RÉDUPLIGATION DES CONSONNES L, T, AU MILIEU DES MOTS
Dans la désinence ellerie l'Académie met généralement deux l; elle écrit : boissellerie, clmncellerie, chapellerie, coutellerie, hôtellerie, oisellerie, tonnellerie, etc. Il n'y a que deux exceptions : grivèlerie, qui prend un è, et hourrelerie, qui a une seule / et un c muet.
Pour la désinence etterie, au contraire, il n'y a que trois mots qui doublent le t : coquetterie, escopetterie, tabletterie; les autres n'en prennent qu'un ; bonneterie, briqueterie, buffleterie, caqusterie, grèneterie, louveterie, marqueterie, mou^queterie , paneterie, papeterie, parqueterie, pelleterie, etc.
Cette contradiction est fâcheuse, et il nous semble que l'oreille demande la réduplication du t comme celle de 1'/.
L'analogie avec les mots boisselier, chancelier, chandelier, chapelier, coutelier, hôtelier, sommelier, tonnelier, oiselier et oiseleur, chapelain, châtelain, gabeleur, etc., qui ne prennent qu'une l bien qu'on en mette deux dans leurs corrélatifs boissellerie, chancellerie, chandelle, etc., ne devrait-elle pas faire supprimer une l dans cannellier, ficellier, prunellier, vermicellier, etc. ?
Et de même, l'analogie avec bonnetier, buvetier, chainetier, charretier, gazetier, layetier, noisetier, vergetier, etc.} ne devrait-elle pas amener la suppression du second t dans aiguillettier, lunettier, rorquettierf — On laisserait les deux t dans brouettier, à cause de la syllabe sourde qui précède.
RÉFLÉCHIR... Fig., en Grammaire, l'action du verbe se réfléchit sur le sujet. Exemples : Je me repens. Vous vous moquez. Il se tour-, mente. Etc. Le verbe alors s'appelle Verbe, réfléchi.
Il nous semble que pour des choses distinctes il faudrait employer des noms différents. Suivant nous, les verbes qui se conjuguent avec les deux pronoms de la même personne sont de deux sortes : les verbes réfléchis, dont l'action retombe sur le sujet lui-même, et dont le participe reste invariable ou s'accorde suivant que le régime direct est après ou avant, comme dans les verbes actifs : Elle s'est blessé la MAIN, elle s'est brûlé le pied; elle S'est blessée à la main, elle S'est BRÛLÉE au pied. C'est à cette classe qu'appartient le verbe se tourmenter : Ils se sont tourmenté le corps par les remèdes; ils se sont TOURMENTÉS à chercher un expédient pour sortir d'embarras, — Dans ' les verbes que nous appelons essentiellement pronominaux, l'action, suivant nous, ne retombe pas sur le sujet; tels sont se moquer, se repentir, se méfler, etc. Nous les appelons ainsi non -seulement parce
qa'iis se conjuguent ayec les deux pronoms dd la même p w a o n ne^ mais encore parce que le participe s'accorde toujoiErs en ^enreM en nombre avec le sujet du verbe. Elle à'est moqués de noua. îLsseMtU REPENTIS de leur faute. Elles se sont méfiées de vos intentions. Cette règle ne présente qu'une seule exception, h verb# S'arrçg^ : Ils ou elles se sont arrogé nos droits, Les droits Qu^elle s'est arrogés. Ce verbe, qui ne peut pte se conjuguer avec un seul pronom, «mit, oomme on le voit, la règle des verbes actifs.
L^Académie dit, un peu plus bas : « Fîg., en Grammaire, Verbes réfléchis. Les verbes pronominaux exprimant une action ou un état qui ne se rapporte qu'au sujet du verbe. » Cette définition n'est pas & la portée de tout le monde; pour ^re bien comprise elle aurait besoin d'être éclaircie par un ou deux exem^îles. Nous devons donc renvoyer le lecteur à ceux que nous venons de donner.
Quant à ce qu'elle ajoute « Quelques grammairiens appellent Pronom réfléchi de la troisième personne, le pronom Se, soi, qui sert à la conjugaison de ces verbes » , il nous semble qu'on pourrait tout aussi bien appeler Pronoms réfléchis de la première et de la seconde personne les pronoms Me, moi; te, loi, car Tes verbes réfléchis, comme les verbes essentiellement pronominaux, se conjuguent aux trois personnes du singulier et du pluriel. Voy. Pronominal.
REFLEURIR, V. u. Fleurir de nouveau. Les orangers; après avoir porté des fleurs au printemps, refleurissent ordinairemenl en automne, , .
— Refleuri, ie, participe.
L'Académie aurait dû dire que ce vertoe prend les deux auxiliaires œooir et être, suivant qu'on veut exprtmer l'action ou le résultat de oette action , car en ne donnant aucun temple de temps composés conjugués avec l'auxiliaire œooir, et en ajoutant le participe r«fleuri, ie , elle donne à entendre que refleurir ne se conjugue qu'avec être. Cependant on doit pouvoir dire t Nos orangers ont refleuri ou n^ONT pas refleuri l'automne dernier; Plusieurs marronmers ont refleuri cette année en septembre, tout aussi bien que , Nos orangers SONT refleuris, les marronniers sont refleuris,
RÉGALER, V. a. Dresser, aplanir un terrain, après avoir enlevé on rapporté des terres. Il faut réguler les terres après le remblai,
A l'article Égaler nous lisons : « Égalitr signifie en outre, Rendre uni, plan. Cette allée est raboteuse, U faut l'égaler. En ce seu^ on dit plus ordinairement, Égaliser. » Il nous semble donc qu*on devrait dire régaliser ou mieux encore reniveler, au lieu de régaler,
REGISTRE, REGISTRER. ( Quelques -uus écrivent et prononcent Règitre, Regîtrer,) — Voy. Enregistrement.
RéGLéMEMT, adv. Avcc règle, d\ine manière réglée. Owttt règlement dans cette maison, H se porte mieux depuis qu'il vit règlement,
— Il se dit aussi Des choses qui se font toujours précisément de la même manière, dans le même temps. Il mmipb règlement à sept
Imires, H €t«dik it^GLÉircifT ses sus heures par jôur. La fièvre fo prmd réglémml tam ies jours à teUe heure,
A cet adverbe nous en opposerons nn autre que nous cwjyons beaucoup plus usité, et qui nous est également donné par rÀcadémle t <f RÉ€^LiÈiiKifE¥iT, adv. D'uue manière régulière. // vit fort aé^uliè- R^MENT. Il tient régulièrement ses promesses, — Il signifie aussi, Exactement, uniformément. Il dîne régulièrement à midi. R tra- VAILLE RÉGULIÈREMENT toM d'heures par jour. Il se lève régulière ment à sept heures. »
Les exemples donnés par l'Académie montrent que règlement -et régulièrement ont la même signification, et que même ils s'emploient dans des phrases identiques; seulement nous croyons le premier à peu près hors d'usage, tandis que le dernier est d'un usage presque général. Ajoutons que régulièrement a un sens un peu plus étendu, car on ne dirait pas. Il tient règlement ses promesses. Ces observations auraient été fort utiles pour les étrangers et même pour les habitants des provinces extrêmes de la France, qui ne sont pas an courant des expressions du jour, et qui conséquemment sont exposés à se servir de termes inusités.
B^Gi^iMEirrAiRE, RéoLfiMENTER. — 11 est regrettable que l'Académie n'ait pas conservé dans ces mots et dans dérèglement fiacoetit grave qu'elle met au substantif règlement.
REiifB-CLAVBE... Mtmger des reines^laude» — On slraplîfiemît beaucoup l'orthographe de ce mot en écrivant des revnes-cUmdee comme on écrit des dames^jemmes, des saint9-germmns.
REIMETTB^ 8. f. Softe de pomme très-estimée... On écrit aussi, RaineUe. — Le nom de cette pomme vient de ce qu'elle est tiquetée comme la grenouille appelée rainette; il serait donc convenable d'écrire de la même manière le nom <le la grenoTiille et celui de la pomme*.
RELÂCHE, s. m... On donne • émjourd'hm relâche au Théâtre Fra»» çAis. — ici Théâtre et Français ne sont pas joints par un tiret, et il en est de même au mot Loge « Les loges du Théâtre Français, de f Opéra » , tandis qu'on Ta miis aux articles Théâtre et Fjgdrant « Le THÉÀTRE-FRATiçàis. Les figurants du Théâtre-Français, de IVpéra-
X. Quelques étymoiogiêLoi veuloot qu'pn écrive pomme rsmette, à causa de iwuttmum malum; d'autres font venir ce mot de reine ou de reginetta, diminutif de regina, parce que la reinette est la reine des pommes ; mais ces étymolo^es nous semblent n*avoir aucun fondentent.-*- Dans «m trois premiàreB édittoas , rAcadémle écrirait « lUitrvfTB en REiKsrrB , sort* âe pomm« maxquetée d» petitos taches r<}HS«e$ cmi grisAg » , «e qui jeœble ^prouver qK'alie rattachait le nom de cette pomme à celui de la grenouille.
1t. Donner relûehe est une expression usitée, il est vrai, mais elle nous paraît vicieuse dans cefcte piirase ea ce qu'elle prdte A ramphibologie; et en eWat «i doit prendre cbnner dans le sens de Jouer* représenter. Tout le jnond« ooimatt la pUisstnterie suivante : « Une perscooe à qui l'on disait que le jour même on donnait relâche à tel théâtre , répondit qu'elle voudrait bien voir jeiter ceUe ^ce. « X.' Académie povndt se berner à l'exeBiple qu'elle o&e d^ms ce sens avec le verbe faire itOna faitreUchb pendant hvif jours jmar répo/rm^' la mlk» ».
Comique. » — A l'article Comédie nous avons vu que non-seulement l'Académie n'a pas mis le tiret à Comédie Française, mais encore que sur cinq exemples cités il n'y en a qu'un seul où française ait une F majuscule. Cela est fort embarrassant.
AELAis, s. m. Il se dit d'un ou de plusieurs chevaux frais, soit de
selle, soit d'attelage, que l'on poste en quelque endroit, etc Voilà
le relais, — Nous ferons sur ce mot la même observation que sur rais : puisqu'on dit relayer et non relaisser, il faudrait écrire relai. Autrefois on employait les mots au pluriel plus souvent encore qu'aujourd'hui ; ainsi l'Académie , dans la quatrième édition de son Dictionnaire, mettait ap/UeS, ichtyolileS, ooliteS, néréîdeS^, etc, sans donner à ces mots un singulier ; aujourd'hui il en est encore de même pour brassières, mules (engelures aux talons), rais, etc. C'est évidemment à cette cause que nous devons d'écrire au singulier altercas^ rais, relais, etc., au lieu û'^altercat, rai, relai, etc. Il serait à désirer que ces trois mots, et autres qui sont dans le même cas, reçussent enfin l'orthographe que réclament l'analogie et la logique.
REBIBOURSER, V. a... Fig. et fam., Rembourser des épigrammes, de mauvais compliments, des injures, des coups de poing, un soufflet, un coup d'épée, etc.. Les recevoir. — Les recevoir! Si l'Académie avait donné pour définition , En rendre à ceux de qui l'on en a reçu, nous comprendrions parfaitement; ce serait simplement le sens figuré; mais dans le sens qu'elle donne il est évident qu'il fallait dire bm- BOURSER, comme on dit embourser de l'argent pour signifier Mettre en bourse l'argent qu'on a reçu. Rembourser au lieu ^^ embourser nous semble un contre-sens. Rabelais a dit : Embourser des coups de ôd^on; Racine, embourser des coups de nerf de boeuf; Saint-Simon, EMBOURSER dss bourrodcs, et non rembourser.
REMISE, s. f... Voiture de remise, ou simplement Remise, voiture à quatre places, sans numéro, qui se loue ordinairement par jour ou par mois. // a loué une voiture de remise, un remise. Nous prendrons un remise. On dit aussi Cabriolet de remise, — Comme l'Académie a donné deux exemples avec un remise, on verra sans doute qu'il n'y a pas là une faute typographique ; cependant il aurait été convenable d'ajouter : « Dans ce sens, remise est du genre masculin. »
RENAISSANCE... Depuis la renaissance des lettres et des arts,
A l'article Age , l'Académie a eu soin de nous dire que le moyen âge comprend le temps qui s'est écoulé depuis la chute de l'empire romain, en /i75, jusqu'à la prise de Constantinople par Mahomet II, en 1453. — A l'article Moderne , elle nous apprend que ce mot employé substantivement se dit Des auteurs, des savants, des artistes qui ont paru depuis la renaissance des lettres et des arts. — Ici elle aurait rendu un grand service à bon nombre de ceux qui la consultent en
1. Maintenant l'Académie écrit aphthe, iehthyolUhet oolUhe,etc,, conformément à Tétymologie, et néréide avec un t simple.
leur indiquant l'époque où cette renaissance eut lieu, car ils peuvent ignorer qu'elle date de la prise même de Constantinople par Mahomet n ; qu'alors les artistes, les savants, etc., chassés par le cimeterre du conquérant, se réfugièrent en Italie, où Laurent de Médicis les prit sous son glorieux patronage.
RENGRÉNEMENT. rengréner. — Il faudrait écrire rengrEner avec un e muet à la seconde syllabe comme engrener, et remplacer par un accent grave l'accent aigu de rengrtnement {rengrÈnement) , conformément à la règle qui fait écrire enlÈvement, réellement, dégrèvement, allÈchement, etc. Voy. Accents.
RENOMMER, V. a... RENOMMÉ, ÉE, participe. Un capitaine renommé. Il e&( fort renommé parmi les savants. Renommé par sa sainteté. Il était des plus renommas de ce siècle. C'est un lieu renommé pour les bons vms. —Jusqu'ici nous pensions qu'il fallait dire qu'un homme est renommé pour sa sainteté, pour ses vertus, pour ses talents, pour sa science, etc. ; qu'un pays est renommé pour tel ou tel produit ; et l'Académie en définissant Renommer, Nommer avec éloge, semblait confirmer notre opinion. Cependant il paraît que nous n'avions raison qu'à demi, puisque si d'un côté l'on peut dire qu'un lieu est renommé pour les bons vins, et sans doute aussi pour ses vins, d'un autre il faut dire qu'ww homme est renommé par sa sainteté, locution reproduite à l'article Droiture : « Renommé par sa droiture. »
Nous savons que plusieurs auteurs ont employé par au lieu de pour, comme dans ces phrases : Cl, Jos. Vemet est renommé par ses marines. Cette ville est renommée par ses fabriques de tapis. Ces saurvages font des barques renommées par leur légèreté et leur solidité; mais il nous semble que ce sont là des fautes réelles, et nous regrettons que l'Académie les ait justifiées par les exemples qu'elle donne. Nous préférons de beaucoup celui qu'on trouve à l'article Pyramide : « Les pyramides d'Egypte sont renommées pour leur grandeur et POUR leur antiquité^. »
RENTRER... se dit Vulgairement Des humeurs qui se répercutent. Prenez garde de laisser rentrer cette humeur, elle vous jouerait un mauvais tour. Un charlatan lui a fait rentrer ses dartres. — Rentré, éb, participe. Dartre rentrée. Humeur rentrée. Sueur rentrée.
La Médecine a une grande obligation au vulgaire de ce qu'il a introduit dans le langage une expression tout à la fois simple et claire à la place d'un terme qui n'était à la portée que des gens lettrés. Tout le monde comprend ce que c'est qu'wwe da/rtre rentrée , une humeur
1. Peut-être nous répondra-t-on<[ue l'Académie a dit à l'article Pyramide, Les pyramides d'Egypte sont renommées pour leur grandeur et pour leur antiquité, comme à l'article Renommer, Cest un lieu renommé pour les bons vtns^ parce qu'il s'agit de choses; mais que pour les personnes il faut employer par. — Nous ne pensons pas qu'il y ait lieu d'établir cette différence entre les personnes et les choses ; il nous semble qu'on doit dire qu'tm liomme est renommé par son siècle, par les saoants, pour sa wute érudUion; — que tel vin est renommé PAR les gourmets pour son bouquet délicieux.
RBVTtis, tMM iueutr rbntrAb, BMds il n'en «st pea dt mêan» é» ftàMn- GBTÉB. Il aerfth à éésirer que hi langue vuliftire possédât ua graed iiottbre denMt8 propres à rendre voxsk id^emeat r^z^feasioaseienittfiqtte.
REPARTIR, V. a. et quelquefois neutre. (U «e conjugue comine Pmrtw, > Répliquer, répondre sur-le-chump et Tiveneat.
L'Académie aurMt dû dire « U ae eonjugue comme Partir, »Aifs lbs TBMP8 siHHUBa j» » Car Ic verbe PAaria, v. a.^ ne s'emploie guère qu'à riafiaiHf e4 dass eette fduraae Avoir maille à partir émee quelqu'un^. —Quant & Partir, y. n., il se conjugiMe presque toujoura arec Taïuiiîaire é^rsy et conséquemmeiU il ne pent servir de loadMs pour la conjugaison d'un verbe aetif.
REPARTIR, V. n. (Il se conjugue ceoasie k verbe eî^deasus. ) Retourner, ou partir de nouveau. A pem» éiaié*U wrriisé, qu'il fut obligé lie repartir. — Bjsparti ^ i« , part. U est reparti, elle e$t repartie.
Itsi nous avona la coolre-partie de l'hidicaitiott donnée à l'article précédent. L'Académie rou9 diaait de eonjugaèr ua verbe actif sur «m verbe neutre qui prend généraiiisBieiit l'auxiliaire être; dans le présent article eUe dit de conjuguer un verbe neutre <9ui prend l'auxiliaire être, sur un verbe ao^ où ^e n'a m^e pas doRiié la cee^ugaison. *- Au lieu de ces mots « U ae conjugue caonme le verbe ci-dessus » , Il faut lire « Il se conjugue comme Partir, v. neutre» »
REPEKTIR (SE), V. prou... On dit quelquefois par menace : Je l'en ferai bien repeMiir. ^ Il aurait été bon de (Mre que faire repentir est mis pour faire sa repentir, et qu'ily aeilipae du pronom. Cette indication que l'Académie a eu soin de donner dam quetquea arUcles teto que s'agenouiller, s'écrouler, s'enfuir, s'enraciner, s'imétérer, etc., manque dans un plus grand nombre « entre autres aux veiiDes se aOfWENiR et SB RESSOUVENIR, pour ces exemples : Faites-^noi sou/venir d'aller là. Je l'en ferai soutenir. Ceci me fait souvenir que,,. Si vous l'oubliez, je vous en ferai ressouvenir.
RÉpéHTBUR... Répétiteur au collège Louis le Grand.^ Ceet: le seul exemple où nous ayons trouvé collège immédiatement suivi du nom sans préposition; ailleurs on lit :
( à BouasiBB ) Boursier au eolUge de Louis le Grand,
(à Censeur) Le censeur du collège de Louis le Grand,
(à Collège) Le collège de Charlemagne, de Saint-Louis,
(à Professeur) // est professeur au collège de Louis le Grand.
(à Proviseur) Proviseur du collège de Louis le Grand, de Henri IV, etc.
Kous pensons que dans ces cinq exemples le de est plus qu'inutile, caff les collèges dont il est question n'ont -pas été fondés par Charlemagne, saint Louis, Henri IV, Louis le Grand. Il doit en être de ces
L La miaillt était ane petite pièce de monnaie valant à pen piès une ob<^ on la moitié d'un denier tournois; partir se disait pour Partager. — Aujourd'hui cette locution signifie Avoir un démêlé, une coataitation arec qaelqa'un pour un» chose sans importaiiee : Us ont toujours maille à partir ensemble.
noms de collèges comme des noms d'églises, d^hôpitmix, de rues, etc. : l'église Saint-Germain, l'hôpital Saint-Louis, la rue Richelieu, le faubourg Saint-Jacques, la porte Saint-Antoine, etc. Il faut réserver le de pour les noms des collèges de telle ou telle ville, comme le coUlége D'Orléans j de Marseille, D^Oxford, de Cambridge, elc. ; mais en revanche il faudrait écrire le collège Louis-le-Grand avec des tirets, comme on en met à Saint-Louis , Saint-Germain , etc.
RÉSOUDRE, V. a... RÉSOLU, UE, participe. — Faut-il dire. Je suis résolu DE partir ou À partira Ces deux locutions sont très-usitées, et cependant l'Académie ne mentionne ni Tune ni l'autre; elle n'emploie le participe résolu qu'avec l'auxiliaire avoir : « Des intrigants ont résolu,,, de le perdre. On a résolu d'agir sans plus tarder. On a résolu d^attendre » , ou avec le pronom personnel : fn Je me résolus À plaider, À demander ma retraite. À quoi vous résolvez-vous f » Il y a donc une omission à réparer ; mal^ de quelle préposition faut-il faire usage ? Molière, Le Sage, Chateaubriand, etc., ont dit. Je suis résolu de; Racine, J. B. Rousseau et d'autres ont dit Je suis résolu À. D'après cela, il paraît à pea près indifférent d'employer à ou de; cependant nous croyons qu'aujourd'hui on dit plutôt être résolu À, à moins que le mot qui suit ne commence par une voyelle : Je suis résolu À rester, À frapper un grand coup, À lui parler; et Je suis résolu ^'attendre. D'agir, D'empêcher ce m^iriage, etc.
RESSEMBLANT, AMTE, adj. Qui ressemble. Portrait ressemblant.,, — Des cinq exemples de cet article il n'y en a pas un seul où ressemblant ait pour complément la préposition à ; cependant c'est une locution très-usitée, employée par Voltaire, Buffon, Chateaubriand, Ségur, etc., et par l'Acadéinie elle-même à Grain et à Orge : « Grain d'orge, ou Toile, linge grain d'orge, de grain d'orge, à grain d'orge. Toile semée de points ressemblants à des grains d'orge. » U était donc convenable de donner ici des exemples qui autorisent l'emploi de ce complément.
RESSUYER, V. n. Sécher. H faut laisser ressuyer ce mur. On l'emploie aussi pronominalement. Se ressuyer au soleil, — Comme pour le, verbe égoutter (Voy. ce mot), nous pensons que la forme naturelle de ressuyer est la forme réfléchie, et qu'il aurait été mieux de dire : Se ressuyer, v. réfléchi ou v. pronominal. Se sécher. 5e ressuyer au soleil. Avec l'ellipse du pronom, // faut laisser ressuyer ce mur,
RETABLE, s. m. Ornement d'architecture contre lequel est appuyé l'autel , et qui enferme ordinairement un tableau.
A l'article Enfermer l'Académie dit bien que ce verbe signifie Contenir, comprendre; mais elle ne l'emploie qu'au figuré : Son cœur n'enferme point une méchanceté si noire ; Ce passage enferme beaucoup de vérités; Cette proposition en enferme beaucoup d'autres. Si enfermer peut s'employer dans cette acception au sens propre, il faudrait qu'elle en donnât au moins un exemple. Au reste nous croyons
que po«r 161^06 âguré comtne pour le sens propre^ll serttH iKiimn de dire Henfmrmér : n Gê parc Kt^nftkUÉ plusieun Mh^ês ; Ce èè)rê fcft«- FBRHB piiisieuf^ vérités; Celte phfoêe RËifrrEi^iME un gfm^ ^m; (M oérps ^nai fwét peut renfermer tme beliè ûtn», » ( Agad. )
Daâs. l'actiele RtirrËiiHER nous auf ions désiré trouver uti 6u deux ex^nples reialâf» à de» objets d'une mo^ûdre dimea^lou qu'ti» pm^ qui renferme plusiewrê iii*fcl^e«>xjôinffle Ufm ^4^fmbvte qui ftftNFE'RMfi timtfis IsorUfft dô cà^e». Un se^rtUkire qui AtNl^Rifd d^s pêfpiétB pf^oieuœ^ Une witê qui RERPEmvB lës tmtdreb Wnn morHj e1e% Aux ttrt^i^i^ AMoiRB^ SâôRÉT&tRB/URNE*^ T^cadéiuÉd a ^mpUifé ^m sèe dêflfli^ ti«D6 11» verbe rm^ermer «t non enfermer; m nouâ p>èûSons qu't^ïfe ii Men ^faiti 6e «'eut fùère que ki meso^e do verd qui li^toriisènait i^dtf^è ^ Son «G0iâr n^tNnmite peint tPÉb teéti^ti ^ ^re, i . « i . V . ^ . uBiri tMrfr BttemAti
AtintMiR:^ VS4 a.» se ddt^ avec 10 ^noïfi pe^rsonueH en parlant 'deë^ besokiB^ des faiouvements natumK Vôu^ m poui>ez sA'PtÈ^a^É ihi h vos^séins; r^iBrmit^oUSy ^iàf&hes: de ^àMB rè4mir..x — NoUô peflîdflS qu'il ieJàidàX dik^^ V»m ne pâmez saufspâiiie M ^Hf^ rksOI)^... Voyeis
iiKi^RSiâR« Donner un i^eond ktboRir à la tl^^, poor ^trutre rhi^be. ^ T^reer 6ru Teit^er sî^lfie Donner un ^A<>fsifcft*B lâly^ttï», et reterser c'est donner un second labeur? î^u» laurions cru plutôt que c'était^ ranouvel^ i^ troiislèiiâe, -^u en donner u)l q^atrième^ *^ Qoà^t à iVirthographe^ mous pensera* qiu'il va*dr»H; mieux écrire feterG&t et r^ergage^ pms^ga'vn écrit t&tiderj ^&ree^j tierce, Vverceiet^ i^êereemmt^ tiiareerty Hermi^ên «t tierçof^.
wMTQVvmBÊL^ V. n. Mter de nouveau m un Heu où Ton ad^ôt^*.. -- Daite *©ift <;et art*«te on ne trouve pas «n exemple, pîiB ui*e (iWïhri* tion quft «it trait à oeltfô phra^ qu'^>i)^ Mt à TartSeie RÉVERsiB&lg : «1) se dit des bien»^ «tes terres q«i doivent «té ow^ins cas reîtjfwrner m propriétaire qui en a disposé. » Dans ce sens , rel,otétmr ïious paraît signifier * Ètm pesm&é à^ faire WîIW» à », tft 41 set*ait utile âetrnibler celte kwlune.
RETonniBm^ i^ Uiwv, est (aussi verbe «etif, et ^gnîffe ^out'ner d^iin autre sensk i^ùoumer un habit. Retm^mêr une li*élie% *Ë^t^)scmer une mart^i BHûunter du fmn pctur ^'il sêthè.
Retourner tm Mit ne signifie pè»6 seuleîî^nt Le tourner dan* Wft aertre siens ooaapfïe on fait d%ûe rôti^e, d'une carte, du ft)m;*eelav«ut dire aussi, et surtout, Le découdre et !e refaire «èft mettant en de^ôl*s Pettvers du dra^ quand l'endmît est Uôé. C^est dan^^e sens que ï)èst&uoàeBa dit t
©on* ^ïuafté il êera vieux faiteé-fe rôtowmet, Puis il vouB durera oii>q ou «ds ftiis encopo^
•lÈTRAtDTATioN, S. f. Acte, discours OU éôrtt^ntenafit le désaveu formel ^ ce qu'on a fait, dit ou ëoi^ T!«*é(5édeïta4Ment. fféPrut^têVém
jmmqm, volauiAire^ f^trcée. Il a fait sa rétraefaHon. U l'ai obU§é à unk^rétracMion. Signer sa rétractation, Rëtr€>ctatiQnàincére,^Peyii-<m donner un complément à rétractation, et dire Je l'ai obligé à une rétractalim de sb$ CAtOMwigs; Faire la rétractation D'<mE opimion, B|^ G9aw6 qu'on avait avancées? U on le peut, il aurait f^lu que VhQ^dém^ 4oftn|lt m moins un exemple av«c <^ eoHipléroant.
RETRAIT, s. m. Le lieu secret d'u»e maison, où V^m va aux néoedfàtiâ mt\^éilQ», Cweur cle retraite* U es^ p^u usi|;é. -^ U ^mié est peu mité^ qvelte e«t la Jocutioo qu'on ^wplw» «éoér^ienwJit? Nous 1^ retrouvons |i Maîthï, Bap «t («qv*?, Cdred*, tAfW^w;,^^-
Ifallre eldx torses onAvras, €ure«r de retr^éits , vidangeur.
Curewr é» pvits, cwrmf †betoaits.
Lateinca, j»» f. p4* Retrait, privé, lieu o^ Toi) cioitisfait le^ to9ia3 funturelt.
REVIVIFIER. — Répulluler et révivifier sont les seuls verbes réduplîcatifs où l'Académie ait mis un ^ â la première syllabe devant une consonne. Cet accent nous paraît inutile. Voy. p. 7, ligne Î8, et la note.
Ric-À-Ric, loc. adv. et fam. Avec une exactitude rigoiireuse. Je U ferai payer ric-â-rig. On lui a payé ric-à-ric tout ce qui lui était dû. Compter ric-â-ric. — A cette orthographe et à cette définition Aorts devofts nécessairement opposer ce qu'on trouve à Tarticle Payer : « Prov., Payer ric à ric, Payer avec lésinerie, s'acquitter, mais en payant \e moins qu'on peut, fl n'est pas généreux, il paye Rid A ric ; et, Fai/re payer aie À ric, Faire payer tout ce qui est dû, sans grâce ni remise. Cest un homme qu'il faut faire payer ric À ric. »
A l'article Payer on voit d^in c6té la suppression des tirets, qui en effet ne nous semblent pas plus nécessaires dans cette locution que dans petit à petit, peu à peu, tour à tour, ete. ; et d'uii autre, une acception q'tfi ne se trouve pas â l'article Hïc-à-ric , et qui est cependant la plus connue à Paris, celle de Payer avec lésinerie, donner le moins qu'on peut. On l'emploie même dans le setts de Payrer chiquet à efdquet, c'est-â-dîre par petites parceîles.
(Ju^on «ous permette de répéter ici ce que ù^ns avons eu f occasion de dire feien souvent, <fest <|u^l serait convenafeile de ne donner la définition d'im mot, d'un proverbe qu'une seu'le fois, fà ^«ndroit où le lecteur doit natureilemeiit la chercher, mais de la donner aussi complète que possible. Ailleurs on se contenterait de renvoyer à oet-^fidroît.
*Rlfïli, €i. ni; Néawt, nulle chose. Dieu a tréé le monde de rien. — ^ên est-^l <blen un substantif dans cet exemple et dafis tous ceux où il est employé sans artiicte? Boire, manger, dorm^, déjeuner, diner, etc., qui «<mt des verbes, ne. deviennent substantifs q^e lorsqu'ils «ont ai«comp«fcgnés de 'l^»rtîcle, et ii «fi est de «ême des participes accuëé, éé^^é, employé, habi^mé, négligé, protégé, réchauffé, etc. Nous croyons que Rien est substantif dans Un rien le fâche. Il ferait une querelle sur juM BijBN^ S* amuser à djes wjçns.. S'arrêter à pes ^^ens, e,t autres 4)hrases où il est précédé 4e 4'aFtÂcle ; inais qu'id 4oit éib»e coosidôRé
comme pronom indéfini dans ces phrases : Dans f ordre de la nature, r'ibn ne se fait de rien ; rien n*est plus glorieux, plus commode, plus avantageux, plus nécessaire, etc.
ROI... Dieu est le maître des rois. On dit dans un sens analogue, Dieu est le roi des rois, est le roi du ciel et de la terre. — Nous regrettons que l'Académie n'ait pas mis ici le Roi des rois comme elle a mis à Être VÊtre des êtres. Voy. De.
RONANOER, S. m... Les meilleurs romanciers anglais sont Richardson, Fielding, Goldsmith, etc. Le Sage est un admirable romancier. — Pourquoi romancier n'a-t-il pas de féminin? En serait-il de ce mot comme de peintre et à^auteur, et faudrait-il dire Une femme romancier ou une faiseuse de romans? Assurément ce n'est pas à mesdames de Staël et Guizot, à Maria Edgeworth, etc., qu'on pourrait donner cette dernière épithète.
RONCE, s. f. Arbuste épineux et rampant, de la famille des Rosacées, qui vient dans les haies et dans les bois, et qui porte un fruit assez semblable à une petite mûre. — Quel est le nom de ce fruit? Dans quelques localités on l'appelle mûron; à l'article Mûre, l'Académie l'appelle mûre sauvage; il aurait été nécessaire de mettre ici ce nom , puisqu'il n'a aucun rapport avec celui de l'arbrisseau qui le produit.
RONGEUR, adj. Qui ronge... — RongedAs, au pluriel, se dit, en Histoire naturelle, d'un ordre de quadrupèdes... Le lapin, l'écureuil, le rdt, sont des rongeurs.
L'Académie n'emploie l'adjectif rongeur qxxe dans le sens figuré « Le ver rongeur. Le remords qui tourmente le coupable. On dit aussi, Les remords, les soucis rongeurs, » Il nous semble cependant qu'on doit pouvoir dire Un ulcère rongeur , et peut-être même Une plaie RONGEUSE. Conséquemment il serait bien de mettre Rongeur, euse, adj. — Quant à Rongeurs, terme d'Histoire naturelle, on l'emploie adjectivement et au singulier : Le rat est un animal rongeur, et substantivement, un rongeur. Mais sans réclamer contre cette omis^on, nous dirons que puisque l'Académie a donné Rongeur comme un adjectif, il aurait été convenable, après ces mots Le lapin, l'écureuil, le rat, sont des rongeurs, d'ajouter « Dans cette phrase, il est employé substantivement. »
ROSE, s. f... Rose pompon. Rose pivoine... -^ Qu'est-ce qu'une rose pompon, une rose pivoine * f Aux articles Pivoine et Pompon , on ne nous le dit pas. — Rose mousseuse. Voy. Mousseux.
ROSE, adj. des deux genres. Qui est de la couleur de la rose. La couleur rose est une des plu§ agréables. Du ruban rose. Du taffetas rose. Une robe rose.— Il est surprenant que l'Académie n'ait pas donné
1. La rose pivoine n'est^lle pas une fleur qui tient de la rose et de la pivoine, et ne devraitK>n pas joindre les deux mots par un tiret (rose-pivoine), comme on le fait poar la clémaUte-viome, l'aristoloehe-elématite, le choU' fleur, etc.? •
un seul exemple de cet adjectif au pluriel , comme des rubans roses, des écharpes ou des ceintures roses, etc., d'autant plus que nulle autre part nous n'avons rien trouvé de semblable; seulement, à l'article Couleur on lit : Des souliers couleur de rose. Voy. Aurore.
ROT, s. m. Vent qui sort de l'estomac par la bouche avec bruit. Gros rot. Rot aigre, vineux. Faire un rot, des rots. Il est bas, et l'on évite de s'en servir. — Il aurait été au moins utile de rappeler ici le synonyme Éructation, que l'Académie admet, et qui se trouve à son rang alphabétique. Don Quichotte, lui, a grand soin d'en recommander l'emploi à Sancho Pança, lorsque son écuyer va prendre possession du gouvernement de Barataria.
ROTER, V. n. Faire un rot, des rots. Cest un vilain, il ne fait que roter. Ce mot est bas, et l'on évite de s'en servir. — Si l'Académie a négligé de rappeler Éructation, synonyme de rot, du moins elle a mis ce synonyme à son rang alphabétique , tandis qu'elle n'a pas même accueilli Éructer, synonyme obligé de roter.
RÔTI, s. m. RÔTIE, s. f., etc. — Il est peu de personnes qui prononcent longue la première syllabe de rôtir et de ses dérivés rôti, rôtie, rôtisserie, rôtisseur, rôtissoire, etc.; ne pourrait-on pas y supprimer le circonflexe comme on l'a fait dans otage, coteau, meunier, vite, coutre, chute, reliure, etc.?
ROucouYER, s. m. — Comme on prononce roucourier et non rourcoui'ier, nous pensons qu'il serait convenable de substituer un ï à Yy.
ROUCOUTER... Arbre de la famille des Liliacées, qui croît sur le bord des eaux dans l'Amérique méridionale et dans l'archipel des Indes... — Au lieu de, famille des Liliacées, lisez : famille des TiliacÉEs ; c'est-à-dire que le roucouyer appartient à la famille du tilleul et non à celle du lis. Malheureusement le mot tiliacé, ée, adj., ou tout au moins tiliacées, s. f. pi., ne figure pas dans le Dictionnaire de l'Académie ; en sorte qu'à moins d'être botaniste il est impossible de se douter même de la faute que nous venons de relever. L'Académie l'aurait évitée si elle avait dit simplement que le roucouyer est un arbre de la famille des tilleuls, comme à Saponaire elle dit que cette plante est de la famille des oeillets. — Caryophyllées, plus savant, n'aurait été compris que d'un petit nombre de personnes.
ROUENNERIE, S. f. — Ajoutez : On prononce rouanerie.
ROULEAU... Prov. et fig., Être au bout de son rouleau. Avoir épuisé tous ses arguments, tous ses moyens, toutes ses ressources.— Il aurait été au moins utile de mentionner la variante rôlet. Voy. Bout.
ROULEMENT... se dit aussi du bruit formé par un ou par plusieurs tambours que l'on bat continuellement à coups égaux et pressés. Faire un roulement. — Ne peut-on pas dire Un roulement de tambour, un roulement de timbale, les roulements du tonnerre, les roulements de la foudre? Comment se fait-il qu'on ne trouve dans le Dictionnaire de l'Académie aucune de ces expressions journalières?
BOUSSlf &. m. Cuir rouge-qui vi^t de Russie, qui est teint en rouge ou en brun, et qui a une odeur forte. Cmr de roussi. Vuohe <&e ramsi. Des bottes de rou^û., Qa dit aussi cuir de MMSsie. ^ Nous croyons que cette dernière Jocution est seule admissible, et que TAiCàdémie devait renvoyer de Aoussi à Cuir ; là eUe aurait signalé eomme vicieuse l'expression cuir de roussi, originairement emi^loyée çans doute par des gens qui ne connaissaient pas plua le no» de Rmsie ^e celui de tzar et de Gnmd MogoL VOUTUîUER^ ÈRE| s« m. «<^ Supprimez : m.
11IJAW9 s. f.,. Ce cheval Im doma x>'uae ruade dtms les jambes, lui dé tacha j lui allongea une ruade. Ce cheval lui cassa la jambe d'une ruade. — Ne peut^-on pas dire. Ce cheval lui donna ohe ruade, wissi bien que d'un» ruade f Si Ton peut employer Tune et l'autre expression, l'Académie aurait bien fait de donner les deux ; si le de est nécessaire, nous -aurions désiré qu'elle eût ajouté : « et non, ime ruade ^ ». RUE, s. f... Rue Saint^Jionoré. Rue de l'Échelle. •"- Ceux qui consultent le Dictionnaire de l'Académie sont, en grande parti», des typographes, compositeurs ou correcteurs d'épreuves, appelés par la nature même de leur travail à propager les enseignement» d« l'Aca^ demie; et cependant iU n'y trouvent pas toujours ce dont ils ont besoin. Dans cet article elle aurait pu leur rendre ua grand service en mettant quelques noms composés, au lieu des deux ci^éBa»^ que tout le monde sait écrire. En disant, par exemple, rue Notre-Dame des Victoires, rue Vieille du Temple, rue Neum des Petit» ekemps, rue Saiute-^roix de la Bretemwrie, rue des Prêtres SainV^Jermain VAuMcrrois, etcJ, elle leur aurait appriô quel nombre de tirets ils doivent meUre dans ce ^nre de noms, quels mpts doivent prapdi'e des majuscules. Sans doute ils trouveront
ik Aiomus) L'aiguille IVobèiiiqm) ifi Saint-Pierre de Romet
(à Bourdon) Le bourdon de Notre-Pame d^ Paris,
(à Pèlerin) Un pèlerin qui va... à Saint-Jacques en Galice, à Notre-Dame de Lorette.
(à Prutitif) Uabbé de Sainte -Geneviève était curé primitif de Saint- Etienne du Ment.
[% AiMèivtiiiiB) L'auménerie de Saint-Germai» 4$$ Prés.
<i McNCi) L' ordre ée Ncfbre^Bam» de la MercL
( à LiE&s« ) Netr^Dame die Ues$e>
(4t FUxouvmNgs) J^re^a0n^\4e rfiaomrancep
1. On nous dira peut-être que l'Académie indique ce ^u'il faut dire, et non ce qu'il ne fapt pas dire. Si elle n'avait jamais rectifié les inauTfirôes ïooatioos efe 60r^ fâdiettx , œass ce «pmrait pas une imstn povr qv'eilB ne fld ftt pas à !Kaf«pir# I^^^ss trP9v»94iÛ'$^^ A : M Çwdit^ Cit^g pu fiiic peKaonneji,onz€i)u4Pwe fOievfmi^f^y^t^n, Cmq m fiçr^WIff» onze à douze cfievaux, etc. » ; — à CoftuiLLp : « On ne dit ni Coquille de tortue, jii Coquille é^uitre » ; — à HutncB : « On dît Uitaille, et non La coquille d'une h\Atre » , eite. , et ce qne «KH» ,x«KrB00Ds e;»st fie ne <pw ^to\xmx pl«» acn^âiit de ce* \préciPHf «iseigpiemM^.
%, Nous avons écrit ces noms s^j^ tirets, d'après l'orthographe ^e J'A<^démie nous a donnée dans Saint-Étibnne du Mont, Saint-Gbrmain des Prés, etc.; mais nous croyons devoir préférer l'emploi des tirets : me 'Nûtrt-1)ame-des-yietinrei, «le Jfcuvwlw-Prtite-Gfca»^, ttc.
Mfeis d^abord ^ul leur* indiquera les articles auxquels ils dohrent recourir, sHIb n'ont rien tfouvé là où ils crevaient voir ce qu'ils cherchent? Et ensuite par les exemples mômes que nous venons de citer ils ne seront pas suffisamment édifiés ; ils se demanderont pourquoi dans Saint-Germain des Prés et NBtre-Dmnè de la Merci, Prés et M&rei ont des majuscules , tatidis que liesse et recouvrance n'en ont pas dans Na^e-^Dame de liesse et Notre^IMme de recouvrance, *— îl aurait Mlu que l'Académie choisît les noms de rues les -plus longs et leiB plus difficiles, pour faire connaître comment on 4oît les écrire.
Une décision de l'Académie à ce sujet serait d'atltatft plus utile qifô d©« hommes fort instruits sont difisés d'opinions. Les uns, et nous senumes de lettr atis, peiïsent qu'on ne doit mettre le tiret i^u'entre les mots qui font partie hitégrante du nom du monnnnent, de la rue, etc., qu'on vêtit désirer, comme dans L'aigwCHe de Saithiv PiERRB de (qui est à) Rome; Le bourdon de Notoe-Damë de (qui est à) Paris; Un pèlerin qm va à SAP!it**A?oçM« {q«i est) en GaHce, à Notre- Bawe de (^ui est à) Loretle; — mais ils en mettraient trois dans L'église 5AiWT-ÉTîÈNK&-Btr-MoNT'; Vatumônerie de 5Anfl^EKMATI^i«8*-PiiÉs, parce qu'on a perdu -de vue la mO'Mogne Sam^e-Geneviéve qui a -donné son nom à l'église Sadi^U-^ÉHennie du Hfûntj et les prés sur lesquels on a construit l'égiise, l'abbay*e, l'aum^ôoerie, etc., de Sami^ Germain dans le faubourg de ce nom. De môme ils écriraient La rue, l'église NorRB^DAMB-D«-LoRBTi« à Paris, parce qu'il ne s'agit pohrt ici de l'égliAe^ui est à Lofent», ville d'Italie ; et encore Notwb-Dame-
DE-LA-MerCI, N0TR«-DAM«-Ofi4iîESSE^, NOtKlfi-^AME-IMB-RECOtrVRAirCE.
-^ D'autres voudraient que^ pour «couper court à l'arbitraîf e , on mît partout les majuseules et les timts.
SABBAT^ s. m. Nom donné chez les Jdifs au dernier jour de la semaine... Les JUIFS observent fort exactement le sabbaL Chez les juifs, il n'est pas permis de travailler les jours de sabbat, — Pourquoi a-t-on mis Juifs avec une majuscule dans la définition, et juifs avec une minuscule* dans les deux exemples? Serait-ce que dans la définition ce mot représenterait la nation juive, et que dans les exemples il représenterait seulement des individus? Voy. Juif.
SABINE., s. f*.. La Sabine esi sauvent empl&yée comme emménor gogue, — Voy. Armofse.
SAGE... s'emploie aussi comme substantif masculin... Les maocimes du sage sont,,. Le sage' des sioïciem. — Que signifie le sage det stoïciens f est-ce le surnom de Zenon, philosophe de Citium?
1 . Si dftns att exemple Liesse est le nom du boutig , il font écrire Notre-Uamb ik Liesse aVêc un seul tket, comme N<mtB-DAMB de Lorette, ville d'Itatie ; si c'est un simple qualificatif, il en faut plosieurB, comme dims NOTit8-I>AW»4M»4lBCo0YRA7fCB. Voilà l'irtilité qu'on peut retirer de l'emploi dm tlféto.
SALBtt, V. a... Salé, éb, participe. Viande salée, Bceuf salé. Gigot de pré salé. Hareng salé. Beurre salé. — Qu'est-ce qu^ii»» pré salé, et surtout un gigot de pré salé? Un dictionnaire, comme tout autre ouvrage, et peut-ètr« plus que tout autre ouvrage, est fait pour instruire ceux qui veulent apprendre ; or gigot de pré salé entre bosuf salé et hareng salé sera inintelligible pour tous ceux qui ne savent pas qu'on appelle prés salés ceux dont les terres sont arrosées ou du moins pénétrées par les eaux de la mer, et que ce sont les moutons qui broutent sur ces plaines salées qui fournissent ce qu'on appelle gigot de PRÉ SALÉ, côtelette de pré salé^.
SALOPE, adj. des deux genres... En termes de Marine, Marie-salope, Petit bâtiment d'une construction particulière, destiné à porter, à une certaine distance des ports, les vases et les sables qu'on en retire. — La véritable place de cet article était à son rang alphabétique, c'està-dire à la lettre M, car on ne songera guère à le chercher ici.
SALPÊTRE^ SALPÊTRER, SALPÊTRIER, SALPÊTRIÈRE. — Ne pour-
rait-on, ou plutôt ne devrait- on pas écrire salpêtre, salpétrer, salpétrier, salpélrière, comme on écrit arbalète, arbalétrier; crème, crémer, écrémer, crémier, crémière, etc, ? On ne voit pas bien la nécessité du circonflexe dans salpêtre, qui vient de sal petrœ, sel de pierre, comme glossopètre vient de glôssa, langue, et petros, pierre (^Dangue pétrifiée ou pierre qui a la forme d'une langue *). Puisqu'on écrit pétrifiant, pétrifier, pétrification avec un é aigu, et que nous avons déjà glossopètre qui prend Yè grave, 11 nous semble naturel de suivre la même orthographe pour les mots ci-dessus.
SALVANOS, s. m. T. de Marine emprunté du latin. (On fait sentir l'S finale. ) Bouée de sauvetage.— Pourquoi écrire salvanos en un seul mot, puisqu'on écrit custodi-nos avec un tiret? Le premier signifie Sauve-nous ; le second. Garde-nous ^ ; tous deux sont employés comme substantifs, et réclament par conséquent la même orthographe.
SANS, préposition exclusive. Être sans argent, sans place, sans ressource. Cest un homme sans esprit, sans jugement, sans honneur, etc. Il est sans malice. Sans force ni vertu. Sans force et sans vertu. Une lettre sans date, sans signature. Une audace sans égale. Un homme sans pareil... — Cet article pouvait présenter des exemples précieux sous le rapport de la grammaire , et cependant il n'y en à
1. La plupart des personnes qui mangent et même qui vendent des côtelettes ou des gigots de pré salé paraissent ignorer complètement ce que c'est qu'un pré salé, car elles prononcent pré comme dans présage, présent, présider, etc. ; elles écrivent même présalé en un seul mot.
2. On demandera sans doute et avec raison comment il se fait qu'on donne le nom de langue pétrifiée ou de glossopètre à des dents de poisson. L'Académie nous l'apprend dans l'exemple qu'elle ^oute à la définition de ce mot : Dent de poisson pétrifiée. On a cru longtemps, dit-elle, que les glossopètres étaient des lanques de serpent pétrifiées.
8. Parmi ceux qui consultent le Dictionnaire de l'Académie, il en est plus d'un qui ne sait pas le latin et qui cependant serait bien aise de connaître la valeur deâ mots qu'il lit ou qu'il entend ; il aurait donc fallu donner la traduction littérale de custodi-nos, de salvanos^ de nescio vos, etc., nécessaire pour ceux qui n'ont pas fait d'études classiques.
pas un ^ qui soit tel que nous l^aurions désiré. Dans tous ceux que nous venons de voir, le substantif est et doit être au singulier, et nous cherchions précisément le contraire. Nous aurions voulu des exemples où Ton pût mettre à peu près indifféremment le singulier ou le pluriel, afin de connaître l'opinion de l'Académie, qui aurait fait pencher la balance. Faut-il écrire
« Cet homme est mort sans enfant, sans héritier; sans lûsser d'ENFANT, d*HéRiTiER4 — ou saos ENFANTS , saos HéRiTi0iS ; sans laisser d'ENPANrS ,
d'HÉRITIERS.
Cet enfant a fait un exercice sans faute, ou sans fauteS; C'est un auteur sans défaut, ou sans défauts, etc. etc. » ?
Il y a dans le Dictionnaire de l'Académie des exemples qui répondent à ces diverses questions, mais ils sont épars, et l'on pourrait chercher longtemps sans en trouver un seul. Nous en avons recueilli quelques-uns, que nous avons cru devoir mettre à la suite de ceux qui concernent l'adverbe Point, la difficulté étant à peu près la même.
Sans doute on nous répondra qu'il y a fort peu de cas où le nombre à employer soit bien déterminé, comme dans une scie sans dentS, où il serait impossible de mettre le singulier; —que dans les exemples que nous avons présentés il y a tantôt le singulier, tantôt le pluriel, comme sa femme étant morte sans enfant, et il est mort sans hoirS;—et que nous-même nous avons dit qu'on pourrait très-bien mettre le pluriel dans les exemples où l'Académie a employé l'autre nombre. Nous en convenons sans peine, mais nous dirons à notre tour que le lecteur, surtout celui qui s'occupe spécialement de grammaire, s'estimerait heureux de trouver dans un dictionnaire comme celui de l'Académie un certain nombre d'exemples qui seraient classés avec des indications telles que « Dans ceux-ci on ne peut mettre que le singulier ; ceux-là n'admettent que le pluriel ; en voici d'autres où l'on peut employer l'un ou l'autre nombre , suivant l'idée qu'on veut exprimer. » C'est ainsi que l'Académie dit « Faire du progrès, des progrès ; mettre le scellé, les scellés; le poids du remords, des remords; il n'y a pas de reproche, de reproches à lui faire, etc. etc. » Chacun sentira fort bien qu'il aurait été ridicule d'imposer comme règle l'un ou l'autre de ces nombres ; et l'on est même parfois choqué de n'en trouver qu'un seul dans les articles où ces phrases se présentent occasionnellement; cependant l'Académie ne pouvait guère donner presque à chaque page des variantes , comme elle le fait dans les articles qui sont consacrés aux mots mêmes où elle les a mises, tels que Progrès, Scellé, Remords, etc.
SANS -DENT. SANS -FLEUR. SANS -PEAU. SANSCRIT. — Bien que les
1. Ou plutôt il y en a un , un seul : « Sa^is argent, sans protecteurs, que pouvais-je faire? . N'ayant point d'argent, de protecteurs, etc. » On aurait pu mettre protecteur au singulier, car il suffit d'un seul protecteur pour atteindre une position élevée ; mais comme on a l'habitude de dire d'un homme bien appuyé qu'il a des protecteurs, c'est poqr cela sans doute qu'on a mis ici le pluriel.
t«)is 'pfemfers tie 'ies tiiofs i»îém*cfeg c^aipottés ile 'èmus' tôt ^eïffbhw «hêtre tin ct)fflplémôïit nècfei^ire, cfepeudant botrs cï%yoiï«pliïs' régulier de suivre t^gotiï^u^eHieût ri>rdre alphabétique, et de mettre SA!fSC»rr,"SA»s-bÊïTT, SAîis-FLKtR/SAirs-^PBAW,' comme Mdadémiea fttît pour LôVP^ARO», qti^elle a placé ^[>ffesLWDi*, Ltjlei'Bitrx,* et tibii après Loup, Loup-geryier.
SANS-jDENT, S, f. Terme populaire do&t oa se sert «pour désigner Une vieille femme qfni b p^du sesiients. 'Cest îmêvve^ift sans-dent.
A l'article Dent on lit : « Prov. et pop., Une^lHëiU^'^isans dentS (sans tiret), tfteVféîHéîeiftW^déôfépîle/» ÎFafti^alt-été^MÎe de rapprocher ces''défdx'^rifà'ii^,^t de^dîVé'fef-eîtes #^è^éiiïèAt'rine différ^iiWfede* ^eriS.'NôUs* fti^ybfls^ èàks^ék^^ltts îéj\itiètix'et c6itfes|f)dfa<!fent iùmtx'h d^kr^pU&^e ^ms rf<^ïS;«ar'ônVôît'desif}ei*$6nTmsfenfeô^e Jetrttes pHv^^de tèufe 'defits;*(S(Wîsé(i\i€«(ftttèist liTotts'tmè'n^rtîrwtes volôiît^ers les'déîfiûltïôns dôtitiéès pïii^rAùadéttie.
'SAR«bTlAMe,'s. f.T. de Lîïtfôi^ïer. Vàèe deffiîétal dâtflâ'lë^doh prépaie lés liqueurs qui doivent êtne'SfertîeseniglUces ouen' ^rtfets.
■Si Tordre iriphabétJque' né confirmait l^ôrtbfègraph^ de' ceaifCrt^cfe seraît per^û^é qu^'il renferflretfeux fautes d'iiiipré^ftm,iJar'on^ peinent boïàprendre «que' ^bi^bet se âoît trattsforriié^en "mfbbt^mi^'ie dérivé. Il est fâcliéU^, crojr<ïn^niôu^^e FA«adèmié àit^fecmelîli'senl 'èf^'ûs variante ce terttîe 4ui"^tûbie*bârtiàre,"âulieuTde'î?éf^ïërc^ fqtii sei)ré&étetait flaturelleméftt.-Ce n*e$t'^pb'A(fan«iJâs^satis réflexion qu'elle' a àdtiiîs MrhbWète, <5ftr ^ auprès 4'ani<^e Sortît 'on trouve '«"Sô^^éu'êrb,' fe. f. Yôyez' SA'IftôllÈkE * ; ^U' sorte qu'dn'se perd en «ônjectùfës àiirle moiîf'>de' bette» 'pVéfêr^ce,
ShtiélièYèiSMrtXV été' pi^féfâfble à ^ftfôort^fe; mais' nous' aimerions miëCfXèncote^ èûrWtUn^kftaieW^tû^ Conforme afu mode de dérivation des fflbts'tërmiiiésr'p'arc«.'Etiefiret;ll n'y a qu'une douzaine de ces dérivé^*qûi t>t*ëftneifit Paccfeut Ou doublent le ^- tels sont compléter, Ûis^^tîôn y^^^etètaire , regr^etter, etc., qui viennent de cofdplet, ' discret j iecYet, repret.^Ve muet se trouve au contraire dans une trenialhe au moins de ces dérivés ; c*est ainsi que de tacket, parquet, sùujpèt, fe^tî./'On fait cacheter, parqueter, souffleter, et de bouquet, jarret, mousquet, etc., on fait bouquetière^ jarretière, mousquetaire, et* non bouquetière, jarretière, etc.
'iSATiénÉ, s. f. — ' Ajoutes; : On prononce saciétë.
SATIN, s; m. Étoffe de soie plate, qui est'fine, douce, moelleuse et lustrée... Pto^.yA^oii^ lapeum douce comme un satin, comme du satin. Avoir la peau fort douce et fort unie. — A l'article Doux nqus lisons, Dbûx comme du satin/ &t nous pensons' que cette expression est la seule qu'on doive employer. Voy. Marbre.
SATISFAIRE... Satisfaire im besoin. Faire ce que ce besoin exige. '— Cela nous paraît bien bref; cet exemple et cette définition expriment-ils la satisfaction de tout besoin quel qu'il soit, au propre et au
figuré-?! Noua retROuxon^ Q^ régiipe^.tj^çct dp.}i^ dla^tr/çys exein|rt«i :. (à Latrines) Retndt, i>rivé, lieu où Ton satisfait. I4SS lm9m oy^tur^Is. (à.AjSANCB) Au plurieU il-t^e^cUtvd'upJieu p|:9ti^i^ daps une n^i^n pour y, fijAiilSFAi^E i^s l^esojnsj ofttufçjij^,
Mais aîBeurs l'Académie emploie le régime lAdirect^ et eUe aurait dû en présenter ici un ou deux exemples; elle dit :
(à NécBSSiré) Satisfaire aux nécessités de la nature (boire, manger, dormir, "etc.).
(à Nature) Satisfaire adx besoins de la Mxhire,
(à Retenir) Vous ne pouvez satisfaire icik voe besoins^; retenez-vous, tâchez de vous retenir. "
SA^i^r çpJ!^j[JiT- V. N^ dpvi;a^tH9^^ nas^ T^î^njr ces deux^ mots en un squj^ CQjpîj^e ojî, tstf fa^ PQl^- sauv^ar;de ? 6n supprimerait ainsi une diffi,çailij|| oj^thogrgpj^iqufi^ Pîjis<^ifJ5 ^^f, 4pit rester inVarial^lB dans le' pluriel s^Q^f-conduits,
Si^i^POl^iptaER^ y- ^,.. ^e (^it aussi en parlant de ce qu'on poudre dj'autrç, çlj/j^e qi;L^ ^e sel, çQoam.iç de farine, d|é poivre, etc.. i^àupou- (Îr^r,de,(}a^nt/igp4e^ un er^jilâtre^ de vésiçatqire. — ; ify a-t-il pas unç f^iUO; tjjfpçgrapJW/^vUe cjjàivns çejtte pJ||^^ase? Les pharmacieni? et les, mé-;' decins disent Un emplâtre vésicatoire; et à l'article Vésica-^oire nous li^oj;!^ «; Z,^^ ^^Ig^rej^ v^^^qc^lqj^^Sf Taffetas vésipatoire. » '
s^uyçi^^v. à... ça çjppstruit quel9,uefois avec un régime indirect et un régime, dire,çt, rup dési^au.t la personne et rauti;e la chose que la personne éta^lj menacée dç perdre ou de subir. Vous wavez sauvé Ictviq^ J/ç lui qd sauvé V honneur. Ce^tte dëcljaràtiçn du jury lui a muvé lefi trof^auai forças. Je, l^i ai sauvé une réprimande. Je lui mmmé un Vidiffuiç. — Ù signifie qi^çiq^i^efois simplement. Épargner une chose à quelqu'un, l'en <^x^pcyp,ter. Cela lui^ a sauvé beaucoup d<s dépeme. Les no(U^§Iles^ qu^ fai re,ç,ue,^ î^i'ont ^auvé^ un eimuyeux voi/age. l'oas m'armez sff,y,iQé ^e grande, peine, une^ grande fatigue, un grand iravaiL
D'un ^utr^ QÔ^é on li^^ ^'a.^,^icie, Épargner ; « Fig., Epargner fjuelquç cho^4 ^V^P^Q^'^û» ^'^Ç d^^peciser, ou Fen préserver { ne pas le lui laisser, ^rou^ef? pe pa^ le lui faire sulpir. Je vous épar^mmi ce som, cettç, pe^^ne,j qçi embarras. Cela nous épargnerait, cela **pnrgnêrail beauç.oy^ de tr^avmx. Épargnez^moi ce chagrin, cette douleur, cette, confusion, ç^U^bfÇnte. J'épargne çl vqtre sensibilité le tableau de leurs souffrantC^A' Ox\ dit de mêruei, S'éjfaxgneir de la dépense, des soins, de V embarras, des inquiétudes, etc. Vous cherchez en vain a me persuader, épargnez-vous ce soin.
Un asse^ç f^^n^ i^ovçi^içe d'apteurs erpploi^nt le verbe éviter au lieu
l. Nous croyons qu^ ^s^ns ce dernier exemple il faut nécessairement le régime direct iYo^9 W SSmve!^. ÇATiSFAiJ^B ici vos bbsq^ns), comme dans les phrases ci-dessus des articles La^^I499 %X A;i^apiqb; mais on dirait dans le sens de suffire. Il ne jjouvait satisfaire à tous tes besoins, av$ fy^^oins 4e 90, nombreuse, famille^: — où, comme l'Académie le dit d'ans les d'eux premiers, satisfaire aux besoins, aux nécessités de la nature.
d'Épargner, sauver*, et TAcadémie aurait bien fait de prémunir ceux qui la consultent contre une faute aussi répandue.
SAUVER... Le cri de sauve qui peut se fit e^itendre, — A Tarticle Pouvoir on trouve la même phrase, écrite de la même manière ; mais à Cri, sauve prend une majuscule : Le cri de Sauve qui peut. Nous pensons que cette majuscule est très-convenable, et qu'un point d'exclamation n'aurait rien gâté :
Le cri de Sadvb qui peut ! se fU entendre.
C'est ainsi que l'Académie écrit avec un grand V et une exclamation (à De) Le cri de Vive le roi! , (à Vivre) Le peuple cria, Vive le roi!
mais à l'article Cri elle supprime l'exclamation : Le,cri de Vive le roi.
SAVOIR... Fam., Je ne sache personne. Je ne connais personne. Je ne sache personne qu'on puisse lui comparer. On dit aussi, Je ne sache rien de si beau, je ne sache rien de mieux écrit, etc. Je ne sais rien , je ne connais rien... Dans ces sortes de phrases, on n'emploie jamais le subjonctif qu'avec la négation. — Que je sache, se met à la fin d'une phrase pour signifier que , si un fait est autrement qu'on ne le dit, on l'ignore. // n'y a personne à la maison, que je sache. Il n'a point été à la campagne, qvsje sache, Est-41 venu quelqu'une Non pas que je sache.
Le verbe Savoir, dans ces locutions je ne sache personne, je ne sache rien, que je sache , ne peut-il s'employer qu'au singulier, et pourquoi? Si l'on peut l'employer au pluriel, il est à regretter que l'Académie n'en ait donné aucun exemple à ce nombre.
SCARLATINE, S. f. T. de Médec. Maladie contagieuse dont le phénomène le plus remarquable est la couleur écarlate que prend toute la peau. La scarlatine n'attaque que les enfants. On la nomme aussi Fièvre scarlatine, et alors scarlatine est pria^djectivement. — Nous croyons , comme divers grammairiens ou lexicographes , qu'il serait mieux d'employer écarlatine, terme à la vérité moins savant que scarlatine, mais qui a plus d'analogie avec écarlate d'où il a pris son nom, et qui par conséquent serait mieux compris de tout le monde. Cependant il faut convenir que nous avons plusieurs dérivés qui présentent la même irrégularité, c'est-à-dire qui reprennent la forme de l'étymologie, dont le mot primitif s'est éloigné; tels sont spongieux, stagnation, stemutatoire, stomacal et stomachique, strangulation, etc, qui viennent des mots éponge, étang, étemvsr, estomac, étrangler.
1. Éviter ne peut avoir qu'un régime, le régime direct : Évitkr lbs périls, un piéob, un MALHBUB, UNS QUBRBLLB, etc. Aînsi au lieu de Je lui ai éviré, je me suis évité bien des embarras, bien des reproches, il faut dire, Je lui ai épargné, je me suis épargné bien des embarras. Pour les reproches nous croyons qu'il serait mieux de dire Je lui ai sauvé bien des repro(^es. J'ai ÉVITÉ bien des reproches. Peut-être trouvera-t-on que nous poussons trop loin les distinctions, et cependant nous ferons encore une remarque. Nous pensons qu'avec un ennuyeux voyage et un voyage coûteux, il est mieux de ne pas employer le môme verbe, et de dire, par exemple, Les nouvelles que j'ai reçues m*ont sauvé un bnnuybux voyage; elles m'ont épargné un voyage coûteux.
SCHELLING. — On ne devine pas quels motifs ont déterminé l'orthographe de quelques mots qui s'écrivent tantôt conformément, tantôt contrairement à Tétymoiogie, tels que shako, shérif (oflScier municipal en Angleterre); — chàle, cheik, chéri f (prince, chez les Arabes et chez les Maures) ; — schabraque, schah, schelling.
De ces huit mots il n'y en a cfue deux dont les lettres initiales soient conformes à l'étymologie : shérif (en anglais, sheriff)^ schabraqiœ (en allemand, schabrack, auquel on a donné une terminaison féminine et le genre féminin) ; — shako vient du hongrois schakat; — cheik et chérif viennent de l'arabe schaïkh, scherif; — châle, schah s'écrivent en persan shal, chah; — enfin schelling vient de l'anglais shilling. — Ainsi dans cheik, chérif, on a supprimé Vs initiale; dans schah, on l'a ajoutée ; dans schelling on a ajouté un c, dans shako on Ta supprimé. Nous ne parlerons des autres différences que pour signaler le but apparent de simplification , comme la suppression du t dans shako, de Vh dans cheik. On aurait bien fait, ce semble, de simplifier également schelling; et puisqu'on le dénaturait (shilling)^ autant valait écrire chelin, conformément à la prononciation, comme on a fait pour bol, bifteck, rosbif {bowl, beef- steak ou stake, roast beef), etc.
SCIENCE... signifie particulièrement. Ensemble, système de connaissances sur quelque matière... On dispute, dans l'école, si^ la logique est une science ou un art. — On pourrait disputer également pour savoir si la Médecine et la Navigation appartiennent aux arts ou aux sciences, puisque l'Académie des Sciences a formé sa quatrième section de « GÉOGRAPHIE et Navigation » , et la onzième de « Médecine et Chirurgie » , tandis que l'Académie Française dit , à l'article Art : « L^ART de la navigation. VkKi de la médecine » , et n'en fait aucune mention à l'article Science. Nous croyons que l'Académie Française fera bien de se ranger à l'avis de sa sœur de l'Institut en disant à l'avenir « La science de la navigation, La science de la médecine. » Quant à Vart de guérir, dont parle l'Académie , sa nature problématique l'empêchera peut-être longtemps encore d'être classé parmi les sciences.
SCULPTER, SCULPTEUR, SCULPTURE. (On prononce sculter, seulteur, sculture). — En 169Zt, l'Académie écrivait sculper^ et insculper (qui ne se disent plus); en 1762, elle ne parlait pas encore de supprimer le p dans la prononciation des trois mots ci-dessus. La prononciation actuelle est le résultat de cette paresse d'articulation qui se retrouve dans un si grand nombre de mots : azme et azmatiqite, exé homo, obuze, Gzavier, Aucerre, Bruxelles, etc., pour aMhms et
1. Nous ne doutons pas qu'on ne puisse dire disputer si; mais il nous semble que l' Académie aurait bien fait d'en donner un exemple à Tarticle Disputer.
2. $culper était plus conforme à l'étymologie sculpet'e; mais il avait l'inconvénient de diflfé- ' rer des mots sculpteur et sculpture, qui ont été formés du supin sculpttim.
asJJm^tigm^ ecce^tlwftm^ obus, Xatder, Auscerre^ Bruxell^, et qui fait même écrire, béja^i^ pivert, mlebrequiat^ Xercés^ au. liei^ de bf^c jftum, pic vert, i^r^ttrequin, J^rxàs. Mî^iQt^nîyit ODr, va* jusqu'à proaqpqer, jusqu'à.éçwr«,,at.Bït^iBEi^ jfifiqu'àuimf^^ Pki-
lisbourg, au lien- ieAii^bp^f^e^,^^i lipp8bouf'^M
^c,.È^Hfl, acjyi.. 3f^ti^s^c,Sf>Tii/eôep^it^ poifie ^ît^iMej^ t^^-
Qïhsjederoaudô.sii c'est pow^ réparer i^fi,Qi9js^ioGb-.quç MS^i^^^fgf^ igHsik m\^ qu'au second d#$ o(H»p4«a«ts,. qiifc €^ phi^ a^a^aoéi (fons. l^'ctr^ro^ alphabétique , oertaiBSt luota qub ^evrai^tf ^^ pHK^éfi £^^. pr^. irter. Oïl; serait tept^ (Je. le qiîoiret^ ^^ v.oyaat» chénerPftmmier» Q<ib. matiler^iorne, nf^anie^alopej imt^m-s^ec, etf^, figm.iîer. ^ulemoi^ ^ ^BfMid&R, ViORw», SAïiOPE, SfifC, ai. \m viOX^.spokh, fl^or çjli vai^Q<^%-. hôpilQik oe se^ trou^vaiçati à Flu$>r,v SôpïiTÀl, eo sorte qu^, \m^ u^a^Qt lefti autres ont, leur déftnfcfcion %» iQpt aeooudaire et ne sont ^la^^v^èm^ Kieiitiiotttnés là qj^ le lecteuç. vmti naturellQWWt les^ oheroh^r. -n-. Quelques-uns. cepend^t sont niQimi bjan traités» encope, tête quQ 6^47, mmUur^ pomme^poir£, rosés pii^in^ x^^. pompon, etc., qui opt éJi^ simplement donnés comme exemples et n'ont reçu de défini.you ni^JUft pai?t. -^. Enfin il en QSiti qu'o^ nô tiîouv^ij^J à, l'i^ ni à ra.utrç.des çQffipo3anta, tels que chatrtigre, pomme- figm> ^tfi., qui ne sont nommés» qij'incidemmeBt et cwnme syijo^^es à Maiv(MX et à Sans-flevUr. t- D'atulares, au oontiraire^ favoiîisés eutr^ tous, ont reçu une définitMxn à cfeao^n de. leurs oomposan^ts-; tels sont bonrQhrétiefi, cogner ffélut, Iffésser-courre, eto. rrr On peut y ^jouAer d'autres pots conpiposés ^te que boute-eifk-tPain, mawi'ds'^faiim, va-nyrpi^ds>. ^ui çont ég8rtew.Qnt déSni3 dans deux, ou trois. ar4^ioJ,çs di^Térenta, et pa^r^essus^ tout un as^ez: grand nombi?e de proverbe qui sont ej^pMquéi? i:^scm'à tToi^, qpos^tre fois, et même davantage.
SÉCHER, V. a. Rendre sec. L«. soleil sèahe les prmnes. Le grand, hâle sèche les fleibrs:. Le* vent sèche les, ohenrn^,- On l'emploie quelqujÇtJ fois avec le pronom personnel. Ik^ ^ mrent- ^ spkil^, ils ^e miJ^e^ devant le feu, pour se sécher.., — Sécher est souvent neutre, et si^ gnifie Devenir sec. La plupart des arbr^ siéchère^k è çausie- dui grand hâle, des grandes chaleurs. Les arbres séchèrenk s^ur pied. Faire sé^ cher, mettre sécher du èinge. Faire sécher des fruits au sokU, dam un four. Ne laissez pas tant sécher cela,
flous croyons que dans ces locutions faire s4ohep, mettra s^her, laisser sécher, stécher n'est pas neç>tre ; il est mi^ pQwn se sécher, et il y a seulement ellipse du pranqm. W doit e» être, de même dans 1^ phrases suivantes, qui malheureusement ne se trouvent pas dans le Dictionnaire de ^Académie : Mettre ou faire ghabfper de l'eau. Laisser ç'LéTftiR des fleurs, etc. ^u reste il nous dit très-bien qu'il y a ellipse du proBO«[^ dans eelle&TCi : Faire tçqmsn l'eim; H famt laissa
lé^OCLER la fùule; Faite t^goulbh des marchimdises ; Faire BAiGNEfli ^s chevaux, tm chien; Và'As ferez écrouler la muraille, etc.
ià£COl!tls...7Z es^/?ftt)^^ bïàTïTUÉ, dénué de secours, de tout secours, — Il aurait fallu mettre dépourmc au lieu de destitué, car TAcâdéniie nous dit, à Tàfticle 0ESTitDER : u Destitué s'emploie comme adjectif dans le sensée Dépo^Hù, dénué. Un'%&m:me destitué "de tout secoUrs, '©Éfi*rl[fûÉ de' bon sèûs,de rais^,'ehc. Une àrainte DÈSTttuÉE de fôn- ^d^Wiëiït. En {)arlant dës-'pèrsôMës*, ôfe'sèns vieillit; on dit, Dénué de ''èéèMf's; etcJ'n ^Voy. 'HfEN.
SEi6NEUil..Jfer é^îleïice, t-e'^Sëignèur, Dieu; et NoïfeSéigneur, ié8îxs>-€brfst.
Dans le Dictionnail^ <îe l'Académie on trouve souvent le Seigneur, 't*tfr*^Mgftttêr*î«fÉû':
tà^l^raoRE) Les'?ois sont' lès oints du Seigneur.
Id. Jésus-Christ est appelé, par excellence, VOint du Seigneur. tà^ouFFLER) Le Seigneur a souffle sur Vamas de leurs richesses, fit l'a
dissipé comme de la poussière, (à Tabernacle) Le tabernacle du Seigneur, et par excellence, Le Tabernach,\.
Mais '^uventf aussi le Seigneur est mis pour Jésus^Christ :
{kVY^tçA^nx) La Madeleine versa sur les' pieds du Seigneur un onguent
(essence, parfum) précienx, (à Prédestiner) Dieu avait prédestiné Moïse pour être le conducteur de - son peuple, Cyrus pour être le libérateur du peuple juif, la Vierge Marie pour être la mère du Seigneur. (à Préparbr) Saint Jean^Baptiste est venu pour préparer les voies du Seigneur , Pour annoncerla venue pixchaine du Seigneur, pour disposer les Juifs à le recevoir.
SEMBLANT, S. m... Faire semblant de, paire semblant que, Feindre de, feindre que. Cet homme fait semblant de dormir. Il faisait semblant d'être fâché,.. Faites semblant que cela vous plait, que c'est là votre avis. Faites semblant qu'ow vous en a prié.
Autant faire semblant de est usité , autant faire semblant que l'est peu, et pour cette locution comme pout» beaucoup d'autres nous sommes contraint d'avouer que nous ne l'avons jamais lue ni entendu prononcer par des personnes qui parlent bien. Ne pourrait-on pas employer une autre expression, et dire, par exemple, Faites semblant d'en avoir été prié ; Faites semblant d'être de cet avis, de trouver À cela votre plaisir, etc, ?
Quant à feindre que, nous ne savons si cette locution est bonne, mais nous ne la trouvons pas au verbe Feindre.
SEMBLER, V. n... // me semble, il vous semble, etc., que. Je crois, vous croyez, etc., que. // me semble que je le vois. Je crois que je le
I . Nous croyons que destitué n'est guère plus usité en parlant des choses ; on dit , Une crainte dénuée de fondevnient, etc.
vois. Il me semblait que cela était ainsi.— Tout le monde sait qu^après sembler accompagné du pronom personnel on met toujours le mode indicatif, comme on vient de le voir dans les exemples ci-dessus. Mais lorsqu'il n'y a pas de pronom personnel, c'est différent; le doute, le vague que présente la phrase engage assez naturellement à mettre le subjonctif. Cependant il y a des cas où l'on est fort embarrassé, et nous espérions que l'Académie lèverait la difficulté. Nous avons donc été péniblement surpris de ne trouver dans cet article qu'un seul exemple tel que nous le désirtons, et nous avons été réduit à recueillir ceux que nous avons trouvés épars dans le Dictionnaire :
( à Sembler) Il semble à vous entendre parler que vous m' ayez rendu service,
(à D'abord) D'abord il semble que cela soit vrai,
(à Baisser, Prendre) Il semble quHl n'y ait qu*à se baisser et en prendre.
(à Sentiment) Il semble qu'il sorr mort, il n'a plus de mouvement ni de sentifnent,
(à Sympathie) Il semble qu'il y ait de la sympathie entre certaines plantes, • entre certains animaux.
(à Venir) Il semble qu'U vienne de l'autre monde.
Bien que l'Académie mette le subjonctif dans toutes ces phrases, nous pensons qu'on peut quelquefois employer l'indicatif, et les exemples n'en sont pas rares dans nos grands auteurs :
Il semble gtie nous augmentons notre être lorsque nous pouvons le porter
dans la mémoire des autres. ( La Bruyère. ) Il semble que le bon sens dépend encore plus des* sentiments du cœur qw
des lumières de l'esprit. (J. J. Rousseau.) Il semblait qu'on voyait déjà sur cette tête dominatrice la double couronne de France et d'Italie. ( M. Thiers. )
SEMI. Mot PRIT du latin, et qui signifie Demi... Semi-pite.
Au lieu de prit, lisez : /?m.— Qu'est-ce que cette semi-pite? Est-ce . la moitié de la « petite monnaie de cuivre qui valait le quart d'un denier, et qui n'a plus cours depuis longtemps » ?
SEMOULE. (On prononce Semouille.)— Il nous semble qu'il n'y a pas plus de raison pour prononcer ouille la finale ouïe dans ce mot que dans ampoule, boule, ciboule, foule, houle, poule, etc., et que cette prononciation vicieuse devrait être plutôt rectifiée que recommandée. A l'article Nouilles , l'Académie dit que « dans les livres de cuisine , on écrit ordinairement Noules » ; serait-ce par compensation?
SENELLE, s. f. Voycz Genelle. — Genelle manque.
SENS... signifie encore. Un des côtés d'une chose, d'un corps. Mettez cette table, cette couverture, etc., de ce sens-là. Mettez-la du bon sens... On a mis cette étoffe du mauvais sens. Couper un jambon du bon sens. Cette pièce de bœuf n'est pas coupée dans le sens. — Sur cinq exemples il n'y en a qu'un où l'Académie ait employé la préposition dans, et encore peut-on présumer que c'est parce que le mot sens n'y est pas déterminé par un adjectif, un adverbe, etc. Nous pen-
sons cependant qu'on peut suppléer Tellipse et dire « Cette pièce de bœuf n'est pas coupée dans le sens convenable » ; or si l'on peut dire DANS le sens convenable^ on doit pouvoir dire également « Coupez celle-ci dxus l'autre sens; mettez celte table j cette couverture^ etc., DANS ce sens-là. Dans est pour le moins aussi usité que de : pour notre part, nous n'avons guère entendu employer que la première de ces locutions. 11 aurait donc fallu modifier un peu l'article dans ce sens. 11 est surprenant que dans le paragraphe où sens a la valeur de Signification, acception, l'Académie n'ait pas donné un seul exemple* où ce mot soit accompagné de la préposition dans; cependant on dit tous les jours. Dans quel sens faut-il prendre ce mot, cette phrase , ce passage? Cette locution serait-elle vicieuse? Nous ne le pensons pas, puisque nous trouvons
(à Littéral) Il faut prendre ce vers d'Homère non dans on sens littéral,
mais DANS dn sens figuré, (à Naturel) Vous n'avez pas pris cette phrase dans son sens naturel. (à Dans) // entend cela dans le sens de saint Augustin. Id, On doit prendre ce passage dans un tout autre sens.
SENSIBLE... C'est son endroit sensible , sa partie sensible, se dit en parlant des choses dont quelqu'un est le plus touché.— Il nous semble que cette expression' aurait dû être accompagnée de cette autre, qui n'est pas moins usitée, « Toucher la corde sensible. Parler de ce qui intéresse le plus vivement une personne , de ce qui lui fait le plus de peine ou de plaisir » ; et pour ne pas répéter la définition de quatre lignes qui est l'article Corde , l'Académie pouvait renvoyer à ce mot.
SENTINE, s. f. T. de Marine. Partie basse de l'intérieur d'un navire, dans laquelle les eaux s'amassent et croupissent... Il vieillit. — Quel mot l'a remplacé ?
SÉPARER... signifie encore. Diviser un espace, un tout p^ quelque chose qu'on place entre ses parties. Séparer une cour en deux par un mur. SÈPAKER une chambre en trois par des cloisons. — Nous croyons que dans cette acception le mot diviser, employé dans la définition de l'Académie, est bien préférable à séparer, et qu'il est beaucoup plus usité. On devrait réserver le verbe séparer pour signifier Servir de séparation, former une séparation entre deux choses distinctes : a Le mur qui sépare ces deux maisons. Le sentier qui sépare ces deuj) propriétés. »
Nous ferons la même observation au sujet de Séparer conjugué avec le pronom personnel : A cet endroit le chemin se sépare en deux. Cette rivière se sépare en plusieurs canaux. L'armée se sépara en deu^x corps. — Dans ces exemples nous préférerions les verbes se diviser, se partager, que l'Académie emploie également : (à Diviser) Ils se divisèrent en petits groupes.
Id. Là, le fleuve se divise en deux branches principales. (à Partager) Près de tel endroit, la route se partage en deux branches.
»PTllPi£R. Rendre sept fois plus grand, nmltiplier «m nombre par sept. •— Maltiplier un nombre par 7, ce n'est pas le rendre 7 fois plus grand, c'est lui donner 7 fois la valeur qu'il avait d'abord; et de même que l'Académie dit que septuple signifie Qui vaut sept fois ADTANT, et non sept fois plus , de même aussi elle aurait dû dire : Septupler , Rendre sept fois aussi grand.
^^RAN ou SERANÇOIR, S. m. Sorte de peigne de fer qui sert à diviser la filasse du chanvre et du lin. Serançage, Seranger, Seranceur. • —Les mots serançage et seranceur ne remontent pas à un bien grand nombre d'années ; mais seran et serancer, qui figuraient déjà en 1696 dans le Supplément du Dictionnaire de l'Académie et qui sont d'un usage si répandu, devraient du moins se trouver dans ce Dictionoair©.
SERPENT... Serpent à sonnettes. Serpent ainsi nommé à cause du bruit qu'il fait en remuant les anneaux cornés et mobiles qui terminent sa queue. — C'est ici, croyons^nous, bien plutôt qu'à Sonnette, que le lecteur cherchera la définition de ce mot; et d'ailleurs, de l'article Sonnette on aurait pu renvoyer à Serpent, tandis qu'ici l'on n'a pas même indiqué l'endroit cù se trouve l'explication. De plus il aurait été convenable de donner en même temps le nom scientifique « Crotale ».
SERRE-PAPIERS, S. m... se dit aussi d'une sorte de tablette divisée en plusieurs compartiments, qui se met ordinairement au bout d'un bureau, et où l'on range des papiers. *- Si casier, que l'Académie définit « Garniture de bureau composée de plusieurs cases, dans lesquelles on place les papiers ou autres objets que l'on veut tenir en ordre », est bien synonyme de serre-papiers dans cette acception, il aurait été bon de le dire^ car le mot casier est plus court et nous semble plus agréable à l'oreille.
SERRER, V. a... Serrer son écriture. Rapprocher les lettres ou les lignes les unes des autres. Votre écriture n'est pas assez pressée, serrez-la davantage. — A l'article Presser nous ne trouvons ni presser son écriture, ni une écriture pressée, et nous ne savons si l'expression ci-dessus, votre écriture West pas assez pressée, est bonne. Peut-être l'a-t-on employée ici uniquement pour ne pas répéter le même verbe : serrée, serrez-lai Bien que nous n'en trouvions d'exemples nulle part, nous croyons qu'on aurait pu dire : Votre écriture est trop lâche , serrez-la davantage.
SESQUi ALTÈRE. — Qui doit-il être prononcé ki ou cui?
SEUL... signifie aussi. Unique. Il n'y a qu'une seule personne gui votbs en puisse donner des nouvelles. C'est le seul homme qui vive de la sorte. Vous êtes le seul qui Tait faiL Voilà les seules raisons que vous puissiez alléguer. — Et ailleurs :
(à De) C'estj de tous ces monuments, le sedl qui sorr resté debout. (à Soumission) Ce régiment est le seul qui att tardé à faire sa soumission. (à Unique) C'était l'unique capitaine, l'unïqdb orateur qu'il y eût en c# temps4à.
Les grammairiens donnent pour règle qu'après le seul on doit employer le mode subjonctif, et Ton voit que l'Académie nous oflre plusieurs exemples qui viennent à l'appui. Mais cette règle n'est pas sans exceptions, car dans ce même article nous lisons : La seule loi quU faut suivre, (à Adresser) Je m* adresse à tous comme à la seule personne de (lui je PUIS attendre quelque secours.
Nous regrettons de n'avoir pas trouvé un plus grand nombre d'exemples avec le mode indicatif, ce qui nous eût peut-être permis d'en déduire une règle; mais nous croyons néanmoins pouvoir dire que l'indicatif affirme et donne à la phrase plus d'assurance. L'Académie nous offre aussi un exemple avec le conditionnel î
C'est LE SEUL dangef qu*on pourrait craindre. Ce temps ne nous semble pas présenter de différence appréciable avec le présent du subjonctif : C'est le seul danger qu'on pdissb craindre.
Quant '^. ces deux exemples : « C'est le seul bien qui me reste; C'est, de tous mes biens, le seul qui me reste » , il est difficile de dire quel mode l'Académie a voulu employer; cependant l'analogie nous fait présumer que c'est le subjonctif. Il doit en être de même pour cette phrase qu'on lit à l'article Unique : « On ne trouve plus ce livre, fen ai /^unique exemplaire qui reste. » '
sÉVE. — L'Académie. écrit fkve avec un è, stve avec un é, et trtve avec un e. Pourquoi figurer de trois manières différentes une prononciation qui doit être la même? L'accent grave est le seul qui devrait être employé.
SÉVÈRE. — Il manque ici l'expression sévère à^ qu'on trouve à l'article À : Sévère à lui-même.
SEXTUPLER. Rendre six fois plus grand , multiplier un nombre par six.— L'Académie définit sextuple « Qui vaut six fois autant, et non, six fois PLUS. » Voy. Septupler.
SI... est aussi comparatif, et signifie Autant, aussi; alors il ne s'emploie qu'avec la négation. // n'est pas si riche que vous. Il ne se porte pas si bien. Il ne fait pas de si beaux vers.— Que' ques grammairiens ont donné pour règle que lorsqu'une phrase est négative il faut employer si et non aussi; mais cette règle n'est pas absolue, tant s'en faut, et nous lisons dans le Dictionnaire de l'Académie :
(à Aussi) Cet ouvrier ne travaille plus aussi bien qu'autrefois, ne travaille
plus AUSSI bien, (à Passer) Cette femme ^'est plus aussi belle, elle se passe, (à Mais) Elle N^estpas kvssi jolie que sa sœur, mais elle est plus spirituelle, (à Personne) Je ne connais personne d' aussi heureux que cette femme, (à Prématuré) Les fruits prématurés ne sont pas ordinairement d' aussi
bon goût que les autres, (à Proportion) Il n'est pas aussi bien payé que l'autre à proportion, (& Vanneau) Le vanneau N'est pas aussi bon à manyer que le pluvier.
Il en est de même pour Tant et autant. Si d'un côté Ton trouve : (à Que) Rien ne Ta tant affligé que cette nouvelle, ( à Tant) Rien ne m'a tant fâché que cette nouvelle, (à Quart) Il N'a pas le quart tant de peine que vous. (à Rassurer) Rassurez-vous, il n'y a pas tant à craindre que vous penses.
d'un autre on lit :
(à Nourrir) Les fruits, les légumes ne nourrissent pa« autant que la viande. (à Autant) Il ne fait pas autant de froid qu'hier.
Cette dernière phrase nous semble laisser à désirer. Voy. Autant.
SI. — Peut-on employer l'expression si... que de, pour signifier Assez... pour, au point de? Cela nous paraît probable, et cette expression devrait se trouver ici, puisqu'on la rencontre dans plusieurs articles du Dictionnaire de l'Académie. Voy. Oser.
SIBYLLE... La sibylle de Cumes. La sibylle Erythrée.— Voy. Forêt. Il était d'autant plus important de mettre n^Érythrée, que la plupart des lecteurs croiront ç[\x' Erythrée ^ était le nom de la sibylle, tandis que, si nous ne sommes dans Terreur, elle se nommait Hérophile.
SIFFLET... Il n'y a pas assez de sifflets dans Paris pour une aussi mauvaise pièce. — 1\ nous semble que cet exemple n'exprime pas une comparaison, et qu'il aurait fallu employer si au lieu d'aussi, comme l'Académie Ta. fait dans les phrases suivantes :
(à Gagner) Une si forte somme ne se gagne pas en un jour.
(à Prix) L'opprobre est le prix, est le juste prix d'une conduite si infâme.
SIGNET. (Le G ne se prononce pas.) — Il fut un temps où cette prononciation était à l'ordre du jour, puisque La Fontaine supprimait le g . même dans l'écriture; ainsi il écrivait maline, assinée, sine, au lieu de maligne, assignée, signe, pour rimer avec machine (Fabl. VI, 15), avec hyménée (Fabl. VI, 20), et avec mine (Épître à M™* de G***); mais aujourd'hui l'on revient à prononcer le g dans signet, comme on le fait depuis longtemps dans les trois autres mots.
SILENCIEUSEMENT, adv. — Cet adverbe, omis par l'Académie, nous paraît essentiel. Il passa silencieusement sous le canon de l'ennemi. Il vivait silencieusement dans son ermitage.
SIMULTANÉ, ÉE, adj... Plusieurs écrivent encore Sifnultanée, aM masculin. — L'Académie a fait la même observation à l'article Spontané, mais elle aurait pu la faire également aux adjectifs céta^cé, crustacé, ostracé, testacé, — cutané, igné, instantané, momrentané, pédané, simultané, — éthéré, etc., que les auteurs avancés en âge écrivent encore comme elle le faisait elle-même en 1762 : cétacée,
1. Erythrée, synonyme grec et latin de Bouge (la mer Rouge n'est qu'une partie de la mer Erythrée), est aussi le nom de la ville d'Ionie où résidait la sibylle. Quelques géographes, il est vrai , écrivent Érythre ou Érythres, mais la plupart conservent l'ancien nom d* Erythrée. Quel que soit celui qu'on veuille donner à cette ville, nous ne pensons pas qu'on puisse dire aujourd'hui la sibylle ÉrytHréb, de même qu'on ne dirait pas la sibylle CuméE ( pour la sibylle DB Clmbs), bien qu'on trouve dans les 2«, 3« et 4« éditions du Dictionnaire de l'Académie la sibylle Erythrée, la sibylle Cumée,
cutmiée, éthérée ^, eic^ Roquefort, dans son Dictionnaire étymologique imprimé en 1829, écrit cëtacee, bien qu'il supprime Ve muet dans testacé; et Lemare, dans son Dictionnaire par ordre d'analogie, imprimé en 1820, après avoir écrit cmstacé, herbacé, oslracë, etc., met Ye muet dans tous les adjectifs terminés par né et en fait ainsi des adjectifs des deux genres : cutanée, exlemporanée, graminée, instan-, tanée, momentanée, simultanée, spontanée, staminée, subterranée, succédanée. Aujourd'hui aucun de ces adjectifs ne prend Ve muet au masculin, excepté graminée, et probablement il ne faut voir là qu'une distraction. Voy. Graminée. — L'Académie a très-bien fait de supprimer Ve muet dans Lin7ié, quoique la plupart des auteurs écrivent enôore Linnée; espérons qu'elle ne tardera pas à écrire un scarabé^ et surtout un sigisbé, peut-être même des miscellanés. SIMULTANÉMENT, adj. -— Lisez : adv.
siRTES, s. f. pi. Sables mouvants, tantôt amoncelés, tantôt dispersés, et souvent très-dangereux pour les navires. Il n'est guère usité parmi les marins. — Pourquoi écrire par un * simple ce mot fort peu connu, puisqu'il prend un upsilon en grec et un y en latin {surtis, syrles)! Nous demanderons encore qui emploie ce mot, si les marins . n'en font pas usage, car nous ne nous souvenons pas de l'avoir vu ailleurs que dans Boileau (Art poétique, ch. IIÏ) :
Que Neptune en courroux s'élevant sur la mer, D'un mot calme les flots, mette la paix dans l'air, Délivre les vaisseaux, des syrtes les arrache; C'est là ce qui surprend, frappe, saisit, attache. mais Boileau, en véritable amant de l'antiquité, écrivait syrtes, et les auteurs du Supplément de 1696 faisaient de même.
SIXAIN. — L'Académie a transformé en z Vx de dix dans les mots dizain et dizaine, et celui de six dans sizette, mais elle conserve l'a? dans sixain.
SOBRIQUET, s. m. Sorte de surnom, qui le plus souvent se donne à une personne par dérision, et qui est fondé sur quelque défaut de corps ou d'esprit, ou sur quelque singularité. Sobriquet offensant, injurieux, plaisant, ridicule. Donner un sobriquet. Il y a des sobriquets qui sont devenus les surnoms de certaines familles illustres. — L'Académie, qui a donné de nombreux exemples de surnoms, n'en donne pas un seul de sobriquets; cependant il n'en manque pas dans l'histoire; et puisque dès la troisième édition elle a mis à l'article Surnommer l'épithète de balafré {Guise le Balafré), qui était d'abord à Sobriquet, elle aurait pu remplacer ce nom par Charles le Mauvais^ Guillaume le Roux, Louis le Débonnaire, Robert Courte-heuse '^,
1. Au mot éTHÉRÉB (3« et 4* éditions) où l'Académie dit «f adjectif de tout genre », elle met pour exemple Corp$ éthéré, en sorte qu'on ne sait où est la faute typographique.
2. Dans les OEuvres d'Ara^o, revues par M. J. A. Barrai , on lit « un scnrahé » .
3. Heme se disait autrefois pour Botte, chaussure. Populairement on appelle encore aujourd'hui cowte-^tt» un petit homme.
Courte-botte, Codrte-guisse, etc. Nous pensons que Tépithète de- Plantagenet, qui a été donnée à une série de rois d'Angleterre, était dans le principe considérée plutôt comme un sobriquet que comme un surnom; peut-être même TAcadémie a-t-elle voulu faire allusion à des sobriquets de ce genre en disant qu'il y en a qui sont devenus Jes surnoms de certaines familles illustres *. Chacun sait que Geoffroi V, surnommé Plantagenet à cause d'une branche de genêt qu'il portait ordinairement à sa toque, fut la souche de la dynastie des rois d'Angleterre d'origine française.
SOIERIE. — Nous sommes loin de demander qu'on supprime Ve médial, comme on l'a fait dans le Dictionnaire de l'Académie aux mots plaidoirie, voirie, et dans le Complément de cet ouvrage au mot corroirie; mais nous croyons qu'on aurait dû indiquer la prononciation soirie, qui est généralement adoptée.
SOLÉCISME, s. m. Faute contre la syntaxe. Faire un solécisme. H y a un solécisme dans cette phrase— L'Académie, qui a eu soin de donner plusieurs exemples de barbarismes, aurait dû faire de même pour les solécismes; elle n'en donne pas un seul.
* SOLEIL..." £w^re deux soleils, Entre le lever et le coucher du soleil. Marcher, voyager entre deux soleils. Suivant d'anciennes ordonnances, l'argent du roi ne se voiturait ^«^'entre deux soleils.— Il semble qu'il aurait fallu dire : Entre le coucher et le lever du soleil ; de cette manière du moins il y a deux soleils, celui du premier jour et celui du second ou du lendemain ; mais l'usage, accepté par l'Académie, compte le soleil levant et le soleil couchant pour deux soleils, bien que cet astre n'ait pas quitté l'horizon.
SOUBRESAUT, S. m. — Ajoutez : On prononce la dernière s forte, comme dans Saut.
SOURCILLEUX, EUSE, adj... Un front sourcilleux. Un front où se peint l'orgueil. Il veut dire aussi, Un front empreint de tristesse, un front chagrin, inquiet. — Nous comprenons qu'on dise Un front sourcilleux pour Un front sévère, un front où se peint l'orgueil; mais dans l'autre acception nous croyons que soucieux est préférable. L'Académie dit « Air soucieux. Mine soucieuse », et Cas. Delavigne, Sur ton FRONT soucieux Je vois passer une ride légère.
1. On sait combien les Romains faisaient usage des sobriquets : Cieéron était ainsi appelé à cause d'une petite verrue en forme de pois {eicer) qu'il avait sur le nez; les sobriquets AVotfcu$, Nasica, signifiaient Qui a de longues oreilles, un gros nez. — Tout le monde connaît les sobriquets ou surnoms de Philadeliihe, PhilopcUor, Philométor, etc^, donnés ironiqueipent à ceux des Ptolemées qui étaient soupçonnés d'avoir abrégé la vie de leurs frères, de leur père, de leur mère, ou tout au moins de leur avoir porté une haine violente ; — Ptolémée VII avait trois surnoms : j^uerj^è^c (bienfaiteur), Kakergète {maXîsàsaLUt), Physcon (ventru).— On connaît également ceux qui ont été donnés à différents Charles, Louis, PhjUippes, «te. : Charles U Otaw)c, le Gros ou le Gras, le Simple, l* Insensé, le Téméraire, etc.; — Louis le Bègue, le Fainéant, le Uutin; — Philippe le Long, le Bel, etc.
sous*MUL.TiPL£, adj. des deux genres... Trois est un des souê-mul-tiples de douze* — Dans cet exemple, le mot sous^9nuUiple est employé comme substantif (un des- sous- multiples) et non comme adjectif; nous présumons donc que l'article présente une omission typographique, et qu'il faut lire : « Trois est un des nombres sousmultiples de douze. Il s'emploie aussi cobime substantif. Trois est un des sous-multiples de douze. »
SOUTENEMEKT, S. m. (Quelques- uns écrivent, Soutènement,) -* L'Académie écrit entre Iknement avec un è, ttnement avec un é, et soiUEfiement sans accent. Il nous semble que ^es trois mots devraient prendre l'accent grave, et que cette fois encore ce sont les quelqu£S^ uns qui ont raison. Voy. Sève.
SOUVENIR, s. m... Rappeler le souvenir... — Quelques personnes pensent qu'il vaudrait mieux dire simplement Rappeler un fait, une victoire, une action généreuse, etc, que Rappeler le souvenir d'm« fait, etc. Il nous semble qu'elles ont parfaitement raison, car le mot souvenir n'ajoute rien à l'idée, ne rend pas la phrase plus intelligible. Il y a là un désir de concision analogue à celui qui fait dire à l'Académie, à l'article Rappeler « Se rappeler quelque chose dans la mé^ moire, ou simplement et mieux. Se rappeler quelque chose, » — Il est bien évident que cette proposition ne touche nullement aux expressions poétiques, telles que Rappeler de douloureux souvenirs, etc,
SPÉE, s, f. T. d'Eaux et forêts. Bois d'un an ou deux. On dit aussi Cépée. — A CÉPÉE nous lisons : « Cépée, s. t T. d'Agricult., Touffe de plusieurs tiges de bois qui sortent d'une même souche. Faire la coupe des CÉPÉES de saules. » Il nous paraît évident que cépée ou cepée est l'expression correcte, et que spée n'en est qu'Une altération. C'est une faute contraire à celle qui fait dire huHe rf' aspic pour huile de spic.
SPOKTABiE, ÉE, adj... Plusieurs écrivent qixcqvq spontanée au masculin. — Voy. Simultané, éê.
SQUAMIMEUX, EUSE. — L'étymologie {squama, squamatus, squameus, squamosus, etc.) ne 'demande qu'une m; ne devrait-on pas s'y conformer comme on le fait pour le composé desquamation? La plupart des savants écrivent squameux,
SQUELETTE, s. m. — A la lettre A, nous demandons qn" amulette (Voy. ce mot) soit du genre féminin, conformément à l'usage, ou bien qu'il' s'écrive amulète, parce que les substantifs de cette désinence sont généralement masculins, tandis que la terminaison ette ne comprend que des-féminins, excepté amulette et squelette. La même rai*sM)n nous engage à proposer Torthographe squeléte, et nous avons pour nous les étymologies grecque et latine, skeletôs, sceletus. Nous ajouterons que dans les deux premières éditions et dans le Supplément de la première on trouve squeléte, sans réduplication du t,
SQUIRRE, s. m. (Quelques-uns, se conformant à l'étymologie, écrivent, SquÂrrhe et Squiùrheux») — Puisque l'étymologie réclame Vh,
TAcadémie aurait dû la rétablir dans ce mot comme elle l'a fait dans aphthe (pour la dernière syllabe), catarrhe, zoolithe, etc.
STAGNATION. — Le ^ doit-il être prononcé dur dans ce mot comme dans stagnant f Nous le croyons, mais l'Académie devait le dire.
STATUE, s, f... Statue équestre. Statue pédestre. Statue curule. — Aux articles Équestre, Pédestre, l'Académie nous apprend qu'une statue équestre représente une personne à cheval ; une statue pédestre, un homme à pied ; mais à Curdle elle a oublié de nous dire ce que c'est qu'une status curule. Serait-ce une statue qui représente un magistrat romain dans sa chaise curule? L'omission commise à la lettre C devait être réparée ici par une définition.
STENTOR... Une voix de stentor, une voix forte et retentissante.—
— Pourquoi l'Académie n'écrit-elle pas Stentor avec une majuscule, comme elle l'a fait dans ces phrases : Cest une Agnès, C'est un Crésus. Je ne suis pas un Œdipe? Voy. Mentor.
STÉRÉOTYPE , adj. des deux genres. T. d'Impr. Il se dit Des ouvrages imprimés avec des pages ou planches dont les caractères ne sont pas mobiles, et que l'on conserve pour de nouveaux tirages. Avec le temps les éditions stéréotypes deviennent parfaitement correctes.— Stékèotyper, V. a. T. d'Impr. Imprimer un livre avec des pages ou planches solides, au lieu de formes composées de caractères mobiles. On a stéréotypé Racine, Corneille, etc.
Il nous semble que dans ces deux articles on a omis la vraie signification, le sens primitif. Stéréotyper doit signifier d'abord Rendre solides, souder en un seul bloc les caractères mobiles avec lesquels on a composé des pages ; c'est l'opération qu'a remplacée le clichage.
— Quant à l'adjectif, il a dû être auparavant substantif et se dire des pages stéréotypées. MM. Herhan et Didot sont les premiers qui aient stéréotypé des caractères, des pages, qui aient produit des stéréotypes. Les STÉRÉOTYPES d* Herhan et Didot sont très-estimés. L'emploi de stéréotype comme substantif est fréquent , et il aurait été convenable d'ajouter cette dénomination.
STERLING, s. m. Monnaie de compte en Angleterre. Il ne se dit point seul et il est invariable. Une livre sterling. La livre sterling vaut environ vingt-cinq francs. Cinquante sous sterling... Denier sterling.
Que sterling soit invariable, comme adjectif du moins, nous l'acceptons volontiers ; mais pourquoi l'appeler substantif, quand on le joint à un substantif? Jamais on n'a dit que les mots tournois et parisis fussent substantifs dans une livre, un sou, un denier tournois ; franc, sou, denier parisis. — Nous ne disons pas que sterliîig soit toujours un adjectif; car nous l'avons vu employé comme substantif dans Aug. Thierry, Conquête de V Angleterre, liv. X, p. 211 : « Je vois à ton discours que tu as déjà flairé les sterlings du roi d'Angleterre. »
STRAS, s. m. (On prononce l'S finale.) Composition qui imite le diamant et qui tire son nom de celui qui en est l'inventeur. — On dit
que rinventéunr s« no^Aftit 89râ§^»f Mp\iiÉ(i^ë^& itbïà Aèim être altéré, il nous semble qu'il vtiai* Hriêttic éerifè êmi9è, ce' ^ûi aurait indiqué naturellement \» pf ôôOWdatltftT, ^f c'éM âtthsî (S[tlë F^Acùdémie 1» Ôonae à Dri pIiofdpidis (On prononce B^ ptofmdisty.
STYPTIQUE, adj. des deux genres^ T.- de Wéd«ev OwS à kl véHtf fle ressôrrePi /^/awi^e asttmgentê et s$j/p$iqtië. — Siypti^m n'a pai##atfti^e signification qu'astringent^ et Tcw ne peot eiepliqaep ici refflp)*»! slÉMtltané de^s mots astringente et stppiique qwe par Fusage asse^ fi^équent ^«e nom» faisons de ces synoitymies : (M 9iiU ^o9 rjUf $< et (Restes ; // n'a ni honte ni vergogne? Étfë ttiujâ^Èf^^ pàf vèfë êl pà^ Chemin; Voim: uûwBi Vous mex hem tourner ei vikah, ^tt. VkAé énf maifère de définitions on d<wt éviter tes redénéaàceS) à^ Mollis» qu'értl»» ûe ioBnent phi» (ïé forée à là pensée, en elpriïnftnt des nuaûdèl^ dtl Une gPadati^tti ^ On retrouve dôs exemples de* ôé& syltonyiMei» «lit^rOilês iPfisA!?TyTÉNÉ»RBDx, ©t©. ! Mackme LduFfDB e/ MÉinm; /l ^< iRnA^ite èé TéitéBRflù»,^ »/ ft ra»r sombre et ténébui^ux.
si^RHly adj; ta. Qui a> le goût de sucre. li ne se» dit gtïère' q^i'eii parlant Des melons. M»èdn8ucrim^ï\n''SLUtû\t pas été ««pefflu d'ajôtïter « On dit aussi Melon sucré » , puisque cette VftViaftte se trottVfe' à 8u€RÉ priff adjectivement, et à IÏelon, où il occt^e la pf emièf^ ^ftice * Mehr» snàté ou siwrin ».
Mais'oe tt'est pas? là ce qui nou» a principalement enga^ à rekîv«r (Stir article ; o^est Tespressieii « Oui a le goût de sucre » émT^loy^ dans-k déftnition. lè nous sembl» cfu'il fattait dire, oonîffîé l'Académie l?a ftiét dans une des définitions de Sucré <t H se dit adjectivement Dête ffiifits'ydes iégumes qui sont fort don», ()ttt Oïit le goût ûtr stici^ » ; 6«r lofsqti^ le premier substantif est précééé de l'article défini, il faut fdpéter oe même article devant le sééond, o«j^ mettre l'artic^ iMéfini-; HiaJesMe premier substantif est précédé dé Fôrticle îftééflni, W ^é- •OB4 ner prend pas d>*artiote. Nous" lisonis' v
{è> Air y Pfêr^re Voir Èv f&w, ... urr ctir de feu,
(â QoAttrww) Fai^e htsvHUe^ *t) çfaàrHêfi^. ... d^ i)hitéi de ^pkit-mr. ( à Lai^oi) Miné9 eorfhim î.a Im^tw d'dpï chofù, ^;.. comme «ne havigue »H ch», (à Squelette) Le si^ueMte d'un cheveu» Un squelette D'/wrnwr*
Cependant nous trouvons dans le EWotfoîïnaive dé l'AcadéiUîe^ dès exceptions dont notis^ne nous rendons pas compte, e« q«è fifôus orc^éns devoir mentionner :
(^ Yé^) Lèi qûâîre ifênts frHcipaux on èaHinCMOD^ saHt : h tfeHt du 4iM, le i^BWâ DU èud,' le vmt h'est^ le vent xfùixeSt,
Nous présumons qu'ici l'ûsàgè à suivi la' rè^e devant îè^ iWotâ ^tK ci6\iitnkW^X par une consbrtîie, mais que l'habitude d'abréger sEufânt ^^ possible, Mbitude do^t on voit la ti'ace dans uilé fotile dé lodd*- Hofiè, a fait sttppWmer l'artîble devant cèùJf (Jhi cortiiiAOTCent ^àr Ûtife i^^yelle; au lieu de dii»é le ventât Vest, nE h" ouest, corrtfne on 6\^h vent DU nord; lJ§ «tttf^ 6H dtt It'i^t t'eéf, fTàStéit.
Toutefois la règle n'est pas môme constante, car on lit
(à Sud) Le vent du siMi, le vent de stid.
, (à Sud-est) Le vent du sudrest, le vent de stid-est.
La même irrégularité règne dans les locutions relatives aux sacrements, mais en sens inverse, c'est-à-dire qu'on met l'article devant les mots qui commencent par une voyelle et qu'on le supprime devant ceux qui commencent par une consonne :
(à Eucharistie) Le sacrement de L'eucharistie,
(à Sacrement) Le sacrement de baptême, de confirmcUion, ve mariage, etc,
(à Pénitence) Le sacrement de pénitence.
Quant à V extrême-onction et aux ordres j nous ne trouvons aucun exemple où ils soient précédés du mot sacrement.
SUFFIRE, V. n. (Je suf/îs, tu suffis j il suffit; nous suffisons, vous suffisez, ils sussent. Je suffisais. J'ai suffi. Je suffirai. Je suffirais. Suffis, suffisez. Que je suffise.) — L'Académie n'a mis ni passé défini ni imparfait du subjonctif; ne peut-on donc pas dire : « Pendant ces trois années, je suffis, notre modique revenu suffit à l'entretien de ma mère et au mien. H fallait que cette modique somme suffît pour élever trois orphelins » ?
SUFFISAMMENT. Adv. Assez. // a du bien suffisamment pour vivre. Il a suffisamment de bien pour vivre d'une manière agréable. Il y a du monde suffisamment. Il y a suffisamment de monde. Ce fermier n'aura pas DE blé suffisamment pour vivre et pour semer. — . On a mis : « Ce fermier n'aura pas de blé suffisamment. . . » , probablement parce que la phrase est négative; mais si Ton doit dire Je n'ai pas de blé. Je n'ai pas nl'argent. Ce général n'a pas de troupes, nous croyons qu'il faut mettre l'article {du ou de le, des pour de les) dans ces phrases : Je n'ai pas du 6lé en quantité suffisante pour ensemencer toutes ces terres ; Je n'ai pas de h^ argent assez abondamment pour payer les dettes que vous avez contractées; Ce général n'a pas des troupes en nombre suffisant, ou des troupes suffisantes pour résister à l'ennemi. Lorsqu'un substantif est déterminé par un adjectif, par un adverbe ou une locution équivalente , il doit être précédé de l'article ; il nous semble donc que dans la phrase ci-dessus il faut mettre. Ce fermier n'aura pas du blé suffisamment pour vivre et pour semer. Mais nous croyons qu'il serait encore mieux de dire assez de blé, et qu'en général on doit éviter de donner un complément à l'adverbe suffisam^ment; ainsi au lieu de. Il a suffisamment de bien pour vivre; Il y a suffisamment de monde pour remplir cette salle, nous dirions, // a ASSEZ de bien, il y a assez de monde, etc.
SUFFRAGANT, adj. m. 11 se dit d'un évêque à l'égard de son métropolitain. I^s évêques de Chartres, de Meau>x, d'Orléans et de Blois sont suffragants de l'archevêque de Paris. — Il s^emploie plus ordinairement comme substantif. L'archevêque de Tours a pour ses suffragants les évéquss d'Angers, du Mans, de Nantes, ete.
Cette définition a II se dit d'un évêque à l'égard de son métropolitain » ne sera certainement pas comprise de tout le monde; en disant que les évéques de Chartres, de Meaux, etc., sont suffragants de Varchevêque de Paris, veut-on dire que ce sont ses subordonnés immédiats? — Quant à cette phrase « Varchevêque de Tours a pour SES suffragants les évéques d'Angers, etc. n , nous croyons qu'il serait mieux de supprimer l'adjectif ses, car on dirait J'ai pour élèves, j'ai pour commis, etc., MM.., et non, j'ai pour mes élèves, pour mes commis...; Socrate eut pour disciples (et non pour ses disciples) Xénophon, Platon, Anlisthène, Aristippe, Phédon, Euclide, Criton, etc. — Enfin, puisque l'Académie a expliqué ce que sont les pasteurs, les ministres et les proposants dans la religion protestante, il aurait été bien de dire aussi ce qu'on y appelle suffragant. Le suff*ragant est un ministre qui aspire à la charge de pasteur, et qui en remplit certaines fonctions comme suppléant des pasteurs malades ou en vacances. Après avoir été suffragant il devient ordinairement pasteur.
SUITE, s. f... A la suite se construit encore avec quelques autres verbes, et signifie Après. Marcher, entrer à la suite de quelqu'un. Marcher, entrer après lui. — ■ Il aurait été bon de donner ici un ou deux exemples pour montrer s'il faut dire Les uns à la suite des autres ou A LA suite les uns des autres. Bien des personnes croient que la première de ces constructions est la seule qu'on doive employer; cependant nous lisons :
(à Queue) A la queue leu leu, Jeu d'enfants, ainsi appelé parce qu'à ce jeu on marche À la suite les uns des autres, comme marchent les loups, qu'on appelait autrefois Leux.
(à Suspensif) En Grammaire, Points suspensifs, Plusieurs points mis A la SUITE LES UNS des autres pour marquer suspension ou interruption du sens.
SUITE. — L'Académie donne à tout de suite deux acceptions trèsdifférentes, et cela nous paraît fâcheux, parce qu'en toute chose le premier mérite est d'être clair ; la clarté, nous répète-t-on chaque jour, est le plus beau privilège de la langue française. Voici ce que dit l'Académie : « De suite, loc. adv. L'un après l'autre, sans interruption. Faites -les marcher de suite. // ne saurait dire deu>x mots DE SUITE. — Tout de suite, loc. adv. Sur-le-champ. Il faut que les enfants obéissent tout de suite. Quand vous aurez reçu ma lettre, vous le ferez partir tout de suite. »
Jusqu'ici c'est bien; l'Académie nous donne deux locutions différentes pour exprimer deux choses qui n'ont pas de rapport; mais elle ajoute « 11 (tout de suite) signifie aussi. Sans interruption. // but trois rasades tout de suite. // a couru vingt postes tout de suite. Dans ce sens, souvent on dit simplement, De suite. Il a couru vingt ppstes DE suite. » — Puisque la bonne locution est souvent employée., il aurait été mieux de ne donner que celle-là.
imyi^ T- P^s çi^ artvçlç nous a^ v^yian«f rm m nwiP mynotti «i te W^ifiJP^ /^^P»* xieipap^e apr^ lui deo^ pcw, ^ ^q^ imi li
^'i^' ^ f rii» 4aQs le sep3 ^"g^oorr^pag^éj on einploie g^fîérA)«i«k«i^ti» pr^l^tW ^^ ^t QU^, lorpq^'U »»t jfyn^Bypie 4e pçimuivh il tout
ppl,içfi^Qi^i4fiiUç^806 tro}^^0^, i\ ^ptr^ Ql)sepvatlp» est exacte, il wrait ijtile 4^ (jQPpev fiette Indipatioe. Mi^is il y a ftu^si le sen« figuré» qi^j'çlôm^dp Te^plpi t^ntOt 4,e TuPi^;, ^ntôt 4e l'autre de «es ppépftr sitionç, e^ cjon^ il faudrait égf^lameat présenter des exemple?.
^Vt^1^T9 ETT^D adj. Soumis, §ul)ordoané, qui e9t dans la 4épt»dafifft, qui est obligé d'obéir, ff^n^ ^rnn^mçs iou9 mjel^ mas loi» et ammh titvi>^ du pi[t,ys gû nous vivons, %$ fils doit se regt^rder comme su^fi à tmi pèfit, /^ ^ ^u^ pa^ élr^ sujet q, ees condilions-là. Élre sujêi c^4^ çrdr^§ dft quelqu'un, t-. Tous ce^ exemples, k J'exeeptiofl du derr QijÇF, ^f) trQi^vept, avee de légères variantes, dans la première éditîAO 4<^ l^^j&ti^nn^ire. Nou3 c^yons qu'aujourd'hui sujet ne se dit phu ^èr^ 4&ns (^ç diy<eFp;es acceptions, et qu'on substituerait à ee nat précisément ceux qui lui servent de définition, Notis sommes t^u ^J95fis m^ Iqis et (imxf coutumes.... U fils dgit ^« r^goivd^ comme ffi8<MMîPJ«îï^ à ^H père. Je m veux p^ êtrk 4s«hjbtti ou m'assdjettir à ces conditions'là, etc.
sii»»OMTiO!f,s. f. Proposition que Ton suppose comme vraie ou comme possible , afin d'en tirer quelque induction. Datis la supposition que vous faites^ il faudrait que... Il ne faut point faire de supposiliom de êhoses qui soient contradicteires. — A Tarticle Suffisamment BOUS avons demandé l'emploi de l'article dans cette phrase , Ce fermi$n n'awra pas 9E blé suffisamment pour vivre et pour semer ^ parce q«o le» substantif est pris dafis un sens déterminé. . Il nous feemMe qiiMci le cas est le même, et que malgré l'adverbe pointj qui est plus exclusif que pas, il faudrait dire , // ne faut point faire des suppositions de choses qui soient contradictoires, de même qu'on dirait, H ne faut point répandre, même swr ses ennemis, des bruits capables de flétrir leur réputation; Il ne faut point faire des suppositions atissi ridieulês^ue telles que nous venons d'entendre.
SUR... signifie A, dans quelques phrases qui expriment Addition. H fallut mettre quatre chevauœ sur cette voiture pour la tirer du beu^ hier, — Dans les précédentes éditions il y avait sur ma chaise; mais malgié la modification introduite dan», la dernière, la phrase n'est pas beaucoup meilleure; et parmi eeux & qui l'on dirait. L'accumulation, la hauteur des neiges forfm de mePêfe siv chevaux sor kt voiture, il
— 2ftB —
poomit w tFOtiver é»$ gens aasea mauviia plaisaats pour (lemandfr si on lo8 mit sv% la voitnre dans la crainte qmUls ne fussent «ngloutls. Pourquoi ne pas dire à au lieu de surf
dans cet article tious p^ Tenons pas stir employé po^r mw dépens de. £a ¥oiei des «nempks que eous avons trowés «flleups :
(àCoMMcm) ViwTê «or le cemmun, yfiyre aux frais d'une société, sans payer «a part ile la ûé^Bm commune. Il signifie ansti, figafémuit, VivTp tialntuAHement em la tiers 6t sea l«
Ih V|y»B) // vit( Qmc ^jeî*| (i^aif^frui, sur h çomv^m, aux dépens <h* C4)mmun.
Ci Jift préposi^pa ^w m ^it plus être employée <ten« cette ffQc^p«
tion, il serait bien de supprimer l^ pbrasçfif où ^ll<8«fe trouva; 4SM 1^ ç^ig cjQotraire, il U^X m^\^^ ici des e^enapJeiB ans^Jogues ^ ceu^L q^e Qpus vepoiwf dç cit^r,
i^ç», |JWî^ ^(y.., signifia? 9^mt En qui pp peut «e fier, (J'e^^ wn ami sûr- V^ dqm^stiqm ^wr. C^ banquier eit siw. Vimtimt eBi ^n guide swr* J'O'i m sûr ^wm^ 4^ ce qm favmç^. --- n naaoque ici up ^xem^ Bte qui ppus 'gewble n'être pas ^9^n$ utilité : Vo$ pt^m», pas Mr^
^UK-jIM'ÏIR, j^Ar^aiiio|j|U,^|jl9 sun^ÀHmTRE, -. P^urqwi e«e nu?t§ prenpeot-il* un tiret? Nous pe voypus p^ç d^ ^otif pgur éerîr» s\irrnllçr et surmQnter, mr-mdomU^r ot ^uralH>n4(mG0, surHxrbUm et swint^ndmt.
SIJjRço^PQSÉ , Çi: , adj. T. de Gr^'ixiiu, Il se dît des tempe des vf rb^ i d^S l^ conjugaison desquels op redouble rauî^iUaif^ Avoir. J'Auaiîi BU F4iT, vpp^ Acaïe^î Ew pjT, som, dei9 têmp^ surcomposés, il m% peu usité, '^ Pourquoi peu u^^? l.'eipploi du pa<?t pp doit pu êtr^? pllMf îWe fluç celui de la chose. Voici d'autres çixejpplps de temps wr^jom* posés que nouç avops trouvés dans le Dfptionnair^ -
(i jàwps) Après auf vous avw bu farl^, il s'êst rHiré»
(à Avoir) Sam iMh j'avrais çp pîdjI (2^ tfieilleurç figure, Id» Dès qtie j'ai ed fini.
(à Peupler) L'alevin qu'il a jeté dans son étang Va ev bientôt peuplé.
(k Partir) Vous h^avee pas ^.ti plutM parti qu'il est ûrritfé.
Paps ce dernier exemple nous mettrions volontiers Vous n'in^i pa4 plus léi (Voy. Plutôt) PAaTi..., ou mieux, A peine éliez-^ous parti...
SURET, ETE, adj. Diminutif de Sur. — Puisque l'Académie double le t pour le féminin dans duret^ elle, diminutif de dur, comme dapg la plupart des adjectifs de cette terminaison, aigrçt pu aigrelet j, clairet, douillet, fluet, mut^l^ ^ujei, niçl^lj, ^(p,^ U ^rait mieux valu ne pas ajouter une exception aux six qui existent ( complet, concret, discret,
\. u ftems senM» qu'il aurait été Bai«ux 4e dire des tbmps ob verbes, ear le complémeut dans la conjugais&n desqueh, etc., se rapporte aax iemjps de verbes et aen aus wrbet.
inquiet, replet, secret, et leurs composés incomplet, indiscret) . Si ces derniers mots ne doublent pas le t au féminin, il y a du moins à cela une raison d'étymologie.
SURPASSER , V. a. Excéder, être plus haut, plus élevé. Cela surpasse la muraille de deux pieds. Il est beaucoup plv^ grand qu£ lui, il le SURPASSE de toute la tête. — Au verbe Passer nous lisons : « Passer signifie aussi, tant au sens physique qu'au sens moral. Aller au delà, excéder. . . La doublure passe le drap. Des bas qui ne passent point le genou. Cet arbre >passe la muraille de deux pieds. Cet homme vous PASSE de toute la tête. Il ne faut pas que cela passe d'un cheveu. Ce rire ne passe pas les lèvres. » — Et à Dépasser : « Dépasser signiBe aussi. Être plus long, plus haut, etc. Le vêtement de dessous dépassait l'autre de trois doigts. La hauteur de cette maison dépasse de beaucoup celle des maisons voisines. »
Nous avons donc trois mots pour exprimer la même idée ou à peu près, mais nous croyons que surpasser est beaucoup plus usité au figuré que dans le sens propre : il les surpasse tous en science, en richesses, en vertu, en méchanceté, etc. —■ Nous pensons aussi qu'il serait mieux de dire surpasser en beauté, en nombre,' en valeur, que passer en beauté, etc., dans ces phrases : Elle passait toutes ses compagnes en beauté; L'ennemi nous passait en nombre, nous le passions en valeur. Ce n'est que la mesure de l'hémistiche qui autorise passer dans ce vers que l'Académie a altéré en le donnant pour exemple : « Ils nous passaient en nombre, mais non pas en valeur^. »
SURPLOMBER, V. n. Être hors de l'aplomb, être en surplomb. Ce mur surplombe.— ^e peut-on pas donner un complément à ce verbe? Nous ne demanderons pas qu'on lui donne un régime direct, comme Ce rocher surplombe la route, la mer, bien que cette locution ait été hasardée par de bons auteurs ; mais on doit pouvoir dire Ce rocher surplombe sur.,., malgré le mauvais effet que produisent ces deux SUR. A défaut de complément à ce verbe, nous donnons ici le seul exemple que nous ayons trouvé pour rendre à peu près la même idée : (à Avancer) Les rochers qui s'avançaient au^essus de nos têtes.
SURSEOIR. — Yoy. Asseoir.
I. L'Académie s'est interdit avec quelque raison la citation des vers, parce que son Dictionnaire est un guide destiné particulièrement aux prosateurs , et qu'il descend même aux locutions les plus familières. Cependant, afin de faire passer dans la prose des mots qui n'appartiennent qu'à la poésie dans le sens où. elle les emploie, elle les encadre dans un hémistiche et termine la phrase par de la prose. Ici, par exemple, au lieu de dire
Ils nous PASSAIENT en nombre kt non pa^ en valeur, elle dit mais non pas en valeur.
Au verbe Enfermer elle met
Son ccBur n'sNPBRME point une MécHANCBTÉ si noire, ' au lieu de ' une action si noire.
On ne s'aperçoit pas que la première moitié de la phrase est un hémistiche, et l'on emploie en prose un mot auquel on ne devrait recourir que s'il n'en existait pas un autre d'une valeur plus précise : passer au lieu de surpayer, enfermer au lieu de renfermer, fte.
sURVEBîDRE, V. a... Vendre trop cher, plus cher que les choses ne valent. Survendre sa marchandise. Tout a été survendu à cet inventaire. — A l'article Meuble on lit également « Acheter des meubles à un inventaire, au lieu de « à w» encan ». Voy. Bien.
SCS. — On est vraiment surpris de ne pas trouver mentionnées dans cet article toutes les locutions dans lesquelles ce mot est employé au barreau, éhez les notaires, les huissiers, etc. : Sus-alléguëj sus-cité^ sus-daté, sus-énoncé, sus^ndiqué, sus-mentionnéj sus-rappelé, sus-relatéj sus^iséj etc. L'Académie ne donne que susdit, qu'elle écrit en un seul mot et qu'elle place à son rang alphabétique.
SUSPENDRE, V. a... Le S nuées sont suspendues en Vair. — Nous croyons qu'il serait mieux de dire dans Vair, dans /es airs, Voy. Air.
SYLVAIN, s. m. Dieu des forêts, selon la Fable. Les faunes et les sylvains.
Dans harpie, qui a en grec un upsilon et un iota (âpTroia), en latin un y et un i {harpyia), l'Académie a retranché Vy plutôt que Vi, afin de supprimer une difficulté; — elle écrit par un i simple sihes, qui nous paraît avoir la même étymologie que Sylvain ; ce sont des pièces détachées comme les feuilles éparses dans les bois ; — elle écrit même sirtes, bien que Tétymologie réclame Vy (Voy. Sirtes) ;~comment se fait-il qu'elle ait préféré Vy à Vi simple dans le mot qui nous occupe, puisque du grec ulè les Latins ont fait silva ou sylva, donnant la préférence à Vi simple? Conformément à leur orthographe {silvanœ, silvaticus, silvestris, silvicola, etc.), nous écrirons Silvain, Silvestre, Silvie, etc.), et nous proposerons d'écrire Transilvanie avec un i, contrairement à l'orthographe observée dans les phrases suivantes :
(à Tellure) IjS tellure a été découvert à la fin du siècle dernier, dans les
mines de Transylvanie.
(à Vayvode) Titre qu'on donne aux souverains et aux gouverneurs delà Valachie, de la Moldavie, de la Transylvanie, et de plU' sieurs autres endroits.
SYMPTÔAiE. — L'Académie dit que dans symptomatiqus « on prononce le P ». S'il doit en être de même dans symptôme, elle aurait bien fait de le dire, car beaucoup de personnes prononcent sintôme.
SYNCOPER, V. n. T. de Musique. Faire une syncope. Il y a dans cet air plusieurs notes qui syncopent. — syncopé, ée, adj. T. de Gramm. et de Mus. Mot syncopé. Mot au milieu duquel on a retranché une lettre ou une syllabe. Note syncopée, note qui fait une syncope.
D'abord nous demanderons si l'on ne peut pas aussi bien dire syncoper un mot q\x'élider u/ne voyelle, et faire ainsi de syncoper un verbe actif : « Dans les vers quelques typographes syncopent (retranchent) tous les e muets précédés d'une voyelle; ils écrivent /avoùrai^ nom lotrons, enjotment, gaité, etc., au lieu de j'avouerai, nous louerons, enjouement, gaieté. » De cette manière, dans mot syncopé, SYNCOPÉ deviendrait nécessairement un participe.
Ettttttlte nous ferons remarquer qtie êynoepé, é9, pommiii êfrv appelé participe lor» même qne syncàpw serait uniqttmBenl nû verbe neutre f puisque F^adémie regarde comiiie dès pwhMp^ teulea les épithètes suivantes4 bien que las yerbes dont elles dérifent soient (tes verbes neutres : entreprise avortée; — eau crorupie; -" eseadfé déhmtquée; — sauce trop ëbeuiUie; -^ roue» ên^enées; — ' liqtMttr fêmuntée; ^ marrons ^ oignons germéi^ 8U.
T, s. Th. Lettre ôôrtâôrtne, là tirtétt^e de ralphabèt... Pfastëurs rêêfanchênt lé t au pluriel d&s fhotè eii âiit et eiif . t>èk ^fà}às, dés prêÈen^,
Dans les deux premières éditions de son Dictionnaire l'AéUdéflriiB mettait le t (dêè' eftfanu, deà pfëkentÉ), et Ton i^égretté qu'elle hit «upîirtrfré dan^ leâ éditions troisîéTttiè et qusttWèttlë^ (tôy. ÀitèrCa^). *- fi y a plusiefut^îr raiisons pouf maîntettif dd t qu'elle a sagettent rétâï^li : d'abord et par-dessus tout, Celle dé U forttiatioii fégirlièfeÉi fllttHêî, l'addition pure et simple de PS. A cette raison qui nous seW- We? pérerfrptoîre on peut en ajouter à^ut autreé ()ui om bîéù leur' Vàléûf . — Dans le* adjectifs le t fait connartre la formation dU féminiù. ^ au lieti d'écrire des paysànS méfiants, des gdrdienS patiénTS, on écirîvait méfianS et patienS ^ comment serait îndiq"uée là différértdè éè tèt*miiiaîâon qui doit exister' au féminin entre le siib^tàtltif et l'adjéetîf : dëÈ paysan^ES méfianr^s, dès gardien^t^ pdtiêfi'tÉÈl — Ikn^lettnots dont la dernière syllabe prend un ^^ il y â uiie èécôîide raison pour conserver au pluriel le t final du singulier, c'est la ptdiîonciatîon , car les terminaisons ien et ient ne se prononcent pas de la même manière : dans patricien, gardien, lien, essénieu} éthiopien, capétien, etc., la finale en se prononce in (patrid-in, gardi-4n, li-in, esséni-in, etc.), tandis que dans coefficient, ingrëdieiit, inconvénient, rétépimitj quotient, elCy la finale eni se pronôfioe œnt {efiàé/liêi^ént, ingrédi-ant, oU^aM, etc.).
itjicliGy ». t.. Cette taoke s'en ira at^è'ô dé l'éau de j<ÈoêUe. '^ EM de javelle ne? se trouve ni à l'article Eiwe ni à Javbllé . Vôt. ik^ltht
et ÀRB^ISfi.
1. Tandis qu'on supprimait le t au pluriel des mots polysyllabes t«*minés par ant, ei^, oïl le conservait dans les monosyllabes; on écrivait donc des ganTS, les dbnTS , les vENTSirf«s plSHanê lénT^, et deé iirtkiôXîiS , deéAc6tr>Èfi^ , dés hoTniviels rauVENS, déë maux violen^. On ooasorvaitle I même dans les composée âesiÂfitiiDsyllabôt^^: les sokbnif'FS, /M'CoA<^B^i^1^> les évenTS , et encore dans les avbnTS de Noèl, qui n'ont guère de raj^wrt avec les wÉmt, ce' qui augmentait la difficulté dans rajp^licatioti de la règle.
i\ AVdtt 18fe(5, dés* Wcrmtfaes iiïstïuitè maië qui ne fàiàaierit pas de la grammaire unB aïïaire d'étude / 8'éteieBt inagioà <t^*â< fallait conservel' le t seuUmèlirdttii» m^ itaotâ 4^ dM é# fi^ minin; ils écrivaient donc des diamanS étineelanTS, des médicamenS ea4manTS>/det «•*•• ièrrt) r€cénTâ',des agenÉ négligenf'3,des lalenèèquwalenTS,etc. Le raisonnement était assex juste, mais quelle bigamtfdtf
TAC TAC. Onomatopée dont on se sert pour exprimer un bruit réglé qui se renouvelle à temps égaux.
L'Académie a omis de nous dire que cette onomatopée s'emploie souvent comme substantif et qu'alors elle doit prendre un tiret. S'en^ dormir au tac-tac d^un moulin.— U doit en être de même du tic-tac d'une pendule, qui, employé comme simple onomatopée, ne prend pas le tiret : la peyidule faisait tic tac*. — L'onomatopée flic plac, dont on se sert pour exprimer le bruit de plusieurs coups de fouet, celui de plusieurs soufflets donnés coup sur coup, etc., ne forme plus qu'un mot lorsqu'on l'emploie substantivement, en termes de Danse, pour signifier une sorte de pas : Faire un flicflac, des flicflacs. — Le TAF TAP que produit le froissement de la soie nous a donné le substantif TAFFETAS. — L'aucieu refrain flon flon et le glod glod que fait un liquide en s'écoulant d'une bouteille ont également donné les joyeux flonflons et le glodglod de la bouteille que nous trouvons dans quelques chansons à boire. — Enfin le tam-tam des Orientaux s'écrirait probablement aussi en un seul mot (tamtam) si Ton n'avait eu à craindre de voir s'altérer la prononciation de la première syllabe*, qui doit être la même que pour la seconde {tame tame),
TAIE. Certaine tache blanche et opaque qui se forme quelquefois sur l'œil. // lui est venu une taie à VœiL,, Il n'est plus usité dans le langage médical. — Quel est le mot aujourd'hui en usage dans la Médecine? Cela intéresse beaucoup ceux qui tiennent à employer les termes techniques ^.
TAILLEUR, s. m. — Pourquoi ce mot n'a-t-il pas de féminin? Les femmes qui coupent, qui taillent les robes et autres vêtements pour femmes ne sont-elles pas des tailleuses ? Le mot couturière ne rend pas du tout cette idée, et, comme le dit l'Académie, la couturière travaille en couture. Probablement c'étaient les hommes qui autrefois taillaient les vêtements de femmes ; ils avaient sous leurs ordres des couturiers * et des couturières. Au premier de ces deux mots l'usage a substitué garçon tailleur; le second est resté, et l'on a appelé maîtresse couturière ou simplement couturière celle qui taille les vêtements de femmes.
1. L'Académie se borne à dire à Tic tac (à peu près comme à Tac tac) : « Onomatopée dont on se sert pour exprimer un mouvement réglé , accompagné d'un pbtit bruit. » Les deux définitions auraient grand besoin d'être modifiées.
2. Cette crainte n'aurait pas été sans fondement, car déjà l'Académie écrit masulipatan pour le nom de la toile de coton qui originairement venait de Masulipatam, ville des Indes ; et elle donne sélan pour variante de sélam (bouquet de fleurs dont l'arrangement est une sorte d'écriture , de langage muet).
3. Pour éviter l'énumération des taches dont l'œil peut être affecté , telles que Valbugo, le leucome, le nuage, etc., l'Académie aurait pu dire : Nom qu'on donne vulgairement aux diverses taches blanches et opaques qui se forment quelquefois sur l'œil.
4. c En récompense , le neuvième jçur nous vîmes arriver un carrosse à quatre molett , dans lequel il y avait des couturiers qui apportaient de belles étoffes pour habiller la mariée. » ( Le Sage, Gil Bios, II» parUe, Uv. X, ch. 9. )
taLmuB) s. m. ^ AfmUez : On fait sonnelr le D.
TALCS. TALCTER. — Puisque le verbe prend un t, il semblerait naturel de terminer le substantif par cette consoûne, comme TAcadémie le faisait autrefois ; elle écrivait Talut ou Taltis.
TAMARIS, TAMARISC, TAMARIX, S. m. T. de BOtan.
Voilà un bien grand luxe de variantes pour le nom d'une plante ; il est vrai qu'en latin elle en a davantage encore , puisque le diction* naire de MM. Quicherat et Daveluy nous en présente quatre : Tama^ riee, tamaricum, tamàriscus, tamarix. Si nous avions été appelé à choisir, nous nous serions probablement borné à deux : nous aurions supprimé tamaris^ parce que cette orthographe ne dit pas s'il faut prononcer tamari ou tamarice, et nous aurions mis Tamarix ou ta- MARtSQDE. — Nous préférons tamarisque à tamariscy parce que cette dernière orthographe n'a d'analogue que le mot fisCj, tandis que les mots astérisque j disque, lentisque^ obélisque, IrocMsqne, etc., ont eh latin la terminaison iscus comme tamariscus,
TANDIS, adv. Il est toujours suivi de que, et signifie Pendant le temps. Tandis que vous^ êtes ici. Tandis quHl m'en souvient. Tandis qu'il ira se promener. Il s'amuse tandis que nous travaillons.
Tandis que ne sert-il pas souvent aussi à marquer l'opposition , et ne peut-il pas se traduire par Au lieu que?
Il passe ses journées en promenades et ses soirées en festins, tandis Qii*il devrait utiliser son talent dans la peinture pour subvenir aux besoids de sa jeune et déjà nombreuse famille.
Tout le monde le croit heureux , tandis Qu'il est rongé de soucis et de remords.
A la vérité il est des phrases où l'on pourrait traduire tandis que à peu près indifféremment par Pendant le temps où, pendant que, et par Au lieu que, comme dans celle-ci :
Il regorge de biens, il est magnifiquement vêtu et logé, il donne des repas somptueux , tandis que son pauvre frère , dont la conduite est irréprochable , n'a ni vêtements pour se couvrir, ni logement pour s'abriter, et ne suflBt qu'à peine à sa subsistance.
Cependant nous n'hésitons pas à préférer le sens de Au lieu que.
TAON, s. m. (On prononce Ton.) — Ne serait-il pas mieux de prononcer tan ? L'étymologie labanuSj qui ne contient pas d'o, et l'analogie avec faon, paon, qu'on prononce ftm, pan, devraient faire préférer la prononciation tan, qui se trouve indiquée dans le dictionnaire de Nicot : « Taon, m., monosyllabe que le François prononce tm, comme de Laon, Lan; de Caën, Can. »
TAPECU.— Nous ne comprenons pas pourquoi il faut écrire tapecu et Torche-cuL Deux différences (un tiret et une l) dans la manière d'écrire ces deux mots!
TAQÙIBîER. TAQUINEMENT. — Transposez : Taquinemei^ï. Taquiner.
iTEiNT^s. m. Le coloris du visage... Teint de rosbS et de lis.-^kl^n
nous trouTOps : Temt de lis et de rosb; les lis de son teint; et à Rose i Elle a un teint de lis et de rosb.
Nous ferons remarquer non pas l'inversion qu'il y a dans ces locu^ tiens, mais la différence du nombre à rose^ qui est au pluriel dans la . première construction et au singulier dans la seconde; nous ne nous en rendons pas compte. Bien qu'on dise les lis et les roses de sç(n teint, nous préférons teint ds rose (au singulier) et de lis, du moins pour la prose, parce qu'il y aurait trop d'affectation à prononcer teint de rose-s-et de lis; quant à la poésie, elle peut avoir besoin d'une syllabe de plus.
TEINTE, s. f. T. de Peinture. Il se dit des nuances qui résultent du mélange de deux ou de plusieurs couleurs. Teinte blette -violâtre. Teinte jaune-verdâtre. — Malheureusement jaune est un adjectif des deux genres, en sorte qu'il ne vient pas confirmer le genre féminin qu'on a donné à bleu; mais il nous semble que le masculin serait préférable. Suivant nous il y a deux manières d'envisager ce modificatif composé, mais toutes deux reviennent à faire de bleu un mot invariable; seulement, dans l'une il ne faudrait pas de tiret, tandis que dans l'autre il serait nécessaire. Dans la première, bleu serait réputé substantif, comme bai dams jument bai brun (d'un bai brun); dans . l'autre ce serait la moitié d'un adjectif dont le second composant seul s'accorderait avec le substantif, comme dans ces phrases : Vindustrie franc-comtoise, la couronne grand-ducale, l'alliance anglo-espagnole S etc.
TEINTURE, TEINTURIER. — Ces deux mots en appellent nécessairement un troisième. Teinturerie, le métier, l'art, l'atelier du teinturier. Si c'est la délicatesse de l'oreille qui a empêché d'admettre ce mot- là, nous citerons verrerie, serrurerie, apothicairerie, etc., qui certes ne sont pas plus harmonieux; et d'ailleurs ce ne sont pas de pareilles raisons qui doivent s'opposer à l'adoption des mots nécessaires dans l'industrie.
TENANCIER, 1ÈRE, S. T. de Droit, Celui qui tenait des terres en roture, dépendantes d'un fief auquel il était dû des cens ou autres droits. // a fait assigner les tenanciers pour lui passer déclaration. — La grammaire demandait : // a fait assigner, il a réuni les tenanciers PODR SE faire passer déclaration. Les tenanciers se sont récnis, ASSEMBLÉS pour lui passcr déclaration.
TENANT, ANTE, adj. Qui tient. On ne l'emploie guère que dans ces locutions, dont la première a vieilli : Les plaids tenants, A l'audience; et Séance tenante. Dans le cours de la séance , avant la clôture de la
1 . Cest inutilement que nous consultons nos dictionnaires. Dans l'un , on met TeirUe blevr violàtre, et pourtant l'on signe Acad.; dans l'autre, on met Teinte bleue-verdàtre ; teinte jaune- V0rd0tre; teinte brunt-noiràtrê. Cette dernière orthographe nous semble constituer un nonsens ; il faudrait tout au moins supprimer le tiret , car, ainsi que nous l'avons dit plus haut , l'existence du tiret fait supposer dans la teinte on mélange de brun et de noir, et le modificatif o'eft complet qu'à la 4a ^ soeond f^omposaat, qui sei^ dpit preedre l'accord. ,
séance. — Au nombre des locutions qui ont vieilli, il fallait mettre celles-ci : « Les gens tenants la cour de parlement; les gens tenants la chambre des comptes, la cour des aides, le présidial de tel lieu, etc. », qui se trouvent à Gens. Peut-être même eût-il mieux valu mettre ces phrases à Tenir, à la suite de Le roi tenant son lit de justice, et faire de tenant un participe présent, c'est-à-dire le laisser invariable : les gens tenant la cour de parlement, la chambre des comptes, etc.
TENDANT, ANTE, adj. Qui tend à quelque fin, qui va à quelque fin. Un discours tendant à prouver... Une enquête tendante à ce quHl plaise à la cour... Une proposition tendante à l'hérésie. Semer des libelles tendants à la sédition.— ^'W était possible d'avoir deux poids et deux mesures, une orthographe pour le Palais et l'autre pour l'Histoire, nous dirions : « Donnons simultanément l'orthographe et les locutions surannées du Palais, et celles qui conviennent à l'Histoire » ; mais nous pensons qu'il vaut mieux poser une règle unique , en laissant toutefois le Palais libre de faire ce qu'il voudra. Nous demanderons donc que tendant soit considéré comme participe présent dans les phrases ci-dessus, et qu'on écrive Une proposition tendant à V hérésie. Semer des libelles tendant à la sédition, et même Une requête tendant à ce qu'il plaise à la cour,.. Voy. Tenant, ante.
TENIR, V. a.., signifie encore Réputer, estimer, croire... Je tiens que cela a besoin d'explication. — Nous croyons que dans cette acception tenir est beaucoup moins usité aujourd'hui que les verbes estimer, croire, et par cette raison-là même moins intelligible; ainsi les exemples suivants ne seront compris que par un petit nombre de personnes :
(à Détebminer) La plupart des philosophes tiennent que la ma^tière est indifférente au repos et au mouvement, et qu'il faut une cause qui la détermine à l'un ou à l'autre.
(à Père) La plupart des Pères tiennent que...
(à Terme) Les Romains tenaient qu'il y avait une divinité particulière qui présidait aux bornes, aux limites des terres, et ils t'appelaient dieu Terme.
TERCER OU TERSER. Donner un troisième labour, une troisième façon à la vigne. — Et plus loin, Tiercer, Donner aux terres le troisième labour, la troisième façon.
Le mot change-t-il suivant que le troisième labour se donne à la terre des vignes ou à toute autre? Voy. Reterser.
TERME... signifie aussi. Un temps préfix de payement. Le terme de la Saint- Jean, de laSaint-Remy. — Ailleurs l'Académie a écrii Rémi:
(à Baptiser) Clovis fut baptisé à Reims par saint Rémi. (à Perdrix) A la Saint-REUi, tous perdreaux sont perdrix.
Il serait à désirer que l'Académie n'employât que Vi simple à la fin des noms propres qui se trouvent dans son Dictionnaire, tels que Barthélémy, Berry, Cambray, Fontenoy, Rocroy, etc. Voy. Cygne.