‹ Errata du Dictionnaire de l'Académie françaiseChapitre 51 sur 55 · N APRÈS E · texte numérisé non relu

N APRÈS E

La prononciation de l'N après l'Ê peut induire en erreur sur l'orthographe des mots où l'on fait sentir cette consonne comme si elle était double, bien qu'il n'y en ait qu'une, comme enivrer, enorgueillir, enharmonique, enherber {an-nivrer, an-norgueillir, an-narmonique, anrnerber, etc.) et les dérivés; — de ceux où l'on n'en fait sentir

1. 11 est important de distinguer annaliste, historien qui écrit des annales, d'analyste, savant versé dans l'analyse. Ceux qui réclament contre la réduplication des consonnes et l'emploi des lettres étymologiques nous exposeraient, comme on le voit, à de singulières confusions de mots.

2. La définition de Loi annonaire ( celle qui pourvoyait chez les Romains à ce que les vivres n'enchérissent pas) ne fait pas comprendre pour quelle raison cô flaot prend deux n. Il est regrettable que l'Académie n'ait pas mis le mot Attivotvtt , Provisions de bouché pou)r Yamnêi.

qu'une bien qu*il y en ait deux, comme ennemi, hennir , nenAi, solennel, et les dérirés (ènemi, ha-nir, norni, iolor-nel, etc.)^ — et de quelques autres où l'on s'écarte de la prononciation naturelle que présentent les mots ennoblir, ennui, etc. Voy. page 329.

Conformément à Tétymologie, on écrit avec deux n les adjectifs biennal, triennal, quatriennal, quinquenmU, septennal, décennal, vicennal, qui en latin se terminent par ennis, ennalis {biennis, biennalis; decennis, decennalis, etc.)^ et où l'on fait sentir les deux n du mot annus dont ils sont formés. — Mais on écrit avec un é les mots septénaire, quadragénaire, quinquagénaire, sexagénaire, septuagénaire, octogénaire, nonagénaire, parce qu'en latin ces mots se terminent par enarius {septenarius, quadragenarius, etc.). Centenaire s'écrit avec un e muet à la seconde syllabe.

La désinence enne sert à former le féminin d'un certain nombre de mots terminés par en. L'orthographe de cette formation est constante : ChaXdéen, enne; Européen, enne; Vendéen, enne; chrétien, enne; musicien, enne ; plébéien, enne, etc. ; — ou bien elle termine des mots non dérivés : antenne, antienne, couenne, étrenne, géhenne, julienne, méridienne, penne (grosse plume des oiseaux de proie), per sienne, renne, etc. — Ceux où l'w ne se double pas se terminent par ène, éne, ëne : arène, bourgène (ou bourdaine), cadêne, carène, catéchumène, ébène, galène, gangrène, glène, hydrogène, hyèj^e, hygiène, molybdène, oxygène, ozène, patène, phalène, phénomène, scène, sentène, sirène ; — alêne, chêne, frêne, gêne, pêne ( la partie de la serrure qu'on fait aller et venir avec la clef), rêne (bride); — ciroëne, troène, etc. *

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