ROSÉE
(à Verre) Cela se casse comme UN yerre.
(à Fragile) Fragile comme UN verre.
Les verres à boire sont généralement plus épais et en conséquence moins fragiles que le verre des vitres, etc. ; ainsi il fallait dire, Cela se casse comme DU verre , fragile comme LE verre. — A l'article Satin on a eu tort de mettre commue UN satirij et plus encore de placer cette variante avant l'expression correcte comme DU satin. Si quelqu'un disait noir comme UNE stcie, ce ne serait pas une raison pour employer cette locution au lieu de noir comme LA suie^ comme DE LA suie. Il est donc important d^ rectifier les négligences qui se sont glissées dans quatre des exemples ci-dessus, et de mettre
(à Satiw) Avoir la peau douce comme DU satin (en supprimant comme
UN satin), (à Marbre) Cela est dwr, froid comme DU marbre, comme LE marbre,
comme marbre, (à Verre) Cela se casse comme DU verre, comme LE verre, (à Fragile) Fragile comme LE verre, comme DU verre, MARauERiTE... Reine MARGUERITE, Plante du genre des Asters. On cuitive la reine marguerite dans les jardins, — On demandera sans doute pourquoi le nom de cette plante ne prend ni tiret ni majuscule, tandis qu'on met l'un et l'autre à reine-Claude, nom d'une prune ; et l'on sera d'autant plus fondé à faire cette question qu'à la lettre R l'Académie met le tiret « Reine-margderite , Voyez Marguerite ». Nous présumons que reine -Claude prend la majuscule parce que Claude est le nom d'une reine qui aimait beaucoup ce fruit, tandis que la reine marguerite serait simplement la reine ou la plus belle des fleurs appelées marguerites ; cependant il nous semble que l'analogie avec reine 'Claude (que nous voudrions écrire reine-claude, des reines-claudes, Voy, ce mot) et avec reine-des-prés devrait faire écrire reine-marguerite avec un trait d'union.
MARlis*SALOPE. MARTIN-SEC— Qui s'avisera de chercher à Salope et à Sec ces deux mots qui manquent à la lettre M ? Nous aimerions mieux qu'ils fussent définis deux fois, comme bonrchrétien, cogne-fétu, juge-commissaire, etc., que de les voir à une place pour ainsi dire perdue. 11 est encore d'autres mots qui ne se trouvent qu'à leur dernier composant, blé-mouture, chêne-pommier, clématite-viorne, vaisseau-hôpital, etc., et qu'il serait utile de mettre aussi au premier composant, en renvoyant à celui où ils sont définis.
MARlTAliElMENT... Ils ont diné, ils ont été se promener maritalement, en tête à tête. Pour ces mots, ils ont été se promener, Voy. Condoléance; quant à l'orthographe de la locution en tête à tête, Voy. Tête.
MAREON, WNE, adj... Négresse marronne, -^kxï. mot Négresse, on lit : Une négresse maronne, avec une seule r.
MARSOUIN, s. ra. Cétacé du genre des Dauphins, mais à museau obtus. — Il aurait été bon d'ajouter ici le nom vulgaire Pourceau de mer, qu'on trouve à l'article Pourceau.
MARTRE, s. f... On dit aussi marte.-- Dans les premières éditions, l'Académie écrivait marte, conformément à l'étymologie, et l'on ne comprend pas quel motif a pu la déterminer plus tard à préférer la variante martre, qui assurément n'est pas plus agréable à l'oreille. — Buffon a toujours écrit marte,
MASSE, s. f. Ce qu'on met au jeu, etc. mAsser, v. a. Faire une masse. —Masse, masser, châsse et ses dérivés ou ses composés, sont les seuls mots où une voyelle prenne un accent devant une consonne i*edoublée. Voy. Affre.
MAITD1RE, v. a. [Je maudis, tu maudis, il maudit; nous maudisso7is, vous maudissez, ils maudissent. Je maudissais. Quil maudisse. Dans tout le reste du verbe, il se conjugue comme Dire, ) — On a oublié de mentionner les deux personnes plurielles de l'impératif, qui font maurdissons, maudissez, et non maudisons, maudites. De tous les composés de Dire, médire est le seul où l'on ait songé à parler de l'impératif.
me, pronom personnel... La particule y, unie au pronom Me, ne se met jamais après le verbe. Vous^ m'y attendrez, je vous prie de m'y mener. On ne dit pa^. Attendez-m'y^ menez-m'y. Grammaticalement, il ne serait pas incorrect de dire, Attendez-y-moi, menez-y-moi; mais on évite ces façons de parler bizarres.
A l'article Moi on lit : a Dans le même cas (à l'impératif), le pronom Moi se met après l'adverbe de lieu y, soit comme régime direct, soit comme régime indirect. Vous allez à l'Opéra, menez-y-moi. Vous allez dans votre voiture, donnez-y-moi une place, (Voy. Me.) Au contraire, l'adverbe y, dans le même sens, se met après le pronom Nou^ *. Menez-nous-y. Donnez -nous-y une place. »
A l'article Tu on lit encore : « Lorsqu'il (le pronom toi) se trouve ainsi après la seconde personne de l'impératif, et qu'il est suivi de l'une des particules en ou y, on élide toujours la diphthongue oi. Va-t'en. Garde-t'en bien. Fais-t'en donner la moitié. Mets-t'y, Jette-t'y. Il ne serait pas incorrect de dire, Mets-y-toi, jettes-y-toi ; mais on évite ordinairement ces façons de parler bizarres. La première construction n'est elle-même usitée qu'avec un très-petit nombre de verbes : on ne dirait pas, Accroche-t'y; réfugie-t'y, etc. Tl faut prendre un autre tour. »
Nous avons cru devoir réunir ces trois articles, qui semblent se compléter les uns les autres, pour essayer d'en tirer une conclusion.
I. Il en est de même pour le pronom vous, qu'il ne fallait pas oublier, car on lit à l'article Attendre (s'), Attendez-^)eus-y ; à Fier, v. a., Fiei-vo\ii-y ; à Tenir. Tenez-v(nu(-y ; à l'article Y : Rendez-vom-y, Fiez-vous-y, etc.
A Tarticle Me, TAcadémie condamne les expressions attendez-m'yj menez-m*y; à la rigueur elle accepterait attende z-y-moi , menez-y^ moi; cependant elle dit qu'on doit éviter ces façons de parler bizarres. * — A Tu, au contraire, elle préfère mets-t'y, jette-t^y, à mets-y-toi, jettes-y-toi, qu'elle regarde également comme bizarres ; mais en même temps elle fait observer qu'il y a des verbes qui n'admettraient pas cette construction , et que par exemple on ne dirait pas accroche-t'y, réfugie-fy. Il faut, dit-elle, prendre un autre tour. Mais dire « il faut prendre un autre tour » ce n'est pas résoudre la difficulté; et si l'Académie ne l'a pas fait, qui pourra le faire? Bon nombre de ceux qui la consultent n'ont que des notions très-superficielles* de la grammaire, et ils seront fort embarrassés pour dire autrement que accroche-Vy ou accroches-y-toi ; réfugie-Vy ou réfugies-y-toi; pour nous, nous proposerons à tout hasard : Tâche, essaye de t^y réfugier, de fy accrocher; il faut t'y accrocher, fy réfugier, etc.
Quant à l'article Moi, on a pu remarquer de même qu'elle y donne comme bonnes les formes Menez-y-moi, donnez-y-moi une place, qu'à l'article Me elle disait d'éviter comme étant bizarres. A la vérité elle renvoie à cet article Me , mais sans qu'on puisse découvrir au juste son intention, puisqu'elle y tient un langage opposé ; d'ailleurs bien peu de lecteurs prendront la peine de tourner les feuillets. Là cependant ils trouveraient les formules « Vous m'y attendrez, je vous prie de m'y mener » ; c'est-à-dire, sans doute, que si l'on parle à un inférieur, au lieu de attendez-m'y ou attendez-y-moi, on lui dira Vous m'y attendrez ; si c'est à un égal ou à un supérieur, on emploiera les formules « Je vous prie de m'y attendre ; ayez l'obligeance, la bonté de m'y attendre ». Au lieu de Vovs allez à l'Opéra, menez-ymoi, on dira : Vous allez à l'Opéra, « veuillez m'y mener, m'y conduire, etc. »
MÉDIAL, AiJE, adj. — On est surpris que l'Académie ne mentionne pas un terme de grammaire aussi nécessaire que celui-là, bien plus nécessaire que toutes les figures de la rhétorique. Elle nous parle des lettres initiales et des finales des mots, mais elle ne donne pas le nom par lequel il faut désigner celles qui se trouvent dans le milieu de ces mots, des lettres médiales.
MÉDUSE. — Le nom de cette Gorgone devrait se trouver ici, à cause des phrases proverbiales auxquelles il donne lieu, et entre autres celle-ci : Ce fut pour moi la tête de Méduse, c'est-à-dire Je fus frappé de stupeur*.
MÉFIER (SE), DÉFIER (SE). — En lisant les articles Méfiance, Méfiant, se Méfier, et surtout ces phrases « Méfiance est mère de sûreté; On se m^fie des autres, on se défie de soi » , on est persuadé
1. A l'article PirRinsB on lit, il est vrai : « Suivant la Fable, la tête de la Médme avait la vertu de pétrifier ceux qui la regardaient » ; mais cela même ne nous apprend rien pour l'expression figurée.
que la dé&uice e9t to résultat d'un fonds de modestie, et la méfiance celuj d'un caractère soupçonneux. Mais en lisant les articles Défiauge, Défui^t, se Défier, on revient de son erreur et l'on voit que défiance^ se défier se disent également des autres et de soi-même : (• La défiârce e^t mère de sûreté; Avoir une juste défi ange de ses propres forces; Cest un homme dont il faut se défier; sb défieii de soi-même, de ses forcer; se défier de son esprit. » -^ Il paraît donc qu'on peut dire ln« différemment se défier et $e méfier des autres; mais qu'en parlant de soi-m4me U faut employer le verbe se défier.
MELEE 9 V. a... Mêlé, eé, participe. Vins mêlés. Cheveux mêlés, GBuvre9 tnélées. Lettres mêlées de vers et de prose. — Nous ne parlerons pas de la faute typographique mêlé , eé ; chacun verra facilement qu'il faut, au féminin, ée ; mais nous voulons signaler la différence de sens que présentent les phrases Vins mêlés, oeuvres mêlées, et cheveux mêlés. Les deux premières signifient qu'il y a un mélange de vins, d'œuvres de dMTérentes qualités ou de diff^érentes natures; il n'en est pas de même pour cheveux mêlés, car on veut dire que les cheveux sont brouillés, enchevêtrés les uns dans les autres. Dans plusieurs localités *on dit Des cheveux emmêlés , un écheveœu em^jêlé ; On a EMMÊLÉ cet écheveau en le dévidant. Depuis longtemps mes douleurs de tête m'ont empêchée de me peigner; mes cheveux sont tout emmêlés; et cette locution nous paraît préférable, en ce qu'elle exprime trèsbien ridée d'enchevêtrement. On devrait donc réserver cheveux m^tés pour exprimer que des cheveux blonds, roux, châtains, noirs, etc., ont été réunis et mêlés, ou qu'une personne a sur la tête des cheveux encore noirs, châtains, etc., tandis que d'autres sont devenus blancs.
MÉMOIRE..) Poétiq., Les Filles de Mémoire, les Muses.— Le Temple de Mémoire, le temple où , suivant les poètes , les noms des grands hommes sont conservés.
A l'article Fh^le, on trouve. Les filles de Mémoire,^ les filles d'enfer,^ avec une petite f; et à Temple, à Victoire, le temple de la Gloire,, le temple de Mémoire, le temple de la Victoire, avec un petit t à temple^ Nous devons donc croire que dans les exemples ci-dessus il faut écrire de même, avec une minuscule à fille et à temple, les filles de Mémoire, le temple de Mémoire,
MENTOQ,, s. m. (On prononce Mentor^.) Nom propre du gouvcarneur deTélémaque; ce nom est devenu appellatif , et se dit du gouverneur, du guide, du conseil * de quelqu'un. // aurait besoin d'un mentor, Vom
1. Nous pensons que ceux qui prononcent la première syllabe de ce nom comme dans menton prononcent mal ; mais nous croyons aussi que la prononciation mèn est exagérée dans le sens opposé ; tous les dictionnaires disent min ou main, oe qui revient au même, et cette prononciation nous paratt la plus conforme à cette qui est généralement usitée. Voy. l'art. In.
2. Conseiller serait peut-être plus convenable ici» car l'Acadômio nous dit que « dans ce sens conseil est principalement d'usage au Palais. Cet avocat est le conseil d'un^teL Le conseil soussigné est d*avis,„ Tout accwé a le droit de se choisir un conseil. »
^695 èieit i&mê pour faire le mmtùt. Il est Uur mentor. H leur isert de mentor^.
Nous avons différé jtisqulci dô faire une reiaûârque ètir les tiotfis propres devenus appellatif» ou noms communs, ou bien employés figurément, familièrement, métaphoriquement, par antonomase, par allusion, etc., car l'Académie ômploîo ces diverses expressions; ttOuS avons, disons-nous, différé notre remarque sur les noms propres afin de pouvoir opposer Tun à l'autre deux noms où les termes de la définition fussent absolument les mêmes. — Mécène, Narcisse, Tabarin, sont des noms devenus appellatifs comme Mentor et Stentor, et ce* pendant les trois premier» sont écrits avec une majuscule {le Mécène, tm Narcisse, tm Tabarin)^ ©t les deux derniers avec une minuscule (un mentor, une voix de stentor * ) ; Œdipe est devenu un nom commun comme Nicodème, et pourtant l'Académie écrit tth CEdipe et Un nieodème.
D'un autre côté, il y a dos noms communs qui se personnifient, comme dans cette phrase de l'Académie « la déesse de la paiûi>, OU simplement, la Paix ». Mais pour cette catégorie de mots encore il n*y a pas plus de principe û%e que pour les noms propres ; ainsi^ à l'article Yérité l'on trouve : le flambeau de la Vérité, le miroir de la Vérité (grand F), et à Flambeau, Miroir, le flambeau de la i)érité, le miroir de la vérité (petit «)î à Temps, la faux du Temps (grand T}; à Fadx, la faux impitoyable du temps (petit I); et même, sans sortir de l'article Personnification, on voit : «M Mollesse (grande M) dam le Lutrin, est une personnification^ n ; et <( On dit par pêrsônniftéation. Être dans les bras de la mort (petite m)^ du sommeil (petite «). »
Mais ce qui étonne surtout, c'est de ne pas trouver dans le Dîcftiounaire de l'Académie des noms qui se présentent chaque jour dans là conversation : un excellent aut&médonj un petit eupidon, un pauvre esculape^ un beau ganymède, une charmante hébé ®> un vrai gwrgm-^ tua, un vieil harpagon, un véritable eldorado; c'est Uû vrai don Qui* chatte; c'est du donquichottisme tout pur; voilà votre sosie qui passe. Tous ces mot» sont, croyons-nous^ plus connus et Surtout plus înté^ ressants que a/rchitriclin, châaoux, ôolao, iooglan, potronr-jaquet et potron-*mmet, tarare-panhpon, etc. -*- Les écuries ou plutôt les établéà d'AugiaSj^ le tonneau des Danaides, une lettre de Bellérophôn, la tête îU MédMse^,]Aioîte de Pandore, le Ut de Proctusté ou Pro6ustê,etô., sont aussi des expressions qu'on emploie tous les jours au figuré ; et sî l'Académie ne jugeait pas à propos de mettre ces divers noms à leur
1. Le moyen le plus simple pour faire? d* meider un Bom eosamua étai^ peuit-éti« de l'accompagner d'un adjectif tel que ceux-ci : Vous avez là un bxcbli<bnt mentor. Cet homme eH te MBiLLKim iSBKtGK quHl put donner à S&ti fits.
a. L'Ac»démi» éerii Uii argnieil de Saum(^tÈÂàê S}; il âoa» êeihhle tpié pax la mëiàe raison il faudrait Une voix de Stentor, avec une grande S.