‹ Erreurs de VoltaireChapitre 5 sur 28 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Des Livres éUiins, et de la manière dont M.

de Foliaire apprend à ses lecteurs à en juger.

r^ os livres saints, cet auguste dépôt des oracles sacrés , par lesquels Dieu a daigné instruire les hommes, ne sont, selon la doctrine de M. de Voltaire, que de misérables rapsodies que des juifs grossiers et ignorants ont faites, en empruntant quelques idées de ces peuples puissants et éclairés, cheï lesquels ils ay oient été esclaves '•

n nous assure en mille endroits dç ses ouvrages , que tout ce qu'on trouve dans ces li-^ vres sur l'bistoire des Hébreux, sur leurs lois ex leurs mœurs , sur leur religion et leur manière de penser, que tout cela n'est propre qu à revoter la raison , et à faire regarder cett^ Mtion comme la plus abominable qui ait jamais été *. ....

Enfin, il ne présente ceux qui ont écrit ces livres S tantôt que comme des hommes bar-

* Philos.de rhisL tom. I. p. 6a. — "" I^id. p. 170» ^5 Ibid. page aoo.

pt YOrTAIllE. S3

bares , grossiers , sans lumières , sans princi* pes , sans connoisfiance aucune ni de pbilcH Sophie , ni d'histoire , ni de morale ; tantôt il ne les présente que comme des fanatiques insensés. Il met dans le premier rang les histo^ riens , et dans le second, les prophètes , à qui les Juifs ont donné ce nom , parce qu'ils les croyoient inspirés par la Divinité.

C'est d'après ces fortes idées, que Voltaire veut que «es lecteurs jugent des livres saints. Cest-là ce qu'il s'efTorce d'établir dans son Dis-^ cours préliminaire. Mais quels moyens prend-« il pour les établir , ces fortes idées ? D'abord il affecte une profonde érudition sur les choses dont on lui a démontré qu'il n'avoit pas lu plus légère\connoissance. 11 raille hardiment de ce qui exige de l'homme le plus profond respect; il oppose sans pudeur les rêveries de son imagination aux faits les plus sûrs , les plue authentiques et les mieux constatés. Tels sont les moyens qu'il prend pour décréditer les livres saints. Gomme on a déjà combattu tous ces moyens par quantité d'excellents ouvrages^ nous nous contenterons d'ajouter encore quel-^ que^ idées à ce qui a été dit sur ces objets^

S-t EES ETIKE'UÏIS

ARTICLE premier;

En combattant les Li\^res diuj'ns, J^oltaire faii t homme de l'érudition la plus étendre , dan^

. les choses mêmes dont il na pas la plus /égère connaissance. ^

" N'est-ce pas une chose plaisante die voir M-' de Voltaire parler et décider sur les ancienne» langues orientales , comme s'il les cannoissoîtparfaitement? Cependant il nous fournit luimême les preuves ,: qu'il n'y entend pas plus- C[ue ceux qui n'en savent pas les premiers éléments. Il avoue dans ^e^ Mélanges, qu'il av<^t voulu apprendre l'hébreu; qu'il s'étoit ^dressé pour cela à un rabbin en Hollande , mais qu'il s'a voit pas pu y mordre '. Cependant, avec quelle assurance ne parle-t-il pas de ce qui est du génie de la langue hébraïque, de ce qui lui jest propre, de ce qu'elle a emprunté des autres idiomes qui étoient autrefois en usage dans l'Orient? •

Saint Jérôme , qui savoît non-seulement' l'hébreu, mais encore le syi'iaque, le chaldaï* que, le grec; qui lisoit les livres saints dans les originaux et dans toutes les anciennes ver-

« Art. de la Rime.

VDÏÎ TOliTAIRK. 53

sÎotm; saint Jérôme se déficit encore de se»

propres lumières ; il consul toit tout ce qu'il y avoit de savants , sur ce qui appartenoijt au3t divines Ecritures. Mais M. de Voltaire, qui n'a fait aucune de ces études , qui n'a aucune de ces connoissances nécessaires, ne doute de rien. Il parle , il tranche , il décide avec une assurance aussi ferme que s'il avoit la science infuse. On sait cependant, qu'il n'en est ricnj on sait même, qu'il a oublié le peu de gi'ec qu'il avoit autrefois appris au collège , et c'estce qui fit naître à un de ses censeurs ' , l'idée d'une plaisante re*. quête à toutes les académies , pour qu'il fut dé-v fendu à Voltaire, vu son insuffisance, de par-» 1er jamais sur les langues hébraïque , syriaque , grecque , et pas même sur la langii^ latine.

Il ne cesse de nous parler aUssi de la langue phénicienne , comme de la langue d'un peuple puissant, éclairé et savant; et cependant on sait, qu'il n'y a jamais eu de langue propremi^t phénicienne. La chose est évidente , elle est démontrée ; car la Phénicie ne faisoit qu'un petit canton de la Palestine , où l'on par*loit la même langue que dans le reste du pays. S. Augustin nous en fournit une preuve swls réplique. En expliquant quelques endroits do l'Evangile à ses Africains , qui étoientune colonie de Tyr et de Phénicie, il leur faisoit r^-

* M. Larcher.

50 L£S r. Il II EU 11 S /

marquer que les mots hébreux qui se trouvoîent. dans les éyangélistes, étoieut les mêmes qu'ils^ letrouyoient dans leur langage punique ou caxw ihaginois, qui étoit le langage des premiers colons phéniciens • Ce langage étoit donc le même que celui des Hébreux*

Mais nous en trouvons une preuve encore bien plus forte dans un ancien auteur qui étoit 4 un pays voisin de la Palestine, c'est Abulfarage , et voici ce qu'il nous en dit ' : <c La ^ langue syriaque ou chaldaïque se divise en n trois dialectes; le premier s'appelle Tara- » méen , à cause qu'il se parle dans le pays »> d'Aram, qui est la Mésopotamie , autrement »; dite la Syrie extérieure ; le second est celui ;p de la Syrte intérieure, qui se parle à Damas . n et dans tout le pays qui est enfermé entrç i> l'Eupbrate et la m^r Méditerranée : on l'ap* n pelle aussi le dialecte de la Palestine. Le troi-» 7> sième est le nabathéen , duquel se servent 9 les habitants de l'Assyrie et de la province Il de riraque ou Chaldée , et dans laquelle y> sont écrits les livres de Zoroastre , nommés p le Zend, le Pazend et le Vesta, avec quel- » "«pies mélanges de Vanciei^ne langue des » Perses. >»

On peut conclure de ce que nous Venons de présenter ^ ^e M. 4<c Voltaire serQit fort çm<«

» Bibiiotli^q[iie orient;.

jDE ▼oiiTAIRR. Sj

l^arrassé de prouver Texistence de 9a langue phénicieane. D ailleurs, tantôt il confond les Phéniciens avec les Cananéens; tantôt il dit Sfjae les Hébreux prii*ent la langue des Phéniciens ; et 'un moment après il assure , que la langue hébraïque étoit extrêmement pauvre , et que celle c^es Phéniciens étoit extrêmement rîche et abondante. Comment concilier toutes ces difTérentes assertions? Le lecteur comprend par-là, que Voltaire dit tout ce qu'il veut, et qu'on ne doit rien croire de tout ce qu'il di^. Il prétend encore , que les noms de Raphaël , Gabriel , Michel , Israël sont des noms chai* déens , et non pas hébreux ; et il s autorise dû témpignage de Philou. Mais il fait voir qu'il ' n'est pas heureux en citations , et il paroît quil n'a jamais lu Philon , ou bien qu il ne l'a pas compris. Ce savant juif donne toujours le nom • de chaldéen à la langue dans laquelle les livres saîats ont été écrits , parce que c'étoit la lan^ gue d'Abraham et de ses descendants, laquelle n'a éîé distinguée pai* le nom de langue des Hébreux, que lorsque la postérité de ce patriar-che forma un peuple particulier. C'est ainsi que Philon s'en explique , lorsqu'il parle de Jia version des livres saints en langue grecque. Il faut espérer que Voltaire y fera attention dans une nouvelle édition de ses Œuvres, s'il a le temps d'en faire encore une»

U n^est pas plus heureux dans son afTectation

se iii^s Énitii!uti$

a confondre encore les Philistins avec les Thé^ niciens. Il fait voir qu'il ne connoit ni l'histoire ni la carte du pays dont il parle ; car David fut toujours ami des Phéniciens : et il abattit entièrement la puissance des Philistins; D'ailleurs, les Phéniciens étoient au nordouest du pays des Hébreux , vers la Syrie ; et les Philistins étoient à l'extrémité opposée ^ c'est-à-dire, au sud-ouest vers l'Egypte. Quel dénouement donnera à ceci l'érudit Voltaire ^ qui des deux peuples n'en fait qu'un seul?

11 est des écrivains , dont on peut comparer l'érudition à celle des charlatans qui haranrguent sur les places. Ils se font écouter par le peuple; ils l'amusent , et ils le ti'ompent*

ARTICLE IL

Pour combattre les Libres saints , à defaUt de raisons , F'oltaire substitue la railleiie, '

Pour décréditer les divines Ecritures, Voltaire emploie un autre moyen , qui est bien:

plus dans son génie et dans son goût. Il défigure, il ti'avestit certains traits des livres saints; et à l'aide de ce travestissement , il trouve dans ' les uns des contradictions et des impossibilités qui révoltent la raison, et il présente les autres avec des gloses ridicules. Il met la législation des Hébreux ^n parallèle avec les usa*

Î>E VOLTAlU'E4 %

ges et les lois des païens ; et il insinue , il ti^r* che de persuader à ses lecteurs , que ces usager ^t ces lois des païens remportent infiniment sui' les lois des Hébreux , sur les lois de ce peu-: pie, dont la législation et le gouvernement ye» noient immédiatement de Dieu, Après cep })elles assertions , il vous dit ' :

c< Notre sainte Eglise nous apprend que ce^ » Livres ont été dictés par le Dieu créateui* >? et père de tous les hommes ; je ne puis en for- » mer aucun doute , ni me permettre même le jo moindre raisonnement >. Dieu a fait ce qu'il » a voulu, ce n'est pas à nous à le juger, H » est vrai que notre foible entendement ne p peut concevoir dans Dieu une autre sagesse, >j une autre justice que celle dont nous ayon^ >i l'idée ^f Mais laissons à des auteurs savants » et respectables , le soin de concilier ces con- » ti'adictions apparentes j que des lumières » supérieiu'es font disparoître. Respectons ce » que nous sommes tenus de respecter. On n'a w qu'une seule réponse à faire à toutes ces ob- » jections sans nombre; et cette réponse est , » Dieu l'a voulu, l'Eglise le croit et nous de- » \ons le croire. C'est en quoi cette histoire. \ diffère des autres 4. »

Çue d'applaudissements ne doivent pas don-

» Phil. de THist. tome I. page 169. — • Jbid. Ibid, *— ^ Ibid, p. 179. — . ^ Ibid^ p. idi.

ner à ces belles pensiées tous les sectateurs de la noayelle philosophie? Quelle joie ne dot-* vent-ils pas ressentir , eu voyant le ridicule iju on tâche de répandre sur la religion , 'et sur ceux qui la défendent ? De quelle admiration lie sontrils pas saisis pour le grand Voltaire » qui leur fournit des moyens si heureux et si faciles de ' triompher de toute la théologie et de tous les théologiens ?

Mais il est aussi dès hommes incapables de se laisser séduire et surprendre , et qui ne font que rire de ses prétendus triomphes ; qui démontrent, avec la dernière évidence , que tou* 'tes ces objections que va chercher et que ra* «masse Voltaii'C , ne méritent que la pitié ; qiïe ces contradictions qu'il suppose ne sont qu'i- 'maginaires , et que ces horreurs dont il parle ne sont que des déclamations dont on ne doit pas être surpris , parce qu'on sait assez que ses déclamations ne sont le plus souvent que dès 'délires , comme il est démontré dans quantité d excellents ouvrages qui ont été faits danis ce çlècle pour la défense de la religion.

Une autremanière de railler les livres saints^ 'qu'aiiaiaginée YciUkite , t'ûsl de nous dîre'qiïe H les écrivains sacrés ont daigné, 'par condesceii- » dance «, se conformer aux préjugés populaînes^ » etque par conséquent on ne doit pas être sur*

' ^ Phil. de rhi»V tome L p. 3tài7«r

BX VOI.TAIJI.C. €^

9 pris que leurs lÎTres soient remplis d erreurs^» Là -dessus il fait un grand détail de ceser«* reuTs prétendues ; et par ee moyen ^ tantôt il fronde plusieurs desprtncipaui articles de la révélation ; tantôt il raille des miracles de Jésus*» Christ ; tantôt il veut iaire remarquer du faux dans certaines maximes et certains oracles que ce législateur divin a prononcés. Nous nous^on*^ tenterons de donner deux ou trois mots de rc*marques sur quelques-un& de ces propos.

Il nous donne d abord à entendre qu^on ne doit pas compter beaucoup sur ce que Moïse nous dit de la création du monde. « L'auteur » delà Genèse ) dit-il , représente Dieu fo»i" x> mant le monde en six jours , comme les Jn- » diens , les Chaldéens, les Persans ^ qui ima* » ginoient que Dieu avoit formé le monde en :p six temps. Et quelle preuve nous donne-t*il » de son assertion ? Des livres indiens et per* » sans , qui sont , dit- il ^ de la plus haute k> antiquité, )>

"Mais on lui a démontré que ces rapsodie^ , ou livres indiens, n'ont pu être écrits que longtemps après l'établissement du christianisme. On lui a démontré , que les livres persans n'ont pu être écrits, pour le plus tôt, qu'au temps de la captivité, des Jwfa à fabyUne. Cpi^ment

^2 liES euuetjus

donc Moïse auroit-il pu emprunter des Indiens ou des Persans l'idée de la création du monde pn six jours , puisque ces Indiens et ces Per-» sans sont postérieui*s à Moïse de tant de siècles?

K On sait bien aujourd'hui , dit ce critiqua *f . éclairé ' , que le grain ne pourrit ni ne meurt » en terre; mais TEsprit- Saint se conform.e M tellement aux. préjugés populaires , que le » Sauveur lui-même dit qu'il faut que le bled » jîouiTisse pour mûrir. »

^ On sait bien aujourd'hui , et on a toujours

'SU que le grain jeté en terre se gonfle, se décompose, jette des fibres, etdisparoît. S'il ne *3 décomposoit pas il resteroit seul. Cette décomposition est comme une mort pour le grain de bled ; et c'est ce que représente le Sauveur, lorsqu'annonçant le mystère sublime et les

^suites merveilleuses de sa mort il dit : si le grain jeté en terre ne meurt, il reste seul; et s'il meiii^t, il produit beaucoup. Voltaîire a donc tort de vouloir remontrer le Saint-Esprit

. «t le Sauveur du monde.

• FhîL dePHist. tome I. page aai.

Quoique l'Evaugile parle souvent des pro- ^.diges qu'a opérés Jésùs-Christ en chassant, les démons des corps, Voltaire cependant veut qu'on ne regard^ cela que pomme des erreurs^ çt des suites' des préjugés populaii'es, Voijçi la, manière dont il caractérise ces prodiges : «Touc- >; tes les maladies de convulsions passèrent » pour des possessions de diables , dès que Ija , D doctrine des diables fut admise '. La mélau- }i colie , accompagnée d'une espèce de rage , ^ fut encore un mal dont la cause étoi t ignorée* » Ceux qui en étoient attaqués, furent appelés ^> démoniaques, et l'Ecriture admet aussi des » démoniaques, >j , .

Si les observations de Voltaitre sont justejp , ti'iomphez^ philosophes voltairiens; vous voilà . autorisés à ne plus regarder l'Evangile que comme on regarde les contes de fées, les Evaqgélistes qye comme des romanciers imbécile^, et Jésus-Christ lui-même que comme le hérg»

du plus méprisable de tous les romans. . ,

A-t-on jamais insulté la société et toute*

les sociétés chrétiennes , d'une manière q^î

doive plus exciter l'attention des premiers pas-

; Jkeurs et de toutes les puissances? cependftpï

» Phil. de rHi|t, tom I. pag^ asii, .

64 i^BS ekusuiib^

Voltaire proteste toujours qu^il est un boB-

chrétien !

ce Les Perses et les Ghaldéens " , dît encMe » le censeur des livres sacrés, semblent être » les premiers qui parlèrent des Anges» Il est -39 indubitable que les Juifs ne reconnurent » point de diables que vers le temps de la cap- » tiyité de Babylone. Ils puisèrent cette doe- » trine chez les Perses , qui la tenoient de Zch SI roastre. Dieu a certainement permis que la ly croyance aux bons et aux mauvais génies ait ')) été établie chez vingt nations de l'antiquité, u avant de parvenir au peuple juif ; et tp ».quî n'étoit qu'une opinion chez les anciens, » est devenue par la révélation une vérité

t» divine. »

Quand Voltaire a nommée des Indiens , des Ghaldéens , des Persans , tous les sectateurs de

"^la philosophie à la mode s'extasient sur sapror digieuse érudition , et tous les hommes judi-

^ eieux et éclairés n'ont alors que des sentiments de pitié ou d^indignation.

Moïse a écrit vers l'an du monde aSoo^

^ u'csl-à-dire , enviroa 1 5oo ans avant Jésus-

• Christ ; et il parle des anges dans le livre delà -Genèse, et dans plusieurs autres endroils du

* PluJi»4e.l*liisU tone I. p«|c 43%

Penuteuque. Que Voltaire cherche les auteurs indiens, persans, çhaldéens qui ont existé ayant Moïse ; qu'il nous fournisse quelque ombre de preuve de cette haute antiquité qu'il leur atr tribue ; qu'il nous cite quelques passages authentiques de leurs écrits. Mais on sait déjà quelle sera la réponse à ce défi ; il n'y en attra point d autres que des injures, ou le silence.

« Enfin, notre sainte religion, dit-il, a conn sacré cette doctrine (des anges et des dé- » mons ) , laquelle est devenue , par la révélais tion , une vérité divine.- »

. Mais les vérités divines sont celles que Dieu a annoncées lui-même , et que nous avons) apprises par la révélation. La révélation est renfermée dans ce que nous appelons les livw»

saiuts. Ces livres , selon M. de Voltaire , son^ souverainement méprisables. Jugez par-là da ce qu'il pense de notrç religion sainte, des vé-i rites divines , et de la révélation.

Ainsi pensoit autrefois le fameux Ripostât Julien ; aussi Voltaire le metril au dessus de UJm les autres hommes.

66 liES CftRfiTTIiS

ARTICLE m,

yoltaii'e , pour combattre t autorité des Uçres saints , n'oppose aux faits les plus certains r que des faits dont on démontre la faussetés

Le troisième moyen qu'emploie Voltaire pour décréditer les livres saints , c'est un entassement d'altérations et de déguisements dan» presque tout ce qu'il dit relativement aux divines Ecritures ; ce moyen est celui qu'il met le plus en usage ^ parce que c'est celui par lequel , d'une part , il en im|)Ose mieux aux es-* prits superficiels; et que de l'autre, il s j donne far-là le ton d'un homme de la plus vaste éni-, dition. Qu'on juge de ses succès , par les obfervations suivantes.

^ Demandez à Voltaire s'il y a eu un Moïse \ il vous répondra le oui et le non , selon les cir- ^constances. Dans certaines brochures, où il ne cache son nom que pour se donner une plus libre carrière , sans se trop exposer , il vous fait entendre que Moïse n'est qu'un personnage imaginaire ' , et que les livres qu'on lui attri-

» Phil. de THist

UÊ VOLTAIRE. 6^

bue sont très-postérieurs au temps où Ton sup-^ pose qu'il a existé. Mais dans les ouvrages qu'il avoue , comme dans sa Philosophie de l'hwtoîre, il croit devoir user de plus de circonspection : il ne Combat point l'existence de Moïse, il l'admet; mais alors il le représente comme le plus méprisable de tous les hommes , soit dans $a personne, soit dans sa conduite y soit dans sa législation '•

Ici il nie l'existence de Moïse , et il a contre lui le témoignage dé tous les siècles et de toutes les nations ; là, il déprime extrêmement Moïse,* et il a de même contre lui les plus gi*ands au-leurs , tels que Dîodore de Sicile , Strabon , Justin, et plusieurs autres écrivains païens ," qui nous en ont donné les plus magnifiques portraits ; qui ont fait les plus grands éloges de' sa sagesse , de ses lumières et de son génie , et qui l'ont regardé comme infiniment supérieup * à tous les autres législateurs. On trouvera toutes les preuves de ce que nous disons , dans le troisième volume du Dictionnaire philosophi-* que de la Religion.

Les livres saints nous représentent Moïse comme le plus doux dbs hommes : cet élog«

* Phil. de rhist. tome L page i8a«

6% 1<£S ERKfeU&l

4éplatt fort à Voltaire. « Ce Moïse , dit-il f ^ auroit-ii pu immoler vingt -quatre mille 10 hommes de sa nation , sous prétexte qù^on u a trouvé un Juif couché avec une Madia- ». nite* ? Et comment peut-on, après cette é ton- « nante boucherie, dire que Moïse étoit le plus » doux des hommes ? »

^ On n'a jamais soupçonné M. de Voltaire d'être le plus doux des hommes ; on ne lesoup* çonnera pas non plus d'être le plus véridique* ij^es vingt-quatre mille hommes, dont il parle ici , ne furent pas condamnés parce qu'un seul Juif avoit couché avec une Madianîte, mais jparce qu'ils s'étoient tous voués au culte. abor minable de Belphégor. Il y avoit donc idolâtrie scandaleuse et débauche infâme : tout cela eat clairement développé dans les chapitres a 5 et 3 1 du livre des Nombres. Voyez comment M. de Voltaire est instruit et véridique*

Moïse , racontant l'expédition que firent les Israélites dans le pays de Madian," rend compte du butin immense qu'ils y firent ; sur quoi Voltaire s'exprime ainsi : « Le Pentateuque n nous dit , que dans le petit pays de Madian» H qui est environ de neuf lieues carrées , le^

« Phil. (l« l'hist tpi9^ I. page 104,

DJÈ TOLtAlUÈ. <îj

» Isi^élites ajrant trouvé six cent solxante- » quiaze mille brebis , soixante-douze mille ir bœnfs , soixante-'uu mille ânes , et trente-* te deu^ mille filles yierges , Moïse commanda » qu'on massacrât tout, hommes , femmes et te enfants ; mais qu'on gardât les filles , dont » trente-deux seulement furent immolées '; » Ce qu'il y a de remarquable , c'est que Moïse » étoit gendre du grand-prêtre des Madianites, ij Jéthro , qui lui ayoit rendu les plus grandi » services. »

Ce qu'il y a ici de véritablement digne d^ remarque, c'est que Voltaire ne s'y montre ni bon géographe , ni judicieux critique, ni fidèle historien. '

Il dit que le pays de Madian n'est que de neuf lieues carrées , ce qui feroit trois lieues en longueur et trois en largeur. Mais s'il avoit étudié la carte , il auroît vu que le pays de fiadian s'étendoit depuis le vingt-neuvième degr^ de latitude , jusqu'au trente-unième , c'est-àdire, depuis la côteorientale de la jmer Rouge j jusqu'au lac ^sphaltite , vers le pays de Moab. C'est près de cette côte de la mer Rouge , qutè Moïse paissoit les troupeaux de son beau-pèrtd Jéthro ; et c'est vers le lac Asphaltile , qu'ha^ bitoient les Madianites vaincus par les Hé^ breux.

* Phil. de tthist. tome I. page 'ifé.

Si Voltaîre^ûtété un critique judicieux', il n'auroit pas accusé Moïse ctingratitude envers «on beau-père ; Jéthro, puisque les Israélites n'attaquèrent que les MadianiXeS voisins de Hoab , et non pas ceux qui étoient ver&la mer Rouge, où habi toit Jéthro, comme on vient de le prouver, -

3i Voltaire eût été historien fidèle, il n'eût pas dit qu'il y eut tr'ente-deux filles immolées, puisque les trente-deux jeunes filles furent remises au grand-prêtre Eléazar , comme toutes les autres furent le partage du peuple et des combattants. Or, il n'est fait nulle mention d'immolation et de saciûfices dans leslivres d'où ces faits sont tirésr

Le passage du Jourdain fut un prodige que JlOieu opéra pour assurer les Israélites de sa protection , et pour jeter la terreur parmi les Cananéens. « Pourquoi , dit Voltaire , Josué a- » t-il besoin que Dieu suspende le cours de m ce fleuve , qui n'a pas , en cet endroit, quah: rante pieds de la:rgeur, et sur lequel il étoît n SI aisé de jeter un pont de planches, et qu'il I» étoit encore plus aisé de passer à gué ' ? »•

Si un aussi habile ingénieur que Voltaire i

» PhU. de l'hîst. tôm I. page »oi.

t)E VOLTAIRIT. Jl

eût Clé là pour conslniire un çont de planches , ou pour indiquer un gué propre à passer plus de deux millions drames , hommes, femmes et enfants , outre une multitude immense de bestiaux , il n'eût pas laissé à Dieu la peine bu la gloire de faire un miracle. Cependant il est fort douteux qu'on se fût fié à l'habileté de cet ingénieur , et il est même très-probable qu'on ne s'y seroit point fié du tout ; car un savant Anglois , qui a été sur les lieux , et qui a tout observé av^ la plus grande exactitude^ nous "apprend que le Joui^dain , vis-à-vis de Jéricho , a plus de soixante pieds de largeur , et que la rapidité en est si grande , qu'il n'est point d'homme qui puisse tenir contre le fil de leau ; il ajoute , que ce fleuve se déborde cxtraordinairement en avril par la fonte de# neiges '. Or , c'est précisément en ce temps-r là , que les Israélites le passèrent. Il est don^ très-certain que M. l'ingénieur eût été foi'tçmr barrasse , et fort peu écouté.

Ce peu de remarques que nous venons de donner, suffit pour faire juger du savoir et de la fidélité de l'auteur. Nous allons en ajouter ipelques-unes sur ce qu'il dit des prophètes^

Matmdrell.

71 tli$ £RRliUll$

Les proplièies ont été des hommes Inspii^s IptkT le Saint-Esprit. Eclairés de ses lumières, us ont lu dans l'avenir; ils ont annoncé ^ bien des siècles à l'ayance, les événements les plus intéressants pour le genre humain. Ces homknes divins , ces organes du Saint-Esprit , Yol^ taire ne nous les représente que comme des enthousiastes extravagants; et c'est ainsi c[u'il nous peint les Isaïe^ lesElizée, lesEzéchiel, etc.. Isaïe reçoit ordre du Seigneur de quitter la robe dont il est revêtu, et les souliei^s qu'il a AUX pieds, et de marcher en cet état dans Jérusalem, pour annoncer , par ce spectacle , l'é^ tat où seroient réduits les Egyptiens lorsqu'ils ^croient vaincus et devenus esclaves des Babyloniens. Isaïe ayant exécuté cet çrdre , le Sei^ ]gneur dit * : Comme mon serviteur Isaïe a marché nu et sans chaussure; ainsi seront traités pendant trois ans les Egyptiens par le .roi de Babylone.

M. de Voltaire prend occasion de cette expression marcher nu^^ pour répandre du ridicuje sur cet ordre du Seigneur, et sur la conduite du prophète. «Quoi, dit-il *, est- il po»- » sible qu'un homme marche nu dans Jérusa-

* h. lo. «i- * Pfail. de rhisi. p. 30.4.

DE rOLTAiniî. 7?

» lem, sans être repris de justice? oui, sans » doute. Diogène n'est pas le seul qui eut cette » hardiesse. »

N'est-il pas beau de voir l'auteur de la Pucelle, du roman deCandide, et de tant de pièces du même goût s'intéresser si scrupuleusement pour la modestie , la décence et l'honnêteté? Qu'il est heureux que la justice soit si bonne!

Il fait ici à Isaïe un procès qu'il pe gagnera sûrement pas au tribunal des hommes judicieux et raisonnables , parce que ce n'est qu'une niéprisable chicane , fondée sur ce mot de nu. Ce mot ne signifie qu'un état de misère et de dépouillement, tel qu'étoit celui des prison *niers faits à la guerre; il ne signifie pas une nudité entière. Lorsque Virgile disolt : nudus ara, sere nudus ^ préten doit-il qu'on devoit être nu comme la main pour labourer «t pour semer? Lowque saint Paul disoit des prédicateurs évangéliques, nudi sumus^ annonçoit-il que ces grands hommes alloient sans aucun habillement? Lorsqu en voyant un pauvre , on dit il est tout nu, entend-on autre chose sinon qu'il n'est pas suffisamment habillé? Ol Itp de Voltaire , que vos remarques font d'houneiur à votre jugement l

Elisée se fit admirer par la sainteté de sa 5. 4

vîe; il se fit admirer par le refus qu'il fil souvent des richesses que lui ofTrireut les rois et les grands; et Voltaire nous le représente tantôt comme un homme qui ne parle que par équivoques, pour se défendre à tout événe* ment ; tantôt comme un homme farouche et sanguinaire. Et voici comment il s'exprime sur ce prophète : « Le roi de Syrie étant ma- » lade ' , envoya à Elizée pour' savoir s'il » guériroit : Elizée répondit que le roi pour- » roit bien guérir, mais qu'il mourroit. Si M Elizée n'eût pas été prophète du vrai Dieu ^ M on pourroit le soupçonner de se ménager » (par cette réponse) une évasion à tout évé- » cernent ; car , etc. » Voilà les expressions de la calonmi« ; voici celles de la vérité :

Hazaël, que le roi de Syrie envoya pour consulter Elizée , avoit résolu , depuis quelque temps, la mort du roi, pour s'emparer du trône. Dieu manifesta au prophète tout ce que méditoit et tout ce que devoit faire Ha-^ zaèl. Le prophète instruit annonça à l'envoyé bien plus de ohoses qu'il n'en venoit deman^ der * : La maladie du roi n'est pas mortelle par elle-même, lui dit-il, mais le Seigneiur m'a fait connoître qu'il mourroit; et il ajouta, en répandant des larmes : Le Seigneur m'a finit connottre que vous serez roi de Syrie, et que

« PkU, de l'kist. p. aoi. — » Reg.^4. c. 8.

DE VOLTAïRr. jS

VOUS ferez de granrls maux à Israël. Hazaël ne fut pas plutôt de retour, qu'il étouffa le roî , se mit la couronne sur la tête , et porta la désolation dans le royaume d'Israël. La réponse duprophèteprésente-t-elle ces équivoques dont parle Voltaire? Pouvoit-elle être plus juste? Est-elle suffisante pour détruire la calomnie? « Quarante-deux enfants , continue Vol- » taire , voyant Elizée dans le chemin escarpé n qui conduit à Bétbel , lui dirent : monte , >i chauve, monte; et Elîzée fait venir deux » ours qui dévorent ces innocentes victimes. » Mais si ces victimes étoient innocentes,* comment Dieu envoya-t-il ces ours pour les dévorer? Et si Dieu les fit effectivement dévorer , comment Voltaire soutient- il qu'elles étoient innocentes? Mais c'est un homme de Dieu> que cette jeunesse impie insulte. PeutcUe manquer d'avoir Voltaire pour défenseur?

Ezéchiel a représenté, par les plus vives images , les fléaux terribles dont seroit frappée Jérusalem, et les crimes qui attireroient ces fléaux sur elle. Voltaire y trouve une belle matière pour servir d'amusements aux liber- • tins , par les additions , altérations et falsifications dans les textes du prophète. Nous n'entrerons dans aucune discussion sur ces points,

jS LE5 brueurs

qui sont suffisamment examinés et justifies àstnB le Dictionnaire philosophic^ue de la religion » a l'articlç EzéchieL

Cnfin , pour anéantir tout le respect dû au propice lies et aux prophètes , Voltaire afTecte de mettre tout pêle-mêle, prophètes, devins, fhai4atans, diseurs de bonne fortune; il dit que les prophètes se traitoient les uns les autres de visionnaires et de menteurs ; qu'il étoit très-difficile de distinguer les faux prophètes jiies véritables , et que plusieurs de ees prpphè* tçs furent mis à mort.

Quand Voltaire met dans la même classé les fliseurs de bonne fortune, et les prophètes inspirée de Pieu ; qu II ne parle que par igno-> rance , ou il ne parle que par un esprit d*ini?* piété. Si c'est par un esprit d'impiété, qa*il «st À plaindre ! Si c'est par ignorance , il n y en eut jamais de plus déshonorante pour un écrivain; car, d'une part, les prophéties, dont plusieurs datent de plus de trente siècles, existent dan^ |ios livres saints; et de l'autre, fn voit, p^r l'histoire des difTérents peuples, 4^t dans les fastes df la religion de l'univers, fjïie ces prpphéties ont été vérifiées et accom* j>lîes avec la plus grande fidélité* Que véPQU:^ èr% '\''olt^ire n, cç\ argument?

Dis VÔLTjLlïl». J}

1res proplièteS) ajoute-t-îl, se traîtoîent les Uns les autres de visionnaires et de meA*-^ teitrs.

n y a eu dans tous les temps des Impostetirt^' des impies, des philosophes, des séducteUFi qui se sont élevés contre les envoyés de Dieu , et qui ont combattu la vérité. II y en a eu du temps des prophètes-, il y en a eu dii temps dm Jésus-Christ ; il y en a dans notre siècle. Ckl que les prophètes, ce que Jésus-Christ disoit des séducteurs de ces temps - là , les défenseuif de la religion peuvent le dire des séducteur» d'aujourd'hui. On ne doit donc pas être surprii que ces raisonneurs et séducteurs traitent au»jourdTiuî les défenseurs de la religiçn , commÉ ont été traités autrefois les envoyés de Dieu»

Enfin , plusieurs de ces prophètes , dît-il en» cote , furent mis à mort. Mànassé , roi de Juda, fit périr Isaïe par le supplice de la scie; le roî Sédécias fit mettre Jérémîe en prison; Ezë«chiel fut tué par des juifs, compagnons de som esclavage, etc.

Jésus-Christ, qui est la sagesse éternelle, et qui a inspiré les pitophètes , a été mis à mort» Les Apôtres qui ont annoncé les plus augustcii vérités , ont été mis à mort. Il n'est pas surprenant que les prophètes , qui ont eu le mémjt ministère , aient été aussi mis à mort. Manassé éloit un impie et un débauché; Sédécias éloit' un lâche déserteur de la religion. L'argument

78 liES ERREURS

de Vokaîre prouve très-bien jusqu'où peuvent aller les fureurs de rimpiété , quand elle est puissante.

Nous ne quitterons pas cet article des livres saints, sans dire encore un mot à l'occasion des psaumes de David.

Ces psaumes sont un dépôt sacré ^ue l'Esprit-Saint a confié à son Eglise, pour être, jusque la fin des siècles , sou instruction , sa lumière et sa consolation. C'est-là qu'on prend les plus hautes idées des grandeurs de Dieu, auen trouve les sentiments de la dévotion la plus tendi'e,îe5 promesses de la miséricorde la plus engageante , les plus touchantes çî^hor^ tations à la vertu , les menaces les plus capa^ blés de frapper les pécheurs* Les psaumes , en un mot , sont une collection de cantiques subliiues qui renferment tout ce que la religion a de plus instructif, de plus auguste et de plus saint.

Il n y a jamais eu de poésie qui , pour la vivacité des images , l'énergie des expressions , l'élévation des pensées et des sentiments , ait pu entrer en comparaison avec celle de David..

Et ce sont ces cantiques divins que Voltaire s'efforce de faire regarder avec le dernier mépris, dans l'article qu'il nomme : Des prières

des Juifs. H en tire quelques passages qu'il ne coxnpretid pas , qu'il U*aduit d une manière infidèle , et qu?il présente ensuite comme de»

sentiments qui outragent la raison et l'humanité. N9US n'entrerons dans aucun détail de réponses. La réclamation de tous les siècles et de toutes les Eglises chrétiennes , est une réponse bien sufiisante.

On demandera si l'auteur qui traile ainsi nos livres sacrés est un chrétien, ou si c'est un mahométan , un païen , ou un échappé de quelque horde sauvage. lïous répoiidrons qu'il se dit un des plus zélés , des plus rtspectueux , des plus fidèles enfants de l'Eglise; car voici comment il s'exprime en écrivant à l'Editeur tt«^â CEUfTe^ : <i Tout cê quej'ai*à vcftxsdire, » c'est que je suis né François et catholiique; » et c'est principalement dans un pays pro- M testant que je dois vous marquer mon zèlt >î pour ma patrie, et mon profond 'respect » pour la religion dans laquelle je suis né , et » pour ceux qui sont à la tête de cette religion. D Je ne crois pas que dans aucun de mes Ou- M vrages, il y ait un seul mot qui démente ces » sentiments.»

Ainsi s'exprime l'auteur de la Philosophie de l'histoire , du Dictionnaire philosophique portatif, de l'Examen important de milordBo-

' Lettre aux Cramer , tome L .

•o LES ERUBUR»

Hnghroke, du poème de la Pucelle. Quels feca*» tificats de la sincérité de ses sentinients, et ^e son respect pour le christianisme î

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