Pline , dans sa lettre à Trajan , rend le
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plus glorieux témoignage aux grandes venus des clirétiens. Le païen Cécilîus » leur fait uu reproche de leur éloignement pour toutes les parties de plaisirs ^ de fêtes et de divertissements. L'empereur Julien exhorte les prêtres des faux dieux à imiter les vertus par lesquelles se distînguoîent les chrétiens; et dans tous les ouvrages de Voltaire, on ne trouve pas un seul endroit où il rende témoignage à ces vertus ; au contraire, il n'a jamais i|ue des crimes are* procher.
. Pour arracher des cœurs tout sentiment de respect et d'estime pour la religion chrétienne et pour ceux qui la professent , il la met de temps en temps en parallèle avec le mahométisme , et ce sont toujours les mahométans qui l'emportent pour les talents , les lumières , le» vertus; et il ne lui vient jamais que des exprès» «ions de mépris et d'horreur , lorsqu'il parlç des chrétiens.
On diroit qail n'écrit que pour avoir le plai^ sir de peindre des horreurs , et de raconter les malheurs du genre humain ; et suivant toujours son esprit d'infidélité dans l'histoire, les causes de tous ces malheurs, il les rejette toujours sur 4e christianisme et sur les chrétiens. %je9 horreurs dont les conquêtes des Gengîs » des Tamerlan , des Mahomet , et de quantité
■ Minutius Felii:^
DB VOLTAIHE. 8j>
d'autres princes barbares ont, été accompagnées ; ces horreurs , ou sont supprimées , ott présentées légèrement, ou même justifiées et louées. Mais il ne vous peint quayec 1^ plus, horribles couleurs les maui qu^ont causé le$^ guerres , toujours trop funestes , mais ordinairement moins barbares / qui ont été entre le& princes chrétiens.
Ce qu'il y a de plus remarquable encore t c'est que toutes ces erreurs sur lesquelles il a été le mieux remontré et le mieux relevé , il les répète dans ses nouvelles éditions « aussi hardiment que si on ne êeii- étoit pas aperçu ; itces ei*reurssont si multipliées, que l'on trour V€Xoit à peine deux pages dans ses écrits his-, toriques, qui ne présentassent quelque outrage lait à la vérité.
On y trouvera partout le même génie « le même but , qui est de faire tout le monde à sa nouvelle manièx^e de pepser; la même fierté à se donner pour l'homme qui a été le seul bien instruit ^ et qui a osé montrer la vérité ; la même hardiesse à affirmer tout ce qu il lui plaiti sans êti'e appuyé d'aucune preuve , ni d'aucune autorité ; la même malignité à ne présenter presque jamais que des horreurs et des crimes , à les multiplier , à les exagérer ; la même indi-« gnité et la même bassesse à déchirer les foi-« blés ijidéfendus , à flatter les puissances redoutables , à encenser les vices heureux , à insulter
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les vertus que It christianisme honore , et qae l'impiété et le libertinage ont en horreur. Tel est Tesprit dans lequel Voltaire a^ écrit l'histoire, ^el crédit mérite*t-il en qualité d'historien ?
ARTICLE IL
Des anecdotes répandues dans les Ecrits his^ toriques de F'oUfûre.
M. de Voltaire n'a pas traité l'histoire engrand comme les fite-Live et les Thucidide ; tl ne Fa pas traitée d'un manier^ lumineuse comme Polybe, ni avec cette exactitude et ces soins dans la recherche de la vérité. CUOH rtr marque dains les Hume et les Strada. Il a préféré là manière maigre des petits écrivains d'anecdotes , qui sautillent d'un point à un autre , jijour semer avec plus de liberté tout ce que la malignité peut fournir. Aussi tous ses écrits historiques sont-ils plutôt des satires que des histoires, et des recueils d'anecdotes fausses et malignes, que des récits propres à instruire , et à faire connoître la vérité. Nous pourrions fournir des volumes pour railler de ses anecdoctes ridicules. Nous nous bornerons cependant à un très-petit nombre,' sur-tout de celles où la religt^i est intéressée ; et par cet échantillon, on pourra juger de tout le reste..
1>S YOLTAIRB. 91
Sur le Foyage de smnt Pierre à Rome.
« Pour pix)uver que saint Pierre ne mou- »> rut point à Rome ' , il n'y a qu'à observer >3 que la première Basilique, bâtie par les chré- » tiens de cette capitale, c'est celle de saint » Jean de Latran. C est la première église la- » tine. Lauroit-on dédiée à Jean, si Pierrt » avoit été pape? »
Voilà une remarque, ou anecdote j qui ne donne pas une idée fort avantageuse de la logique que M. de Voltaire, ni de son érudî-
Le raisonnement revient à celui-ci : uoMtantin a fait bâtir la première église i Rome à l'honneur de saint Jean-Baptiste. Donc saint Pierre n'est point mort à Rome ; donc il n'a pas été pape. Un écolier de logique qui raisonneroit ainsi, comment seroit^l hué par se»
compagnons ?
Ensuite l'érudition va do pair avec le raisonnement. La première église , bâtie à Rome par Constantin, fut dédiée au Sauveur du monde, et non pas à saint Jean* Ce prince en fit ériger une seconde à côté de son palais de Latran ,
■ Philos, de rhist. tome I. p. 571.
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laq[aelle fut dédiée au précurseur* de Jésu^ Cbrist; et presque dans le même temps il fit élever la Basilique de Saint-Pierre au Yalicau, où ce prince des Apôtres est inhumé.
Il faut apprendre à M. de Voltaire une anecdote plus intéressante et plus sure que la sienne. C'est que saint Silyestre, qui étoit alors sur le trône pontifical , fit placer dans l'église de Saint-Jean-Baptiste, dite de Saint*-Jean de Latran, l'autel portatif sur lequel les papes ses prédécesseurs, et saint Pierre lui-même « ayoient célébré les divins mystères; qu'il n'y a eu jusqu'à ce jour que les papes seuls qui puissent célébrer sur cet autel, et que c^est là ce qui a donné la célébrité et la distinction è cette église. Quaad on remonte à la source d^ ia Vwliî^i en n'a plu9 <1W àe la pitié pow ce qoeditYoluire.
Sur r Etablissement de la Religion Chrétienne en Russie*
« Le christianisme ne fut reçu que tard » dans la Russie '. Une princesse nommée » Olga , l'y introduisit à la fin du dixième siè- » cle, comme Glotilde le fit recevoir chez ks
» Phil. de Vhist. tome XIL p. 7a. .^ , .
* Francs. ••» C'est le sort des femmes d'être » sensibles aux persuasions des ministres de » la religion, et de persuader les autres hom* » mes. » '
H« Lomonossou *, Russe de nation, cbnseîl- Jer d'ëtat, et auteur d'une histoire de Russie très-estiméè, nous avertit de ne rien croire de ce que dit ici Voltaire. Il avoue bien que la princesse Olga se fit cbrétienne , parce qu elle estimoit beaucoup plus les mœurs des chrétjens que celles des idolâtres ; mais il ajoute que cette convei^ion n'eut point de suites , puisque son mari , son fils , 8es petits-fils , et toute la nation restèrent dans le paganisme.
lia réflexion de Voltaire , que c'est le sort de* femmes d'être sensibles aux persuasions des ministres de la religion , et de persuader les autres hommes, est donc absolument fausse dans le cas présent. La Russie ne devint chrétienne que sous Uladamir , le troisième petit- Gh d'Olga, lorsqu'il régna seul après la mort de ses frères. Ce prince se fit baptiser à Gont^ tantinople même, comme le démontre lliistohrien russe d'après les monuments les plus authentiques, et il engagea la plus grande partie de ses sujets à l'imiter. Ce n'est donc pas ici une femme qui persuade les hommes , comme l'annonce l'anecdote.
> JUtiiion. p. iGi.
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