DES VERBES EN OTER, OTTER
Les verbes terminés par le son oter, non dérivés d*un radical en ot, ne prennent qu'un t; on écrit chuchoter, dorloter, grignoter, radoter, etc. — Deux verbes font exception : frotter et gringatlêr.
Les diminutifs et les fréquentatifs présentent également des exceptions. Cligner, cracher, pisser, sucer, taper, trembler, rire, vivre ^ ne prennent qu'un t dans leurs dérivés : clignoter, crachoter, pissoter, suçoter, tapoter, trembloter, rioter, vivoter. — Baiser, boire, friser, en prennent deux dans les leurs : baisotter, buvotter, frisotter.
Les verbes qui ont un radical terminé par ot ne prennent généralement qu'un t; ainsi de cahot, complot, rabot, sanglot, etc., on fait cahoter, comploter, raboter, sangloter, e^c.*'— Les exceptions sont fiol, garrot, gigot, grelot et trot, qui font flotter, garrotter, gigotter, gre^ lotter, trotter. — Maillot a deux composés : emmaillotter, que l'Académie écrit avec deux t, et démailloter où elle n'en met qu'un.
Ainsi les verbes qui dérivent d'un radical terminé par ot prennent, les uns un seul t, les autres deux ; — ceux qui n'ont pas ce radical prennent également, les uns un seul t, les autres deux; — enfin les diminutifs et les fréquentatifs présentent encore les mêmes anomalies. Écrire emmaillotter, gringotter, baisotter, biwotter, frisotter, et ne mettre qu'un t à démailloter, cahoter, comploter , sangloter, etc. !
TERRE... On dit substantivement le terre à terre. Le terre à terre est une des allures artificielles du cheval. — Ne faudrait-il pas écrire ce substantif avec des tirets (le terre-à-terre) ^ comme on écrit un tête-à'téte, un vor-nu-pieds, etc.f
TÊTARD, s. m. Nom qu'on donne au petit de la grenouille, lequel, peu de jours après qu'il est éclos , paraît sous la forme d'un poisson ayant la tête très-grosse et une queue mince. — Nous croyons qu'il aurait fallu dire « de la grenouille, du crapaud, etc. » , ou même « et des autres batraciens ». Pour nombre de lecteurs la grenouille est siniplement la grenouille, et ne représente pas tout un ordre d'animaux.
fÊTE, s. f. — Dans cet article il manque l'expression figurée la tête de Méduse. Voy. Méduse.
TÊTE... Des têtes de pavot, des têtes d^ artichaut. — Ne serait-il pas mieux de mettre dans ces phrases pavotS et artichauts au pluriel, comme des blancs d'œufS, des jaunes d'œufS, des pointes d'aspergeS, des pieds d^ artichauts , etc. ? N'y a-t-il pas autant de pavots et d'artichauts que de têtes?
TÊTE, s. f... se dit également en parlant de certains fruits, et signifie L'extrémité opposée à la queue. Cette pomme commence à se pourrir
1. On devrait doubler le t dans tous les verbes qui dérivent d'un substantif terminé par ol {cahotitr, eomploUer, raboUer, sanglotter, etc. ), commcf on double l'n dan» le» verbes qui dérivent d'un substantif terminé par on {abandonner, actUmner, tUgwUkmmm; tte.).
pwr Im tête* Poire à deux têtes, — Ce mot tête employé pour signifier Vœil de certains fruits, poires, pommes, coings, etc. , est un terme purement local , et TAcadémie aurait dû se borner à renvoyer à l'article Œil (Voy.cemot), comme elle Ta (?i[i pour Bourcettej Fromentlocarj etCj, synonymes de Mâche ^ Épeauire.
TÊTE À TÊTE, loc adv. Seul à seul. Parler tête à tête. Dîner tête à tête. Jouer tête à tête. Ils furent longtemps tête à tête, -^Tê te à tête S'emploie aussi substantivement; et alors il se dit d'Une conversation, d'une entrevue de seul à seul. Ils ont eu un long tête-à-tête. Ils ont de fréquents tête-à-tête.
Nous voyons par ces exemples que tête à tête employé adverbialement s'écrit sans tirets, tandis qu'il faut en mettre si on l'emploie comme substantif. C'est là une règle simple et à la portée de tout le monde, et il serait à désirer qu'elle s'appliquât à toutes les locutions qui sont dans les mêmes conditions, comme mot à mot, terre à terre, à peu prés, etc.; malheureusement l'Académie ne met les tirets dans aucun de ces substantifs composés.
Quand tête à tête est précédé de la préposition en, doit-il être considéré comme locution adverbiale ou comme substantif? Nous pensons qu'alors il devient substantif et doit prendre les tirets, bien que l'Académie l'écrive tantôt d'une manière, tantôt de l'autre :
(à Maritalement) Ils ont dîné, ils ont été se promener maritalement, en
TÊTE À TÊTE (sans tirets).
(à Être) Être en tête-à-tête avec quelqu'un (avec tirets), (il Trouver) On Us trouva en téte-A-tête (avec tirets).
TETER, V. a. (On prononce et on écrit aussi Téter.) Sucer le lait de la mamelle d'une femme, ou de la mamelle d'un animal. Teter une femme. Teter sa nourrice. Teter une 'Oache, une chèvre. — Il aurait mieux vain dire simplement « On écrit aussi Téter », car il n'est pas probable qu'on doive prononcer téter si Ton écrit teter.
Mais le plus important c'est la manière de conjuguer ce verbe. Si dans cet article et à Sevrage l'Académie écrit teter avec un e muet, partout ailleurs elle emploie l'accent aigu [téter).
Commençons nos citations par la conjugaison régulière :
(à Teter) Cet enfant a teté de plusieurs laits. — Il a teté de mauvais
lait. — Donnez4ui à teter.
(à Sevrage) Temps nécessaire pour accoutumer un enfiant à se passer
de teter.
(à Teter) Cet enfant tette bien. Il ne tette plus. (à A) Au veau qui tette.
(à Enfant) Un enfant qm tette.
(à Veau) Veau de lait, Veau qui tette encore sa mère, (à Cochon) Cochon de lait, Petit cochon qui tette encore, ou qu*on ne
nourrit que de lait, (à Lait) Veau de lait, cochon de lait, Veau, cochon qui tette encore, ou qu'on ne nourrit que de lait.
Maintenant voici les phrases où TAcadémie met un é aigu à la première syllabe :
(à CoMMENCEii) Cette nourrice a commencé cet enfant. Elle est la première
qui lui ait donné à téter.
(à Donner) Donner à téter, donner le sein à un enfant ^ Le Caire téter. (à ëmmcseler) Emmuseler un veau pour V empêcher de téter. (à Lait) Ils ont tété d'un même lait, le même lait, (à Mère) Mère nourrice, La femme qui donne à téter à un enfant, au
lieu de la véritable mère, (à Muselière) Mettre une muselière à un veau, pour l'empêcher de téter. (à Nourrir) Nourrir ^ se dit aussi D'une femme qui donne à téter à un
enfant.
(à Sein) Donner le sein à un enfant. Lui donner à téter.
Ces deux orthographes sont incompatibles : ceux qui écrivent teter à rinfinitif doubleront le t devant un e muet (texte), comme Ta fait l'Académie ; mais ceux qui dans ce même temps accentuent Ye de la première syllabe (téter) devront écrire, je tète, tu tètes, il tète; je téterai, tu téteras, il tétera; je téterais, etc. Il semble donc qu'en donnant la variante téter, il aurait été convenable d'en indiquer la conjugaison.
TÉTRARGHIE, TETRARQUE. — Ces doux mots semblent réclamer nécessairement Tétrarchat ou Tétrarcat, Autorité, dignité d'un tétrarque, et Durée de ses fonctions.
TÊTU, UE, adj. Opiniâtre, obstiné, qui est fort attaché à son sens, & ses opinions, à sa volonté. Il est si téta que jamais il ne démord de ce qu'il a dit. Cette petite fille est bien têtue, — Il aurait fallu dire « adj. et subst. », car ce mot s'emploie plus souvent, croyons-nous, comme substantif que opiniâtre et obstiné, auxquels l'Académie donne cette seconde dénomination. On dit tous les jours, C'est dn grand TÊTU. Cet enfant est un petit têtu. Une petite têtue. Je n'aime pas LES têtus. — L'Académie a fait un substantif de stupide, qui, sous cette forme, est assurément bien moins usité que têtu : C'est un vrai stupide. Un franc stupide.
THTRSE, s. m. Javelot environné de pampre et de lierre... — Il nous semble que le participe entouré eût été préférable à environné, parce que ce qui environne est généralement moins rapproché de l'objet dont on parle, que ce qui l'entoure. On dit qu'un homme est entouré et non environné de soins; et d'ailleurs l'Académie dit :
(à Pampre) Les Bacchantes entouraient leurs javelots de pampre et de
lierre, (à Entourer) Un portrait entouré de diamants, (à Jonc) Un jonc entouré de rubis ou de diamants. (à Ame) La devise avait pour corps un arbre abattu, entouré d'un lierre, et pour âme ces paroles : Je meurs où je m'attache,
TIC TAC. — Voy. Tac tac.
TUJAGÉ^ ÉE^ adj. T. de Bot. Qni ressemble au tilleul. — Ttliacées, s. f. pi. Famille de plantes qui a pour type le tilleul.
Ce mot manque dans le Dictionnaire ; cependant nous n'aurions pas relevé cette omission si le mot Tiliacées ne devenait nécessaire après la rectification qu'on devra faire à l'article Roucouyer , où Ton a dit que cet arbre appartient à la famille des Liliacées. Voy. Roxjcouyer.
TUXAC, s. m. Le pont d'un navire. — Nous demanderons d'abord s'il n'aurait pas fallu ajouter « On mouille les L » , et ensuite s'il n'aurait pas été convenable de parler du frcmc-tillac, pont, tillac de plainpied, sans interruption. Il nous semble que c'est bien plutôt ici qu'à l'article Franc qu'on cherchera la définition de <3e mot composé, parce qu'en général le substantif est plus important que l'adjectif*, et ensuite parce qu'on ne se doute même pas que ces deux mots doivent être joints par un tiret. Ce signe ne nous paraît pas plus nécessaire ici* que dans franc parler {a/voir son franc parler) ^ où l'Académie n'en met pas.
TIRE... Tout d^une tire. Sans discontinuation, tout de suite. // a fait cet ouvrage tout d'une tire. — Ces deux définitions^ sans discontiniuitionj tout de suite, sont-elles données comme ayant le même sens, ou comme présentant deux acceptions différentes? Nous croyons qu'il aurait été préférable de dire, sœfhs discontinuation, de sdite. Voy. Suite.
DU TIRET (APPELÉ trait d'union ou division).
Avant de discuter l'emploi du tiret, qu'il nous soit permis de dire deux mots sur les noms qu'on lui a donnés. L'Académie dit simple= ment que c'est « un petit trait horizontal qu'on fait au bout de la ligne, quand un mot n'est pas fini, ou dont on se sert pour joindre certains mots, qui proprement sont censés n'en faire qu'un, comme Tottt-puissant, Belles-lettres, etc. », et que « dans ce sens, les gram= mairiens disent plus ordinairement Trait d'union , et les imprimeurs Division. »
Nous croyons que ce signe devrait être appelé « trait d'union » lorsqu'il réunit deux mots qu'on pourrait laisser séparés, comme dans branche-ursine, maitre-autel, dès-là, etc., où l'Académie tantôt le met, tantôt ne le met pas, ou dans les adverbes employés substan= tivement, comme un à-compte, Và-propos, un téte-à-téte, etc.; — et que c'est un « trait de division » , ou, pour abréger, a une division » , quand on l'emploie pour séparer des mots qui pourraient ou même
1 . Sans doute il est des substantifs composés qu'on chercherait inutilement au second composant, parce que dans leur combinaison avec un adjectif ils perdent le sens primitif; tels sont bcuse-cour, plate-bande, plate-forme, rouge-gorge, etc. ; cependant la plupart se trouvent à chacun des composants, et cette marche a même été observée pour bon-chrétien, franc-maçon, petit-maitre, sage-femme, etc.
2. C'est probablement pour une raison de cq genre que l'Académie a renvoyé de Franc- ALLEU, Fbanc-fibf, Frano-funin, etc., à Allbu, Pibp, Punin.
devraient être unis; ainsi l'Académie a supprimé la division qu'elle mettait autrefois à chèvrefeuille, contrebande, longtemps, etc., et il faut espérer qu'elle supprimera bientôt celle qu'elle met encore au= jourd'hui à havre-sac, passe-port, clairsemé, outre-passer, etc.
Quand il se trouve à la fin des lignes, il devrait être appelé « trait d'union » , puisqu'il sert à indiquer que la fraction de mot qui ter= mine une ligne a son complément dans la ligne suivante. Cependant il faut convenir que ce trait indique une division, et l'on dit : Cette division est bonne, est mauvaise. En typographie, on pensait autre= fois que la seconde partie du mot divisé ne devait jamais commen= cer par une voyelle ^ C'était un préjugé dont on est revenu; ainsi l'on divise très-bien extraordinaire, innUile, pré-occupation, etc. Ajoutons que, pour notre compte, nous regrettons beaucoup que, dans les ouvrages de grammaire du moins, on ne fasse plus usage du double tiret ( = ) qu'on a mis pendant un certain temps à la fin des lignes pour figurer le trait d'union. Ce double tiret, qui se trouve encore dans certains caractères d'écriture de Firmin Didot, était d'une grande utilité pour faire connaître que le mot n'aurait pas été divisé s'il avait pu entrer dans une même ligne ; l'Académie l'aurait donc employé pour les mots porteballe, portecrayon, portefeuille, portemanteau, etc, (porte=balle, porte=crayon, porte=feuille, porte= manteau*, etc.)» où elle ne met pas de division, et elle aurait fait usage du signe ordinaire pour les mots porte-bougie, porte-croix, porte-drapeau, porte-montre, etc, où elle en met toujours une.
D'après ce que nous venons de dire, il nous semble que le signe dont il est question remplit deux fonctions très-distinctes ; et comme il serait assez difficile dans bien des cas de déterminer quel est son office, nous pensons que le mot tiret, qui est un terme neutre, devrait seul être employé.
Les mots juxtaposés présentent bien plus de difficultés que les autres : réunion médiate ou immédiate, signe à interposer ou non, orthographe à suivre soit au singulier, soit au pluriel. On peut voira l'article Contre-basse, que l'Académie elle-même n'a pas des prifl= cipes bien arrêtés à cet égard ^.
Sous le rapport du signe à interposer, disons tout de suite que
1. Dans le Dictionnaire de l'Académie on a fait une fâcheuse application de ce priacipe en divisant : IH-namissibilité, d'i-négalité, d'i-nertie, au lieu d'écrire l'in-amissibilité, dHnréyaliti, dHn-ertie. Puisque la place le permettait, il aurait été plus convenable de diviser : Vimmissibilité, dHné-gcUité, d'iner-tie.
2. Pour faire mieux comprendre l'application du double tiret, nous l'employons dans cet \ article.
9. On se demande , par exemple , pourquoi elle veut qu'on écrive avec des tirets les nom de plantes houton-d'ar, boiUonrd'argent, verge'd*ar, ruba7^*eau, écuelle-d^eau, larme-de- Job (plante dont les semences ont la forme d'une larme ), etc., et sans tirets gland de terre (la gesse sauvage), j^/and de mw (coquillage), orgue de mer (madrépore), /l«c/*e d'«itt ( plante aquatique dont les feuilles sont taillées en fer de flèche ), lentille d'eau (plante aquatique dont la feuille a la forme d'une lentille) , bois de serpent (la serpentine) , etc. etc.
l'Académie, qui autrefois écrivait contv' écart, conir'échangej conlr'es^ palier j etc., n'emploie plus l'apostrophe qu'après la préposition entre : entr'acte, entr'ouïr, entr' ouvrir, s' entr' accuser, s'çntr'aider, etc.; par» tout ailleurs elle met le tiret.
Mais ce tiret, dans quels cas faut-41 en faire usage? Pourquoi écrire contrescarpe et contre-espalier; — contremander et contre-ordre ; — contralto et contre-basse ; — entremets, entretaille, entretoise, entretoile, et entr'acte, entre-côte, entre-deux, entre-sol; — sauve^i garde et sauf -conduit ; — surpasser et outre-passer; — passavant, et passe-partout, passe-port; — portecollet, portecrayon, portechape, portemanteau, et porte-tapisserie, porte-bougie, porte-crosse, porteverge; — surintendant et sur-arbitre; un claquedent et un cure-dent, ou vice versa, car nous convenons sans peine que l'orthographe la plus naturelle serait de mettre un tiret dans tous les mots juxtaposés ; ce que nous désirons par-dessus tout, c'est la simplification de rortho= graphe , ce sont des règles qui aient peu ou n'aient pas d'exceptions.
Malheureusement il sera bien difficile d'atteindre ce but, et, qu'on fasse ou non usage du tiret, nous voyons des contradictions : un portechouX et un portefeuille; un serre-papierS et un couvre-pied; un gobe-moucheS, et un attrape-mouche, un chasse-mouche; des tiretéteS et des serre-tête, etc. etc.
L'emploi du tiret présente encore une anomalie au sujet des lettres euphoniques. Le t se met entre deux tirets : aime-T-il, danse-T-elle, viendra-T-on ; Vs, au contraire, se joint au verbe : vaS-y, donneS-y tes soins, cueilleS-y des fruits; voilà des fruits, cueilleS-en, donneS-en à ton frère, mangeS-en la moitié.
La division des mots à la fin ides lignes n'est pas sans difficultés, parce qu'il n'y a pas plus de règle sur ce point que sur les autres. Ainsi l'Académie divise : dés-accord, dés-espoir, dés-honneur, désœuvré, dés-unir, inscrire, inspecter, inspirer, bis-annusl, mésaventure, obstruction, proscrire, pour que le radical soit complet et sans mélange ; mais elle divise : i-namissibilité, i-négalité, dé-sopiler, mésaise, sur-ranné, et désobs-truer, pros-temer, pros-tiluer, ce qui est contraire à l'étymologie.
A côté de ces mots, où Ton s'étonne de ne pas trouver l'Académie toujours d'accord avec elle-même , il en est d'autres où il est impos= sible de concilier la division avec l'étymologie; tels sont desceller, description, destitution, destruction, prescription, rescription, téles= cope, et tous ceux où la préfixe se termine par un e muet. Si l'on divisait desceller, description, destitution, destruction, prescrip= lion, rescription, télescope, conformément à l'étymologie, au lieu de des-celler, des-cription, téles-cope, etc., comme on le fait pour que r^ du radical donne à 1'^ muet de la préfixe le son d'un é aigu , les étrangers et bon nombre de Français croiraient devoir faire cet e muet dans la prononciation. — Ne seralt-Il pas plus convenable de
l'accentuer, pour faciliter une division rationnelle, puisque 4ans les mots où le radical commence par une voyelle, tels que désaccord, désarmer j désordre j etc., on met un accent qui tend, au contraire, à altérer cette division rationnelle? En effet, quelques auteurs pensent qu'on doit diviser désaccord, désespoir, désunir, etc., à cause de l'accent, et d'un autre côté nous voyons dans un dictionnaire Tacceût supprimé devant Vh : dEshabiller, déshériter, dzshonorer, etc.
On est surpris que l'Académie, qui divise insfnrer, catastrophe (à Voir), apo^stropher, solsticial, dés-astre, hémisphère, hénùptère, mono-ptêre, conformément à l'étymologie, s'en écarte en divi= sant cho-révéque, horos-cope, coléop-tère, etc.
Il est des mots qui réclameraient deux s successives. Tune pour la préfixe, l'autre pour le radical; on devrait donc écrire sousscrire, atmossphère, etc. L'usage n'en admet qu'une* ; et lorsqu'on divise ces mots, c'est la consonne finale de la préfixe qui doit être supprimée, comme nous le voyons dans microscope (à Infdsoire) et stéthoscope * (à Auscultation). Cependant l'Académie n'a pas toujours tenu compte de cette règle : dans une même colonne elle divise sounscrire et soussrire, sous-cripteur et sou^scripteur; et partout ( à Atmosphé= RiQUE, Aériforme, Air, Bas, adj.. Ciel, etc.), elle divise atnws-phère^, bien que phère n'ait par lui-même aucune signification.
Nous terminerons cet article du tiret en demandant s'il ne serait pas convenable de faire suivre de ce signe, comme on le fait pour le mot contre, la préposition anti, empruntée du grec et indiquant oppo= sition, contrariété. On écrirait anti-pape^, anti-apoplectique, antifébrile, anti-laiteux, antisocial, etc., au lieu de antipape, antiapo^^ plectique, etc. •— Peut-^être même devraitron mettre le tiret après la syllabe co, signifiant avec, dans les mots coassocié, copartageant, copermutant, copropriétaire, covendeur, etc., et surtout dans colégor taire, colicitant, coreligionnaire, qui sans cela devraient doubler la consonne / ou r comme on le fait pour collaborateur, collatéral, cor^ relation, etc.
TISSURE, s. f... Fig., La tissure d'un discours, d'un poëme,etc.,\^ disposition, l'ordre, l'économie des parties d'un discours, d'un poème. Il y a d'assez belles choses dans ce discours, mms la tissure n'en vaut rien. Ce sens a vieilli ; on dit Tissu. — Au mot Tissu, qui est en effet plus usité que^ tissure, nous lisons : « Ordre, suite, enchaînement. Le Tissu de son discours est fort bon. Le tissu de son style est plein, serré. Le tissu de sa diction est tel qu'on ne peut en rien retrancher, ni rien y ajouter. » Mais n'aurait-il pas été convenable de mentionner ici Texture, où nous lisons « Fig., La texture d'un ouvrage,
1. Excepté dans transsubstardiei^ et transsvhitarUiatUm , transsuder et transtudation»
2. De micros, petit; scopéin, regarder, examiner; — stêthos, poitrine, etc.