‹ Errata du Dictionnaire de l'Académie françaiseChapitre 30 sur 55 · NOUVEAU, NOUVEAUTÉ, NOUVELLE, NOUVELLEMENT, NOUVELLETÉ · texte numérisé non relu

NOUVEAU, NOUVEAUTÉ, NOUVELLE, NOUVELLEMENT, NOUVELLETÉ

NOUVELLISTE, NOUURE. — Transposez : Noudre, Nouveau, Noo- TEAUTÉ , Nouvelle , etc.

NU, NUE, adj... Nu est invariable lorsqtiMl précède le substantif. Il était nuntétê, nu-jambes. Il lui parlé nvrlête. Aller nUnpieds, nurjambes, nuriête, — En rédigeant cette règle, l'Académie songeait aux mots tête, jambes, pieds, et ne pensait pas à propriété, qui se trouve dans le même article et dans la même colonne. Gomme elle écrit la NUE propriété, elle aurait dû dire : Nu est invariable lorsqu'il précède le substantif sans être lui-même prégédé d'uh article ; et aldfs il se joint au substantif par un tiret : nu-pieds, nu- jambes, nur-tête.

Dans cet article, comme nous venons de le voir, on parle de la « Nue propriété. Propriété d'un fonds dont un autre a l'usufruit. » Gela nécessitait une mention du nur-propriétaire, car l'un ne va guère sans l'autre. Comment faudra-t-il écrire ce mot, surtout au pluriel? Bien qu'on écrive assez généralement la nue propriété sans tiret, on s'accorde cependant à en mettre un à nu-propriétaire, mais on fait de nu un mot invariable : les nu-propriétaires. Nous ne comprenons pas la raison de cette invariabilité, qui ne nous paraît pas fondée, et nous écririons la nue- propriétaire, les nus-propriétaires comme nous écrivons la grande-duchesse et les grands^lucs, — En même temps, pour diminuer les difficultés orthographiques, nous écririons la nue-propriété, avec un tiret.

NUBILE... D'après le code civil, les filles sont nubiles à seize ans, et les garçons à dix-huit, — Est-ce par distraction qu'on a mis seize ans au lieu de quinze? A l'article Puberté, que l'Académie elle-même définit a L'état des garçons et des filles qui sont nubiles » , elle dit , conformément au code civil : a Suivant nos lois, l'âge de puberté est de dix-huit ans pour les garçons, et de quinze ans pour les filles. »

NUIRE. — Dans la conjugaison du verbe luire il manque le passé défini et l'imparfait du subjonctif. Ici du moins il ne manque que le premier de ces temps; mais il est nécessaire pour la formation du second, et d'ailleurs il est d'un fréquent usage : Cette malheureuse aventure nuisit beaucoup à mon avancement.

NUL, NULLE, adj. — On a omis ici une acception importante, celle de lettre nulle, expression qui cependant se trouve à l'article R : « R ne se fait pas sentir... Elle ne se prononce pas non plus... Elle est également nulle à la fin de quelques autres mots, tels que berger, danger, monsieur, etc. » On dira de même que 1'^ finale est nulle dans baril, chenil, coutil, fusil, persil, etc.

NUNCUPATIF. NUNDINALES. — On prononce généralement noncupatif, nondinales; mais il paraît que l'Académie n'approuve pas cette prononciation, puisqu'elle n'en parle pas.

NUPTIAL, ALE, adj. — Ajoutez : On prononce nupcial.

— IW —

OBÉDIENGIER. OBÉDiE9rriRL.<-**Ges deux mots dérivent d'' obédience ; il semblerait naturel que tous deux suivissent la même orthographe, c'est-è'dire que tous deux prissent ei, comme on écrit rëvéreneieux et r^ërencielj par analogie avec révérence,

OWUIQUITE* — La syllabe qui doit-elle se prononcer ki^ comme dans équité, antiquité ? Nous croyons qu'on prononce plus généralement cui.

OB^QUIEUSEMENT. OBSI^QUIKUX. *«-^ Faut-il prononcer ki ou cêi ? L'usage est pour ce dernier, mais TAcadémle garde le silence. — Il maoque ici le substantif obséq^iiosité.

OBSTRUCTIF^ lYE, adj. T. de Médec. — Voy. Désobstritctif, s. m.

OBUSU (On prononce Obuze,) Sorte de petite bombe sans anse...

La prononciation ohuze ne nous semble pas meilleure que celle de azmatique^ azme pour asthsiatiook, asthme, et nous pensons quMl aurait fallu dire, comme à Blogds « On prononce TS ». — H nous semble encore qu'il fallait écrire s&ns attseS, puisque les bombes ont toujours deux anses. C'est ainsi qu'aux articles Pdce , Scolopendre , TxQijE, etc., l'Académie écrit k insectç sans aileS », et non, sans aile. Mais on écrira, Un seauj, %m cfuméron, urne marmite j etc., sanetmse (au singulier), parce que ces ustensiles n'ont qu'une anse.

OCCIPUT.*. On lui a f^H wi cautère au^es^ous de l'occiput — A l'article Gaîitère noua ne trouvons que pre^tiquerun cautère; dit-on aus^i faire un cautère f y oy. Gadtèrb.

ocÉANE, adj. f. Il ne s'emploie que dans cette locution, qui vieillit, i/i mer oce'a«^> l'Océan, — A l'article Ponant nous trouvons encore ce nom avec un petit o : ta mer du Poaumtj La mer ogéane. Pourquoi cette minuscule, puisqu'on écrit avec une majuscule non-seule- Bttent la mer Méditerranée^ mais encore les noms de toutes les autres luers : Atlantique, Pacifique, Rouge, Noire, Jaune, etc. 7

aiN>EANT. aDOBlFÉBANT. ^ Odoirant, antb, adj. Qui répand une bonne odeur. Les fleun odorantes,. Il y a des bois odorants. Le cèdre «â( un bois odorant. -^ Oixoriféramt, ante, adj. H signifie la mtoe chose qu'Odorant, Des parfums odoriférants. Des aromates odoriférants.

Nous ne croyons pas que ces deux adjectifs soient synonymes, et les exemples donnés par TAcadémie semblent confirmer notre opfnion. Nous pensons qn'oderfmi signifie Qui porte en soi , qui répand une bonne odeur, comme les fleurs et certains bois, le santal, le cèdre, le palissandre, etc. ; et odoriférant. Qui répand son odeur au loin, comme les parfums et les aromates lorsqu'on les brûle r l'encens» la myrrhe, le benjoin, etc. Ce n^est pa» sans intention qu'on a ajouté le verbe ferre, porter, «o substantif odor, et il faut que cette addition soit repréaaatéû dans la déâBttloQ.

Œ. — L*Âcadémie nous indique la prononciation de Vœ (é) pour les mots coecum^ œcuménicité, œcuméniqiLe, œcuméniquement, œdémateux, œdème, Œdipe ; msiis elle ne la donne pas pour cœliaque, diœcie, fœiiis, monœcie, œnologie, œrwmancie, œnomèire, œnojthore, œsophage, œstre, péfHœciens, phœnicure, pœcite, etc.

ŒDIPE ^ s. m. Nom propre devenu nom commun, pour désigner un homme qui trouve facilement le mot des énigmes, des logogriphes, ou la solution de questions obscures... TmU l'art de nos Œdipes échouerait devant cette énigme, — Ni à l'article Échoder, ni à Devant, on ne trouve rien qui ait quelque rapport avec l'expression échouer devant.

ŒIL, s. m. — Ces trois locutions, « Couver des y evoi une personne, une chose. Regarder cette personne, cette chose avec intérêt, avec complaisance ; — Manger, dévorer quelqu'un des yeu^x. Attacher sur lui, avec plaisir, des regards attentifs et en quelque sorte avides. On dit dans le même sens , Manger, dévorer quelque chose des yeux ; — N'avoir des yeux que pour un» personne. N'avoir d'affection que pour elle, lui accorder une confiance exclusive » ; — ces trois locutions, à ce qu'il semble, devraient se suivre dans le Dictionnaire, et cependant la seconde est séparée de la première par 81 lignes; la troisième est séparée de la seconde par U lignes , « Mettre une chose sous les yeux de quelqu'un, etc, » , qui n'ont aucune liaison d'idée avec le reste.

ŒIL... en termes de Jardinage et de Botanique, signifie Un bouton, une petite excroissance qui paraît sur une tige ou sur une branche d'arbre, et qui annonce une feuille, une branche, un fruit. Il se dit particulièrement de l'endroit par où sort le petit bourgeon de la vigne et des arbres fruitiers.

L'Académie a omis ici une acception importante, dont elle parle à l'article Nombril (Voy. ce mot), celle de l'espèce de couronne qui est formée par les dents du calice, et qu'on voit au sommet des pommes, des poires, des coings, etc. — Elle aurait pu parler aussi des YEUX de la pomme de^ terre, c'est-à-dire des petites saillies qui se voient dans les cavités de ce tubercule, et d'où naissent des bourgeons qui peuvent produire de nouvelles plantes.

ŒIL... Vin couleur d'œil de perdrix, ou simplement. Vin œil de perdrix. Vin qui a une légère teinte de rouge. — Il manque ici deux acceptions de cette locution œil de perdrix : l'une se trouve à Perdrix : « Linge à œil de perdrix, linge de table ouvré , dont la façon représente à peu près des yeux de perdrix » ; l'autre, Œil de perdrix, espèce de cor qui survient entre les doigts des pieds, est complètement omise. Nous croyons que dans cette dernière acception l'on doit écrire œil-de-perdrix avec deux tirets; quant au pluriel, nous présumons qu'il faut dire des œils-de-perdrix, comme des œils-de-bœuf.

ŒUF... Ce cuisinier sait faire de vingt sortes d'œufs. — Que signifie cette phrase? Veu1>-elle dire que le cuisinier sait faire vingt sortes de plats avec des œufs? C'est. probable, mais il fallait le dire.

OFFi€E... Lé saint office, La congrégation de l'inquisition établie à Rome; Le tribunal de Tinquisition. Familier du saint office, îl d été détenu deux ans dans les prisons du saint office, — Ici TAcadémie écrit saint office sans tiret, tandis qujelle le met aux articles Saint, Congrégation, Inquisition, Qualificateur, etc. Familier du saint-office, La congrégation du saint-office. Le saint-office. Qualificateur du saint-office. Faut-il ou non mettre ce tiret? Voy. Contre-basse.

OGIVE, s. f... U est aussi adjectif des deux genres, et se dit de toute arcade, voûte, etc., qui, étant plus élevée que le plein cintre, se termine en pointe, en angle. Vaûte ogive. Cet arc ogive sert de décharge. Porte; fenêtre, arcade ogive. On dit aussi, voûte, fenêtre en ogive.

Nous croyons ({u'ogive ne s'emploie plus guère comme adjectif, et qu'il a été remplacé par ogival: Arc ogival; porte, fenêtre, arcade. OGIVALE ; mais l'expression en ogive est très-usitée.

Ogive n'est pas le seul mot qu'on ait cessé d'employer comme ad» jectif. L'Académie nous apprend qu'autrefois on disait : L'histoire ANECDOTE dc Procopc (aujourd'hui l'on dirait ahegdotique) . Cette opinion révoltera tout le monde, elle est trop paradoxe (paradoxale).

OIE... Patte d'oie. Le point de réunion de plusieurs routes, de plusieurs allées divergentes, d'où on les aperçoit d'un coup d'œil. — Au lieu de donner ici une des acceptions , il aurait mieux valu renvoyer à l'article Patte , où le lecteur en aurait trouvé deux , dont voici la seconde : « Ces rides divergentes que les personnes qui commencent à vieillir ont à l'angle extérieur de chaque œil. »

OIGNON. (L'I ne se prononce point, mais il sert à mouiller le G. Quelques-uns écrivent Ognon,) — Si 1'* était nécessaire pour mouiller le g, il faudrait non-seulement le rétablir dans les mots campagne, cocagne, montagne, cognée, cogner, etc, mais encore le mettre dans agneau, agnel, Agnès, etc. En le supprimant dans les premiers de ces mots, et en disant, au mot Encoignure, « Plusieurs écrivent £;ncognure, parce qu'on ne prononce plus ^^ » , l'Académie semble reconnaître elle-même que cet t ne fait rien pour la prononciation du g. D'ailleurs ne mouille-t-on pas le g dans grognon, rognon, trognon, dont la terminaison est absolument la même ?

OIGNON... Tête, botte d'oignons, —Il fallait dire y Tête d'oignon. Botte d'oignons, car on ne peut pas écrire Une tête cToignonS,

OIGNON... Chapelet d'oignons, Une grande quantité d'oignons attachés ensemble. — La définition de l'Académie semble donner à entendre que les oignons sont attachés en botte, ce qui ne forme pas le chapelet ; il aurait fallu dire : ... attachés les uns à la suite des autres, à peu près comme les grains d'un chapelet.

oiLLE. {Vi ne se prononce point, mais on mouille les deux L.)

Si l'Académie a mis. Vi uniquement pour qu'on mouille les l, nous croyons qu'elle aurait mieux fait d'écrire simplement Olle, en ajoutant, comme au mot Llama « On mouille les deux L ». Il en est de même

pour bonne-voillej prononciation figurée de Jtoifii e-voglie , et pour Imbroille, traduction de l'italien Imbroglio.

L'addition d'un % devant certaines lettres telles que gn et II pour les faire mouiller dans la prononciation peut avoir un inconvénient, celui de faire croire aux personnes qui ignorent Torigine des mots ou les caprices de l'usage, que ces- lettres sont toujours mouillées lorsqu'elles sont précédées d'un i, et seulement dans ce cas-là. Or nous venons de voir à l'article Oignon que gn se mouille souvent sans être précédé d'un i, et nous ajouterons que dans plusieurs mots qui viennent du latin, par exemple, tels que désignait f, igné, ignition, ignicole, etc., gn ne se mouille pas, même après Ti. — Quant aux II précédées d'un i, elles ne sont jamais mouillées au commencement des moX&x illégal, illicite, illusoire, elc,; et souvent il en est de même à la fin ou au milieu , comme dans codicille, gille, mille, papille, pupille, fibrille, sille, tranquille, armillaire, capillaire, fritillaire, elc.

OMBILIC, s. m..., synonyme de Nombril,... se dit, par une espèce d'analogie, en Botanique, de l'enfoncement qui se trouve à l'une ou à l'autre extrémité de certains fruits, et quelquefois à toutes les deux. La pomme a deux ombilics, la poire n'en a qu'un.

Cette définition manque d'exactitude. Il ne peut exister qu'un seul ombilic, généralement situé à l'opposite de la queue et, dans certains cas, plus bu moins rapproché de cette dernière.

Nous avons vu plus haut, p. 196, que nombril n'est pas un terme de Botanique. Ici nous croyons pouvoir dire qu'on ne doit pas appeler ombilic l'enfoncement ou les enfoncements que présentent certains fruits, et qu'ainsi les pommes n'ont pas plus deux ombilics que les poires. L'ombilic est, dans les fruits, ce qu'on appelle généralement odl, c'est-à-dire la petite couronne formée par les dents du calice ou par les vestiges du style ; pour les semences ou graines, c'est le hile ou la cicatrice qui marque le point par où elles tenaient au placenta, comme dans les pois, les haricots, les fèves.

OPÉRATEUR, s. Celui qui fait certaines opérations de chirurgie... — Au lieu de s, lisez : s. m,

oPTiBil:. — L'Académie écrit Oplimè avec un è et Novissimé avec un é. Ces deux adverbes doivent prendre le même accent l'un que l'autre, ^mais lequel? L'Académie veut -elle donner l'orthographe latine, ou la prononciation française?

ORANGE, s. f... Un bouqust de fleurs d'orange. — Pourquoi dire fleurs d'orange et non fleurs d' oranger f Nous convenons sans peine qu'on emploie généralement la première de ces locutions et que des auteurs renommés tels que Fénelon et Bernardin de Saint-Pierre en ont fait usage; mais l'Académie devrait chercher à la redresser, au lieu de s'en servir constamment, car on la rencontre dans un grand nombre d'articles : Conserve, Crème, Eau, Gant, Néroli, Pommade, PODDRE, etc., tandis qu'à Aubère, Fleur, Pêcher, Sirop, etc., on

trouve fleur de pêcher et non fleur de pêche. Assurément Ton dirait des fleurs d'abricotier, de cerisier, de poirier^ de pommier, etc, et non d'abricot, de cerise, etc. — Nous ne voyons d'analogue dans le .Dictionnaire de l'Académie que fleur de grenade^, à Grenade, et nous pensons qu'il serait mieux de dire fleur de grenadier,

OREILLE... Oreilles rebordées, ourlées. — Qu'est-ce que des oreilles rebordées, ourlées? A Reborder, Ourler, nous ne trouvons rien de semblable. — Nous demanderons de plus ce que c'est qu'wn cheval boiteux de l'oreille.

ORGANSIN... Organsin de pays. — Si l'Académie avait dit du pays, " nous comprendrions cette phrase ; elle indiquerait un organsin du pays même des personnes qui en parlent ; ainsi les Français appelleraient organsin du pays l'organsin fabriqué en France ; les Piémontais, celui qui est fabriqué en Piémont, etc. ; mais nous ne comprenons pas Organsin de pays.

ORGE, s. f... Orge est aussi masculin, mais seulement dans ces deux expressions : Orge mondé. Orge perlé. — Il aurait fallu ajouter Vorge carré, car au mot Écourgeon l'Académie donne pour définition : Orge CARRÉ qu'on appelle aussi Orge d'automne ou de prime.

ORGUE, s. m. ORGUES , au pluriel, s. f. — Cette différence de genre du singulier au pluriel présente un grand inconvénient, car on ne peut pas dire : Cet orgue est un des plus beaux que j'aie vus. Autrefois l'Académie donnait le genre féminin aux deux nombres, et c'était bien plus naturel ; qu'on lui donne aujourd'hui le genre qu'on voudra, mais que du moins ce genre soit constant. On n'a pas même, pour appuyer cette bizarrerie, l'autorité d'une étymologie, comme pour délice {delicium) ^ et délices {deliciœ).

ORGUEILLEUX. — Quelques professeurs croient devoir prononcer gueil dans orgueilleux, orgueilleusement, s'enorgueillir, de la même manière que dans orgueil, où cette syllabe se prononce comme celle de deuil. Le silence de l'Académie nous autorise à penser qu'ils se trompent. Dans tous les cas, c'est un exemple de plus à l'appui de notre demande : il est à désirer que la prononciation soit indiquée à chaque mot qui offre une difficulté sous ce rapport, et surtout lorsqu'elle varie d'un mot à un autre", afin qu'on sache positivement à quoi s'en tenir.

ORPHELIN, INE, S... // est orphelin de père et de mère. — Il nous semble que dans cet exemple orphelin doit être adjectif, puisque l'Académie dit que veuf, veuve, sont adjectifs dans ces phrases : Il est veuf. Elle est veuve d'un tel.

OSER, V. a... Osé, ée, participe... est aussi adjectif, et signifie Hardi, audacieux. Serez-vous si osé que de dire..,, assez osé pour dire...

1. On désigne souvent la fleur du grenadier par le nom de grenade, qui appartient au fruit : // y avaU dans ce bmquet du jasmin, des roses, des fleurs d'oranger et de grenadier, ovl simplement, des grenades, etc.

Au sujet.de la locution si.., que de, nous trouvons encore :

(à Oriedx) Ne soyez pas si curiettœ que de fouiller dans mes papiers. (à Simple) Je ne suis pas si simple que de m'en fier à sa parole. (à Sot) Je ne suis pas si sot que de le croire.

Si... que de (assez..; pour) manque à l'article Si; c'est une omission à réparer.

OSTENSOIR ou OSTENSOIRE. SUSPENSOIR OU SUSPENSOIRE. — Ges

deux mots n'ont pas le même âge < le dernier se trouvait déjà dans la première édition du Dictionnaire de l'Académie, tandis que le premier n'y figure que depuis 1835; tous deux cependant ont les mêmes variantes. Il serait utile d'en supprimer uiie ; mais laquelle? La règle veut que les substantifs masculins formés d'un participe présent ne prennent pas d'e final; ainsi l'on écrit arrosoir (formé d'arrosant), éteignoir {d'éteignant), polissoir (de polissant), etc. Ceux qui ne dérivent pas d'un participe présent prennent Ye : directoire, offertoire, dimissoire, possessoire, etc. Il y a quelques exceptions : aspersoir, birloir, dortoir, espoir, hoir, loir et soir; mais il serait convenable de ne pas les augmenter, car en toutes choses les exceptions sont fâcheuses. Jusqu'ici l'Académie avait toujours écrit suspensoire, et il aurait été bien de maintenir seule cette orthographe; ostensoire devrait également suivre la règle sans variante.

OSTROGOT. — On écrit gothique avec une h, et Ton n'en met pas dans os^ro^o/; pourquoi?

oii. — A l'exception de cette phrase. Le temps où nous sommes, nous ne voyons dans cet article aucun exemple qui présente oti comme pronom ou adverbe de temps ; en voici quelques-uns pris ailleurs ;

(à A) ^ l'instant oiij' allais sortir, il vint chez mm.

(à Frayer) Dans la saison ob les poissons frayent,

(à Nouer) Dans le temps ol les fruits se nouent.

Cette omission nous paraît d'autant plus fâcheuse, qu'à l'article Qde on trouve plusieurs exemples dans lesquels ce pronom pourrait fort bien être remplacé par où, tels que

L'hiver QvHl fit si froid.

Le jour que cela est arrivé.

Au moment QVE^je le reverrai.

en sorte que l'étranger qui consulterait ces deux articles Où et Que pourrait être persuadé que ce dernier mot est le seul qui doive être employé. Voy. Que.

OUATE. (On prononce Ouète.) ouater. (On prononce Ouéter.)-^ Nous n'avons jamais entendu prononcer ainsi ces deux mots, et nous croyons que très-peu de personnes disent ouète, ouéter. L'Académie ne nous dit pas, et avec raison, de prononcer noal, ouast, poate, bien que quelques-uns prononcent ainsi les mots No'èl, ovsst, poète.

OURLIBUR. (On prononce Oublieux.) Garçon pâtissier qui allait le soir par les rues crier des oublies. — La prononciation oublieux pour

oublieur a le grand inconvénient de confondre deux choses qui n'ont aucun rapport, Un garçon pâtissier criant et vendant des oublies , et Un homme qui a peu de mémoire, car oublieux, sujet à oublier, s'emploie familièrement comme substantif, quoique TAcadémie ne le dise pas : Cest un oublieux, un grand oublieux; sans doute par analogie avec un capricieux j un curieuœ, un malicieux, elc,

OURLER, V. a. Faire un ourlet à du linge ou à quelque autre étoffe. Ourler des mouchoirs, des serviettes, etc. — - Ourlé , ée , participe.

Il manque ici une expression figurée du participe Ourlé, celle des oreilles ourlées qu'on trouve pour exemple à l'article Oreille, et dont on regrette de ne pas connaître la signification.

OUTILLER. — Au mot OuTiL, l'Académic nous dit « On ne prononce pas l'L. » Ici elle aurait dû dire qu'on mouille les II du verbe.

OUTRE -PASSER. — Nous croyous qu'on pourrait très-bien supprimer le tiret dans ce mot, non-seulement parce que peu de personnes le mettent, mais encore parce qu'il y a inversion, et que l'Académie n'en met même pas dans outremer, s. m,, où l'inversion n'a pas lieu. On n'en met point dans surpasser.

OVIPARE, adj. des deux genres. Il se dit des animaux qui se reproduisent par des œufs. Il y a des poissons qui sont vivipares et d*autres qui sont ovipares. --Q^ei exemple était bon en 17ZiO (dans la troisième édition), mais aujourd'hui c'est un anachronisme : depuis un siècle (1762, Zi« édition) on donne le nom de cétacés, c'est-à-dire animaux du genre de la baleine, à ceux qui autrefois étaient appelés poissons vivipares; et dans tous les cas, comme les poissons vivipares étaient l'exception, il aurait été mieux de. dire : H y a des poissons ovipares et d'autres qui sont vivipares.

OXYDE. — L'Académie écrit oxyde et oxygène avec un y. Nous croyons que l'orthographe de ce dernier mot seulement est exacte. Oxygène, formé d'oxus et de gennaé, demande bien Vy; mais oxyde est composé ^oxrn et d'eidos, qui se contractent en oxeidos, oxidos, et par cette raison Vy d'oxus disparaît. Cependant, comme aujourd'hui ces deux mots sont employés même par la classe ouvrière et qu'il lui serait peut-être difficile de se ra-ppeler quel est celui qui doit prendre ïy, nous nous bornons à signaler la différence d'étymologie, sans en demander une dans l'orthographe.

OXYGÈNE, s. m. T. de Chimie.— Au lieu de « s. m. » il faut mettre « s. m. et adj. » car nous lisons :

(à Air) Air vital, ou Gaz oxygène.

(à Combiner) Ls gaz oxygène, en se combinant wvec un métal, en forme

Voxyde.

(à Gaz) Vair atmosphérique se compose de gaz oxygène, de gaz azote, et

de gaz acide carbonique.

(à Hydrogène) U (hydrogène) ne se dit que de la substance aériforme... ' dont la combinaison avec le 6az oxygène forme de Teau.

PAIB, adj. m. — Pourquoi donner à cet adjectif le genre masculin seulement, puisque impair a un féminin? n'y a-t-il pas des années paires, des folioles paires, etc., comme il y en a dHmpaires?

PALEFRENIER... Un cheval bon pour monter un palefrenier. — Le sens de cette phrase ne se comprend pas dès l'abord, car ce sont les palefreniers qui montent les chevaux plutôt que les chevaux ne montent les palefreniers. Évidemment elle fait allusion à l'expression Monter un cavalier, qui signifie Lui fournir le cheval et l'équipement; mais daps ce cas il nous semble qu'il aurait suffi de dire. Un cheval bon pour un palefrenier.

PALLADIUM... En Angleterre, on regarde l'acte rfHabeas corpus comme le palladium de la liberté individuelle, — Qu'est-ce que Pacte ^Habeas corpus f II aurait été utile de le dire ici, à l'article Acte, où ailleurs. Voy. Acte et Armoise.

PÂMER, V. n. ou SE PÂMER, V. pron. Tomber en pâmoison, en défaillance. — Pâmé , ée , participe. Carpe pâmée.

Qu'est-ce qu'une carpe pâmée ? demandera-t-on. Il aurait été bien de prévenir la question, et de dire que la carpe, lorsque le soleil brille, vient à la surface de l'eau et se met sur le côté, fermant les yeux et entr'ouvrant la bouche à courtes reprises, en sorte qu'on ia croirait presque morte.

PÂMOISON. — Ne serait-il pas convenable d'écrire ce mot sans accent (pâmoison), comme on le fait pour infamie, gracieux, disgracier, compatir, encablure, etc. ?

PANADER (SE), V. prou. Il se dit d'une personne qui marche avec un air d'ostentation et de complaisance, à peu près comme un paon quand il fait la roue. Voyez comme il se panade. Il est familier et peu usité. — 11 aurait fallu ajouter « On dit plutôt se pavaner » , car cette locution est bien plus usitée que l'autre, et nous lisons plus loin, «Pavaner (se), v. pron. Marcher d'une manière fière, superbe, comme un paon qui fait la roue. Voyez comms il se pavane. Il aime à se pavaner, » C'est le même mot avec l'origine latine.

PAR... sert aussi à désigner la cause, l'agent, le motif, le moyen, l'instrument, la manière. — Excepté les cas où par forme avec le substantif qui le suit une espèce de locution adverbiale, comme dans « Cela est dit par ironie, par raillerie ; il a obtenu cela par force, par faveur; donner quelque chose par charité, par aumône; dire quelque chose par mégarde, par inadvertance; compter /)ar ordre, etc. »; — excepté ces cas, disons-nous, les exemples relatifs à la manière dont se fait une chose sont au pluriel : « // ne va que par sautS et par bonds. Poème divisé par chantS. Distribution par cantonS. Recevoir par parties. Toucher une rente par quartiers. S'en aller par

pièces. Tomber par lambeauX, Couper par morceauX. » Cependant il est des cas où il faut employer le singulier; et comme on est souvent embarrassé à ce sujet , nous croyons devoir donner ici les exemples trop peu nombreux que nous avons trouvés :

(à Jour) Il paye tant par jour.

(à Port) Il a donné tant par kilogramme à la messagerie, pour le port de ses effets,

(à Tête) On paye tant par tétb. — Le traiteur prend tant par tête.

Ces exemples montrent que lorsque le substantif peut être précédé de chaque il doit toujours se mettre au singulier : chaque jour, chaque kilogramme j chaque téte.Hons croyons que dans les exemples suivants

(à Boutade) N'agir que par boutade. — Composer par boutade.

(à Transport) Le transport de ces marchandises se fait par bateau.

(à Charroi) Charriage, transport par chariot, charrette, tombereau, etc.

(à Tout, Par) Par tout pays, — Cela se fait par tout pays^,

(à Souche ) La succession par souche est opposée à la succession par tête.

çn aurait pu mettre le pluriel aussi bien que le singulier : par bourtadeS, par bateauX, par chariots, charrettes, tombereaux, par louS pays, par soucheS, par têteS; et l'exemple suivant semble justifier notre opinion au sujet de ces deux dernières locutions :

(à Tête) La succession du père s* est divisée par téteS, parce que tous les enfants étaient vivants; celle de la mère s'est partagée par soucheS, parce qu'un des enfants était mort, et que les petitsenfants sont venus à partage avec leurs oncles, par représentation de leur père,

A l'article Dizaine on lit. Compter par dizaine; à Douzaine, Par douzaines; à Centaine, A centaines, par centaines, en grande quantité. Nous pensons que dans ces locutions on peut mettre le nombre singulier ou le pluriel suivant l'idée qu'on veut exprimer; ainsi un marchand écrira qu'il vend certains articles par dizaines, par dovrzaineS, par centaines, pour signifier qu'il en vend beaucoup ; un particulier écrira qu'il achète ses bas, ses chemises, etc., par douzaine, c'est-à-dire une douzaine à la fois , et non paire par paire, pièce pai* pièce.

Mais on met généralement au pluriel les mots intervalle, moment, degré, etc., précédés de par; nous trouvons :

(à Intervalle) La lune se montrait par intervalles.

Id. Cette maladie le prend et le quitte par intervalles.

(à Moment) // est sage, U est fou par moments. (à Degré) Le son s'affaiblit par degrêS.

Id, On n*arrive que par degrés à cette haute perfection, (à Compagnie) Ils arrivaient à la fête par compagnies. (à Looch) Les loochs se prennent ordinairement par cuillerées. (à Livraison ) Publier un ouvrage par uvraisonS.

1. A Pays , l'Académie écrit de môme au singulier, En tout pays; mais à l'article En elle met le pluriel : En touS pays.

— 2oa —

PARAFER OU PARAPHER. — Voici quelques exemples de remploi de ces deux variantes :

(à Pabafek, etc.) Quatre exemples arec f {parafer).

(à Pièce) Pièces parafées.

(à Renvoi) Il y a dans cette mintUe des renvois qui ne sont point parafés.

(à Coter) Les notaires ont coté et paraphé ces pièces.

(à Entre-ugne) // est défendu aux notaires d'écrire en entre-ligne, il faut

qu'ils fassent des renvois en marge et des apostilles

PARAPHÉES des parties.

(à Feuille) Le président n'apas encore signé, arrêté, paraphé, visé la feuille. (à Livre) Livres paraphés.

(à Page) Numéroter et parapher les pages d'un registre. ( à Varietbr ) On a ordonné que la pièce serait signée et paraphée, ne rarietur. (à Viser) Viser et parapher des livres de commerce.

Ck)mme les quatre exemples qui sont à Tarticle Parafer ou Parapher suivent nécessairement la première variante et qu'en conséquence ils ne doivent être comptés que pour un, il en résulterait que FAcadémie n'a employé que trois fois l'orthographe parafer, tandis qu'elle a employé sept fois le ph. Cette dernière variante nous semble préférable en effet, puisque paraphe est une contraction de paragraphe pris dans son sens primitif, celui de Petit signe placé près de l'écriture (para, près; grapho, y écris).

PARALLÉLIPIPÈDE. — Ne serait- il pas plus convenable de dire paralléhtpipède, conformément à Tétymologie {parallèles, parallèle; épipédon, plan, surface plane; c'est-à-dire Figure formée de plans parallèles)? C'est ainsi que ce mot est écrit dans le Supplément de la première édition du Dictionnaire de l'Académie, qu'on aurait bien fait de consulter souvent ; et M. Quicherat, qui cite le parallelepipedon de Boetius, dit « Parallélipipéde, ou mieux paralléLtpipède. »

PARAPHRASEUR , ECSE. — Ajoutez : subst.

PARÉATis, S. m. (On prononce l'S.). Mot emprunté du latin. — • Ce mot est la seconde personne plurielle du subjonctif du verbe pareo, je parais ou j'obéis, et signifie Paraissez, obéissez. Vé accentué en fait un mot français qu'on ne sait comment prononcer, et où l'on est tenté au premier abord de faire l'a bref. On aurait pu y mettre un e muet tout aussi bien qu'à deleatur, ahigeat, exeat, etc.

PARENT, ENTE. — Ajoutez : subst.

PARTENAIRE... Quelques-uns écrivent partner. — Il nous semble qu'il aurait été convenable d'ajouter après parltier, « comme en anglais ». Ces mots auraient appris au lecteur trois choses à la fois : il aurait vu que partenaire est un mot anglais habillé à la française ; il aurait eu l'explication de l'orthographe partner; enfin il aurait sans doute compris que la finale de partner doit se prononcer autrement que dans cerner, orner, tourner, etc. Mais malgré cela nous pensons qu'il aurait été bien d'indiquer la prononciation de cette variante comme on l'a fait pour coroner.

PARTIE... signifie encore. Gelai qui plaide contre quelqu'un, soit en demandant, soit en défendant. Qui est votre partie? Cest ma par-tie adverse. Il s'est rendu partie; et

(à DtoaAiunoif ) // s*est livré à des déclcanations contre sa partie. (à Faibe) Sa PARTIE Va fait condamner aux dépens, ^ (à RécusABLE) Ce juge est parent de ma partie, ... il est récttsable.

(à Tympaniser) // a eu peur que V avocat de sa partie ne le tympcmisât.

Déjà lorsque parut le Cidj les commentateurs jugèrent convenable d'expliquer ce vers :

Va, je suis ta partie, et non pas ton boorreao. et nous pensons qu'aujourd'hui comme alors, le mot partie a besoin d'être accompagné d'un adjectif ou d'une expression équivalente pour compléter le sens. Qui est votre partie ( adverse ) ? Il s'est rendu partie (intervenante). — L'Académie aurait bien fait de dire que, même au Palais, on remplace généralement partie par les expressions adversaire, partie adverse, — et que dans les phrases « Un avocat qui contente ses parties, Il défend bien le droit de sa partie, La partie de maître un tel a été condamnée aux dépens, » on substitue communément le mot client à celui de partie. Nous lisons à l'article Client : « Cet avocat, cet avoué, ce notaire a beaucoup de clients. »

PARTIE 9 V. n. {Je pars, tu pars, il part; nous partons. Je partais. Je partis. Je suis ou J'ai parti. Pars. Partez. Etc.)... Vous n'avez pas été plutôt parti qu'il est arrivé.

Cet article nous suggère plus d'une observation. Celles qui concernent l'exemple Vous n'avez pas été plutôt parti... ^ se trouveront à Plutôt et à Surcomposé. Outre cela nous exprimerons le regret de ne trouver qu'un seul exemple du participe employé avec l'auxiliaire avoir : le fusil a parti tout d'un coup *. Cela ne nous semble pas suffisant ; et si l'on peut dire j'ai parti aussi bien que je suis parti , il aurait fallu dire, par exemple, « J'ai parti de Paris hier à trois heures; Il A parti ce matin pour la campagne; et II est parti depuis ce matin, depuis hier. » Aces exemples : Dès que le signal a été donné, il EST PARTI comme un trait; En voyant cet homme, il est parti d'un grand éclat de rire, il aurait été convenable d'ajouter « ou il a parti ».

PARTITIF, IVE, adj. T. de Grammaire. Qui désigne une partie d'un

1. a l'article Coup nous lisons : « Tout d coup, loc. ady. Soudainement, en un moment. Cette maison est tombée tout X coup. Ce mal lui a pris tout X coup. — ToiU d'un coup, loc. adT. Tout en une fois. Il gagna mille éeus tout d'un coup. // fit sa fortune tout d'un coup. » — Ces définitions et les exemples dont elles sont accompagnées nous seinblent prouver que dans la phrase ci-dessus il fallait mettre « Le fusil a parti tout à coup ( soudainement) » , et nOn loiU d'un coup{ en une fois) ; et nous croyons pouvoir faire la môme remarque poux les phrases suivantes :

(à Bourrasque) Il s'éleva tout d'un coup une bourrasque.

(à TbmpÉtb) Il 8*est élevé tout d'un coup une furieuse tempête.

(à Nurr) En hiver la nuit vient presque tout d'un coup.

(à Rallumer) Le feu, qu'on croyait éteint, vint tout d'un coup d se rallumer.

(à Haut, à Pikd) Faire haut le pied, Disparaître tout d'un coup, s'enfuir.

tout. — Moitié, dizaine, etc., sont des substantifs partitifs. Plusieurs, quelques, sont des adjectifs partitifs. La préposition De se prend souvent dans un sens partitif^.

L'accord du verbe avec les collectifs partitifs présente d'assez grandes difficultés ; et. puisque TAcadémie n'en a pas donné d'exemples à l'article Collectif, elle aurait rendu un grand service aux grammairiens d'abord, et ensuite à la généralité de ceux qui la consultent, en en donnant ici un certain nombre. FauMl dire le qiuirt, le tiers, la moitié des vignes a gelé ou ont gelé au printemps ?

Aux articles Nombre et Quantité on trouve quelques exemples de collectifs partitifs :

(à Nombre) Nombre d'historiens Tont ainsi raconté,

(à Quantité) Quantité de gens ont dit cela, ont fait cela.

Id, Quantité de gens sont persuadés de cette nouvelle, Id. Quantité de personnes sont persuadées de son mérite.

Mais ces exemples ne nous apprennent pas grand'chose, car chacun sait qu'après les mots nombre et quantité, non précédés de l'article, le verbe se met toujours au même nombre que le substantif dont ils sont suivis. Il aurait donc fallu mettre à Nombre des phrases telles que celles-ci :

(à Convier) Un grand nombre de personnes avaient été conviées à la cérémonie, (à Infini) Il y avN nombre infini d'auteurs qui ont écrit sur ce sujet. (à Acclamation) Il (acclamation) se dit des cris par lesquels un nombu plus ou moins grand de personnes marquent la joie qu'ELLES ONT do quelque chose, ou la haute estime qu'ELLES ONT pouT quelqu'uu.

Il est évident qu'à ces mots un grand nombre, un nombre infini, etc, on pourrait substituer une grande quantité, une quantité considérable, . une multitude infinie, une foule innombrable, etc., sans rien changer au nombre employé pour le verbe. L'Académie nous donne pour exemples à l'article Fodle :

Une foule de personnes vous diront qu'il n'en est rien.

Je connais une foule de personnes qui ont éprouvé le même accident.

Pour compléter cet article, nous extrayons de « La Grammaire selon l'Académie, par Bonneau et Lucan, revue par M. Michaud, membre de l'Académie française » les lignes suivantes :

« Si les mots la moitié, le tiers, le quart, etc., expriment précisément la moitié, le tiers, le quart, ils sont collectifs généraux et le verbe s'accorde avec le collectif : La moitié des députés a voté pour, et Vautre moitié contre le projet de loi. La moitié ^ des recrues est dirigée sur Paris, et Vautre sur Lyon. La moitié de mes pommes est

1. Il ne suffit pas de.dire « La préposition De se prend souvent dans un sens partitif > ; il fallait en donner des exemples. C'est absolument comme cette phrase qu'on trouve à l'article DuBrrATiF : < Si est quelquefois conjonction dubitative, t

S. Dans ces deux premiers exemples nous dirions une moitié, et non la moitié.

▼ERDUB.— MaissMl ne s'agit pas d'une quantité précise, le collectif n'a en réalité d'autre valeur que celle de beaucoup de, quantité de ; alors il devient collectif partitif, et c'est le nom qui suit le collectif qui devient le sujet du verbe. Après avoir visité un fruitier, par exemple, on pourra dire, La moitié, le tiers, le qnKKtdes fruits sont gâtés.

— Par la même raison on dira : Une douzaine d* exemplaires de cette grammaire vous coûtera quinze francs j et Une douzaine de livres (environ douze livres) étaient épars sur son bureau, »

PASSE -PIERRE, S. f. Plante qui croît naturellement sur les bords de la mer, et qui sort des fentes des rochers. On la nomme aussi Bacile. Perce-pierre et Fenouil marin, — On a omis ici un cinquième nom de cette plante, celui de Christe marine, dont nous parlons uniquement parce qu'à cet article Christe marine on lit « le (et non la) passe-pierre, » Où est la faute, à Passe-pierre ou à Christe marine ? L'analogie avec passe - fleur, passerage, passe- rose, etc., nous fait penser que passe-pierre est du genre féminin.

PASSE-PORT. — Puisqu'on a réuni en un seul mot passe-avant pour en faire passavant, qui n'a que le sens propre, il nous semble qu'il serait convenable d'écrire passeport ; d'autant plus que cette pièce administrative sert non-seulement pour entrer dans un port ou pour en sortir, mais encore pour passer d'un État dans un autre, et souvent pour faire à peine quelques lieues* D'ailleurs passe-port s'em- • pJoie figurément, même pour les choses. Pour les personnes, on dit : Cet homme porte son pàsse-port avec lui, c'est-à-dire que son extérieur agréable et décent doit le faire bien recevoir partout; pour les choses : L'allégorie sert de passe-port av^ vérités les plus hardies; La lou^ange est un passe-port dont la vérité a souvent besoin pour être accueillie chez les grands,

PASSER, V. n... Fig. eUfam., Cela lui a passé par la tête, par l'esprit, n lui est arrivé d'y penser, il s'en est occupé ; et. Cela lui a passé de la tête, de l'esprit. Il a cessé d'y penser, il l'a oublié; — La première de ces locutions est assez usitée : Il lui a passé par la tête de faire un voyage en Italie ; Vidée d'acheter une campagne lui a passé par la tête, etc. Mais nous croyons qu'il n'en est pas de même de la seconde, et qu'on dit sortir au lieu de passer : Cela lui est sorti de la tête, de la mémoire, a l'article Sortir nous lisons : « Cela est sorti de ma mémoire, m'est sorti de la mémoire. Cela ne me sort pas de /d tête. »

PASSER, V. n... (p. 362, 3« col. à la fin) signifie aussi. S'écouler, ne pas demeurer dans un état permanent. Les jours, les années passent. Le temps passe et la mort vient,,, La beauté passe comme une fleur. Cette couleur passe bien vite. Les plaisirs passent. Tout passe en ce monde,

— (p. 36/i, 2« col.) Passer, avec le pronom personnel, se dit aussi des choses qui perdent leur beauté, leur éclat, leur force, etc. Les fleurs se passent en un jour. Les couleurs vives se passent facilement. Cette femme n'est plus aussi belle, elle se passe. Ce vin n'a plus guère de

force, il se passe. On dit dans nn sens analogue : Cette mode se passe. Le goût des liqueurs fortes se passe de jour en jour, Etc,

Ces deux manières d'employer le verbe passer, avec on sans le pronom personnel , sont à quatre et même à cinq colonnes de distance, et cela nous semble fâcheux pour la plupart de ceux qui consultent le Dictionnaire de TAcadémie, car ils ne pourront pas comparer les définitions et les exemples , ou plutôt ils n'y songeront guère *. Quant à nous, nous avouons franchement que nous ne savons pas voir de diflTérence entre La beauté passe comme une fleur; Cette couleur PASSE bien vite, et Les fleurs se passent en un jour; Les couleurs vives SE PASSENT facilement; — ou plutôt nous pensons que lorsqu'il' s'agit de beauté, d^éclat, de force, etc., il faut supprimer le pronom, qui ne fait qu'allonger la phrase et obscurcir le sens. Nous dirions donc. Les fleurs passent en un jour; Les couleurs vives passent facilement; Ce vin n'a plus guère de force, il passe; Cette mode passe; Cette mode est passée; Le goût des liqueurs fortes passe (ou plutôt diminue) de jour en jour. — Pour le temps, on dira, comme l'Académie : « Les jours, les années passent; Le temps passe et la mort vient; Les plaisirs passent; et Les années se passent, le temps se passe insensiblement; L'occasion se passe, m — L'emploi du pronom ne devient nécessaire que lorsque le verbe est accompagné d'un modificatif qui indique la manière dont le temps est employé : « Presque toute notre vie se passe à former de vains désirs. Tout leur temps se passe en de frivoles occupations. Ses jours se passent dans l'oisiveté. »

PASSER, V. n. — C'est inutilement qu'on parcourt les 300 et tiuëlques lignes dont se compose l'article Passer, v. n., pour-troùverla locution II a ou il est passé maître. Il faut parcourir encore plus de 200 lignes dans l'article Passer , v. a. , avartit d'arriver à ces mots : « Passer quelqu'un maître. Le recevoir à la maîtrise. IVous l'avofis passé maître. On l'a passé maître. On dit aussi neutraleiuerit : Il a passé maître es arts. Il est passé maître; et figurément, Il est mmtre passé, ou II est passé maître en friponnerie, en fourberie. Il y est fort habile. » Nous croyons cependant que passer est bien plus usité dans cette dernière acception où le verbe est neutre, que dans l'autre, et qu'il aurait tout au moins fallu mettre la locution Passer maître dans l'article Passer, v. n,, avec un renvoi à Passer, v. a., où ^ans'cela personne ne s'avisera de la chercher.

PASTEUR... est aussi le titre des ministres prbtestants. ïl étudie pour être pasteur. On l'a nomm4 pasteur, — Ministre et paèteur ne sont pas synonymes : le pasteur a charge d'âmes; il a un troupeau qu'il visite, tandis que le simple ministre n'en a pas. Pour être mi-

l. Le lecteur songera d'autant moins à faire la comparaison, que ces citations sont tirées de deux articles distincts : celle de la page 362 appartient au verbe Passbk, neutre ; et celle de la page 864 à Passbb, verbe actif, employé avec le pronom personnel.

nistre il suffit d'avoir fait ses études théologiques, subi des examens satisfaisants, et reçu la consécration ; pour être pasteur il faut de plus avoir été nommé à la direction spirituelle d'une paroisse. On dirait donc plus exactement Étudier pour être ministre, que pour être pasteur, comme on dit Étudier pour être prêtre, et non potir être curé.

PATARAFFE. — Si l'on écrivait patarafe avec une seule f, comme parafe, -ce serait une difficulté de moins; c'est trop, ce nous semble^ de trois terminaisons différentes pour paragvffp/ie, parti fe, paiaraffe.

PATRIMOINE... Le patrimoine de Saint-Pif^rre , rn La province fit* Patrimoine, Une partie du domaine que le pape possède en Italie, et dont Viterbe est la capitale. — Ici encore (Voy. Chaîrë) il ne s'agit point de l'église Saint-Pierre, mais du prince des apôtres représenté par le pape ; il faut donc écrire saint Pierre (petite s H pas de tiret).

PATRON, ONNE. PATRONAGE. — Depuis bien des années ces mots ont pour corrélatifs patronner et patronnesse, qui devraient être dans Je Dictionnaire de l'Académie. Il était PATRONNe: par mat f/ramic dume, par un homme puissant, et il a facilement obinmi If^ postf qu'il ambitionnait. Les dames patronnesses d'un bal de charité; les patron- NESSES d'une fête, etc.

PATTE. — L'étymologie probable de ce mot (patein, fouler aux pieds) ne prend qu'un t; l'Académie n'en met qu'un dans pataud, empalement, épaté, épater, patin, patiner, etc.; enfin, sur cinquante mots environ à désinence en ate, il n'y en a cfUe sept qui prennent deux t, et le féminin des adjectifs terminés par at n'en prend qu'un; il semblerait donc naturel de mettre un seul / dans patte et pattu.

PAYE. — Il n'y a dans le Dictionnaire de l'Académie que trois mots terminés par aye : abbaye, qu'on prononce abéie; cipaye, qu'elle dit de prononcer cipa-ye; et paye, qu'on prononce généralement pai-e. Voilà donc une même orthographe pour trois prononciations trèsdistinctes. Nous croyons que cipaye devrait s'écrire cipaïe, et paye prendre un i simple (paie), cbmrtïe effr'aie, étaie, monnaie, raie, etc.

PAYEUR, EUSE, S. m. — Supprimez : m.

PAYS... Vin de pays. Vin recueilli dans le canton. — Ici comme à Organsin, nous croyons qu'il faudrait dire Vin du pays, de même qu'on dit Vin du crû, et non Vin de cru, pour signifier le « Vin fait avec le raisin recueilli dans l'endroit même où on le consomme. » On dirait de même, croyons-nous encore. Monnaie du pays; Là on ne peut employer que la monnaie du pays; on n'y trouve qus de la monnaie DU pays.

PEAU... Contes de Peau d'âne, par allusion à un vieux conte dont l'héroïne s'appelle Peau d'âne. Petits contes inventés pour l'amusement des enfants. — A Tartlde Ane nous voyons la même définition et la même orthographe , mais à Conte nous trouvons Peaur-d'âne avec un tiret « CoTCte de Peau-d'àne » , et cette dernière orthographe nous semble préférable. Voy.CowTREJ-BAssE.

PÊCHE... La pêche quitte le noyau, n'adhère point au noyau, — Cette expression la pêche nous semble trop absolue, puisqu'il y a des pêches, le pavie et la presse, par exemple, « dont la chair est ADHÉRENTE au noyau » ; ainsi à Tarticle Notac nous lisons, a Les pavies ne quittent pas le noyau. » Il aurait donc mieux valu dire, « Cette pêche (ou encore, cette espèce de pêche) quitte le noyau. »

PEINE, s. f. Châtiment, punition... On lui a ordonné cela sur peine, sous peine, à peine de la vie. (De ces trois façons de parler. Sous peine est la plus usitée et la meilleure.) — A Tarticle Sous, on lit : Ceia PBi dtifemht ^oas peine de la vie, sous peine de bannissement, sons peine d'amaide, etc.. On encourra la peine de mort, la peine du bâiinissement, etc., si on fait telle chose.

Nous croyons pouvoir aller plus loin que l'Académie, et recommander la locution som peine de comme étant la seule qui soit bonne, la seule qu'il faille employer ^. — Mais nous ajouterons qu'au lieu de sous peine de la vie il faudrait dire sous peine de mort, comme on dit sou>s peine de bannissement, sous peine (/^amende ; et l'Académie semble confirmer notre opinion par ces mots : « Si on fait telle chose, on encourra la peine de mort, la peine du bannissement, etc., et non la peine de la vie, la peine de vie *.

PÊLE, s. m. T. de Serrurerie. Voyez Pêne. — Au mot Pêne, l'Académie, à la vérité, n'a pas rappelé pèle; mais nous croyons que c'est faire encore trop pour une si mauvaise locution que de lui consacrer même une ligne, quand l'expression correcte crépodaille ne l'a pas obtenue. (Voy. Crapaud aille.) Il aurait donc fallu aussi renvoyer de calefour, colidor, caneçon, nentille, etc., à carrefour, corridor, caleçon, lentille, etc.?

PELLÉE, PELLERÉE, PELLETA, si f. Autant qu'il pout en tenir sur une pelle. Une pellêe de plâtre. Une pellêe de feu. Une pellerée de grains. Une pelletée de terre. — Ce luxe de variantes est fâcheux. lie pelle on doit faire seulement pellêe, comme d'^écneWe^ écusllée ; de cuiller, cuillerée ; d'assiette, assiettée, etc. Dans quelques localités on dit uns platelée pour une platée (une platelée de choux, de pommes de terre) ; l'Académie n'a pas accueilli ce mot, et elle a bien fait, parce qu'il est tout à fait inutile ; mais il aurait fallu observer la même réserve pour pellerée et pelletée. Nous avons vu des personnes très-

1. A l'article A , on lit : « ^4 peine d'amende. A peine de la vie. On dit plus ordinairement, Sous peine d'amende, de la vie, etc. » ; et à Vib « Sur peine, sous peine de perdre la vie. A peine sur peine de la vie, ou mieux, Sous peine de la vie. » — Il est à remarquer que non-seulement l'Académie donne partout la préférence à sous, mais encore qu'à l'article Sur elle ne met pas la locution Sur peine de, et qu'à Sous elle ne mentionne pas , comme variantes , les expressions Sur peine de, à peine de.

2. Sans doute on comprend l'ellipse que présente l'expression sous peine de la vis ; on voit qu'il faut sous-entendre perdre; mais on comprend déjà moins bien sous peine db vis. D'ailleurs il nous paratt convenable d'employer une même expression pour les diverses peines : Sorts peine de subir la mort, le bannissement, l'amende ( ou avec ellipse , .wus peine DB MORT, DB BANNissBMBNT, d'ambmdç). On ne dirait pas, sous peine de subir la vib.

instruites persuadée» que puisque TAcadémie dit. Une pelléb de plâtre, de feu; une pellerée de grains, une pelletée de terre, ce serait une faute de dire, par exemple. Une pellée de grains, de terre ; une pellerée de plâtre, de feu, etc.

PENDRE, y. a... Fam., Dire pis que pendre d'un homme. Dire de lui toute sorte de mal.— On regrette que i'Académie n'ait pas donné une définition qui rétablisse à peu près complètement la phrase elliptique, comme par exemple. Dire d'un homme plus de mal qu'il n'en faudrait pour le faire pendre.

Nous en dirons autant de cette phrase. Cet homme ne vaiU pas le pendre. Il ne vaut rien. — On dit plus souvent. Cet homme ne vaut pas la corde pour le pendre, et il aurait été mieux de donner la phrase complète, d'autant plus que TAcadémie ne dit pas que pendre s'emploie substantivement.

On lit encore dans cet article « Autant lui en pend à l'œil, à l'oreille, au nez. Il pourra bien lui en arriver autant. » — Nous avons souvent entendu dire. Autant lui en pend À l'oreille , et cela fait image en rappelant les pendants d'oreilles. Pour le nez, il n'y a que certaines peuplades sauvageë qui y mettent des pendants, et jamais nous n'avons entendu dire. Autant lui en pend ad nez. Quant à la troisième locution. Autant lui en pend À l'œil, nous ne l'avons jamais lue ni entendue, et nous doutons qu'elle soit usitée; dans tous les cas, elle ne nous semble pas mériter de l'être, parce qu'elle ne représente rien de réel ni de possible.

PERCE-NEIGE. PERCE-OREILLE. — Comment ces deux mots doiventils s'écrire au pluriel ?

PERCER... Percer les nuits. Passer les nuits sans. dormir. Il ne se dit que de l'étude et du jeu. Il perce les nuits à étudier, à joiter. — Nous croyons qne passer est bien préférable h percer, en parlant des nuits, qu'on les emploie à dormir, à étudier ou à jouer, etc. Après cette phrase on aurait pu mettre « Inusité ». '

PÉRIPLE, s. m. T. de Géogr. ancienne. Navigation autour d'une mer, ou autour des côtes d'un pays, d'une partie du monde, etc. ; Récit d'une navigation de ce genre. Le périple d'Hannon est très-ancien, Arrien nous a laissé un Périple du Pont-Eu^n. — Pourquoi dans le premier exemple le mot périple commence-t-il par une minuscule? Il nous semble que dans cette phrase il s'agit d'un récit de voyage de circumnavigation aussi bien que dans la suivante, et qUe la majuscule y est nécessaire.

PERSIFLER. — Ce mot doit être composé de siffler et demander deux f, comme boursoufler en demanderait également deux.

PERSILLADE. PERSILLÉ, ée. — Ces mots, dérivés de persil, o^ a l'on ne fait pas sentir l'L » , exigeaient qu'on indiquât la prononciation de persillade et persillé; les II doivent y être mouillées.

wvmsfuxtrt» — Ce tréma sur Vi nous pjLralt inutile, car eut ne saurait être prononcé Art; s*U était réellement nécessaire, nous croyons qu'il en faudrait également un à promiscuité.

PERTO... Tout ce qu*%l a fait dans cette entreprise lui est tourné en pure perte. — Cette phrase doit exprimer Taction plutôt que le résultat, et l'auxiliaire aooir aurait été plus convenable. « Tout ce qu'il a fait... A tourné en pure perte pmr lui. »

PÉTER. PÉTECR. Plusieurs disent. Peter... — pétillant, petiixe- HEXT, PETILLER. Plusieurs disent. Pétillant, Pétillement, Pétiller.

Ce sont généralement les dérivés et les composés qui prennent un accent; tels sont pépinière, réplétion, corrélatif et corrélation^ irréligion et irréligieux, etc., dont les primitifs pépin, replet, relcUif et relation, religion et religieux, etc., ont la première syllabe muette. Dans les mots péter, péteur, au contraire, rAcadémi.e met un accent, qu'elle supprime dans pétillant, pétillement, pétiller, Nous croyons qu'il aurait fallu suivre la règle pour ces mots-là comme pour les autres.

PETIT, ITE, adj... En termes de Rôtisseur, Petits pieds (sans tiret). Les grives, cailles, ortolans et autres oiseaux d'un goût délicat. — A la colonne suivante on lit a Petits-pieds (avec tiret). Voy. Pied ». A l'article Pied, on trouve de nouveau : « En termes de Rôtisseur, Petits pieds (sans tiret) se dit Des grives, des cailles, des ortolans, et autres petits oiseaux d'un goût délicat. » Cette locution figurée, destinée i représenter de petits oiseaux, ne doit pas s'écrire de la même mani^te que dans cette phrase Les petits pieds font mal aux grands.

Ce mot petit sert à former un certain nombre de locutions où le tiret semble nécessaire, puisqu'on les fait précéder de l'article. De même qu'on écrit petit-fils, petit-neveu, petit-maitre, etc., avec un tiret, ne serait- il pas convenable d'en mettre un à des petits pains, des petits pâtés, des petits oignons, etc., qui ne présentent point la même idée que de petits pains, de petits pâtés, de petits oignons f II est bien certain que celui qui n'a pris à son déjeuner qu'tw petitpain et un petit-pâté (termes absolus), a moins mangé que celui dont le déjeuner s'est composé d'w» petit pain et d'im petit pâté (expressions où petit est un terme relatif opposé à grand ou à gros). Et pareillement, petits pieds exprimant une sorte de menu gibier devrait prendre un tiret aussi bien que petits-choux, sbrte de pâtisserie, où l'Académie en met un.

PEU... A peu près s'emploie aussi substantivement. L'a peu près suffit dans les choses qui n'exigent pas une grande précision; — et à l'article Près on lit également, Dans les choses qui n'exigent pas une grande précision, on se contente de l'a peu près.

Lorsque les locutions adverbiales sont employées substantivement, l'usage veut que les mots dont elles se composent soient joints par des tirets ou réunis immédiatement, comme un tête-à-tête, V à-propos.

Vaplomb, et nous ne comprenons pas pourquoi la locution à peu prèx ferait exception h la règle. Je ne puis me contenter d'un à-peu-près (avec tirets) nous semble préférable à d'un à peu près (sans tirets).

PEUPLER... Jl n'y a pas de poisson qui peuple autant que la carpe. Il n'y a point d'animaux qui peuplent tant que les lapins. — A l'article Point nous parlerons de la règle que les grammairiens ont établie sur la valeur de pas et point; mais nous ne pouvons nous empêcher de signaler ici le singulier après pas et le pluriel après point : Il n'y a PAS de POISSON, il n'y a point rf'ANiMAox. Quant à cette dernière phrase, nous lui préférons sous deux rapports celle qu'on trouve à l'article Foisonner : « Jl n'y a point d'anifnal qui foisonne autant que les lapins. » Là l'Académie a mis animal au lieu d'animaux^ et autant au lieu de tant; mais elle aurait dû dire a autant que le lapin. »

PHYSIOLOGIE... La Physiologie végétale de Sénebier. — Senebier ne mettait pas d'accent sur le premier e de son nom ; et comme il était Genevois, nous dirons par la môme occasion que dans ces deux mots {Senebier, Genevois) les deux premières syllabes sont muettes.

PIAFFEUR, adj. m. Qui piaffe. Il ne se dit que des chevaux. Les chevaux (f Espagne sont piaffeurs,^\\ y a sans doute aussi des juments piaffeuses, et il aurait été convenable de mettre « Piaffedr, edse, adj. »

PIE, s. f... Cheval pie. Cheval blanc et noir... Dans cette locution. Pie est pris adjectivement. // montait un cheval pie, une jument pie. — Pie employé ainsi prend-il la marque du pluriel ? faut-il écrire Un attelage de six chevaux pie ou pieS ? Nous croyons le singulier préférable (des chevaiùx.viE , comme on écrirait des souliers pdce).

PIED... Prov., Haut le pied. Allons, partons; allez, partez. On dit, dans un sens analogue. Faire haut le pied. Disparaître tout d'un coup, s'enfuir. — Haut-le-pied s'emploie aussi substantivement, et signifie Un homme qui ne tient à rien , qui n'a point d'établissement fixe, et qui peut disparaître d'un moment à l'autre. Ne lui prêtez pas d'argent, c'est un HAUT-LE-PIED. Il est familier. — Renvoyer des chevaux HAUT-LE-piED, Lcs rcnvoycr sans être attelés ni montés. Dans cette phrase, Haut-le-pied est employé adverbialement.

Nous avons deux remarques à faire. D'abord il nous semble que les deux locutions adverbiales auraient été mieux placées à la suite l'une de l'autre, malgré le rapport plus direct qui existe entre le substantif et la première locution adverbiale*. Ensuite nous croyons qu'il faut supprimer les tirets dans la dernière (renvoyer des chevaux haut-le-

1. C'est ainsi qu'à l'article PRicipux on a fait suivre deux paragraphes de l'adjectif, bien que le substantif se rapporte au premier :

PEiciEUX signifie aussi Affecté, et se dit principalement Des manières, du langage, du style. // a des manières précieuses, un air précieux. Il parle un langage précieux. Style précieux.

Bn tenues de Peinture, Ce tableau est d*un fini précieux. Ce tableau est peint avec un soin extrême. On dit dans un sens analogue, Ce bijou est d'un travail précieux.

PRâcmux s'emploie quelqi^efois substantivement. Le précieux de son style fatigue. Il est d'un précieux insupportable.

pied), où ils n^Oût ptià plus dô ràisôû d'être que dàtts dellè-cî Haut le pied, allons, partons, etc., et dans Faite hatU le pied; d'ailleut^ à ratticlô HAtJt, rAcadémie h*a mis les tirets qu'au substantif, ce qui ttôus fait supposer» qu*ici Ils sont le résultat d'une distraction.

^IE]>... Chambrés, pièces dé plaiiir-pied. Chambres, pièces d'un âppanetnent qui sont au môme étage et de même niteau. ïl a dans Èon appartement tant de chambres de piain-pied^. — De plain-pied s^emploie aussi adrerbialement, et signifie Sans moùtefni descendre. On va de plain-pied d'un appartement à foutre. De Id salle à mander on entre de plain-pied dans le jardin.—f ig. et fam.. Cela m de plainpied. Cela va sans dtt^, sans difficulté. -^ Plainr-pied s'emploie quelquefois substantivement. Il y a beaucoup de plain-pied doM cette maison, ïl y â, dans eetie maison, plusieurs appartements composés d'un grand Uombre dé pièces de plain-pied. On dit dans le même sens. On plain-pied, un beau plain-pied.

Ici Comme à Haut lé ï>iéd nous croyons pouvoir demander que les tirets ne soient employés que dans le substantif t Vn plaiN^wéu, un beau PLAifî-jpiED \ïlya beaucoup de PLAm-i»ïEn dans cette maison, etc; ■^ et qu'on n*en mette pas dans les locutions adverbiales. On va de pLAîN iPiÈD d*un appartement à Vautre. De la salle à manger on entre ôE PLAîN i>tËD dans le jardin. Cela va de plaïn pîed.

tiS... Au pis aller, loe. adv. En supposant les choses au pire état où elles puissent être. Au pis aller nous y vivrons de ce que nou^s y trouverons. Au pià aller, nous reviendrons sur nos pas. — Pis aller s'emploie aussi substantivement. C'est votre pis aller. C'est le pis qui vous puisse arriver. Être le pis aller de quelqu'un. Être la personne à qui il s'adresse pour quelque chose que ce soit, lorsqu'il ti^a pas trouvé Une autre personne de qui il pût l'obtenir. Je ne veu^ pus être son pis aller. Je serai votre pis aller.

A l'article Pied nous avons demandé la suppression du tiret dans les locutions adverbiales haut-le-pied, de plain-pied; ici nous en réclamons remploi pour le substantif un ou le pis aller, comme on le met dans un à-compte, Vèhpropos, etc.

i»lss£^'Llt, s. m. Enfant qui pisse au Ut C'est un pissenlit. — ï^ourquoi, demàndera-t-on peut-être, l'Académie écrit-elle pissenlit et non pisse-en-lit, puisqu'elle écrit chie-en-Ht ? Noits pensons qu'ici comme pour un grand nombre d'autres mots c'est le désir, le besoin d'abréger qui a fait écrire en Un seul mot pissenlit, justaucorps, mordoré, vaurien, fainéant, etc., au lieu de pisse-en-lit, juste-au-corps, moredoré, vù/ut-rim, Jait^némtt. On aurait probablement aua» contracté chie-en-lit en chienlit si l'on n'aVait craint que Cette dernière va-

1. Quel rôle plàifi^ièd ïôïfipUt-il dans Cette phtasô » Il à «An* itm ûppartemeta MM de pièces de plain-pibd » *l Noos le ctoyotis SubStaMif t/imoi^ daî» dôliè-ci k tlya beautcaup de PLAIN-PIBD dans cette maison. » Ces deui phrases attïaient dû ètra rénliiM, id M ài'àrticle l^LAiM , au lieu d'ôtre placées dans deux paragraphes distincts.

riante m tût pppQOHOé^ comme d^Q^ le mot; chiendent, ou même qu'elle ne fût pas comprise.

pissieBiUT, s. m. Plaute à fleuri composées.,, dont les feuilles, i peu près eembl^bles à celle» de U chicorée, se m^iogeot eu sala(te^ quand elles sont jeunes et tendres. Une salade de pis9enim *, Où U nomme au^ Dmt-dfi-lion,'^ On voudrait trouver ici J'origine de ces deux noms pissenlit et dem^e^im- D^us lé Supplément de la première édition (1696) on lit du moins « Les Latins Tappelleut Urinorria, à cause de sa vertu diurétique; Dem leonis, parce qu'elle ressemble à une dent de lion. » Pour ceux qui ne savent pas le latin , il aurait fallu dire, dans la sixième édition « On l'appelle pissenlit parce que Teau dans laquelle on fait bouillir ses feuilles est fortement diurétique, c'est-à-dire qu'elle provoque les urines, et qu'ainsi elle expose à pisser au lit Jes enfants ou les personnes faibles qui en auraient bu une certaine quantité; — dent-de-Uon, à cause de la forme de ses feuilles. »

PIVERT, s. m. Oiseau du genre des Pics, dont le plumage est jaunâtre et vert. — Comme on. le voit par cette définition, l'oiseau dont il s'agit est up Pic sur le* plumage duquel le vert domine. Il y a des pics noirs, des pics rouges, des pics gris, etc. Puisqu'on ne dit pas des pinoirs, des piroiigeSj des pigris, etc., et que les naturalistes conservent le nom dans son intégrité {piç vert)^ pourquoi l'avoir dénaturé par une contraction * ?

PLAIDOIRIE. — Autrefois on écrivait plaidoyerie, X(oyene; aujourd'hui l'on ne met pas même un circonflexe sur Vi pour représenter Ve supprimé. Soiene a conservé son e médial, et nous ne doutons pas que l'^MCftdémie n'écrive également Corrwrie lorsqu'elle admettra ce mot.

PLAiNBRE..., avec le pronom personnel, signifie aussi, Témoigner son mécontentement de quelque chose, du mécontentement contre quelqu'un.... Il se plaint de ce qu'm le calomnie. Il se plaint qu'on Vait ca^owmV.— Non-seulement J' Académie ne nous fait pas connaître la différence de sens qu'il doit y avoir entre se plaindre dç ce qm et &c plaindre qm employé avec le subjonctif, mais encore elle omet une autre variante qu'elle donne ailleurs :

(à €Wyra) CeUe fwn/m «» Pi4WT OW «o» mwri a sépi plmmr^ foifi c<^lr#

(h Cnmai ) U sjs ^ ï^aint qu'o» a fait un chemin dans son champ, Lee grammairiens »e sont pas d'accord sur l'emplpi dp ces trois manières de s'exprimer.. Les uns veulent que se plaindre de ,çç ^ys et se plmndre que avec l'indicsitif soient synony»aes ç.t signiftsjnt Faire

1 . n serait peut-être nàeox d'écrire Une salade dfi pissbmjt { m «il»e*li^) çom«J8 onécïit un plat, une salade de dbnt-db-lion , de pourpier, de ,cm.QORÉB, cie -céleri. Nous en dirons autant pour salade de laitues, de raiponces, que l'Académie écrit tantôt au pluriel, tantôt au singulier. Voy. Amande.

%. La suppression du c dans pivert dénature bien plus le mo^ que e«Ue de Ve ou du t dans mflmififfn»f>^»fiflfM, vmm»f fammt, dont la prftnpnpAtipç V^'^st pas changée.

des plaintes, des reproches ; tandis que te plaindre que, avec le subjonctif, signifierait Blâmer, trouver mauvais ; — d^autres pensent que se plaindre de ce que signifie Faire des plaintes, des reproches; et que se plaindre que signifie Blâmer, trouver mauvais, quel que soit le mode employé, etc.

Après cela oserons -nous émettre une opinion différente? Nous croyons que se plaindre de ce que devrait s'employer quand le fait est avéré :

(à Plaindre) Il se plaiiIt i>b ce qc'oii le calomnie. (à Ouvrage) Ce domestique se plaint de ce Qv*il y a trop éPouvrage pour lui dans la maison.

Se plaindre que avec le subjonctif supposerait qu'il y a doute sur l'exactitude de la plainte :

(à Plaindre) Il se plaint Qc'on Tait calomnié,

(à Cadet) Ce lietUenant se plaint QO*on ait fait capit€tines plusiet^rs de ses oidets.

Se plaindre que avec l'indicatif se dirait d'une plainte portée en justice en donnant à la plainte une valeur précise :

(à Chemin) Il se plaint Qv'on a fait un chemin dtMS son champ. (à SéviR) Cette femme se plaii^ qce son mari a sévi plusieurs fois contre elle.

Ainsi donc si la plainte du domestique n'était pas fondée, il faudrait dire : Ce domestique se plaint qu'il y ait...; — si celle du lieutenant l'était, il faudrait : Ce lieutenant se plaint de ce qu'on a...

PLAISANT£E, v. n... Il s'emploie quelquefois activement. Ils l'ont tant plaisanté qu'il n'a pu y tenir. ^k la fin de cet article il faudrait ajouter : Plaisanté , ée , part.

PLANCH^iER. — Autrefois l'Académie écrivait grasseier et plancheier. Elle a converti Vi en y dans grasseyer; il est à désirer qu'elle en fasse autant à planchéier, pour supprimer une exception, puisque ce verbe est le seul de cette désinence qui prenne éier : on écrit barbeyer, brasseyer, grasseyer, langueyer, etc.

PLANTER, V. a... Prov. et fig., Tienne qui plante, sont des choux, et absolument, Vienne qui plante, arrive qui plante, se dit en parlant De quelque chose qu'on veut faire, au hasard de ce qui peut en arriver. — Nous acceptons telle quelle la locution Vienne ou arrive qui plante, pour signifier II arrivera ce qu'il pourra, ce qu'il voudra; mais nous avouons que nous ne comprenons pas du tout cette addition, sont des choux; il y a là une ellipse que nous ne pouvons réussir à compléter.

PLAQUER... Pop., Plaquer un soufflet sur la joue. Donner un soufflet. — Fig. et pop.. Plaquer quelque chose au nez de quelqu'un. Lui faire en face quelque reproche piquant. Il lui alla plaquer au nez que son père avait été laqums.

Nous nous demandons s'il est nécessaire de recueillir dans le Dictionnaire de l'Académie toutes les locutions bonnes ou mauvaises qui ont été prononcées par quelques personnes. Déjà à l'article Plautse

nous trouvons ... « Fig. et pop., Planter un soufflet sur la joue, au beau milieu de la joue de quelqu'un. Lui donner un^soufflet. — Fig. et fam., Planter quelque chose au nez de quelqu'un. Lui faire quelque reproche en face, lui dire quelque chose de désagréable. Il lui alla PLANTER au nez qus son père avait été repris de justice. Il ne cesse de me planter mon âge au nez » ; et il nous semble que c'était bien suffisant, d'autant plus qu'on a encore le verbe jeter, qui s'emploie dans le même sens; l'Académie dit, à l'article Nez : // me jette tovrjours mon âge au nez.

PLAT, ATE, adj... Vaisselle p^a^e^ Vaisselle qui est d'une seule pièce, sans soudure, par opposition à Vaisselle montée. Les cuillers, les fourchettes sont de la vaisselle plate. Il se dit particulièrement Des plats et des assiettes d'argent. On nous servit en vaisselle plate. Je préfère la porcelaine à la vaisselle plate.— \ l'article Vaisselle on lit encore « Vaisselle plate se dit aujourd'hui, plus particulièrement, Des plats et des assiettes d'argent, à la différence de la vaisselle de porcelaine, de faïence, etc. On sert chez lui en vaisselle plate. »

Si l'on dit de la vaisselle plate en parlant de l'argenterie, par opposition à la porcelaine, à la faïence, etc., c'est que plate, dans cette acception, vient de plata, mot espagnol qui signifie argent. Les cuillers et les fourchettes ne sont pas plus plates quand elles sont d'argent que quand elles sont d'étain, de fer ou de bois, et cependant ce n'est que lorsqu'elles sont d'argent qu'on les met au rang de la vaisselle plate. Il en est de même des assiettes creuses dont on se sert pour la soupe, et des plats d'une certaine profondeur qu'on emploie pour différents mets. Quant à la vaisselle d'or, dont il est parlé à l'article Vaisselle, si on lui donne le nom de vaisselle plate, c'est par extension; mais nous doutons beaucoup que les possesseurs de pareille vaisselle lui donnent cette dénomination.

PLAT, s. m... se dit aussi de Ce qui est contenu dans le plat. Un plat de viande, de légumes, de poisson, de gibier... Un plat de fruits. — Nous comprenons très-bien qu'on écrive Un plat de fruits, un plat de raisins, parce qu'on met fréquemment sur un plat plusieurs sortes de fruits : pommes, poires, pêches, etc., ou plusieurs variétés du même fruit : du raisin blanc et du noir, du chasselas et du muscat ; nous irions jusqu'à comprendre qu'on écrivît Un plat de viandeS, d'après ces vers de Boileau :

Sur 'un lièvre flanqué de six poulets étiques. S'élevaient trois lapins, animaux domestiques.

mais, à moins qu'il ne s'agisse d'une macédoine ou jardinière, il nous semble qu'on doit écrire Un plat de légume (au singulier); et encore pensons-nous qu'en parlant d'une macédoine on pourrait employer ce nombre, de même qu'on écrirait très-bien un plat de viande , de FRUIT, de raisin.

pi>ATiNE,s. m. Substance métallique un peu moins blanche que l'argent, inaltérable à Pair, très-fixe au feu, et plus pesante que Ton

Précédemment TAcadémie donnait à ce mot le genre féminin; nous présumons qu'elle Ta fait masculin pour que tous les noms de métaux fussent du môme genre, et il serait à désirer que ce principe de généralisation fût plus souvent appliqué. Voy. MmogA.— -L'Académie aurait . bien fait de dire que le platine était autrefois appelé or blanc, parce qu'il est à peu près du même poids (un 20» en plus) que Vov.-^Sv^b^ slance métallique était une expression très-convenable en 1762, dan« la quatrième édition, parce qu'alors on ne connaissait pafi ce niétal comme aujourd'hui; mais 11 nous semble que longtemps avant 1835 il avait été assez étudié pour qu'on pût lui donner la dénomination plus simple et plus précise de mélalj aussi bi^eo qu'à Tor, à l'argent, au cuivre, etc.

PLEIN, EiNE, adj... Tout plein, sert quelquefois d'adverbe de quantité., et alors il signifie Beaucoup^ On trouve tout. piiEiif de gens qui pensent,.. Il y a tout Phmia de fronde dam les rues. J'ai tout pi^eih de livres d'égarés. Vous dites qu'il n'y a pas de boutiques dans cette rue, il y en a tout plein. Il est très-familier.— Ces locutions, quoique fort usitées, nous semblent trop familières pour être admises dans le Dic<tionnaire de l'Académie.

PLOMB... A plomb,,, s'emploie quelquefois substantivement, et alors il ne forme qu'un seul mot. Prendre l'aplomb d'une muraille,,. — U serait utile de refondre ce qui est dit ici avec l'article Aplomb , afin de compléter l'un par l'autre les deux articles et de n'en faire qu'un seul.

PLURIEL) ELLE 9 adj. ( Quelques-uus écrivent p/e^mr^ et la plupart prononcent plurié.) — Dans ses précédentes éditions, l'Académie ne parlait pas de la variante plurier; bien qu'elle ait été employée par de célèbres grammairiens tels que ceux de Port-Boyal, on regrette de voir cette orthographe rappelée et la prononciation plurié presque recommandée, cax elles n'ont l'une et l'autre aucun fondement. De singukaris on a fait naturellement singulier; vm!splurali$.e}dge pluriel,

DS LA MAKQQE DU PLORIBL.

L'Académie écrit, des acaciaS, dahliaS, falbalaS, hortensiaS,lamaS, moxaS, opéras, pariaS, sofaS; et des alinéa, duplicata, errata; — DES vivat; — des récépissés, récipéS; et des aparté, auto-da-fé, avé, cicérone, fac-similé (à Figuré), mezzo-termine; — des spécimenS; — DES bonis, macaronis, paroliS, spahiS; et des alibi, concetti, laaTi, zani; — des déficit, accessit (quelques-uns écrivent aoccm/S); -^ des altoS, m>isoS, bravoS, dominoS, duoS, folioS, hidalgoS, imbroglios, musicoS, numéros, pianoS (à Accordeur)^ populoS, trioS, iertigoS, zéros ; et des ex-voto, in-folio, in-octoDo, in-quarto, qwpnoquo, solo;

quant k.qtnnteUô, elle lui donne le pluriel italien quintetti; •— dbs éMrê*9ùlS^ (à MezeANiivË); — des quatuor; — nés impromptu (quelques-uns écrivent impromptus) \ — des aruwS.. factotums, factumS, géraniums*, petuumS; et des post^scriptum.

On regrette qu'elle n'indique pas quelle doit être au pluriel Torthographe d'un assez grand nombre de mots tels que agenda, cochléaria, tibia, tréma, triplicata, visa; adagio, bobo, concerto, mémento, oratorio, pitzicato, soprano; confiteor; album, compendium, critérium, forum, nMkcimum, minimum, muséum, ultimatum, etc.

On s'étonne qu'elle ne donne pas la marque du pluriel aux mots alinéa, duplicata, aparté, concetti, lazzi, solo, comme elle le fait pour opéra, boni, macaroni, duo, trio, etc.

On ne comprend pas pourquoi elle n'ajoute pas, aux mots Déficit, Quiproquo, que quelques-uns (si ce n'est même un grand nombre) écrivent des déficits, des quiproquos, comme elle dit que quelquesuns écrivent des accessits, des impromptus; — pourquoi elle écrit dts Ure-téteS, et des serré-tête; — pourquoi Citron est le seul mot où pépin prenne la marque du pluriel dans cette définition fruit à pepinS, car aux mots Fauit, Pomme, Poiee, Orange, elle écrit fruit à pépin, et au mot Penh « urbre à pepi/n.

Enfin lorsqu'on examine de près le régulateur de notre langue, on est peiné de voir 1«3 Nombreuses distractions qu'il présente. C'est ainsi qu'aux articles Pomme, Raiponce, Violette, ces mots sont écrits au pluriel dans les pkrases Gelée de pommeS, salade de raiponces, poudre de violettes, tandis qu'à Gelée, Salade, Poudre, on les a mis au singulier : Oelée de pomme, salade de raiponce, poudre de violette; — et en revanche aux articles Framboise , Laitue , Limon , ces mots sont * écrits au singulier dans les phrases Conserve de framboise, salade de laitue, sirop de limon, tandis qu'on les trouve au pluriel à Conserve, Salade , Sirop : Conserve de framboises, salade de laitueS, sirop de limonS, etc. etc. \oj* Amande.

PLUS..., précédé de l'article Le, devient superlatif relatif... De ces deux sœurs la cadette est celle qui est le plus aimée, la plus aimée.,. L'astronomie est une des sciences qui fait le plus ou qui font le plus d'honneur à l'esprit humain.

Ces deux exeiïy[)les nous semblent demander une observation. Dans la première phrase nous pensons que la première variante est la meilleure : De ces deux sœurs la cadette est celle qui est le plus aimée, c'est-à-dire celle qui est aimée au plus haut degré ; mais si l'on supprimait celle qui est, nous préférerions la à le, parce que la comparaison serait plus marquée.-— Quant à la dernière phrase, l'Académie

1. C'eàt qufelC[irt chose «ans dont© qu'on ait donné le pluriel des mots enire^sol, fw-simile, pkmo, à Mbzzamimb, PiôURâ, ACûoRDBtm; mais ce n'est pas là seulement que ces indications devraient être mises, parce que personne n'ira les y chercher; il faudrait que l'Académie fit connaître régulièrement l'orthographe du pluriel à tous les mots qui présentent me difficulté sotts ce rapport.

ajoute, il est vrai, « le dernier (le pluriel font) est le plus usité »; mais Texpression nous paraît faible. Autrefois on n'aurait guère mis que le singulier après une des sciences qui, parce que sans rien examiner on aurait fait rapporter le verbe à une; aujourd'hui on fait le contraire, parce que la raison dit qu'il doit s'accorder avec des sciences, rejifesenté par qui. En effet « Vastronomie est une des SCIENCES QUI FONT^/e plus d'honueuv » signifie qu'il y a plusieurs sciences qui font honneur à l'esprit humain, et que l'astronomie est une de ces sciences; si l'on veut rapporter tout l'honneur à l'astronomie, il faut dire simplement a L'astronomie est la science qui fait le plus d'^honneur, ou Vastronùmie est celle des sciences'qm fait le plus d'honneur. » Nous croyons donc que l'astronomie est une des sciences qui fait... peut être considéré aujourd'hui comme une faute de grammaire.

PLUTÔT, ... en un seul mot, avec retranchement de Vs, marque préférence. Plutôt mourir que de faire une lâcheté.,. Il s'emploie aussi absolument : Je ne le sou/frirai point; je mourrai plutôt,.. Il n'eut pas plutôt dit, il n'eut pas plutôt fait' telle chose, qu'il s'en repentit, A peine eut-il dit, eut-il fait telle chose qu'il s'en repentit.

11 nous semble qu'il n'y a aucun rapport entre ces deux acceptions, et que la dernière exige plus tôt en deux mots : Il n'eut pas plus tôt dit, il n'eut pas plus tôt fait telle chose, qu'il s'en repentit; il s'agit ici de temps, et non de préférence. Il en est de même pour ces phrases : // ne fut pas plutôt sorti, qu'on le vit rentrer (au mot Rentrer); Vous n'avez pas été plutôt parti, qu'il est arrivé (au mot Partir). — On a malheureusement passé d'un extrême à l'autre : après avoir écrit plustôt dans les deux acceptions de temps et de préférence, on y a supprimé \'s, et dans sa quatrième édition l'Académie écrivait « Arriver plutôt. Un peu plutôt. » Il y a déjà un pas de fait vers le mieux, puisque dans ces phrases elle écrit aujourd'hui plus tôt en deux mots. Reste encore le sens de dès que, à peine, qui, ayant beaucoup plus de rapport avec plus vite qu'avec préférablement, demanderait plus tôt en deux mots ^

POÊLE, S. f. POÊLE OU POILE, S. m. POÊLIER, POÊLON, POÊLONNÉE.

— Dans tous ces mots, Vo et ïe ne se prononcent pas séparément; on dit poile, poilier, poilon, poilonnée, comme toile, toilier, voile, voilier, etc. Il serait donc convenable de transformer en i Vë qu'on y mettait autrefois, comme on l'a fait pour les mots coiffe, coiffer,

. 1. Sans doute il est des cas où l'on peut mettre à volonté pXui tôt ou phaôt; c'est l'intention de l'auteur qui doit décider. Ainsi l'on écrira : On oublie plutôt ( de préférence ) ou PLUS TÔT (plus vite) les bienfaits que les injures; et de môme : Mon compétiteur sera nommé membre de l'Institut plus tôt que moi, plutôt que moi, suivant que celui qui parle a en vue le moment ou la chance d'entrer à l'Institut. Mais dans les phrases « // n'eut pas plutôt dit, pas plutôt fait telle chose qu'il s'en repentit; il ne fut pas plutôt sorti qu'on le vit rentrer; vous n'avez pas été plvtôt parti qu'il est arrivé, etc. », il n'y a pas deux manières d'interpréter la pensée, et nous peraistons à croire qu'il faut y mettre plus tôt en deux mots.

COIFFEUR, COIFFURE, Car IV ne représente pas la prononciation. Déjà TAcadémie écrit Poêle ou Poile, sorte de fourneau.

poËME. (Dans ce mot et ses dérivés, o et Ê, ou é, forment deux syllabes en vers et dans le discours soutenu.)— Le tréma ne sert qu'à faire séparer dans la prononciation la voyelle qui le porte de celle qui précède ; il ne donne aucun accent à cette voyelle, et il devrait ne se mettre que sur Yi et Vu. L'accent, au contraire, réunit le double avantage de montrer que Ve qui en est affecté forme une syllabe distincte de la voyelle précédente, et d'en indiquer la prononciation. Il paraît donc hors de doute qu'il faudrait remplacer le tréma par un accent grave dans poème, paëte, comme on l'a déjà remplacé par un accent aigu dans poésie, poétesse, poétiqvs, poétiser, Pôétereau serait peut-être mieux écrit avec un accent grave : poètereau.

POIGNÉE. — A l'article Plein nous avons vu quelques locutions plus que familières; ici il en manque une très-généralement employée, c'est Donner une poignée de main*. En me quittant il m'a donné une bonne poignée de main. Sans doute on pourrait dire // m'a serré la main très-affectueusement; mais cette manière de s'exprimer nous semble un peu recherchée, tandis que la précédente est plus simple et peut-être plus énergrique.

POINT, adv. de négation. Pas, nullement. En voulez-vous? Je n'en veux point. Je ne doute point que cela ne soit. Ne voulez-vous point venir? Il n'a point d'argent. — A l'article Pas nous lisons : « Pas, adverbe de négation, qui est toujours précédé ou censé précédé de l'une des négatives Ne ou Non. Point, nullement. Je ne le veux pas. N'y allez pas. Je n'entends pas cela. »

On voit que ces deux négations ont bien du rapport entre elles, puisque point signifie Pas, nullement, et joas^ Point, nullement; en sorte qu'on les emploie souvent l'une pour l'autre , et qu'on pourrait dire, Je n'en veux pas ; je ne doute pas qus cela ne soit; ne vcfUlez-vous PAS venir?; il n'a pas d'argent; — et je ne le veitx point; vous n'irez POINT ; je n'entends point cela. Seulement il faut remarquer que point est plus exclusif que pas, car, comme dit Lemare, le point est plus près de la nullité absolue que le pas. Quand on dit qxVun homme n'a PAS d'argent, on donne à penser qu'il en a peu ; si l'on dit qiïil n'en a POINT, c'est qu'il n'en a pas du tout. Ainsi les expressions ye n'en veux pas; je ne doute pas que cela ne soit; je n'entends pas cela, nient moins formellement que Je n'en veicx point, je ne doute point qite cela ne soit, etc. ; vous n'irez pas exprime une défense moins positive que vous n'irez point. On peut voir par là qu'il doit y avoir des phrases où point n'est pas le mot propre , parce qu'il est trop

1. En parcourant le Dictionnaire nous voyons cette expression au verbe Donnbr, mais ce n'est pas là qu'on songerait à la chercher. Voilà l'inconvénient de mettre certaines locutions ailleurs qu'aux mots où le lecteur s'attend à les trouver : si elles ne s'y rencontrent pas, il est persuadé qu'elles ne sont nulle part. — D'autres y ont été trompés comme nous.

absolu; c'est lorsqu'il suffit de la simple négation, conune dans celles-ci :

(à Laitièrb) La laitière n'est point encore venue.

(à Sel) Us ne mangeront point un minot de sel ensemble.

(ài)oiniA6E) C'est dommage que ixms n'ayez point a^ris cela plus tôt

(à Sédentaire) Cet homme ne fait point assez d'exercice, il est trop se" dentaire.

(à Passer) Des bas qui ne passent point le genou.

(à Renvoi) Il y a dans cette minute des renvois qui ne sont point parafés.

Peutrétre nous dira-t-on que dans ces deux derniers exemples on a mis point afin d'éviter la rencontre de vissent pas, pas vkrafés; nous l'acceptons, bien que pas nous semble meilleur grammaticalement parlant, mais il n'en egt pas de môme dans les autres, et nous savons qu'en France il est des localités où l'emploi de la négation point est une affaire de prédilection.

Mais il est une autre question plus importante encore au sujet de l'adverbe point, c'est l'emploi du nombre dont on doit le faire suivre. L'Académie a laissé une grande lacune sous ce point de vue, car nous aurions eu besoin d'un certain nombre d'exemples, et le seul qu'elle nous donne est précisément contraire à la règle qu'il faudrait suivre : Il me dit souvent qu'il me payera; mxiis pour de V argent point de nouvelles. Nous pensons qu'il faudrait : pas de nouvelles, ou point de nouvelle, au singulier.

En effet, en partant du principe ci-dessus, que point exprime une nullité à peu près absolue, il nous semble que le substantif qui suit point doit toujours être au singulier, et qu'avec pas on doit mettare plutôt le pluriel. Or c'est précisément le contraire que PAcadémie a fait à l'article Peupler, où elle dit « Il n'y a pas de poisson qui peuple autant que la carpe ; Il n'y a point rf^ animaux qui peuplent tant que les lapins, » A ce dernier exemple nous avons opposé celui qu'on trouve à l'article Foisonner , // n'y a point rf^ animal qui foisonne avrtant que les lapins, qui nous semble bien préférable sous deux rapports, mais où nous aimerions mieux voir lapin au singulier comme le mot animal *. Voici d'autres phrases où l'Académie a mis aussi le singulier :

(à Exemple) Il n'y en a point ({'exemple.

(à Héritier) Sa femme ne lui a point encore donné (^'héritier.

Id. Ce prince n'ayant point laissé ^'héritier , ia couronne /W dévolue à son frère.

Partout ailleurs nous avons trouvé le pluriel :

(à Affamer, Oreille) Ventre affamé n'a point d'oREOLES. (à Cérémonie) Ne faisons point de cérémonies.

1. Ce rapport de nombre a été observé dans les deux phrases de l'article Pbdplbr : on j a mis poisson et carpe au singulier, animaux et lapins au pluriel; mais. elles nous semblent p^her sous le rapport du nombre employé après pas et point.

(h Dk) Il n*a ponrr tué d'BWiiiiiS. — PTavêi'ixms powt ^TbifantS?

(à Dire) Hfureuœ q^i peut se dire. Je n'ai point d'EmuMiS.

(à FAUTg) A la guerre U n'y a pouit de petiteS paoteS.

(à Ioée) Cet auteur, cet artiste manque d'idées, n'a.poiziT d*wtM&.

(à CEil) Un fromage qui n'a point c^'yecx.

(à Pratiquer) H n'y avait point de garde-robeS dans cet appartement, on

a trouvé le moyen d'y en pratiquer, (à Suite) PTavoir point de suite, N'avoir point (I'CnfantS ni de procheS

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