‹ Erreurs de Voltaire (volume 2)Chapitre 11 sur 71 · XX DISCOURS · texte numérisé non relu

XX DISCOURS

la raison, de l'équité, ce n'est que chez des idolâtres et des infidèles , que M. de Voltaire en reconnoît. Ce n'est que parmi eux qu'il trouve de grands hommes , de grands génies , de vrais héros. Si les protestants ont quelquefois part à ses éloges^ ce n'est que quand il les met en opposition avec les catholiques. Et s'il est forcé de rendre quelques témoignages avantageux aux grands hommes qui ont été parmi nous, il y joint aussitôt l'ombre des défauts qu'ils ont eus , et qu'il exagère encore , afin d'affoiblir l'idée du bien qu'il en aura dit.

Lorsqu'on entreprend de faire connoître les hommes, la loi de l'histoire veut qu'on les peigne tout entiers ; qu'on les montre par leurs bonnes qualités et par leurs défauts, par leurs vices et par leurs vertus. Ne les montrer que par l'un de ces deux endroits, c'est être historien infidèle. M. de Voltaire tombe presque toujours dans cette infidélité. Il ne montre les chrétiens que par leurs défauts et leurs vires; et les païens, les mahométans et les hérétiques, par leurs bonnes qualités et par leurs talents.

PRÉLIMINAIRE. XXr

11 fant avouer cependant , que cette applir;it!on infatigable de M. de Voltaire à décliirer la religion catholique, et à ra-^elatc-

^. ^ . - lerance.

Lais'^er ceux qui la respectent et qui la

professent, ne prouve point qu'il fasse plus de cas d'aucune antre religion. Son goût décidé est pour l'indifférence et la tolérance universelle. Vanter beaucoup l'honnête homme, avoir toujours à la bouche de grandes maximes de probité, d'honneur et d'équité; du reste, s'élever audessus de tout ce qu'on appelle dogmes , opinions, articles de créance; croire ce que l'on vent, ou ne rien croire : c'est-là la vraie philosophie selon lui.

Aussi, il n'est point d'hommes dont il nous fasse un portrait si avantageux, que des philosophes tolérants. 11 n'en est point qu'il nous présente sous un caractère aussi aimable et aussi respectable. 11 nous les peint toujours comme des hommes pleins de douceur, et qui ne respirent que la paix ; comme des hommes qui ne blâment, ne condamnent, ne désapprouvent personne ; commiC des hommes qui laissent volontiers à chacun la liberté de penser comme il voudra , et qui souhaitcroient

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