DU TRÉMA
Le tréma sert, comme le dit l'Académie, à faire détacher la voyelle ainsi accentuée de la voyelle précédente ou suivante, mais il ne remplace point un accent, il ne donne aucun son à la voyelle qui en est affectée. Nous croyons donc qu'il devrait être réservé pour l't et I'm (naïf, Saàl, ïambe, etc.)^ et que pour Ve il devrait être remplacé par l'accent grave ou l'accent aigu. Puisqu'on écrit aujourd'hui poésie, poétique, poétiser, goétie, avec un accent aigu, il faudrait écrire de même goéland, goélette, goémon, au lieu de goéland, goélette, goémon, et mettre un accent grave lorsque cet e est suivi d'une syllabe muette : poème, poète, ciroène, troène, au lieu de poème, poète, ciroëne, troène.
Quant à Ve qui forme syllabe avec la consonne suivante , îl devrait ne jamais prendre le tréma ; et de même que l'Académie écrit tael, coefficient, coemption, coercible, coexister, elle devrait écrire aussi Noël, Israël, Raphaël, Aello, et non Noél (aux art. Noèl, Avent, etc.), Israèl (à Peuple, Tribu, etc.), Raphaél (à École, Famille, Transfiguration, etc.), Aéllo (à Harpie), etc.
Pour Kakatoès, au lieu de Kakatoès, etc. , voyez ce mot.
L'emploi du tréma pour séparer la voyelle qui en est affectée de celle qui suit aussi bien que de celle qui précède, est une heureuse idée; et puisque l'Académie en a fait usage ainsi dans l'orthographe des mots ïambe, ïambiqite, et dans la prononciation du mot loquèle (qu'elle figure locuèle)^ nous espérons qu'elle l'introduira également sur l'w dans les verbes arguer, rédarguer, dont quelquefois on prononce mal à propos la finale comme celle de haranguer; sur celui du verbe ouïr, et sur l'a du verbe haïr, dont trois personnes demandent le tréma et le circonflexe ; on écrirait : nous ouïmes, vous oûites, qu'il ouït; nous haïmes, vous haïtes, qu'il hait.
Pour conformer l'orthographe à la prononciation , l'Académie écrit aïeul, baïonnette, baïoqus, bïscaïen, caïeu, camaïeu, faïence, gaïdc, gldfeul, païen, etc.; il est probable que bientôt elle suivra le même
grognew et grognon. — Enfin il est des verbes qui dérivent d*un substantif ou d'un adjectif, et qui à leur tour ont un ou plusieurs dérivés : agio, agioter, agiotage; cahot, cahoter, caho- Uige; échafaud, échafauder, échafaudage; tricot, tricoter, tricotage ; — estime, estimer, estimotion; profane, profaner, profanatUm; — frisson, frissonner, frissonnement; raison, raisonner, raisonnement; — bouffon, bouffonner, bouffonnerie; /n/wn/friponner, friponnerie; — coiffe, coiflfer, coiffure; sale, salir, salissure; — bras, embrasser, embrassade, embrassement ;. recul, reculer, reculade, reculement; — net, nettoyer, nettoyage^ nettoiement; port, porter, portage, portement; — retard, retarder, retardation, retardement; temps, temporiser, temporisation, temporisemenl; — caquet, caqueter, caquetage, caqueterie; maçon, maçonner, maçonnage, maçonnerie; parquet, parqueter, parquetage, parqueterie; tan, tanner, tannage, tannerie; — picot, picoter, picotement, picoterie; taquin, taquiner, taquinement, taquinerie; — brun, brunir, brunissage, bnmissure; glane, glaner, glanage, glanure; — charlatan, charlataner, charlatanerie, charlatanisme; pédant, pédanter, pédanterie, pédantisme; — damas, damasquiner, damasquinerie , damasquinure ; — rance, rancir, rancidité, rancissure ; — blanc, blanchir, blanchissage, blanchisserie, blanchiment;— flot, ûoiter, flottage, flottaison, flottement; —sel, saler, salage, salaison, salure; —souffle, souffler, soufflage, soufflerie, soufflure. Etc. etc.
principe pour les mots haycuière, bayarl, copayer, etc., qu'elle dit de prononcer comme s'il y avait un t. Elle ajoute même que « quelques-uns écrivent haiart, copaïer ». A Roucouyer, elle ne donne ni variante ni prononciation; mais c'est évidemment un oubli.
L'emploi de l'ï tréma dans les deux premières personnes plurielles de l'imparfait de l'indicatif et du présent du subjonctif des verbes en tier, ouerj tend à se généraliser, et nous ne pouvpns qu'y applaudir. En effet, la rencontre de trois ou quatre voyelles consécutives exigeait qu'un signe indiquât la division des syllabes et fît connaître que Vi qui vient après Vu doit en être détaché dans la prononciation : nous diminuions, que vous diminuiez; nous jouions, que vous jouiez. On regrette que l'Académie ne donne aucun exemple où ces personnes se trouvent employées.
TRÉMIÈRE, adj. f. Il n'est usité que dans cette dénomination. Rose trëmière. Espèce de grande mauve dont la fleur a quelque ressemblance avec la rose. — Cette définition ne nous apprend que la moitié de ce que nous voudrions savoir : elle nous dit bien pourquoi cette mauve est nommée rose, mais non pourquoi elle est surnommée trémière. C'est sans doute parce que ses grands pétales sont agités par le moindre vent comme les feuilles du tremble.
TRÈS. Particule qui marque le superlatif absolu, et qui se joint à un adjectif, à un participe ou à un adverbe. Bon, très-bon. Mauvais, très-mauvais. Très-connu. Très-estimé. Très-bien. Très-fort. Trèspeu. Très-sagement. — Le tiret est-il nécessaire entre la particule très et l'adjectif, le participe ou l'adverbe qui vient après? L'Académie ne l'a pas mis dans la seconde édition de son Dictionnaire, et quelques auteurs le suppriment comme inutile. Ceux qui tiennent absolument au tiret après la particule très donnent pour raison que cette particule est seule de son espèce ; qu'on ne l'emploie jamais sans un complément, et qu'anciennement on la joignait même à l'adjectif, etc., qu'on voulait modifier, dont on voulait augmenter l'énergie, comme dans trèsbon, trèsmauvais. Ceux qui, au contraire, en demandent la suppression, disent qu'il n'y a pas de raison pour en mettre dans très-mauvais, très-connu, puisqu'on n'en met pas dans bien mauvais, fort connu, qui ont à bien peu de chose près la même valeur. Mais, à notre avis, ce qui militerait le plus en faveur de la suppression, c'est qu'aujourd'hui la particule très s'emploie pour modifier certaines locutions qu'il est impossible de faire précéder d'un tiret, comme dans très au sérieux, très au fait, très à son aise, très en crédit, très à la hâte, très à la mode, très à propos, etc.; et l'Académie elle-même dit : un homme très comme il faut. Voyez Falloir.
TRÊVE. — Ce mot devrait prendre un è, comme fève, grève, etc., et nous voyons deux fois trêve dans l'article Paix.
TRISECTION* TRISSYLLABE.— Pourquoi met-on deux s à trissyllabe
et une seule à triseetian f Que lïi première syllabe vleime du latin 1res ou du grec treis, Tétymologie en est toujours terminée par une s; et si cette s se supprime dans trisection, il semblerait naturel de la supprimer dans trissyllabe, ou vice versé. Dans le Dictionnaire de MM. Ouicherat et Daveluy on voit que les Grecs écrivaient trisûUabos; Priscien, trisyllabus, a, um, adj.; et Varron, trisyllabum, s. n. L'Académie peut donc en toute sécurité écrire trisyllabe avec une seule s, comme elle le fait pour trisection, — Si elle craignait de paraître inconséquente en écrivant trisyllabe avec une seule s et dissyllabe, dissyllabique avec deux, elle pourrait supprimer également une $ dans ces deux derniers mots, car nous voyons dans ce même dictionnaire que les Grecs écrivaient disûllabos ; Quintilien , disyllabus, a, um, adj.; Priscien, disyllabum, s. n.» et Lucilius, disyllabon,
TROMPILLON, S. m. Diminutif. T. d'Archit. Petite trompe.— TrowjDe de voûte, Pierre ronde faisant partie des voussoirs d'une niche.
Sans doute il faut lire : Trompillon de voûte,
TROTTER, V. n. Aller le trot. Ce cheval trotte mal. Un cheval qui trotte menu. Faites trotter ce cheval. — Il aurait fallu mettre ce verbe comme étant aussi actif, car on lit :
(à Longe) Corde d'une certaine étendue, placée à Tanneau du caveçon , et qui sert à tenir un cheval que l'on trotte sur des cercles. Trotter un cheval à la longe, à la plate-longe..
(à Plate-Lonoe) Trotter, faire trotter un cheval à la plate-longe.
TUFFEAU, s. m. TUFiER, ière, adj. — Il serait à désirer que ces mots suivissent la même orthographe , et que tous les deux prissent également deux f ou une seule , mais plutôt une seule.