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très et à la milice céleste, furent la pr^* altération de la religion primitive. Ce ez les Chaldéens et les anciens Perses ï commença ; elle se communiqua à plunations de rOrient ; elle changea enie symboles et de représentations chea flerents peuples, comme nous l'apprele Macrobe. Les Livres saints attestent ne chose , et Ton en trouve des dévelopits très-curieux dans le savant ouvrage Hyde , sur la religion des anciens Per* L dans THistoire du Ciel, de M. Fabb^ h.
es cette première altération de la reli-^ »armi les hommes , on se donna la liberté iniser tout ce qui paroissoit être revêtu ilque pouvoir supérieur , toutce qui pourocurer quelque bien ou quelque plaisir^ 3 qui flattoit les penchants du cœur. Ce er pas fait, il n'y eut sorte d'absurdités, cences , d'égarements dans lesquels le»
les ne donnassent; et bientôt, comme [oquent Bossuet ' , Tunivers ne fut plus vaste temple rempli de toutes sortes îs ; et dans ce monde , qui est l'Ouvragé eu créateur, il étoit le seul qui ne fût connu et adoré, endant, malgré cette universalité de dé--
toire univc^r^elle ; page a«.
DB TOLTAIRE. iî
règlement, il y eut toujours quelques amea
droites et éclairées qui reconuoissoieut 1 altéra*
tion de la religion primitive, qui sentoientla
nécessité d'admettre un £ti'e-Supréme et uni«-
que, et qui n'ayoient que du mépris pour ces
cultes et pour ces divinités qui étoient dans
les temples et sur les autels. Chez les plus an*
ciens poètes, tels qu'Homère, Hésiode > Ara-
tus, on retrouve les traces des mêmes vérités,
malgré toutes les folies qu'ils débitent d'ail-
leui*s sur la théogonie ou origine des dieux.
Les plus anciens philosophes de l'Asie et de la
Grèce, ont annoncé les mêmes dogmes avec la
plus grande énergie. Enfin toute l'antiquité
sacrée et profane se réunit pour attester la pu*
reté et la sainteté de la religion primitive , les.
altérations que le temps y avoit apportées , e(
l'absurdité du roman qu'il a plu à M* deyol-'s
taire de donner sur cet objet.
ARTICLE IV
De r Idolâtrie.
r Tous les auteurs païens , orateurs, poètes^ philosophes, législateurs, nous attestent que dans le paganisme on a adoré une multitude innombrable de dieux. Tous les plus savants auteurs chrétiens, sur -tout ceux des quatre premiers siècles de l'Église , ont démontre.
4é LES EKUEUttS
aux païens que leurs dieux n'étoient que de vains simulacres, érigés en divinités par la superstition , Tignorance et les passions ; que ce n'étoient que de vaines idoles , lesquelles ne repvésentoient que des êtres imaginaires, ou des hommes qui avoient été sur la terre , qui étoient Morts , et qui avoient été mis au tombeau comme les autres homme». Sur cela , nos apologistes disoient aux païens qu'ils^^toient des adorateurs d'idoles, des serviteurs d^doles; et c'est ce qu'ils exprimoient par le seul mot d'idolàti*es , qui ne signifie, en grec^ autre chose qu'adorateurs d'idoles. Telle est l'ori^ gine des dénominations d'idolâtres, et d'idolâtrie.
Cependant, malgré l'aveu que faisoient les païens , et la force des démonstrations que leur donnèrent les chrétiens, M. de Voltaire est de la plus mauvaise humeur du monde contre nous , de ce que nous avpns accusé les païens d'idolàtria, et leur avons donné le nom d'idolâtres. Il se retourne de toutes les manières pour les justifier, et pour nous condamner; il ne peut souffrir que , dans le christianisme , on puisse se glorifier d'avoir remporté cette victoire sur Iç paganisme. Ce qu'il y a ici de plus surprenant, c'est qu'ayant autant d'esprit qu'il eu a , il ne présente que d'aussi pauvres raisons , pour soutenir une cause à laquelle il s'intéresse t^nt. Le terme d'idolâtrie, dit-41,
DB VOLTAIRE. i$
me se trouve dans aucune langue ancienne '• Jamais aucun peuple n'a pris la qualité d'idolâtre; jamais aucun. gouvememeut n'ordonna qu'on adorât une image comme le Dieu suprême.
Reprenons, et examinons la force de ces beaux raisonnements , et de ces tranchantes assertions.
Le terme d'idolâtrie ne se trouve dans aucune langue ancienne. Mais cela est-il surpre^ nant? Avant Jésus-Christ, personne ne s'étoit chargé de combattre le culte des dieux , et de démontrer, comme l'ont fait. les disciples de Jésus-Christ, le ridicule, l'extravagance et l'absurdité du culte des dieux. Or, ce que les païens appeloient le culte des dieux , les chré-s tiens l'appelèrent idolâtrie, ou adoration des idoles. Ce terme ne pouvoit donc pas avoir lieu avant qu'il y eût des chrétiens. Ces expressions idolâtrie, idolâtres^ vm commencèrent d'être connues que dans le premier siècle. Mais on en trouve déjà l'équivalent dans mille endroits des psaumes, des prophètes et des écrits de Moïse. Cette première raison de M. de Voltaire , poiir la défense des idolâtres , n'est donc pas des mieux trouvées.
C'est im terme de reproche , un mot injurieux. Mais la chose étant aussi absurde, le
' Philosophie de Thist. p. i3a.
16 LKs EiiReinis ^
TOproclie étoît très-bien fondé : et ce qpi^tl plaît à M. de Voltoire d appeler une injure , XL*étoit qu'une vérité extrêmement intéressante, et qu'il étoit delà dernière importance de présenter. Les chrétiens ayoient donc raison de donner le nom d'idolâtres aux païens»
Jamais aucun peuple n'a pris la qualité d'i*dolàtre. Les chrétiens qui entreprirent de dessiller les yeux aux peuples , leur démontrèrent que le culte des dieux n'étoit qu'aveuglement, impiété et superstition. Or, jamais aucun peuple n'a pris la qualité d'aveugle, d'impie, de superstitieux; aucun n'a donc pu prendre, ni être tenté de prendre le nom d'idolâtre.
Jamais aucun gouveraementn'ordonna qu'on adorât une image comme le Dieu suprême. Jamais aucun gouvernement n'ordonna d'adorer Pluton , Neptune , Mars , Vénus , . Gupidon comme le Dieu suprême ; et cependant il n' étoit point de gouvernement qui n'ordonnât qu'on les adorât, qu'on leur fit des sacrifices, qu'on leur oflMt de l'encens. Ces mots qu'ajoute Voltaire, comme le Dieu suprême^ ne sont donc qu'une méprisable défaite. Il n!y a que ceux qui ne réfléchissent pas , ou qui ne sont pas capables de réfléchir , qui puissent s'y laisser prendre.
Les idolâtres , comme idolâtres, ne reconnoissoient point un Dieu unique, créateur, existant par lui-mêipe ; ils ne reeonnoissoient
i>B VOLTAïllE, if
^nc point un Dieu suprême. St Voltaire se trompe ici , quel cas doit-on (aire de son plaidoyer? S'il veut nous tromper, de quel œil devons-nous le regarder lui-même ?
Cet avocat des idolâtres va encore plus loin , et il dit ' : Mais en ne prenant point le titré d'idolâtres , l'étoient-ils en effet? £toit-il ordonné de croire que la statue de Ëel à Babyloue étoitle maître, le Dieu créateur du monde? La figure de Jupiter étoit-elle Jupiter? Les turcs et les réformés croient que les catholiques sont idolâtres ; mais les catholiques ne cessent de protester contre cette injure.
Mais que répondroit cet avocat armé de ces pitoyables sophismes , si on lui faisoit ces questions?
I .® Ceux qui érigèrent la statue de Bel à Babylone , pensoient-ils que Bel ou Bélus , ou Nem^ broth , car c'est ici la même chose , fût le mai- Ire, le Dieu créateur du monde? On ne peut pas leur supposer des idées aussi absurdes, parce qu'alors tout le monde saypit que Bel avoit été seulement un homme , et un homme très^puis« sant. On lui érigea donc une statue, et on ordonna de la révérer. L'ignorance , dans la suite des terfps , et la superstition , achevèrent ou pervertirent ce que la flatterie et l'autorité avoient commencé. On s'accoutuma peu à peu
* Phil. de l'hifit. p. iSg.
KUttEirns
el , le dieu Bel , sans croir<?' le Dieu créateur du monde« qu'une idole, en adorant /
Lande si la statue de Jupime; et on demande à Taue Jupiter '. Ou sait qvL il y eux qui étoient niés en Arent morts, et un troisième it on voyoit le tombeau. Il )re le Jupiter Ammon des » et les Romains adovoient- 3rts? Nullement. Mais de superstition s'en fit un imaadoroit solennellenlentlés i appeloit , on ne sait pour- \ dieux. En Tadorant, on me vaine idole, il fondé à réunir les Turcs pour appeler les oitholi- ^on certainement. Il fait 1 hait beaucoup les cathoconnoit point la manière xs. Ces infidèles, qui ne le mystère de la Trinité, u en ti*ois per&onne^ , pen* idolâtre que d'adorer trois alors ils jugent des réfor-
Wi TOLTAlkfi. 4||
mes comme des catholicpies. Ainsi les réfpr-^ Blés et les catholiques peuvent re^rder ave<} une égale pitié ce que dît ici Voltaire.
« Toutes les prières étoient adressées aux tt dieux immortels , et assurément les statures » n etoient pas immortelles \ »
Nous demanderons à M. de Voltaire s^il croit qu'il y ait des dieux immortels. S'il n'y en a point, s'il n'y en a jamais eu, à qui s'adressoient donc ces prières dont il nous parlée  qui faisoit-on les sacrifices ? Quel étoit l'objet du culte et des adorations? C etoit donc des statues ; il y avoit donc idolâtrie^ Est-il possible que Mi. de Voltaire fasse des raisonne-^ ments b\ puériles et si risibles?
cr U n'y a pas, dans toute l'antiquité, un » seul poète, un seul philosophe, un seul M homme d'état, qui ait dit qu'on adoroit d0 » la pierre , du marbre , du bronze ou du bols* » Les nations idolâtres sont donc comme les i> sorciers. On eu parle , mais il n'y en eut jan mais ». »
 l'assurance ayec laquelle parle ici M. l'a-* vocat des idolâtres, ne diroit-on pas qu'il est sûr d'avoir gagné sa cause? Il nous dit que , parmi ks païens , c'est-à-dire, parmi des hommes qui étoient des superstitieux, des aveugles, des impies , il n'y en avoit pas un seul (pu
* Philos, de rhiatoire^ page iSi, -« * Ibid, p. i35. 3, ^ S
Sa IKS EUIlEirU^
avouât qu'il étoit un superstitieux , un ayeugleV \in impie. Que répondre à une preuve de celte! force? Qui osera, après une pareille démons-* tration , accuser encore les païens d'idolâtrie ? Un quelqu'un faisant l'application de ce Jjeau raisonnement à M. <le Voltaii^e lui-même, parla ainsi dans une bonne compagnie : Tout le monde dit qu'il n'y a' jaçiais eu d'écrivaii» qui ait attaqué et combattu la religion clir&tienne avec tant d'opiniâtreté, et d'une manière aussi odieuse que l'a fait Voltaire. Çe-^ i[>endant il n'y a aucun endroit dans tous ses' ouvrages, où il avoue qu'il ait ainsi attaqué et combattu sa religion. Qui est-ce qui seroit donc assez hardi pour fonner contre lui une pareille accusation?
L'avocat conclut son beau plaidoyer , en di-^* sant qu'il en est des idolâtres comme des sor-<^ cîers; qu'on en parle, mais qu'il n'y en eut jamais.
. Mais depuis près de dix-sept siècles , iouf les plus beaux génies , tous les grands bom-r mes du christianisme, poètes, orateurs, philosophes, ont démon ti'é la réalité et l'absur-r dite de l'idolâtrie ; mais Lucien , qui étoit «ussi mordant cpntre les païens ses confrères , que l'est Voltaire contre ses confrèi^es les chrér tiens ; Lucien ne cesse de railler des exti'ava^^ gances de l'idolâtrie ; mais tous les mytholojjistes païens nous rendent compte dçs rites ,
DJÎVOLTAIRE. Si
formules , cérémonies , usages concernant Tidolàtrie ; mais tous les historiens sacrés et pro^ fanes , païens et chrétiens , nous instruisent des efforts qu ont fait les maîtres du monde pour maintenir l'idolâtrie; et M. de Voltaire affirme hardiment, que tous ces grands hommes , tous ces écrivains , tous ces témoins ont tort ; qu'ils ne savent ce qu'ils disent ; que ce sont des ignorants, des calomniateurs, el que lui , il est le seul dans ce monde , qui ait pour lui l'honnêteté, la vérité, la raison.
Nous passons sur les autres principes philo-, sophiques qu'il présente, pour appi'endre à ses lecteurs à étudier l'histoire en philoso-, phes. Nous ne rappelons pas ce qu'il dit des Viystères païens, des oracles, des premiers législateurs , des sectesphilosophiques. Tout lui paroît aussi respectable , aussi auguste dans la religion païenne, que tout lui parott détestable j vil et méprisable dans la religion des chi'étiens. La plupart de ces rêveries et de ces impiétés sont assez bien dévoilées et confondue dans plusieui's excellents ouvrages de ce siècle/ Mais nous ne pouvons pas nous dispenser de prémunir encore les lecteurs contre tout ce qu'il a dit dans cette même philosophie de* l'histoire sur nos livres saints , et c'est à quoi BOUS destinons le chapitre suivant.
5l !L£S ËRllEUUS