‹ Errata du Dictionnaire de l'Académie françaiseChapitre 38 sur 55 · De aimos, exhalaison, vapeur; sphaira, sphère · texte numérisé non relu

De aimos, exhalaison, vapeur; sphaira, sphère

4. On écrit anti- Liban, anti-Taurus; et quelques auteurs écriToat anté^hriêi.

d'une pièce de théâtre^ d'un poème, etc., La liaison des différentes parties de cet ouvrage, etc. » ; — et même Contexture , où il est dit : « Il signifie aussi, figurément, La liaison des diverses parties d'un ouvrage d'esprit. La contexture d'un discours, d'un poème » ?

TISTRE, V. a., synonyme de Tisser. 11 n'est en usage que dans les temps formés de Tissu, qui est son participe. // a tissu cette toile,.. Une étoffe bien assise.— Nous regrettons que le participe ^few^ qui tous les jours s'emploie substantivement, et qui dans ce cas ne saurait être remplacé par le participe du verbe tisser, ait cessé d'être en usage dans le sens propre ; mais nous n^en croyons pas moins qu'on ne dit plus il a TISSU cette toile; une étoffe bien tissue. Par la même raison, nous pensons qu'il faut substituer tissé à tissu dans les phrases suivantes :

(à Feutre) Espèce d'étoffe non tissce...

(à Or) Défendre l'or et l'argent, Défendre de porter des étoffes, des dentelles, etc., TissuEs de fil d'argent doré.

(à Padou) Huban tissu moitié de fil et moitié de soie, (à Sangle) Une sangle bien tissue.

A l'article Tisser, nous trouvons : « Cette toile est bien tissée. » TITAN, s. m. Il n'est guère usité qu'au pluriel. Nom des géants qui, selon la Fable, voulurent escalader le ciel et détrôner Jupiter. — Il aurait été fort utile d'avoir ici un exemple qui fît connaître qu'on doit écrire ce mot avec une majuscule. En voici un qui est à l'article Foudroyer ; « Jupiter foudroya les Titans. » C'était d'autant plus convenable, que l'Académie écrit toujours les géants avec un petit g :

(à Géant) La guerre des géants contre les dieux. (à Escalader) Les géants voulaient escalader le ciel, (à Foudroiement) Le foudroiement des géants.

TITHTMALE, S. m. T. de Botan. Nom que l'on donne aux euphorbes indigènes, telLES que l'épurge, l'ésule, etc. — • Voy. Euphorbe, s. m.

TOAST, s. m. On prononce et quelques-uns écrivent Toste.,, -:r Toaster, v. a. et n. Voyez Tostbr. — Toste^ s. m. Voyez Toast. — losTER, V. a. Porter un toast...

L'Académie renvoie de toaster à toster, et au contraire de toste à toast. Il vaudrait mieux suivre partout la même marche, prendre TOSTE et TOSTER pour mots principaux, et y renvoyer toast et toaster, qui représentent l'orthographe anglaise et non notre prononciation. Cela serait d'autant plus naturel que l'Académie a francisé aile, bifteck, pouding, rosbif, etc. Au reste, dans sa précédente édition elle écrivait déjà Toste et Toster, sans même mentionner Toast, toaster,

TOMBER, V. n... Tomber sur quelqu'un. Se jeter, se précipiter, fondre sur lui , l'attaquer vigoureusement. Ils sont tombés l'un sur l'autre a/oec impétuosité, à bras raccourci,.. En termes de Fauconnerie, L'oiseau a tombé sur la perdrix. Il a fondu sur elle. — On lit encore : Jl a voulu courir, et il est tombé. Les poètes disent que Vulcain A tombé du ciel pendant un jour entier.,. Ce grand courage a tombé

tout à coup... Cette pièce est tombée à la première représenialiotu —

Ici, il ne s'agit pas de phrases faites, de termes techniques; il semble

donc permis d'en conclure qu'on peut employer les deux auxiliaires.

TONNEAU, s. m. — De même que l'Académie a eu soin de mettre

(à Fil) Fig. , Le fU d'Ariane, se dit cpielqaefois de ce qui sert à diriger, à guider dans certaines recherches difficiles ; par aUusion au fil qu'Ariane donna secrètement à Thésée , pour qu*il retrouvât son chemin dans les détours du labyrinthe.

(à Toile) Prov. et fig.. C'est la toile de Pénélope, se dit d*une aflDedre qui recommence toujours, et ne finit point, elle aurait dû donner ici les diverses acceptions de cet autre proverbe, C'est le tonneau des Darmdes, auquel les uns font signifier. C'est un ouvrage interminable, un gouflre de temps et d'argent; — d'autres. C'est un homme d'une extrême prodigalité, qui engloutirait les plus grandes fortunes; etc.

TORS, ORSE, adj. Qui est tordu, ou qui paraît l'être. De la soie torse. Du fil tors. Du sucre tors. Des jambes torses. Cou tors. Colonnes torses. On dit populairement Torte au féminin, en parlant de ce qui est contourné, difforme. Jambes tortes. Bouche (or^ç. — Nous croyons que populairement on dit plutôt jambes tortues (avec un 0» bouche tordue (avec un rf); mais nous nous demandons si ces deux locutions jambes tortes, boicche torte, ont été mises pour signaler des expressions vicieuses qu'il faut éviter, ou comme des termes dont on peut faire usage.

TÔT... H n'arrivera pas sitôt, de sitôt. Votre affaire ne sera pas SITÔT finie que la mienne. Je n^ arriverai pas sitôt que vous, aussitôt que vous. Il n'est pas arrivé aussitôt qu'il l'avait promis. — Puisqu'on écrit plus tôt en deux mots dans ces phrases : // était venu PLUS tôt qv£ moi. Son procès sera jugé plus tôt que le mien, il faudrait de même écrire si tôt, aussi tôt, en deux mots, dans x;elles-ci :

Votre affaire ne sera p(M si tôt finie que la mienne.

Je n'arriverai pas si tôt, acssi tôt que vous. Etc.

(à Attendre) Je ne m'attendais pas à vous voir si tôt.

(à Dévêtir) Il est dangereux de se dévêtir si tôt.

(à Fleur) Cette fleur si belle et qui fut si tôt moissonnée.

(à Peinture) Ces fenêtres ne seront pas de si tôt dégradées par la pluie...

(à Retirer) Poitrquoi vous retirer si tôt? Etc. Voy. Plutôt.

TOUCHER... Toucher dans la main. Mettre sa main dans celle d'un autre, en signe de réconciliation, d'amitié, ou de conclusion de marché, etc. Le marché est conclu, il m'a touché dans la main. Nous nous sommes touchés dans la main. On les a récœiciliés, ils se sont touchés dans la main. Il me tendit la main, et me dit : Touchez là, l'affaire est faite. — Ici l'Académie écrit touchés au pluriel dans ces phrases noiùs nous sommes touchés... ils se sont touchés... ; à l'article Main, elle dit « Toucher dam la main À quelqu'un, msXXTQ sa main

dans la sienne, en signe d'amitié, de réconciliation, d'accord, d'ac-» quiescement. Ih se sont touché dans la main, » Nous croyons que cette version toucher dans la main À quelqu'un, où le participe reste invariable, est bien préférable à Toucher qtielqu'un dans la main, où Ton fait accorder le participe; on dirait, Je loi ai touché dans la main, et non Je L'ai touché dans la main. Molière a dit :

« Allons f tonchez-LVi dans la main, et rendez grâce au ciel de votre bonheur. »

L'expression Ils se sont touché la main, qui est usitée et que nous aurions dû trouver dans le Dictionnaire de l'Académie, lèverait la difficulté relative au participe; mais elle nous semble plus froide et ne répond pas si bien à la locution populaire. Ils se sont donné une franche poignée de main.

^S TOUT... Fam. , En tout et par tout. Entièrement. Je suis de votre avh çn tout et par tout. — Dans les quatre premières éditions, l'Académie' écrivait par tout en deux mots : // va par tout ; il passe par tout; ori>^t par tout; je suis de votre avis en tout et par tout. N'est-ce •poliijfc par distraction que celle de 1835 a maintenu cette orthographe datis la dernière phrase citée, tandis que dans les autres partout ne formé plus qu'un seul mot : « H va partout; il est partout; il passe partout; on ne peut être partout; on reprend son bien partout où on le tU'Ouve; on se moque de lui partout où il va » (à Partout)? Mais nous proposerons un autre amendement, qui consisterait à substituer pour- jout à par tout ou partout : Je suis de votre avis eh tout et pour tout*,

TOUT, adv... C'est maintenant loicî mi autre homme, on mieux un tout autre homme... Bien des gens s'y tromperaient, et vou^s tout le premier. — La même raison qui a fait préférer à l'Académie un tout AUTRE homme à tout un autre homme, aurait dû, suivant nous, lui faire ajouter « ou mieux le tout premier », car on dirait, au féminin, LA toute pf^emière, et au pluriel, les tout premiers. Y oy. Premier.

TOUT, adverbe, étant mis immédiatement devant un adjectif féminin qui commence par une consonne ou une H aspirée, reçoit le genre et le nombre du nom ou du pronom auquel cet adjectif se rapporte. Elle est toute malade. Elles furent toutes surprises de le voir. Elle en est toute honteuse. C'est toute la même chose. — Ce dernier exemple rentre-t-il bien dans la règle? Nous ne le pensons pas. Il nous semble que dans cette phrase tout doit rester invariable, et cela pour deux raisons : d'abord, tout n'est pas suivi d'un adjectif féminin, comme la règle l'exige pour l'accord; ensuite, même en considérant la même chose comme une locution adjective, il n'en reste pas moins constant que tout doit « recevoir le genre et le nombre du»pronom (ce) auquel cet adjectif se rapporte. »

TRACE, s. f... se dit encore Des lignes que l'on fait sur le terrain, pour marquer le dessin d'un jardin, l'alignement d'un mur, le plan d'un édifice. Faire la trace d'un parterre. — 11 se dit également Des

premiers points d'aiguille, des premiers traits qne Ton fait sur du canevas, pour marquer les contours des figures d'un ouvrage de tapisserie. J*ai donné à celte ouvrière tant pour le detsin, tant pour la trace.

Nous croyons qu'aujourd'hui l'on emploie plus généralement, peutêtre même uniquement le mot tracé au lieu de tra>ce dans les acceptions ci-dessus. Au reste l'Académie admet le participe tracé employé substantivement : Le TRACé d'un ouvrage de fortification. Le TmACé d'une broderie.

TRACHÉOTOMIE.— Faut-il pronouccr trachéotomie ou trakéotomief Le silence de l'Académie fait supposer qu'il faut dire trachéotomie; mais cette prononciation parait choquante dans un terme qui n'est employé qu'en Médecine. Trachée est français, mais trachéo est grec et doit conserver la prononciation grecque.

TRAnQUANT, S. m. — Il semblerait naturel d'écrire un traficant comme on écrit wp fabricant.

TRAIN, s. m... Pop., Boute-en-trainj se dit d'un homme qui excite les autres à la joie, qui met toute la compagnie en train. —«Il aurait mieux valu renvoyei; à ce mot composé, lettre B, où 11 a trois acceptions, que d'en donner ici une seule *.

TRAITER^ V. a... On ne l'a pas fort bien traité, il s'en plaint. — Il aurait été utile de donner ici un exemple analogue au suivant, qui est à l'article Porte : Il fit bien de prendre la porte, sans quoi il aurait été MAL TRAITÉ. De cctte manière on aurait appris qu'on peut écrire maltraiter et mul traiter, et que chacune de ces deux variantes a son acception, tandis qu'à Porte cet exemple passe inaperçu.

TRANQUILLE. (Dans ce mot et ses dérivés, les L ne se mouillent point, et on n'en fait sonner qu'une.) — Lorsqu'on ne fait sonner qu'une l dans le milieu des mots, cette l ne peut être mouillée. Bien qu'en général ce qui abonde ne vicie pas, nous croyons qu'il aurait suffi de dire : Dans ce mot et ses dérivés, on ne fait sentir qu'une L.

TRANSITIF, adj. m... T. de Gramm. Il se dit des verbes qui marquent Taction du sujet de la proposition sur la chose ou la personne que désigne le régime ou. complément direct du verbe. Tou^ les verbes actifs sont transitifs. — intransitif, ive, adj... se dit des verbes neutres, lesquels expriment des actions qui ne passent point hors du sujet. Didier, souper, marcher, parler, sont des verbes intransitifs. Signification intransitive.

Ces deux locutions transitif et intransUif, aujourd'hui employées par la plupart des grammairiens , ne sont appliquées, à aucun verbe dans le cours du Dictionnaire; et cependant il semble que si ces dénominations doivent passer dans la pratique, il serait convenable de les rendre familières à ceux qui consultent l'Académie. — Outre cela nous avons un scrupule à lui soumettre. Elle appelle verbes

1. Dans les autres acceptions, boiUe-entimn est d'abord un terme do Haras et signifie Cheval entier, etc. ; puis il se dit d''un petit oiseau qui sert à faire chanter les autres.

— 3fl5 —

' intransitifs ceux dont l'action ne passe point hors du sujet. Mais dans nuire à quelqu'un, médire de quelqu'un. Faction passe bien certainement du sujet à l'objet, et nous nous demandons si nuire et médire doivent être appelés verbes intransitifs ; quelques grammairiens en doutent, et nous faisons comme eux,

TRANSVASER, V. a. Verser unc liqueur d'un vase dans un autre. // faut transvaser ce vin, cette eaur-de-vie . — Pour le verbe Soutirer l'Académie a bien donné le substantif corrélatif « Soutirage, s. m. Action de soutirer. Il lui en a coûté tant pour le soutirage de son vin » ; mais transvaser n'a pas de corrélatif, et il faut nécessairement qu'il en ait un. Quelques dictionnaires donnent transvasement, parce que M. de Salvandy a employé ce mot : « Les puissances alliées n'ont-elles pas donné au monde le spectacle du singulier transvasement des nations qui, conquérantes, viennent garder les vaincus, et, vaincues, vont maintenir les conquérantes?» —Mais dans cette phrase le mot est pris figurément, et pour le sens propre on pourrait se servir de transvasage, qui est d'un grand usage dans quelques localités, et qui nous paraît formé tout aussi régulièrement que arpentage,- binage, calfatage, caiTclage, éclairage, fossoyage, et cent autres mots de cette désinence. — On ne manquera sans doute pas de dire qu'il est ridicule de proposer un nouveau mot, puisqu'il en existe déjà un , qui a été créé par un ministre de l'Instruction publique, membre de l'Académie Française ; et plus ridicule encore peut-être de proposer l'emploi de deux mots, l'un pour le sens propre, l'autre pour le sens figuré.— Nous répondrons d'abord que transvasage est un terme connu depuis bien longtemps, et ensuite que transvasement ne nous paraît pas plus susceptible d'être employé pour le sens propre que transvasage pour le figuré; d'ailleurs il nous semble tout aussi naturel d'avoir transvasage et transvasement que accommodage et accommodement, raccommodage et raccommodement, battage et battement, abatage (sic) et abattement^, etc. etc.

1. Nous avons iw certam nombre de verbes dont on a formé deux et môme trois.substan* tifs ; voici quelques-uns de ces doubles ou triples dérivés , que nous ajoutons à ceux que nous venons de donner. Nous aurions voulu les grouper d'après le rapport plus ou moins intime qui existe entre ces dérivés ; mais nous avons trouvé des nuances qu'il était impossible de faire sentir, et d'ailleurs tel d'entre eux a plusieurs acceptions, ce qui détruisait les rapprochements que nous aurions pu faire. Nous nous sommes donc borné à séparer les terminaisons ; abatage, abaltempU; accommodage, accommodement; ajustage, ajustetneut; arrosage, arrosement; équarrissaye, équarrissement; équipage, éguipeînent ; frottage, frottement; habillage, habillement; pansage, pansement; pavage, pavement; raccommodage, raccommodement; rapatriage, rapatriement; remuage, remuement; roulage, roulement; — chauffage, chaufferie; frelaiage, frelateric; partage, parlerie; pillage, pillerie; rabâchage, rabàdterie; radotage, radoterie; ravaudage, ravauderie; saunage, sauneiie; — agacement, agacerie; chucliotement , chu^hoietie; — battage, battement, batterie; raffinage, raffinement, raffinerie; — patrouillage, patrouillis; — fanage, fanaison; — brochage, brochure; — lavage, lavement, lavure; — brùlement, Irrûlerie, brûlure; — afffectation, aff'ection ; — exlmlaison, exlialation; extravasa-^ tion, extravasion; — aJbolissement , abolition; prosleimement , prosternation; résiliement-^ résiliation; — abstinence, abstention; convenance, convention; — négligence, négligement ; — cro^fonce, créance. — De brailler on a fait braillard et brailleur; de grogner, grognard,

Page 1