N APRÈS A
Les dérivés des mots terminés par an sont peu nombreux, et proportionnellement ils présentent moins d'exceptions que ceux de la ' finale on.
Alezan, capUan, coêtillan^ caurUsanj gallican, màhoméUm, musulman, ottoman, persan^ plan, roman, sultan, teecan, etc., forment leur féminin en ane : alezane, capitane, castillane, courtisane^, etc.— Du substantif Oc^an on a fait l'adjectif océane (mer).— Il y a deux exceptions ; paysan, sonne; Jean, Jeanne, et le composé dame-jeanne, sotte de bouteille.
Faisan a pour féminin faisane ou faisande (poule). C'e^de oe dernier féminin qu'on a fait les dérivés faisandeau, faisander, faisanderie, faisandier,
Ahan, safran, trépan, font ahaner, safranèr, trépaner; — roman, romanesque; — ruban, rubanerie, rubanier^; — boucan, boucaner, boucanier; — charlatan, charlaianer, charlatanerie, charlatanisme;
— satan, «o/onigi^;—- talisman, talismanique;^'XYm^2Ln^ tympaniser;
— volcan, volcanique, volcanisé.
De ban on fait bannir, bannissement; — de tyran, tyranneau, tyrannie, tyranniqus, etc., tyranniser; — de van, vanner, vannerie, vannette, vanneur, vannier; — de tan, tanner, tannerie, tanneur; mais TAcadémie écrit tanin avec une seule n.
Sur 60 mots environ terminés par le son ane, il n'y en a qu'une dizaine qui prennent deux n; ce sont banne (et ses dérivés banneau, bannette, banner)^ canne (bâton, roseau, mesure, et les dérivés cannage,. cannaie, etc.)^ kahouanne, manne, panne (et son composé empanner)^ rouanne (et ses dérivés rouanner, rouannette), tanne, vanne ; dame-jeanne et paysanne, que noUs avons vus plus haut; et enfin les noms propres Anne, Marianne, Susanne, et les jioms de villes Cannes, Vannes,— Les autres ne prennent qu'une n : basane, cabane, cane (femelle du canard, et ses dérivés caneton, canette)^ cara/vane,
1. Capitane et courtisane ne sont pas précisément le féminin de capitan et cùurtisan, ptiisqa'ils ne s'emploient pas dans le même sent. — Quelques dictiomiaires donnent les mots artisanne et partisane pour féminins d'artisan, partisan. Le premier est assez firéquemment employé pour pouvoir être admis ; mais il faut l'écrire avec une seule n, comme cartisane, courtisane, partisane, etc. Ce dernier est d'un usage plus rare ; et bien qu'il ait été employé par Voltaire , il n'a pas eu plus de succès que le mot auguste substitué à o^ par le môme auteur.
2. L'Académie a bien voulu accueillir s'endimancher, mais elle n'a pas encore admis en/rthbaner, dont le participe enrubané est d'un fréquent usage. Il est d'autant plus à désirer qu'elle l'admette , que la plupart des lexicographes l'écrivent avec deux n, quoiqu'ils n'en mettent qu'une à rubanerie, rubanier, etc. — On voit avec regret l'n tendre à se doubler dans les nouveaux mots dérivés de substantifs en an : artisanne, chouannerie, coudranner, enrwbanner, etc.
cfkctmej tistme^ etc. ete. — Vn ne se double jamais dans la finale dès mots masculins : filigrane j ûrgane^ plutane. Me, et dans les tnots dont mane est le second composant : bibHwmme, mélomane, etc.
Les désinences anais, emms, ne donnent que milanais , danois. ,
Le son armeau nous présente anneau, grianneau, panneau (et son dérivé panneauter), vanneau, avec deux n; — * et orgcmeau, qui n*eû prend qu^me.
De tous les mots terminés par le son anier, il n^ a que ^«nmer qui ait deux n^ on écrit bananier, houcmder, casanier, chicanier, dotées nier, latanier, panier, prinkmier, rubanier, etc. — Dans les mots ânier et rudânier, l'accent sur Va exclut la réduplication de Vn,
Dans la plupart des mots qui commencent par an snivi d'une voyelle (environ 110 mots), cette n ne se double pas ; on écrit analogie, analyse, anecdote, animal, anoblir, s'anuiter, etc. Comme noms propres nous citerons Anacharsis, Anastase, l'Anatolie, etc. — Les exceptions sont : amieau et ses dérivés anneler, annelet, annélides, annelure, ammlaire, etc.; — année et ses dérivés annales ^, annales, annivir-saire, annuel, annuité, etc. ; — annexe et annexer; — annihiler et amdhilation; — annônaire^, 7- amwnce et ses dérivés annoncer, amionciade, annonciation ; — annoter, annotation et annotateur; — anmUer et annulcuion. Parmi les noffis propres, Atmecy, Annibal, Annonay, etc. *
Dans les mots où «w est précédé d'une ou de deux consonnes, on ne met également qu'une n ; on écrit : baml, canevas, canot, manière, manoir, pc^ique, panonceau, panorama, tanière; fkmèllè, giaimge, granit, planète, planure, etc. (environ 160 mots).
Les exceptions sont banneret^ — banne ton, — bannière, — canneberge,*^ cannelle et ses dérivés, — cannetille, — caflnette (sorte de robinet), — cannibale, — hanneton, — mannequin, — panneton, — enfin les dérivés de ban, tan, van, tyran, banne, canne, roiumne, etc., et ceux des mots terminés par anne, anneau, etc., que tous nous avons vus plus haut.