‹ Errata du Dictionnaire de l'Académie françaiseChapitre 33 sur 55 · COMME OU PARCE QUE · texte numérisé non relu

COMME OU PARCE QUE

(à Aujourd'hui) Aujourd'hui qdHI est puissant, il pourra vous servir, (à Maintexant) Maintenant que nous sommes seuls, je vais vous parler

librement, (à Présent) A présent que^ je suis en meilleure santé, j'irai vous voir.

Si notre interprétation est exacte, on devrait trouver des exemples de ces locutions, comme elliptiques, ici ou aux articles PursquE, Parce QUE, etc. — En voici deux qu'on lit à l'article Savoir, et dont on désirerait avoir la phrase complète :

Que sait-on ce qui arrivera?

Que sait-on s'il le voudra?

Ici le QUE serait-il employé par redondance, comme dans

« (à Que) Que s'il m'allègue,,. Que si vous m'objectez,,, » ? Dans cet article nous voyons que employé explétivement dans plusieurs expressions : Si fêtais que de vous. Cela ne laisse pas que d'élre inquiétant. Que sHl m'allègue,,. C'est une belle chose que de garder le secret, etc.; mais nous n'y trouvons pas d'exemples où il ait été supprimé par ellipse*. Après ces phrases « Que je meure si cela n'est pas vrai l Qu'il parte tout à l'Jieure ! etc. », il aurait fallu en mettre quelques-unes dans le genre de celles-ci :

(à Dieu) Dieu m'en garde, — Dieu m'en préserve, — A Dieu ne plaise, ; Id, Dieu soit loué ! nous voilà délivrés de cet importun,

(à Arder ou Ardre) Le feu saint Antoine* vous ardel

1. Queiq.ies personnes sont disposées à donner au queàe ces trois phrases le sens de où; mais nous croyons qu'elles se trompent, car les Latins diraient nunc qutim.

2. Au lieu de supprimé par ellipse, nous dirions ellipse si l'Académie le permettait. Voy, Bllipser.

3. Aux articles Feu, Saint, on trouve feu Saint' Antoine ( grande S et tiret). Nous croyons cette orthographe-ci préférable, à cause du de supprimé : rAcadémie écrit de même vtul SaiM'^ean, feu Saint-'Elme, et non saint Jean, etc.

Quelquefois on sous-entend que celui, comme dans ces phrases^ : (à Bois, Fedille) Qui a peur de? feuilles n'aille point au bois, (à Morveux, Modcher) Qui se sent morvsux se mouche. (à Savoir) Qui ne sait pas son métier, l'apprenne ou le quitté.

Enfin il nous semble que TAcadémie aurait dû faire connaître dans cet article la valeur de que dans certains proverbes tels que ceux-ci : Coûte QUE coule. Vaille que vaille. Fais ce que doiSj advienne que pourra, elc,

QUELQU'UN, UNE, S. Un, Une entre plusieurs. Nous attendons des hommes, il en viendra quelqu'un, — Dans cet exemple, quelqu'un peut-il être réellement considéré comme substantif? n'est-ce pas plutôt un pronom ? On pourrait mieux l'appeler substantif dans les phrases suivantes, où l'Académie dit qu'il est employé absolument : Quelqu'un m'a dit, Il viendra quelqu'un. J'attends quelqu'un, parce qu'en effet ici quelqu'un signifie Une personne. Voy. Rien.

QU'EN-DiRA-T-ON, S. m... 5e moqucr du qu'en-dira-t-on. Se mettre au-dessus du qu'en-dira-t-on. Mépriser le qu'en-dira-t-on. — Aux articles Dire et On, nous voyons sans tiret entre qu'en et dira-t-on les deux premiers de ces exemples, plus les suivants : Braver le qu'en DiRA-T-ON, Être sensible au qu'en dira-t-on. Nous croyons utile de mettre le tiret.

QUEUE... Queue en catogan. Celle qui a été coupée très-couRT, près de la racine. — Ce nouvel exemple semble confirmer ce que nous avons dit à l'article Court, qu'après les verbes couper, tailler, elc, ce mot doit rester invariable, surtout si le substantif auquel il se rapporte est du genre féminin. Voy. Court.

QUEUE... Prov. et fig.. Prendre le roman parla qv^eus. Avant le mariage, vivre maritalement.-^ N'y a-t-il pas ici une transposition typographique? Il nous semble qu'il fallait dire : « Vivre maritalement avant le mariage » ; autrement, c'est prendre le roman par la queue en fait de construction.

QUI, pronom relatif. L'homme qui raisonne. La femme qui a soin de S071 ménage.,, — On est surpris de ne pas trouver dans cet article des exemples de qui se rapportant à un pronom qui ne le précède pas immédiatement. En voici que nous avons pris ailleurs : (à Voici, Voilà) Le voici, le voilà qdi vient. (à Démon) // est là qui fait le démon.

(à Renier) Je l'entendais qui reniait et blasphémait, (à Venir) Je le rencontrai qui venait de Rome.

Il aurait été d'autant plus utile de donner ici quelques exemples semblables, que dans certaines localités on dit qu'il au lieu de qui : Le voici qu'il vient, etc.

' QUIBUS. (On prononce Cuibusse.)'—Y a-t-il quelque différence dans ces trois prononciations figurées diversement « Blocus, on prononce rS; Chorus, on prononce koruce; Quibus, on prononce cuibusse » f

QUIDAM, QiTiDANE, S. (Oïl prononce Kidan.) — C'est une chose assez bizarre qu'un mot qu'on ne francise qu'à moitié. Quidam conserve sa forme latine, et cependant non-seulement on le prononce à la française, mais encore on lui donne un féminin formé irrégulièrement. Nous nous joignons à ceux qui proposent d'écrire quidan pour faire disparaître ces inconséquences.

QUIÉTUDE. — Comment faut-il prononcer ce mot, ki-ëlude on ciciétude ? Jamais nous n'avons entendu la première de ces prononciations, et cependant il semblerait que c'est celle que veut l'Académie, car au mot Qdiet elle dit « On prononce eut dans ce mot et les deux suivants », c'est-à-dire dans Quiélisme et Quié liste; Quiétude se trouve le troi^ème.

QUINTUPLER. Rendre cinq fois plus grand, multiplier un nombre par cinq. — Au mot Quintuple , l'Académie dit fort bien « Qui vaut cinq fois AUTANT » , et non , Qui vaut cinq fois plus. Il fallait donc définir QUiNTUPLE-R, Rendre ci?iq fois aussi grand; ou quatre fois plus grand.

Dans quintupler la première syllabe doit-elle ou non être prononcée cuin comme dans quintuple f

QUINZAIN. Terme indéclinable dopt on se sert au jeu de paume, pour indiquer que les joueurs ont chacun quinze. Ils sont quinzain. Nous sommes quinzain. — Il serait à désirer que l'Académie s'abstînt d'employer des locutions hors d'usage, et le mot indéclinable est aujourd'hui de ce nombre quand on parle de mots français. A l'article Indéclinable nous lisons : « Il se dit quelquefois des mots qui ne reçoivent pas les signes du genre et du nombre. Participe indéclinable. Mot, particule indéclinable. Dans ce sens, on dit mieux, Invariable. » Voyez Bien.

QUIPROQUO... Cet homme fait saris cesse des quiproquo. Les quiproquo d'apothicaire sont dangereux. — Si l'on mettait deux tirets dans ce mot pour en rappeler l'étymologie, il serait très-bien de le maintenir invariable ; mais nous croyons que, tel qu'on l'écrit maintenant, il est tombé dans le langage vulgaire et qu'il doit prendre la marque du pluriel. Au reste c'est ainsi qu'on l'écrit généralement.

QUOTE, adj. fém. II n'est usité que dans cette locnixon. Quote-part, La part que chacun doit payer ou recevoir, dans la répartition d'une somme totale. Il doit payer tant pour sa qv^te-part. Il lui revient tant pour sa quote-part. Voyez Cote.

Nous avons ici deux remarques à faire : 1*» Comme le mot quote ' n'existe plus isolément depuis deux cents ans au moins, il nous semble qu'il aurait été mieux de dire : « Quote-part, s. f. La part que chacun.... Il doit payer tant pour sa qv^ote-part. Il lui revient tant pour sa qiu)te-part. Le mot quote, employé seul, s'écrit maintenant Cote. » — 2° Nous dirons que dans cet article et à Quotité , Cotisation, le mot quote-part est écrit avec un tiret, mais qu'à Part et à Payer ce tiret est omis (Quote part. Voyez Quote. Payer sa quote part ) .

R, s. f. et m... « R double se prononce comme si elle était simple, excepté dans Errer, abhorrer, concurrent, interrègne, narration, terreur, torrent, et quelques autres ; dans la plupart des mots qui commencent par ir : Irrégulier, irrévocable ; ainsi que dans le futur et le conditionnel des verbes acquérir, mourir, courir et ses dérivés : f acquerrai, je courrai, je mourrai ; j'acquerrais, etc.

Au mot Concurremment, T Académie dit « On prononce concurron ment » ; mais elle ne dit point que dans concurrence, concurrent, on doive prononcer les deux r. — Au mot Irrachetadle, elle dit •« Dans ce mot et dans les suivants, on prononce les deux R » , et cette règle paraît être sans exception pour les /i8 mots qui suivent, puisqu'elle ne dit le contraire à aucun de ces mots. Cependant puisqu'on lit plus haut : « Dans la plupart des mots qui commencent par ir », il semble qu'il doit y avoir des exceptions, et il aurait été bon de les indiquer. — Aux mots terreur, torrent, elle ne dit pas de prononcer les deux r; est-ce une omission? — Nous croyons qu'aux verbes acquérir, mourir, courir et ses dérivés {accourir, concourir, discourir, encourir, parcourir, recourir, secourir)^ il faut ajouter conquérir, s'enquérir et requérir, qui prennent aussi deux r au futur et au conditionnel : je conquerrai, je m'enquerrai, je requerrai; je conquerrais, etc.

RABDOAIANCE OU RABDOMANCIE *. — Robdomance est-il plus usité que Rabdomancie, que l'Académie met le dernier? Nous ne le croyons pas, et conséquemment nous pensons que Rabdomancie devrait occuper la première place. Il nous semble aussi que l'Académie aurait dû éèrire rhabdomancie et rhabdommice, conformément à l'étymologie, car ces mots, presque inconnus, ne sont point du domaine public.

RABÊTIR, V. a. Rendre bête, stupide. Vous rabêtlssez ce garçon-là à force de le maltraiter, — Il s'emploie aussi neutralement, et signifie Devenir bête. Il rabêtit de jour en jour.—k la lettre A nous lisons : « Abêtir, v. a. Rendre stupide. Vous abêtirez cet enfant. — Il est aussi neutre, et signifie Devenir bête. // abêtit tous les jours. »

Nous avons en français plusieurs verbes où l'addition de la particule re ne change rien à la signification primitive; ainsi l'on dit indifféremment Accourcir ou raccourcir une robe, un manteau, un bâton; Allonger ou rallonger un habit, une jupe, une table, etc.; mais parfois cette particule a quelque chose de choquant, et nous croyons qu'il en est ainsi pour rabétir, où d'ailleurs elle n'est d'aucune utilité, puisque l'Académie donne à ce verbe la même valeur qu'à abêtir.

l. L'Académie met acromancie, œnomancie, sans variante; — cWromanrf*, quelques-uns disent cliiromance; — géomance ou géomancie; nécromance ou iiécromancie; oniroînance ou oniro}nancie; omithomance ou ornithomancie; rabdomance ou rabdomancie; — puis, c/rfromancien, s. m. ; — géomancien, ienne, s. ; — nécromancien, néyromtncient ienne, s. — Les autres mots, aéromancie, œnomancie, géomanee, etc., n'ont pas do corrélatiC

lU^K. — L'étymoiogie de rdhle ïtr demande point l'accent que PAiSftdéQiie y B\%t aujourdlvuî et qu'eUe n'y mettait pas autrefûig^ dans râle et mji*f, le cireontlexe représente, il est vrai, nne ^s supprimée; mai&. cet accent étant devenu une aifaipe de fantaisie, puisqu'on le met sans quil y ait de lettre supprimée et que souvent on ne le met pas malgré te suppressions cle lettres , il vaudrait beaucoup mieux ne pas avoir une orthographe qui varie à chaf[ue mot Nous en disons autant pour râteler, râper, racler, ruimer, elc^ûoat \m deux premiers seulement preu tient un accent.

rAblu. — L'accent nous paraît être encore moina utile dans ce niot que dans réfdtfj puisque la syUabe finale n*est pas muette.

HABiitC^iURf V, n. Leë grandes gelés st font raèaut/rir le jemw boU. T^ 11 s'eiïijiilaie aussû' avec le proootn piarsonneL Qu4ind lei^ rm^mes. t</uelwM l& lufj. heé ^rbvm se raèougrLneni.

Il nous semble évident que Tem^ploi «le ce verh^ avec le ^r^om personnel devrait précéder rautre, où qb pronom estaupprïaé par ftllipse : fmre rabougrir ^. dit potiv faire se rukQUi^Hrj, comme faire ÀfeB N o u r L Li K ^ fit ire i^ ca (Mî le r , etu . , si^ dise n t po u r fa ire s ' a(j^ r nchi r l- MR, faire s'éCROçiBft, eite^. Yoy, ÉUrfOcwBR.

BAOï^AGE, s. m. Déeoction d'éegreQ de fe^lHos ^ nQy<^r, ^ OQ^i^ves de noix, propre pour la teinture* ^'JÉ^^Memiveojli il y 94 uae to^e d^ns cette définition, car les feuiUes de ^oyer a'oat inas uae écorca qu'on enlève pour en faire le rac^ioâ^ev itfaua pfé^UJaions qu'a^^èa écorce il faut ajouter une virgule ou peut>»^tF« le mot ov^

RADIS, s. m... Dëjetmer AVEQ dw bewrfe e^ de» radis. — A l'article Matin on lit également : « It déjeune tou^ les^ mtttms avec du chocolat » ; mais on trouve ailleurs :

(à Collation) Il fait œllation n'une pomme,

(à Déjeuner) Déjeuner D^un pâ;té.

(à Dîner) Dîner D'un poulet, D'un morceau de bœuf.

On se demandera sans doute si l'on peut dire indifféremment dëjeuner de et déjeuner avec du... ; et l'on sera tenté de répondre affirmativement, puisque l'Académie donne plus d'un exemple de l'un et de l'autre* Cependant il n'en est point ainsi, et les grammaires proscrivent l'çmplQi d'avec. Serait-ce pour empêcher une équivoque dans le cas où l'on dirait Déjeuîj^er avec un perdreau, dîner avec un poulet, comme on dit Déjeuner avec un ami, dîner avec son chienfQxjiOi qu'il en soit, les. phrases déjeuiier avec du chocolat, avec du beurre et des radis, ^'étaient pe^s ds^ns les précédentes éditions; mais nous ignorons si l'Académie a voulu protester en 1835 contre la règle des grammairiens.

RAGRÉMENT. Action de ragréer (mettre la dernière main à) un ouvrage, ou le résultat de cette action. — Ce mot devrait s'écrire ragréement, avec deux e comme l' infinitifs Ragrément n'est pas le réduplicatîf d'agrément; et les dictionnaires qui donnent un substantif au verbe dé gréer disent dégréement et non dégrément.

RAIS 9 S. m. ^h,,: Il y a un rais rompu à ceUe roue. Remettre un rais à une roue. — Nicot écrivait un ray, et il avait raison; le radieal de rayon, rayonnement, rayonner, etc, est rai et non rais, comme le radical de balayer, essayer, étayer, est balai, essai, étai, et non balais, essais, étais. Voy. Relai.

RAMOMAGE , RAMONER , RAMOBTEUR. — Ces mots, qui Viennent de ramon, balai , devraient prendre deux n, comme serm^onnaÀre, sermonner, sermormetir.

RAPATRIAGE OU RAPATRIEMENT... Ces deux mots sout familiers.

— Il nous semble que rapatriage est plus que familier, qu'il est presque de mauvais goût, et qu'il aurait dû être placé après rapatriement.

RAPPELER... signifie, figurément. Faire revenir dans la mémoire... Rappeler quelque chose dans sa mémoire. Se rappeler quelque chose dans la mémoire, ou simplement et mieux. Se rappeler quelque chose.

— Plusieurs de ceux qui ont appris dans leur grammaire qu'il ne faut pas dire se rappeler de quelque chose, je m^EV rappelle bien, en concluent que se rappeler ne doit jamais être suivi de la préposition de, et qu'en revanche se souvenir, se ressouvenir ne doivent jamais avoir pour complément que ou toute autre expression qui semble être un régime direct. Nous croyons devoir les désabuser en leur présentant les exemples que donne l'Académie :

Je me rappelle D'cwotr vu, D'auotr fait telle chose. Je me rappeUe qu'il m*a conté cette histoire» Je ne me souviens pas Qu'ii m'ait dit cela.

Je ne me souviens pas S'il y était, S'il y est venu. Je ne me souviens pas quand cela est arrivé, comment cela s*est fait, pourquoi il a fait cela, ol cela s*est passé.

Je ne me souviens pas qui me l'a dit.

Bessouvenez-vous que vous m'avez promis de venir me voir. Ressouvenez-vous (considérez, etc.) que celui qui vous parle est le fUs de votre meilleur ami.

Ri^PSODE, s. m. T. d'Antiq. grecque.— Comme rabdomancie, ce mot devrait s'écrire avec rh, conformément à son étymologie grecque.

RAQUETTIER. — Il faudrait ramener à la règle générale aiguilletlier, lunettier et raquettier, et les écrire avec un seul t comme buvelier, charretier, gazetier, vergetier, etc. Voy. l'article Réddplication. RASER, V. a... Un perruquier qui tase bien, qui rase mal, qui ne rase pas d'assez près. — N'est-ce pas plutôt « qui ne rase pas assez près » qu'il faudrait? Il nous semble qu'il faut dire Rasez-moi près, BIEN PRÈS, c'est-à-dire près de la peau, et non rasez-moi de près*,

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