‹ Errata du Dictionnaire de l'Académie françaiseChapitre 34 sur 55 · L'Académie dit encore · texte numérisé non relu

L'Académie dit encore

(à Tondrr) Pig. et fam., Tondre la brebis de trop pràs, Mettre des impâts trop lourds sur le peuple.

Id. Tondre.''., signifie Couper les cheveux de PRàs avec les ciseaux, mais à l'article Moucher nous trouvons un exemple qui semble confirmer notre opinion :

Vous avez mouché cette chandelle trop court, trop près ( et non , de trop près). Ces locutions Couper, moucher, tondre près ou de près devraient se trouver à l'article Paèa.

puisqu'on ne peut pas raser de loin. Au contraire on dit très-bi^i vùir de prèSj comme on dit voir de loin; mais chacun sentira qu'il n'y a aucun rapport entre voir et raser et que l'adverbe ne peut pas être le même»

RATION 9 s. f. — Gomment se fait-il que le verbe rationner ne se trouve paâ» dans le Dictionnaire de l'Académie? C'est un mot qu'on emploie tous les jours dans le sens propre et au figuré. On rationne LES PASSAGERS sur uu naviro où les vivres manquent; un père ra- TiOKVR pour l'argent son fu.& qui fait trop d^ dépense, etc.

B«.o On peut donner à beaucoup à» verbe», surtout dans le langage familier, une signification itérative, en les faisant précéder de la particule Re. Rebroyer, recarreler, recrotter, redémolir , redessiner , refeuilleter, refiger, regeler, regreffer, relimer, remanger, renoircir, remprunter, réinterroger, ele,. Broyer de nouveau, carreler de nouveau, etc* Plusieurs des mots ainsi formés ne se disent guère que dans des phrases où on les joint à ceux dont ils dérivent. Avant d'acheter ce vin, il l'a goûté et regoûté. H gonti: et regonte toujours la même histoire. Je chantais et reghantais son air favori. Il serait inutile de réunir dans un dictionnaire tous les mots qu'on est libre de former avec la particule Re; nous nous bornerons à indiquer ceux qui sont consacrés par l'usagis.

Il est fâcheux que dans la citation des verbes et dans les exemples qu'elle donne, l'Académie n'ait pas introduit un seul des verbes qui présentent une diflGiculté réelle sous le rapport de la réduplication de rs. Plus loin on trouve, il est vrai, les verbes ressaigner, ressaisir, ressasser, ressauter, ressortir, ressouder, ressouvenir, ressuyer; mais cette liste est bien incomplète, et de plus nous croyons qu'en général on ne double pas l'S dans les verbes à signification itérative, lorsque ceux dont ils dérivent sont exprimés dans la même phrase. Ainsi l'on écrit : Ce pauvre malade a été tellement saigné^ô^ resaigné qu'il en est mort; Il m'a salué et resalué; // a sauté et resauté pardessus la corde; Cet acteur a été sifflé et resifflé ; Cest inutilement que j'ai sonné et resonné, personne n'a répondu. Nous trouvons même dans quelques-uns des grands dictionnaires du jour resaluer, resiffler, resonner, pour signifier Saluer, siffler, sonner de nouveau.

REBÉQUER (SE). — Voy. AbECQUER.

BEBORDER, V. a... Reborder une jupe, v/ne robe, des souliers, etc. — Rebordé , ée , participe.

D manque ici l'explication des oreilles rebordées, comme à Ourler celle des oreilles ourlées, qu'on trouve à l'article Oreille.

REBOUILLIB, V. u. — L' Académie donne au verbe bouillir un participe faisant les fonctions d'adjectif m De la viande bouillie. Des châtaignes bouillies, » Il nous semble qu'il fallait en donner également un au verbe rebouillir, car on doit pouvoir dire De la viande

BOUILLIE et REB0UILLIB , CtC.

RE€EZ, S. m. T. de Droit public, relatif aux diètes de rEmpfire. L'acte où, avant qu'une diète se sépare, on recueille et Ton rédige les délibérations qu'elle a prises. Recezde l'Empire,— Ji^ons présumons qu'il faut lire Reçès. Autrefois l'Académie écrivait abscéSj accès, excès, progrès, etc.; mais elle mettait un jz- à congrez, procez, succez, etc.; aujourd'hui tous ces mots se terminent par es (abcès, accès, excès, progrès; congrès, procès, succès, etc.), à l'exception de recez, qui sans doute a été oublié dans la réforme parce qu'il est moins usité.

RECOMPTER. — Ajoutez « On ne prononce pas le P. » Voy. Escompte.

RECONNAISSANCE... sc dit cu o,utre d'un acte par écrit, pour reconnaître qu'on a reçu quelque chose, soit par emprunt, soit en dépôt... — Il manque ici une expression qui malheureusement n'est que trop usitée : Reconnaissance du mont-de-piètè.

RECOUVRANCE,s. f. Vieux mot qui signifiait Recouvrement , action de recouvrer. Il n'est plus employé que dans cette dénomination , Notre-Dame de recouvrance. —On se demande : Qu'est-ce que Notre- Dame de recouvrance ? comme à Liesse : Qu'est-ce que Notre-Dame de liesse ? Quelle a été l'origine de ces noms? Il aurait peut-être suffi dç trois ou quatre lignes pour donner au lecteur un renseignement qu'il ne sait où chercher.

RECUEIL, RECUEILLEMENT, RECUEILLIR. — Ajoutez « Prouoncez rekeuil, rekeuillement, rekeuillir. » Voy. Accueil.

RECULONS (À)... Les ècrevisses vont à reculons. — En lisant cet exemple on est tenté de croire que les ècrevisses ne marchent qu'à reculons, et il est toujours fâcheux de perpétuer les erreurs. Il aurait fallu dire, comme au mot Écrevisse, que selon l'opinion vulgaire ce crustacé va presque toujours à reculons; là du moins il y a deux correctifs.

REDDITION, s. f. — Ajoutez : On prononce les deux D.

REDESCENDRE, V. n. Descendre de nouveau. Il est remonté dans sa chambre, il va redescendre. Le baromètre redescend. — Il est aussi actif, et signifie Oter de nouveau d'un lieu élevé. Redescendez ce tableau.

L'Académie a omis une acception très-usitée du sens actif : Redescendre une montagne, un escalier, des degrés, une rivière, etc.

REDONDANCE, S. f. (Daus cc mot et dans ses dérivés, bien des personnes écrivent et prononcent fîe.)— Nous aussi nous croyons que re est préférable à ré, et que l'Académie aurait mieux fait de supprimer l'accent. Est-ce bien à la majorité des voix qu'elle a joint la sienne?

REDOUTER, V. a. Craindre fort. — Ce verbe peut-il ou non être suivi de de, de que : Il redoute beaucoup de passer l'hiver à la campagne. Je REDOUTE Qu!t7 n'apprenne ^ cette fatale nouvelle sans y avoir

1. Nous avons cru devoir mettre la négation comme on le fait après craindre, dont redouter est un augmentatif. Cette difficulté grammaticale était une raison de plus pour que l'Académie donnât un exemple du verbe redouter suivi de que.

été préparé. Si ces deux locutions redouter de, redouter que, sont bonnes, il faut répfarer l'omission de l'Académie, qui n'a mis que des substantifs pour compléments du verbe.

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