‹ Erreurs de Voltaire (volume 2)Chapitre 10 sur 71 · STI DISCOURS · texte numérisé non relu

STI DISCOURS

part des exercices de la religion, de ses usages, de son gouvernement, de ses ministres, est beaucoup plus séduisante et beaucoup plus dangereuse.

Il emploie tour-à-tour la plaisanterie et la satire, les raisonnements graves et les déclamations véhémentes, pour en inspirer de l'aversion ou du mépris. Tout ce que les libertins, tout ce que ces écrivains modernes, qui se décorent du beau nom de philosophes, ont écrit, dit ou imaginé contre la religion chrétienne ou catholique; il le rapporte, il l'exagère, il y répand un fiel encore plus piquant, ou un ridicule encore plus outrageant. Tout ce qui est dévoué et engagé au service de la religion, ne lui paroît qu'un amas d^hommes inutiles , méprisables ou vicieux. Ce qu'il y a parmi eux de mérite , de talents, de vertus; ce qu'ils ont rendu, cl ce qu'ils rendent encore de services aux peuples , on le dérobe, on le cache dans les divers tableaux qu'on offre aux yeux des lecteurs. Les passions, les vices, les dérèglements par lesquels quelques-uns se sont déshonorés, sont les seules choses qu'on ait soin de représenter, et les seules siu' lesquelles on se décide pour tous.

PRÉLIMINAIRE. XYTi

Presque tout ce qui se pratique dans la religion, est superstition aux yeux de M. de Voltaire. Il ne respecte rien , il ne ménage rien. Tantôt il s'amuse à représenter les mortifications ridicules d'un faquir ou d'un dervis. Mais l'allégorie est assez claire. On voit d abord qu'il n y a que le nom à changer, et que c'est des observances respectables des religieux chrétiens , qu*il veut railler. Tantôt, dans une autre' allégorie fort intelligible, il prétend faire voir qu^ c'est une superstition fort sotte de faire à Dieu des offrandes, des vœux et des prières , pour obtenir de lui ce qu'on désire. Parce que lEglise ne dresse pas des autels aux filles de l'opéra, et à ces vertueuses héroïnes qui montent sur le théâtre, et qui se prêtent souvent de plus d'une manière aux amusements du public; M. de Vollaire traite toute la nation de sotte, de foible , de superstitieuse. Enfin, il ne conçoit rien de plus mal imaginé que les conciles de l'Eglise, et rien de plus déraisonnable que l'obligation de se soumettre à ce qui y est une fois décidé. U

• Socrate.

trouve que les païens étoient bien plus sages, en laissant à chacun la liberté de penser, comme il voudroit, sur les ma^ ticres de religion.

Cependant on peut dire que dans ses )P l'i^'s-ivit^lansfes de littérature et de philosophie,

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craie, il n'a fait encore que s'essayer contre la religion. C'est dans son Histoire générale qu'il l'attaque d'une manière plus vive^ plus réfléchie et plus odieuse. Là, ce n'est que par quelques saillies de libertinage, ou par la vaine ostentation d'un^ certain goût philosophique, qu'il lance ses traits contre elle. Ici, c'est un enchaînement continuel de calomnies, d'imputations fausses, d'exagérations outrées, de déguisement»

artificieux , employés pour l'outrager. Les auteurs les plus méprisables et les plus suspects , dès qu'ils sont ennemis de la religion, deviennent des oracle^ pour M. de Voltaire. Les païens et les musulmans sont toujours surs de faire foi contre les chrétiens, de même que les protestants contre les catholiques. Tout ce que l'idolàlrie, l'hérésie, l'imposture ont autrefois imaginé et débité contre les adorateurs de Jésus-Chris tj tout ce qu'elles ont

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invenlé pour la défense des ennemis, des persécuteurs et des tyrans du christianisme; Voltaire le recherche , le ressuscite, le rapporte, et il le donne comme autant de points incontestahles. Mais ce qu'on trouve à l'avantage des chrétiens dans les auteurs les plus sûrs et les plus éclairés; ou il le supprime , ou , s'il le rapporte , c'est pour y répandre des nuages par la critique la plus artificieuse et la plus capable de surprendre quiconque n'est pas parfoitement instruit et éclairé.

Entramé par cette malignité anti-chrétienne, il vous présente une longue suite de tableaux historiques; et ces tableaux sont toujours infidèles. Tout ce qu'on peut concevoir de désordres plus horribles et plus odieux , est attribué aux chrétiens ; leurs vertus sont travesties en vices, leurs pratiques de religion en imbécillité,et leurs plus légers défauts, outrés et exagérés à l'excès.

Mais ce n'est pas ainsi que l'on traite; ce n'est pas avec de semblables couleurs quel'onpeinllesmahométansetlespaïens.

S'il va jamais eu de véritables vertus parmi les hommes; s il y a eu de la sagesse , de

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