Fontaine (liv. I*', fab. 9), nous préférerions le texte même de l'auteur :

Fi du plaisir

Que la crainte peut corrompre!

LAMENTIN, S. m. (Quelques-uus écrivent Lamantin.) — Ce ne sont pas quelques dictionnaires qui portent lamantin, mais la plupart, et c'est ainsiique l'Académie elle-même écrivait ce mot précédemment; cet a à la seconde syllabe vient probablement de l'espèce de mains dont cet animal est pourvu, et qui lui ont fait donner par les Espagnols le nom de manato ou manati. Puisqu'elle a jugé convenable de changer l'a en e, sans doute à cause du gémissement {lamenta) auquel ressemble son cri d'appel, elle aurait bien fait de justifier cette nouvelle orthographe dans la définition qu'elle a donnée.

LAMPION. — A l'article Illumination (Voy. ce mot) TAcadéinie ne dit pas quel complément il faut donner à ce mot; ici Ton ne trouve pas un seul exemple, et c'est à l'article Verre (illumination en verres de couleur) que nous emprunterons la variante Illumination en lampions (consistant en lampions). Peut-être aussi pourrait-on dire Illumination de lampions (composée de lampions). C'est pour savoir lequel des deux est préférable que nous sollicitons une décision de l'Académie.

LANCER, v. a... s'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie Se jeter avec impétuosité, avec effort. // se lança au travers des ennemis. Il se lança dans le bois. Il se lança le premier dans Veau. Ils se sont lancés l'un sur Vautre. — A la lettre E nous lisons « Élancer, v. a. Pousser, lancer en avant. On ne l'emploie guère qu'avec le pronom personnel. // s'élança au travers des ennemis. Le chien s'élança sur lui. Les serpents s'élancent. Son cheval s' étant élancé.,, »

Nous croyons que dans les phrases ci-dessus et autres analogues s'élancer est plus usité ; ainsi l'on dira Mon âme s'élançait vers Dieu, et non se lançait. Mais en revanche on dit se langer (et non s'élancer), dans le monde, dans les affaires, etc.

LANDAU ou LANDAW, S. m. Sortc de voiture à quatre roues...

Les noms allemands qui aujourd'hui se terminent par au prenaient autrefois aw, ou du moins quelques-uns tels que Breslaw, Brisgaw, Lcundaw, Passaw, Spandaw, Sundgaw, Torgaw, etc.; mais cet usage a cessé, et cette orthographe a disparu des dictionnaires allemandsfrançais et surtout des dictionnaires français. Nous pensons donc que landaw devrait être supprimé dès aujourd'hui du Dictionnaire de l'Académie, ne fût-ce que pour la difficulté d'écrire le pluriel de landaw (des landaws ! ) — Quant au pluriel landaus, ce n'est pas un progrès, c'est une exception à enregistrer. Si la terminaison des mots en ou présentait quelques exceptions pour la marque du pluriel (Voy. GEN0D),du moins il n'y en avait pas dans la désinence plurielle aux; tous prenaient invariablement un x. Maintenant voilà un substantif terminé par au qui prend Vs au pluriel ; il est vrai que c'est un mot étranger.

LARYNX. — A Larix, l'Acadéiïue nous a donné la prononciation : « On prononce l'X » ; mais elle a oublié de nous indiquer celle de larynx, lynx, pharynx et sphinx, qui présente plus de difficulté en ce que les consonnes finales se prononcent rarement après Vm, Vn et l'r. On fait sentir l'X dans ces quatre mots.

LAS, ASSE, adj... Faire quelque chose de guerre lasse, le faire après avoir longtemps résisté. Je lui ai cédé de guerre lasse. — On a déjà réclamé contre ce féminin lasse, et il nous semble qu'on a eu raison, car il est difficile de comprendre ce que c'est qu'une guerre lasse. Qu'une-femme, au lieu de dire lasse de batailler, de contester, etc., dise de guerre lasse, j'ai cédé à leurs prétentions, j'ai renoncé à mes

droits sur cet héritage, c'est très-bien; il n'y a qu'une simple inversion. Mais appliquer de guerre lasse à un homme nous paraît une faute f et elle nous étonne d'autant plus que cette locution ne date que de la dernière édition du Dictionnaire.

LATTIS, s. m. Ouvrage de lattes. Faire un lattis. Enduire un lattis avec du plâtre. — Peut-on dire enduire avec? A l'article Enduire l'Académie n'en parle pas; elle dit : Enduire une muraille db plâtre, enduire une barque de goudron; et à Ruche : Enduire une ruche db terre grasse, — Cette même locution enduire avec se retrouve à Miroir : « Glace de verre ou de cristal, qui, étant enduitb par derrière avec une feuille d'étain et du mercure, réfléchit l'image des objets qu'onlui présente. » Si elle est bonne, il faudrait lamettre àËNDuiRC.

LAKZI... Les comédies italiennes sont pleines de lazzi. Les la2rzi d'Arlequin, Quelques-uns écrivent au pluriel, Lazzis.-— liions croyons qu'on doit écrire des lazziS, comme on écrit des macaronis, puisque l'Académie a fait de lazzi un singulier.

LE, LA, LES, pronoms relatifs... Foî*s avez mon chapeau, rendez-lemoi. Quand vous aurez des nouvelles, faites-4es-moi saooir.

Il est fâcheux que l'Académie n'ait pas donné plusieurs e;cemples pour faire connaître la place que les pronoms le, la, les doivent occuper dans la phrase, suivant qu'elle est positive, interrogative, etc. ; car si d'un côté l'on dit rendez-ve.-moi, faites-LEs-moi savoir, d'un autre on dit me les rendrez-vous f, me les ferez-vous savoir?, ou bien encore, veuillez me les rendre, tâchez de me les faire savoir; ne me LA rendez pas, etc, — Elle aurait pu dire, comme règle générale, que le, la, les précèdent toujours les pronoms moi, lui, leur, quelle que soit la construction de la phrase : prétez-LE-moi ; la lui donnez-vous f; ne LES leur montrez pas ; veuillez les leur envoyer. Avec les autres pronoms, on doit placer le, la, les immédiatement après le verbe qui les régit si la phrase est directe : envoyez-LE-nom, rendez-LES-nous*; immédiatement avant le verbe s'il y à inversion, etc. : me le direzvous ? ne nous la montrez pas ; gardez-vous de nous les envoyer,

LE, LA, LES, pronoms relatifs. — Si aux articles Pronom , Inversion, Transposition, nous avions trouvé des exemples d'inversion, c'est assurément là que nous aurions fait une remarque sur l'inversion des pronoms ; mais comme il n'y en a pas, nous nous voyons contraint de faire ici cette remarque, bien qu'elle concerne les pronoms personnels aussi bien que les pronoms relatifs.

Dans cet article consacré aux pronoms le, la, les, il n'y a qu'un exemple susceptible d'inversion, et la construction en est telle qu'on

1. Cette constroctioa est la plus naturelle ; cependant quelques personnes disent de préférence envoyez-fious-hE , rendez~nous-i,ss. Quant à nous , nous convenons que dans les verbes réfléchis cette ibversion serait convenable ; Figurez-vous-hE , imaginez-vous-h^ , représentezvous-L.z pâle, décharné, mowrant de faim sur un grabat. Ici encore nous sollicitons une décision d« l'Académie.

— isola fait aujourd'hui, c'est-à-dire que le pronom précède immédiatement le verbe qui le régit. L'Académie dit :

Dès que ma sceur sera arrivée , j'irai la voir, et non,... je h'irai voir, comme on disait généralement autrefois. Aux articles Démunir et Paître on lit encore : Cette place est menacée, il ne faut pas la démunir. On a oublié de paître ces oiseaux, il faut les pattre,

et non,... il ne la faut pas démunir;... il les faut paître. Elle a suivi la même règle pour le régime indirect dans cet exemple : (à Venir) le sot met à la loterie, croyant que le bon billet doit lw venir i et non,... lui doit venir»

Mais pour ce petit nombre de phrases où la construction est régulière, nous pourrions en citer beaucoup d'autres où elle ne l'est pas; nous n'en donnerons que quelques-unes :

( à Milieu ) Au milieu de tout cela, je voudrais le pouvoir servir»

(à Aimable) Vous êtes bien aimable de me venir voiu

(à Fait) // me voulait railler, mais je lui ai donné son fait.

(à Rire) Il nous pensa faire wowr/r de rire.

(à Paître) S'il me vient parler de cela, je l'enverrai bien paître.

Peut-être, au reste, ces constructions paraîtront-elles plus pittoresques et plairont-elles plus- que si elles étaient régulières; nous dirons même qu'il y a des cas où l'oreille demande l'inversion, comme dans les phrases suivantes :

(à Gâter) Il a gâté sa maison en la voulant ^nbelîir,

(à Relever) Pensez-vous qu'il s'en puisse relever?

L'oreille serait choquée si l'on avait dit : en vowlant h^E^bellir;... pensez^ous qu'il puissE s'en relever ?

Si l'on transpose souvent les pronoms relatif!? ou personnels, souvent aussi on supprime le pronom le représentant une proposition. Voici des phrases sans ellipse ;

(à Dupe) /{ n'est pas si dupe que voits le pensez, (à Faire) Se faire plus riche, plus pauvre, plus jeune qu'on n$ h^est réellement.

Les suivantes sont elliptiques :

(à Si) // viendra s'il (le) peut.

(à Ne) h est moins riche, plits riche qu'on ne (le) croit, (h Tort) Vous avez grand tort de parler comme vous (le) faites. (à BIal) La gelée a tout perdu, il y a encore plus de mal que l'on ne croit.

Dans cette dernière phrase la grammaire et peut-être aussi l'oreille auraient été plus satisfaites si l'on avait dit ; ... il y a encore plus de mal qufo^ ne le croit.

Encore une observation sur les pronoms. L'Académie dit : « Quand Le est après le verbe, s'il est suivi d'une voyelle, il ne s'élide point en écrivant, mais il s'élide en prononçant : Voyez-le à 9on retour (On

prononce Voyez-l' à son retour) . Dans le même cas, La ne souffre pas d^élision : Ramenez-la à son devoir ». — Cette élision était permise même dans l'écriture, il y a deux cents ans, puisqu'on lit dans le Misanthrope de Molière :

Mais, mon petit monsieur, prenez-L* un peu moins haut; mais il y a deux siècles de cela. En 1762 TÂcadémie disait déjà : « Quand le est après le verbe, il ne s'élide point dans l'écriture, m

MÊME DANS LA PRONONCIATION, SI CE n'EST EN VERS; aU liCU qUC, daUS

le même cas^ la ne souffre jamais d'élision. » Nous croyons que la quatrième édition a raison, même aujourd'hui ; et encore cette licence n'est-elle permise que dans les comédies légères ou dans les vers du genre de ceux de Béranger que nous avons cités à l'article Grand.

LETTRE... signifie encore Une épître, une missive, une dépêche.

Dans cette acception du mot lettre^ nous regrettons de ne pas trouver Lettre de Bellérophon, c'est-à-dire Lettre écrite dans l'intention de nuire à celui qui en est porteur. — Mais il est une autre acception du mot lettre que nous n'avons su trouver ni à Lettre ni à Mort ( adjectif ou participe de Mourir)^ et qui cependant est fort usitée, c'est LETTRE morte. Une lettre morte est encore moins que le caput-mortuumàe la chimie; c'est une chose, un titre sans valeur. Ainsi une coutume tombée en désuétude; un mandat, un pouvoir révoqués; un testament annulé par un autre postérieur, sont autant de lettres MORTES. On emploie encore cette locution dans d'autres phrases telles que celle-ci : Cet article du traité deviendrait une lettre morte si..,j c'est-à-dire n'aurait aucun effet, serait comme nul et non avenu.

LEVANTINE, S. f. Étoffe de soie toute unie.— Ne fallait-il pas écrire tout uniej en faisant de tout un adverbe? Voy. Humide.

LÉVITE, s. f. Sorte de vêtement. — Cette définition nous semble bien vague. Au nord comme au midi de la France on appelle lévite ce qu'à Paris on nomme redingote^ mot emprunté à la langue anglaise. S'il y a quelque différence, l'Académie aurait pu dire : « Lévite, sorte de redingote... »

LEVURE. — On devrait écrire avec un û, balayures, gravure, lavûre, moucMre, ratissûre, reliure, rognure, et tous les autres mots de cette désinence qui dérivent d'un verbe en er, parce que tous prenaient autrefois un c avant Vu; halayeures, graveure, laveure, etc.; mais puisqu'on a supprimé le circonflexe dans tous ces mots, et même dans enclouure, nouure, nous ne voyons pas de raison pour le conserver dans levure. Le mot piqûre peut faire exception, parce qu'il a perdu deux lettres consécutives, ue : on a écrit d'abord picqu^ure, puis piquûre, aujourd'hui piqûre.

LIBRE, adj. — Dans l'Almanach impérial,* dans l'Almanach du commerce, etc., on lit que l'Institut compte parmi ses membres trentesix académiciens libres : la classe des Inscriptions et Belles-lettres, celle des Sciences et celle des Beaux-arts en ont dix chacune ; celle

des Sciences morales et politiques en a six. On se demande donc « Qu'est-ce qu'un Académicien libre ? » et l'on en cherche l'explication dans le Dictionnaire de l'Académie aux articles Académie, Académicien, Institut, et enfin à Libre; mais inutilement.

Voici les renseignements que nous avons recueillis à ce sujet. Les Académiciens libres sont ainsi appelés parce qu'ils ne sont pas tenus de résider à Paris. Au titre d'Académicien ils joignent à peu près toutes les prérogatives des titulaires : ils en portent le costume, reçoivent des jetons de. présence, et ont voix délibérative même dans les réunions des cinq classes de l'Institut; seulement ils ne touchent pas l'indemnité dont jouissent les titulaires, et n'ont le droit de suffrage dans les élections que lorsqu'il s'agit de remplacer des Académiciens libres.

LIESSE, s. f. Joie. Vieux mot qui n'est guère usité que dans cette phrase familière. Vivre en joie et en liesse, et dans cette expression, Notre-Dame de liesse,— Que signifie liesse dans cette dernière phrase? Signifie-t-il Joie, ou est-ce le nom du bourg, dans le département de l'Aisne, où l'on fait de nombreux pèlerinages? Si c'est un nom de lieu, il faudrait écrire Liesse avec une majuscule.

LiTHARGÉ, ÉE, OU LiTHARGiRÉ, ée, adj. Altéré avcc de la litharge. — L'étymologie arguros demandait Uthargyré avec un y, Vi se retrouve à l'article Lut : Lut gras ou d'argile et d'huile lithargirée.

LITHOTRITIE, S. f. — Ajoutez : Tie se prononce de,

LIVRET, s. m. — Dans cet article on a omis de parler du Livret de la Caisse d'épargne dont il est fait mention à l'article Bulletin, et où sont inscrites les sommes versées ou retirées par les déposants : « Le bulletin qui constate le dépôt d'un livret, une demande en remboursement faite à la Caisse d'épargne j etc. »

LOGOGRiPHE^-s. m. Sorte d'énigme consistant en un mot dont les lettres, diversement combinées, forment d'autres mots qu'il faut également deviner. Les logogriphes ne valent pas la peine qu'on prend a les deviner, — On regrette que l'Académie, qui a donné des exemples de l'anagramme et de la charade, n'en ait pas donné pour le logogriphe. Voici un mot de six lettres qui nous semble mériter d'être cité, à cause du nombre étonnant de ceux qu'on peut en former. C'est orange, qui est tout à la fois le nom d'un fruit et celui d'une ville, et dont on peut faire : or (substantif et conjonction) , an, rang, ange, orage, orge^ ogre, organe, onagre, nage, rage, gare, are, en, ne; Oran et Agen (noms de villes), Amo (rivière), Ango (célèbre armateur de Dieppe), le navire Argo, et les verbes nager, range, rongea, grena. — A cette liste quelques personnes ajouteraient peut-être âge. Agénor, âne, et les verbes régna, gêna, géra ; mais nous pensons que la substitution des lettres accentuées à d'autres qui ne le sont pas dans le mot qui sert de type ne saurait être permise ni pour les logogriphes ni pour les anagrammes. Voy. Anagramme.

LOI... Aimer ses père et mère, être recormaissant envers ses bienfaiteurs, sont des lois de la nature, — On Ht de même

(à BIajbur) Actuetlemmt on est majeur à vingt et un ans; on ne peut toutefois contracter mariage ^ sans le consentement de ses père et mère, que lorsqu*on est majeur de vingt-cinq ans. (à Préalable) Une personne majeure ne peut pas se marier sans le consentement de SES père et mère, ou sans une sommation , préalable.

Si dans ces deux derniers exemples on avait cité textuellement le Code, nous comprendrions très-bien qu'il y eût «es père et were, parce que le Code est un chef-d'œuvre de législation et non un modèle de pureté grammaticale ; mais comme ce sont des phrases de l'Académie elle-même, nous aurions dû y trouver son père et sa mère. L'expression ses père et mère surprend encore plus dans le premier exemple, où aucun terme technique ne vient rappeler le Code. Voici, en revanche, des phrases telles qu'elles doivent être : (à père) // faut honorer son père et sa mère. ( à Nourrir ) Les enfants sont obligés de nourrir leur père et leur mère

dans le besoin, ( à Violenter ) Les pères et les mères ne doivent point violenter leurs enfants

dans le choix d'un état, d*une profession, (à Sommation) Sommation respectueuse, Acte extrajudiciaire qu'un fils de vingt-cinq ans ou une fille majeure de vingt et un ans sont tenus de faire signifier à leur père et à leur mère ou à leurs aïeuls et Seules...

On voit que même dans cette dernière phrase, qui semble rappeler le Code, l'Académie a eu soin de mettre à leur père et à lbdr mère, et non à leurs père et mère.

LONGITUDE, S. f. T. de Géogr. Distance en degrés d'un lieu quelconque à un premier méridien... — Longitude est aussi un terme d'Astronomie, et se dit de la distance, en degrés *, qui existe entre un astre rapporté à l'écliptique, et le point équinoxial du printemps.

Il nous semble que c'est ici surtout que l'Académie aurait dû parler du Bureau des Longitudes et nous indiquer le genre de ses travaux. Klle ne le dit pas à Bureau, et il est douteux que personne songe à consulter l'article Annuaire, où d'ailleurs la définition est un peu brève : « Sorte d'ouvrage que l'on publie chaque année, et qui contient... le résultat des observations astronomiques ou météorologiques, etc. » Elle aurait dû ajouter que le Bureau des Longitudes est un établissement créé en 1795, dont le siège est à l'Observatoire, et qui se compose d'astronomes, de géographes, de mathématiciens, de navigateurs, et d'artistes, c'est-à-dire de constructeurs d'instruments de précision ; — qu'il est chargé de rédiger pour chaque année, et au moins deux ans à l'avance, la Connaissance des Temps, recueil qui

1. Il aurait fallu ajouter « ou en heures » ; et môme il aurait été bieo de dire « la distance exprimée en degrés, minutes et secondes de la division sexagésimale du cercle, ou en heures, minutes et secondes de temps. >

donne la position respective des astres et signale les principaux phénomènes astronomiques pour tous les jours de Tannée. — Le Bureau des Longitudes publie aussi un Annuaire qui contient, outre quelques tables astronomiques, des tableaux des monnaies françaises et étrangères, des tables de population et de mortalité, et d'autres documents statistiques et scientifiques d'un usage journalier *.

LONGTEMPS... Il y a longtemps qu'il est revenu. — L'Académie a oublié de nous donner ici quelques exemples où longtemps soit suivi de la négation ; en voici deux , que nous trouvons ailleurs : (à HÉ) Hé, bonjour! il y a longtemps qu'on ne vous a vu, ( à Nouvelle ) Il y a longtemps que je N'at reçu de ses nouvelles,

LOOCH, S. m. Terme de Médecine emprunté de Farabe. (On prononce et quelques-uns écrivent Lok.) — Si Tétymologie arabe latka, lakttj lécher, donnée par Roquefort, est exacte, il serait convenable d'écrire simplement lok, comme l'Académie le faisait précédemment.

LOSANGE, s. f.— Les mathématiciens et les géomètres donnent à ce mot le genre masculin, et l'Académie en fait autant au mot Rhombe : « Le losange est un rhombe,.. »

LUBRIFIER, V. a. T. didactique. Oindre, rendre glissant. La mucosité dçs intestins sert à les lubrifier. — Sans doute l'étymologie lubricu^ et les analogues français lubrique, lubricité, réclament Vi à la seconde syllabe de ce verbe ; cependant quelques auteurs disent lubréfier, et cette variante se prête beaucoup mieux à la formation du substantif correspondant qu'ils lui donnent, mais qu'on ne trouve pas dans les dictionnaires, malgré son utilité incontestable. Ce substantif est lubré faction, qui est plus court et nous plaît mieux que lubrification, dérivé nécessaire de lubrifier. — Peut-être nous demandera-t-on pourquoi l'on ne pourrait pas dire lubri faction aussi bien que lubréfaction. Nous répondrons que c'est l'analogie qui veut que de lubrifier on fasse lubrification et de lubréfier lubréfaction, de même que de pétrifier on fait pétrification et de putréfier putréfaction. Les 36 à ZiO verbes terminés par ifier font tous ification dans leur substantif; clarifier, falsifier, ossifier, etc., ont pour substantifs clarification, falsification, ossificaliœl. Au contraire, liquéfier, madéfier, raréfier, etc., font liquéfaction, madéfa^clion, raréfaction.

Si Ton dit raréfier au lieu de rarifier, tandis qu'on met un i à clarifier, falsifier, justifier, etc., c'est évidemment parce que l'analogie aurait exigé rarification, tandis que raréfaction a paru plus simple. Nous réclamons le même raisonnement i la même conséquence en faveur de lubréfier, qui aurait ainsi pour dérivé lubréfaction au lieu de lubrification.

1. Lorsque Fr. Arago coopérait à la rédaction de V Annuaire, cet ouvrage contenait de plus des notices scientifiques qui parfois ont eu un très-grand développement et qui sont restées célèbres.

(C'est à l'obligeance de M. J. A. Barrai, directeur de la publication des OEnvres complètes d' Arago, que nous devons nos renseignements sur le iiureau des Longitudes. )

LUI, pronom de la troisième personne. — Ce pronom ne s'emploiet-il qu'en parlant des personnes, comme le fait l'Académie, et ne peuton pas s'en servir pour les choses ? Faut-il dire

« Cette étoffe paraîtrait plus belle si on lui avait donné, ou si Ton y avait donné Tapprêt convenable.

Cette phrase ne rend pas celle de Tauteur anglais; vous {ut donnez, ou vous y donnez un sens forcé » ?

Si lui est préférable à y^ il y a évidemment une lacune dans cet article; et nous croyons qu'il faut employer luij car à Leur nous lisons : « 11 se dit quelquefois des animaux, des plantes, et même des choses inanimées. Ces chevaux sont rendus j faite s-levr donner un peu de vin. Ces orangers vont périr, si on ne leur donne de Veau, Ces murs de terrasse sont mal faits, on ne leur a pas donné assez de talu^. »

— Au mot Attacher, l'Académie dit également : « Attacher un sens, une signification à un mot, à un terme, LUI (et non Y) donner un certain sens, une certaine signification, l'entendre d'une certaine manière. » Voy. l'article Y.

LUIRE. Je luis, tu luis, il luit; nous luisons, etc. Je luisais. Je luirai. Je luirais. Que je luise. Luisant. Lm. — L'Académie, et à son exemple d'autres dictionnaires, ne donnent point de pass'ê défini à ce verbe, conséquemment point d'imparfait du subjonctif. Ne peut-on pas dire : « Ce jour-là, le soleil ne luisit pas un seul instant. Il faudrait que le soleil luisit pour favoriser nos expériences du microscope solaire » ?

LUTHÉRANISME. — On se demande pourquoi le dérivé de luthérien n'est pas formé régulièrement comme ceux de chrétien, arien, socinien, etc, qui font christianisme, arianisme, socinianisme. Il faudrait dire luthérianisme, et, à la lettre P, supprimer presbytéranisme, que l'Académie d6nne pour synonyme de presbytérianisme. La terminaison anisme serait réservée pour les dérivés des mots en ain, tels que puritanisme, républicanisme, uUramontanisme, etc., dont les radicaux sont puritain, républicain, ultramontain.

MACHIAVÉLIQUE. MACHIAVÉLISME, machiavéliste. — Nombre de personnes prononcent kia la seconde syllabe de Machiavel et des trois mots ci-dessus; mais il paraît que l'Académie veut qu'on en francise la prononciation, puisqu'elle ne dit rien de contraire.

MAFFLÉ, ÉE, adj. Qui a de grosses joues... On dit aussi Mafflu, ue.

— Dans les Fables de La Fontaine publiées par Walckenaer, Aimé Martin et Nodier, nous trouvons maflu écrit avec une seule f:

La voilà ( la belette ) , pour conclusion , Grasse , maflue et rebondie. ( III , 1 7 . )

Roquefort fait dériver ces adjectifs de mufle, qui ne prend qu'une f.

MAGNANERIE OU magnanière , S. f. Bâtiment destiné à Téducation des vers à soie. magnÀnier, s. m. Celui qui élève en grand des vers à soie. — On est surpris de ne pas trouver ces mots dans le Dictionnaire de l'Académie, car l'éducation des vers à soie en France remonte à plus de deux siècles.

MAGNAT. — Faut-il prononcer mchgnatj et mouiller gn comme dans magnanime ? Cela paraît évident, puisque l'Académie ne dit pas que le g soit dur ; mais nous croyons que c'est contraire à l'usage le plus général. — Pour les mots agnat^ cognât et leurs dérivés elle dit de prononcer le g dur.

MAIGRIR. — Nous ferons sur ce verbe la même observation que sur grandir j c'est qu'on lui fait généralement signifier Donner une apparence de maigreur : Sa barbe longue le maigrit. L'Académie ne donné pas cette acception. Elle n'emploie pas non plus amaigrir (actif) dans ce sens, mais elle lui donne (comme neutre, en supprimant le pronom personnel ) la même signification qu'à maigrir : « Devenir maigre. // amaigrit tous les jours. Les bœufs amaigrissaient dans ces pâturages^ au lieu d'engraisser. » Nous croyons que dans ce sens maigrir est beaucoup plus usité.

MAIN... A pleines mains ^ Abondamment, libéralement. Prendre^ donner,, répandre de l'argent à pleines mains. — Il aurait fallu renvoyer à l'article Plein, où l'on voit que dans cette acception on peut écrire indifféremment à pleines mainS ou à pleine main; et de plus, que la locution à pleine main s'emploie en parlant des étoffes et du cheval : Étoffe à pleine main, étoffe fort épaisse, moelleuse et bien fournie. Ce cheval a... une bouche à pleine main, il a la bouche bonne.

MAIN-D'ŒUVRE, S. f. Façou, travail de l'ouvrier. — Ce substantif embarrasse souvent. On se demande d'abord s'il peut s'employer au pluriel, puisque l'Académie n'en donne pas d'exemples à ce nombre, et ensuite comment on doit l'écrire. Nous pensons qu'on peut trèsbien l'employer au pluriel, et dire par exemple : La fabrication de Vacier comporte différentes mains-d'œuvre ; quant à l'orthographe, elle doit être au pluriel comme pour chef-d'œuvre (chefs-d'œuvre).

MAIRIE... Mairie du palais. Dignité de maire du palais. Pépin avait été élevé à la mairie du palais. — Nous croyons qu'il faut écrire Pepi7i, nom propre, sans accent comme on le fait dans ces phrases, pépin de poire, de pomme, de citron, d'orange, etc. C'est probablement ici une faute typographique, puisque nous trouvons ce nom écrit avec un e muet dans les exemples suivants :

(à Bref) Dans Pépin le Bref, il sigaifie De petite taille.

(à Exarchat) Pépin conquit l'exarchat de Ravenne, et le donna au sainte

MAIS... sert à marquer Opposition, exception, différence. Il est fort honnête homme, mais il est un peu brutal. Elle n'est pas aussi jolie qvs sa sœur, mais elle est plus spirituelle. Cette femme est bien

faite, mais elle n'est pas grande ^ — La grammaire veut qu*après la conjonction mais on répète le sujet de la phrase, et Ton doit savoir gré à TAcadémie d'en avoir donné ici plusieurs exemples; seulement on regrette qu'elle n'ait pas toujours observé cette règle. On trouve ailleurs :

(à Comédien) Cet acteur excelle dans le comique, mais (il) joue mal dans

le sérieux, dans le tragique, (à Multitude) Son système éblouit la multitude, mais (il) révolte les esprits sages, et en revanche

(à Agrément) Cette femme n'est pas belle, mais elle a beaucoup d'agrément, ( à Composer ) La feuille est composée, mais elle n'est pas tirée. (à Proportionner) Ce cheval est petit, mais il est bien proportionné,

MAIS... est quelquefois adverbe, dans le langage familier; et alors il se joint toujours au verbe pouvoir par une négation * ou par une Interrogation. Je n'en puis mais. Ce n'est pas ma faute, je n'en suis pas la cause. Si le fils a fait une faute, le père n'en peut mais. En puis-je mais de vos sottises? Si cela est arrivé, enpuis-je mais? — Il nous semble que ce mais, qui doit venir de magis et en être l'acception la plus immédiate , aurait dû figurer en tête de l'article au lieu d'être placé vers la fin. Peut-être même serait-il convenable d'en faire un article séparé.

MAJUSCULE. — Afin de ne pas trop multiplier les articles au sujet des majuscules, nous présenterons ici divers exemples où. l'Académie n'a pas suivi de principe fixe. 0» nous permettra sans doute de ne pas citer tous les endroits où nous les avons puisés ; cela nous mènerait trop loin.

10 Épithètès :

Charles le Bel. ^ Louis le Gros. Saint Jean l'Évangéliste.

Philippe le Bel. Henri l'Oiseleur. Léon le Philosophe.

Philippe le Bon, Tarquin le Superbe.

Pépin le Bref. Denys le Tyran. Caton le censeur.

Charles le Chauve. Léon risaurien. Pline l'ancien.

Clodion le Chevelu. Saint Siméon Stylite. Pline le naturaliste.

Louis le Débonnaire. Julien l'Apostat. Pline le jeune.

Robert le Fort. Saint Jean l'Aumônier. Denys le jeune.

1. L'analogie de cette dernière phrase avec les deux précédentes prouve évidemment qu'elle devrait les suivre immédiatement, tandis qu'elle se trouve dans un autre paragraphe où mais sert a à marquer l'augmentation ou la diminution » et dont les exemples n'ont aucun rapport avec ceux que noys avons cités, comme on le verra par les deux suivants : < Nunseulemenl il est bon, mais encore il est généreux. Non-seulement il est pauvre, mais il est criblé de dettes, mais de plus il est criblé de dettes ». C'est là ime de ces malheureuses transpositions qui sont le résultat des nombreuses corrections ou modifications (en termes typographiques, rcmanienienls) faites après la composition, et dont nous avons signalé quelques exemples. (Voy. Commencer, ^jouverner, etc.) Cependant cette transposition existait dojù dans la quatrième édition , et il semble qu'elle aurait dû être rectifiée dans la dernière.

2. 11 aurait été plus exact de dire par la nci/ation ne , car pas serait de trop ; il est remplacé par mais.

Abraham est appelé le PàRB des croyants,

Cybèle est appelée la Mère des dieiuD, François I^' a été nommé le Père des 9 lettres *.

Lùuis XII fut siimotnm^ le Père du peuple.

2** Édifices, institutions, etc. :

La Bourse de Paris est un beau monvr

ment.

Hôtel des Monnaies, (à Hôtel.)

Un élèW du GONSERTATOIRB.

Jésus 'Christ est appelé le réparateur du genre humain,

Iai Vierge est appelée la mère de Dieu,

Hérodote qu*on appelle le père de l'histoire.

Hercule est appelé le dompteur des monstres,

La BOURSE de Paris est u/n périptère.

Hôtel des monhaibs. (à Monnaie.) Le CONSERVATOIRE cst Une pépinière de comédiens et de musiciens, 3« Titres d'ouvrages, légendes de tableaux :

Le DICTIONNAIRE de l'Àoadémie,

{h Dictionnaire.) Les QUATRAINS de Pibrac, Les HÉROîDES d'Ovide, Les CANTATES de J, B, Rousseau, La BACCHANALE du Poussin, La CÈNE de Paul Véronèse,

Les PLATONICIENS et les aristotéuciens.

(à PLATONiaEN.)

Les PHARISIENS affectaient de se distin*

guer,,, (à Pharisien.) Les scribes et les pharisiens, (à Scribe.)

Le Dictionnaire de l'Académie,

(à Académie. ) Les Distiques de Coton, Les DuLOGUES de Platon, Les Confessions de J, /. Rousseau^, Le Crucifiement de le Brun, La Descente de croix de Rubens*

Zi*» Sectes :

Les Platoniqens croyaient,,,

(à Réminiscence.) Les Pharisiens portaient aies fronteaux,

(à FftONTÉAU.)

Les Pharisiens demandaient à JésuS" Christ,., (k SiGm,)

Nous bornons là nos citations; mais avant de quitter cet article nous croyons devoir faire une observation au sujM des épithètes qui suivent les verbes appeler j nommer, surnommer. La majuscule qu'ion y a mise nous paraît n'avoir point pour but de les décorer, pour ainsi dire, mais bien de les mieux signaler, car cette majuscule commence non-seulement des épithètes ajoutées à des noms d'hommes, comme dans ces phrases « Un des ducs de Guise fut surnommé le Balafré ; le dictateur Fabius a été surnommé le Temporiseur » , mais encore des noms communs comme dans celles-ci « la véronique mêle, appelée izussi Thé d'Europe,..; les afcs-doubleauœ des voûtes gothiques se nomment Nervures». D'ailleurs, lorsque Tépithète est simplement énoncée, sans être précédée des verbes appeler, nommer, etc., elle

1. Il paraît que dans certains cas on peut employer indifféremment appelé, rwmmé et surnommé^ noas lisons :

( à Lkttre) Le roi François I» a, été apîpklé le Père des lettres, <â NoMMBB ) Fmnçois /« a été iroMMi le Père des lettres. ( à PÙRB ) François /«' a été BuaNOMMÉ le Père des lettres. { à Nommer ) Louis XII a été nommé le Père du peuple, (à PiRB) Louis XII fut sxjrnomm6 le Père du peuple. «. L'AeadéB&rê àupprifiaô te tiret -entre les piénomè abrégés /. ô., J. /., ete. Vcjy. GSBttT.

est toujours écrite avec une minuscule : Hérodote est le père de l'histoire ; Corneille est le père de notre théâtre; et au verbe Appeler on ne voit la majuscule, à l'exception des noms propres, que dans cette seule phrase « Cette fleur s'appelle Anémone ». Nous pensons donc que dans les exemples où il est parlé d'Abraham, de Cybèle, de ' François !•% de Louis XII, on pourrait aussi bien écrire les épithètes père, mère, avec une minuscule, que réparateur, père, mère, dompteur, dans ceux qui concernent Jésus-Christ, la Vierge, etc. ; mais, nous le répétons, on ne peut s'empêcher de regretter ces disparates.

MALACHITE, S. f. (On prononce malakite,),.. La malachite est un minerai de cuivre.— Pourquoi cette exception en faveur de malakite, alors qu'on doit prononcer comme dans chien le ch de machiavélisme, de manichéen et même de tachygraphe, etc., mots où tous les hommes lettrés prononcent ch comme nn kf

MAL-APPRis, adj. et s. m. Voyez le participe d'AppRENDRE. — Au participe d'AppRENORE on trouve : « Fam., C'est un homme mal appris. C'est un homme qui paraît n'avoir point reçu d'éducation. On dit de même substantivement, C'est un mal appris. »

Nous plaçons notre remarque ici plutôt qu'au verbe Apprendre , afin de rapprocher cette orthographe de mal appris employé comme substantif (c'est un mal appris) de celle de malavisé, malintentiomié, et surtout de celle de malbâti et malfamé, qui sont écrits en un seul mot lors même qu'ils sont employés adjectivement. Sans doute dans la première phrase C'est un homms mal appris, il est bien de détacher l'adverbe du participe; nous pensons même que ce serait une faute de réunir les deux mots ; mais en revanche il nous semble bien préférable de les réunir lorsqu'ils sont employés substantivement ; un malappris,

MALAVISÉ, É£, adj. Imprudent f indiscret... C'est un homme mal-avisé. Il a été assez malavisé pour tomber dans le piège qu'on lui tendait. — Il est aussi substantif. C'est un malavisé, une malavisée. — Et à l'article Avisé : « Substantivement, C'est un mal avisé, c'est un homme qui manque de circonspection... On écrit plus ordinairement Malavisé, en un seul mot. »

Nous pensons qu'il faut écrire en deux mots cette locution employée adjectivement : C'est un homme mal avisé ; et en un seul lorsqu'elle devient substantif : C'est un malavisé.

MALBÂTI, lE, adj. Mal fait, mal tourné. C'est un homme malbâti. On le dit aussi substantivement. Un grand malbâti. — Voy. Bâtir.

MALCONTENT, ENTE, adj. Qui n'est pas aussi satisfait qu'il espérait ou qu'il avait droit de l'être. Il est malcontent de ses voisins. Vous ne serez pas malcontent de moi. Il est vieux. — Si c'est mécontent qu'on doit substituer à malcontent, l'Académie aurait bien fait de nous le dire.

MALEBÉTE. MALEFAIM. MALEMORT. MALEPESTE. MALFAÇON. —

Ce dernier mot devrait prendre un e comme les autres (malefaçon); mais l'usage a autorisé cette suppression depuis 170 ans.

MAL-EN-POINT, adv. En mauvais état de santé, de fortune... Cet homme a un procès fâcheux^ il est bien mal-mi-poinL — A l'article Point nous trouvons « Mal en point. En mauvais état. // est mal bw POINT. Ses affaires sont mal en point » sans tirets. Il est vrai que l'Académie ajoute, à tort suivant nous : « On écrit aussi Mal-en-point. »

malfamé, ÉE, adj. Qui a une mauvaise réputation. C'est un homme bien malfamé. On écrit aussi mal famé en deux mots. Voyez Famé. — ^ous pensons que cette dernière variante est de beaucoup préférable ; mal n'a point ici le sens de non, comme dans malaisé, maladroit, malheureux, etc., et ne doit pas se joindre à l'adjectif. A l'article Famé, l'Académie écrit Cet homme est mal famé, Elle est bien famée, en deux mots , sans variantes.

MALINTENTIONNÉ, Ée... Ces personnes étaient très-malintentionnées. Il est malintentionné pour vous, malintentionné à votre égard.— Il se prend aussi substantivement. Des malintentionnés ont répandu cette nouvelle. Ce discours est d'un malintentionné.

Comme pour mal appris, etc., nous pensons qu'il est convenable d'écrire en un seul mot un malintentionné, mais que ces mots pris adjectivement doivent rester séparés. A l'article Intentionné, nous trouvons mal intentionné (en deux mots), et l'Académie aurait dû y renvoyer, comme elle l'a fait pour Malfamé.

MAL- JUGÉ, s. m... Il faut prouver le mal-jugé, quand on appelle d'une sentence, d'un premier jugejnent. Le mal-jugé n'est pas un moyen de cassation. — Au verbe Juger on trouve Bien jugé, sans tiret : « Bien jugé, mal appelé; mal jugé, bien appelé... On dit substantivement dans le même sens, Le bien jugé. Maintenir le bien jugé. » Ne serait-il pas convenable de suivre la même orthographe pour ces deux expressions employées substantivement, le bien jugé, le mal jugé; de mettre ou de supprimer le tiret dans toutes deux?

MALPEIGNÉ, S. m. Homme malpropre et mal vêtu. C'est un malpeigné. — Au verbe Peigner on lit : « Un mal peigné (en deux mots). Un homme malpropre et mal vêtu. Dans cette phrase. Peigné est employé substantivement». Pour cette locution comme pour malappris, malbâti, maliiftentionné, etc., employés substantivement, il vaut mieux réunir les deux mots : Un malpeigné^.

MAMELUK, 8. m. {VroxïOïiCQz Manir-louk .) — S'u comme le disent les dictionnaires, ce mot s'écrit ou tout au moins se prononce en arabe mamlouk, il nous semble qu'il aurait été mieux de l'écrire en français

1. Résumons brièTement ce qui concerne les locutions adjectives ci^dessus. Malcontent et mal famé ne s'emploient qu'adjectivement; le premier doit s'écrire en un seul mot, comme malaisé , maladroit, etc. j et le second en deux mots. — i/aZ apjms, mal avisé, mal bàli, mal intentionné, mal peigné, s'écTiTOQt en deux mots s'ils sont employés comme adjectifs; en un seul, s'ils deviennent substantifs. — Quant à bien jugé, mal jugé, pris substantivement, on pourrait se borner à joindre les deux mots par un tiret ( le bien-j%igé, le mal-jugé ), comn^e le bien-aimé, etc.

mamelouk que mameluk; autrement c'est créer une difficulté de prononciation dans la troisième syllabe en échange de celle qu'on a voulu supprimer dans la seconde. On écrit en français Edimbourg, Hambourg, Luxembourg, etc., bien que les Anglais et les Allemands ne mettent pas Vo : Edinburgh, Hamburg, Luxenburg, etc,

BiANiGBEEN. MANICHÉISME. — 11 paraît qu'ou doit franciser la prononciation de ces mots comme celle de Machiavel et de ses dérivés, puisque l'Académie n'en parle pas et qu'à l'article suivant, Manichor- DiON, elle dit de prononcer manicordion.

MARBRE, s. m. Cela est dur, froid comme un marbre, comme marbre, — Bien que La Fontaine ait dit (liv. V, fab. 20) :

L'un des deux compagnons grimpe au faite d*un arbre;

L'autre, plus froid que n'est un marbre.

Se couche sur le nez, fait le mort, tient son vent...

nous pensons qu'il faut mettre froid comme le marbre, comme du marbre, et nous verrons tout à l'heure que l'Académie elle-même dit ailleurs dD marbre. Les personnes illettrées emploient mal à propos l'article un dans plusieurs comparaisons telles que Dur comme un marbre, lourd comme un plomb, doux comme un miel, doux comme UN satin, blanc commue un lait, noir comme un jais, etc, et cette dernière locution surtout montre l'absurdité de cet article un; ceux mêmes qui disent noir comme un jais s'étonnent de cette comparaison, parce qu'ils croient qu'il s'agit de l'oiseau appelé geai, qui n'est pas noir, tandis qu'elle fait allusion au jais onjaïet.^Oa voit par là combien il serait utile que dans ce genre de phrases l'Académie fît autant que possible précéder le substantif de l'article qui doit l'accompagner. Voici quelques-unes de ces comparaisons, telles qu'on les trouve dans le Dictionnaire :

(à Blanc) Blanc comme neige. Blanc comme cygne. Blanc comme ivo»b.

Blanc comme lait.

(à Neige) Blanc comme neige. Plus blanc que neige, que la neige. (à Cygne) Être blanclie comme un cygne, être blanc comme cygne. (à Ivoire) Cela est blanc comme de l'i\oire.

(à Lah") Blanc comme lait, comme nu lait.

(à Noir) Noir comme jais. Noir comme de l'encre. Noir comme do

CHARBON , comme la cheminée. Noir comme un corbeau. (à Jais") Cela est noir comme jais, comme du jais. (à Suie) Noir comme suie, comme de la soie.

(à Doux) Doux comm& do satin.

(à Satin) Avoir la peau douce comme UN satin, comme du satoi* (à Miel) Être doux comme miel.

(à Amer) Amer comme suie, comme de la scie, commue CHicoviit. (à Coloquinte) Amer comme coloquinte. (à Braise) Chaud comme braise.

(à Froid, à Gomme, à Glace) Froid comme glace. (à FàoiD) Froid comme bu marbre.

(4 Ma«br«) Cfh est dur, fraid comm UN m^rbrs, comme iiarbm.

(à Dur) Dur comme marbre. Dur comme fer.

(à Rosée) Cette mande, cette salade est tendre comme la ros£e, comme

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