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DE L’APOPLEXIE

Supposant que les vaisseaux sanguins d’une partie du corps, soient le tissu le moins fortement construit d’un individu, pourrait-on douter que ce qui attaquerait la sauté générale de cet individu, ne développerait pas~tiussi, parmi d’autres phénomènes , la faiblesse originelle de sa structure vasculaire? Je suppose, par exemple , que l’on conduise doucement une personne jusqu’à l’état d’inanition, ou qu’on la saigne chaque jour: ne sera-t-on pas certain, par ce moyen , d’altérer son état sanitaire? n’affaiblira-t-on pas également

les parois des vaisseaux sanguins , par la cause qui a si évidemment affecté le tissu de la structure générale? Or, supposons encore qu’un ou plusieurs vaisseaux du cerveau soient plus faiblement organisés que d’autres parties du corps: ne produira-t-on pas alors, par l’inanition ou les saignées, une si grande faiblesse dans les parois de ces vaisseaux, qu’on les disposera à une rupture; et la conséquence de celle-ci ne sera-t-elle pas une effusion de sang sur le cerveau, ou, en d’autres termes, une apoplexie? Je pense que la théorie oblige elle-même d’arriver à cette conclusion. Maintenant, je vais citer un fait qui vaut mieux que mille théories. Par suite d’une mauvaise direction , les habitants de la maison pénitentiaire furent presque réduits à l’état d’inanition dont j’ai parlé. On leur faisait subir un régime qui excluait toute espece de nourriture animale. —

« Une tête de bœuf seulement, pesant h kil. , faisait la soupe pour cent personnes , de manière que la ration de chacune n’excédait pas trente-neuf grammes de viande. Ayant ainsi vécu pendant un certain temps , ils perdirent leurs couleurs , leur embonpoint et leurs forces , et ils se trouvèrent dans l’impossibilité de travailler comme autrefois. Les affections qui résultèrent de cet état misérable du corps , furent des maux de tête , des vertiges, le délire, des convulsions et l’apoplexie. » Or, comme cet exposé fut fait par le docteur La-

tham , le médecin envoyé par le gouvernement pour s’enquérir des maladies qui régnaient dans la maison pénitentiaire , on ne peut douter un instant de son exactitude. On voit donc que la méthode d’apothicaire, d’affamer et de saigner alin de prévenir ou de guérir l’apoplexie, est justement le moyen le plus propre à la produire chez les individus qui y sont prédisposés , et à l’enraciner chez ceux qui ont montré des symptômes de cette maladie. Que faut-il donc que nous fassions dans des cas de cette nature? Comment prévenir ce genre d’accès? Comment, pendant son invasion ,, obtenir une amélioration ou la guérison ? L’apoplexie , comme toute autre maladie , est le développement d’un trouble général et constitutionnel, c’est-à-dire une affection rémittente , et guérissable par les remèdes qui exercent le plus d’influence dans le traitement d’une fièvre intermittente , et selon les variations de cette maladie. Je pourrais en donner des preuves sans nombre ; mais on a mentionné , dans la Gazette médicale > un cas si analogue à tout ce que je viens de dire, que je le rapporterai tout entier. Il est rédigé par le docteur Graves , de Dublin. — « On vint me chercher, dit ce médecin, pour aller en toute hâte, dans le voisinage de Donybrook, voir un malade. Il avait bien dormi jusqu’à quatre heures du matin , lorsqu’il fut réveillé par un sentiment général de malaise. Bientôt

après il se plaignit de frissons , de nausées et de mal de tête (c’était l’accès froid). Après que ces symptômes eurent continué pendant une heure environ, sa peau devint extrêmement chaude , le mal de tête intense , et sa grande disposition à dormir se termina par un coma parfait , avec rondement et insensibilité. Le fait est qu’il seinblait se trouver dans un violent accès apoplectique. Sa condition fut en apparence améliorée par une saignée et autres remèdes , et , à ma grande surprise, je le trouvai parfaitement bien, quand je lui fis une visite , le soir. Deux jours après, à la même heure ^ les mêmes symptômes se reproduisirent et furent vaincus par les moyens qui avaient déjà été employés (le docteur le pensait ainsi). » — « Je suis forcé d’avouer, ajoute-t-il, que je ne pouvais m’expliquer, d’une manière satisfaisante , l’absence totale de tous symptômes cérébraux et paralytiques, après deux semblables attaques d’apoplexie. Mais lorsque la troisième crise se présenta , je pensai alors que ce devait être un cas de Tertiana soporosa des nosologistes (quel jargon!), et j’empêchai le retour de l’accès, par l’emploi de la quinine . » Ainsi la quinine, on le voit , fut un préservatif efficace contre le retour des accès, tandis que la saignée, souvent répétée , et quelle qu’ait pu être son induence en rendant les accès moins longs , fut cependant sans pouvoir pour obtenir la guérison. Mais lors-

que îe docteur Graves supposait que ces saignées abrégeaient les accès, ne se trompait-il pas sur l’approche des rémissions de la maladie? Ne se méprenait-il pas en prenant ce phénomène inséparable de tout désordre , pour l’effet de ses remèdes? Quant à moi, je sais que depuis que j’ai abandonné la pratique de saigner dans l’apoplexie , j’ai trouvé cette maladie tout aussi guérissable qu’une autre. M. Smith de Cheshunt m’informait, récemment, qu’il avait guéri plusieurs apoplexies sans tirer de sang. Gomment l’a-t-il fait? En versant simplement de l’eau froide sur la tête du malade. M. Walter, chirurgien à Douvres, a traité î’apopîexie de la même manière, avec beaucoup de succès. — « L’application de votre théorie , m’écrivait-il, m’a empêché , dernièrement, de saigner deux personnes attaquées d’apoplexie, et l’une et l’autre se sont parfaitement remises sans ce secours. » Je donnerai aussi un grand nombre de preuves que l’on peut guérir, par la même méthode , les dispositions à l’hémorrhagie, ou rupture des vaisseaux sanguins.

DE l’hÉMORRHAGIE OU RUPTURE DES VAISSEAUX

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