‹ Erreurs des médecins, ou système chrono-thermalChapitre 15 sur 74 · DE LA PHTHISIE OU CONSOMPTION PULMONAIRE · texte numérisé non relu

DE LA PHTHISIE OU CONSOMPTION PULMONAIRE

Lorsqu’une personne est tracassée par une toux, qu’elle perd son embonpoint , qu’elle se plaint en même temps d’une courte respiration et d’une douleur à la poitrine; lorsqu ’enfin elle commence à expectorer une matière purulente , on peut , avec certitude, déclarer la maladie consomptive;

car non-seulement, dans ce cas, la santé générale est en mauvais état , mais les poumons sont plus ou moins compromis, n’importe dans lequel de leurs tissus. Il ne signifie rien alors que ce soit dans la membrane muqueuse, dans les glandes, ou dans la substance interstitielle. Si, après que le malade s’est confié aux soins d’un médecin , sa santé s’améliore , il vivra naturellement aussi long-temps que les mêmes soins lui seront continués. Autrement, et si le malade empire, il faut qu’il meure. Toute autre discussion sur cette matière, quoad hoc se résout elle-même dans l’interminable question de Tweedle-dum et Tweed deell

— « Peut -on guérir la consomption? » Demandait M. Abernethy, en ajoutant , avec son ironie habituelle : « Mon Dieu ! C’est une

question qui fera rire tout homme qui *a assisté aux opérations d’un amphithéâtre d’anatomie. Examine-t-on si les gens qui ont des tubercules sur les poumons sont sains autrement? Qu’est-ce que la consomption ? C’est un tubercule des poumons. Alors 5 si on peut guérir ce tubercule et que les poumons soient , en toute autre chose, dans un état sanitaire, l’état du malade s’améliorera. Mais si les discoureurs changent de ter-

! Locution anglaise, qui signifie un archet allant et venant sür la même corde.

rain et qu’ils disent : — Oh! ce n’est pas cela que j’avais l’intention d’exprimer : je voulais parler de tubercules sur la surface entière des poumons ! — Alors ils déplacent la question sans objet, attendu qu’il n’y a pas de maladie, arrivée à un certain point , qui soit susceptible de guérison. » Il est une autre question : que sont les tuber- cules? A cela je répondrai, et je désire ipie ma réponse soit méditée, attendu que ce que je vais dire est totalement opposé aux notions des hommes du métier, dont il y a encore un grand nombre qui regardent ces tubercules comme des animaux parasites ! Pour enduire la membrane muqueuse des cellules pulmonaires et autres conduits respiratoires , une certaine somme de secrétion est nécessaire. Pour fournir à cette secrétion, il existe un nombre de glandes , presque imperceptibles , entremêlées dans tout le tissu pulmonaire, mais plus particulièrement vers la partie supérieure „ partie où les pathologistes prétendent avoir découvert le commencement de la consomption! Or, pendant un désordre constitutionnel, ces glandes, comme toute autre glande du corps, sont exposées à devenir affectées et même à se convertir en abcès. Ces abcès sont les tubercules. La désorganisation des poumons en est la conséquence , par l’élargissement successif et l’union d’un certain nombre de ces abcès ^ et c’est ce qui constitue la consomption tuberculeuse > dont les états

variés sont produits, plus ou moins graduellement, pendant les paroxismes, d’un désordre rémittent général. La matière expectorée par le malade , est la matière même des tubercules , lacpielle est souvent mélangée de sang, tandis que la toux est quelquefois l’effet de la matière qui s’arrête dans le conduit respiratoire , ou bien d’un air froid en contact avec les surfaces ulcérées des poumons affectés. Parfois aussi c’est un spasme périodique. Pour bien comprendre ce sujet dans toutes ses relations, on n’a qu’à observer les changements palpables qui ont lieu dans les glandes du cou de certains malades. Ces glandes, dans l’état sanitaire , ne sont ni visibles, ni sensibles au toucher ; mais,, sous l’influence générale de toutes choses qui excitent la fièvre chez un individu prédisposé à une affection glanduleuse, telles que la faim, l’exposition au froid, ou l’abus du mercure , que trouve-t-on ? Que ces mêmes glandes cervicales s’élargissent graduellement , forment des tumeurs , se décomposent et se terminent en abcès. Le contenu de ceux-ci est , autant que l’apparence peut justifier cette opinion, le même que celui des tubercules pulmonaires, ou vomicœj comme on appelle quelquefois ces tubercules. Dans un cas, l’on dit que le malade

a les écrouelles ou des scrofules, et dans l’autre

la phthisie ou consomption ; le siège du mal et son degré d’importance dans l’économie animale*

établissant la seule différence entre eux. Pour confirmer l’exactitude de cette explication , je dirai que Louis et autres praticiens ont trouvé la matière tuberculeuse dans plusieurs autres parties du corps des personnes mortes de la comsomption.

Nous arrivons maintenant à la question de guérir, et, d’après ce que j’ai déjà dit, il est évident que quelque guérissable que soit la consomption pulmonaire dans le commencement , il n’en est nullement de même dans ses derniers états, c’est-à-dire, lorsqu’une portion considérable des poumons est détruite. On peut seulement l’arrêter alors par un traitement judicieusement suivi. Mais ici , au lieu de jeter de la confusion dans l’esprit , par des distinctions recherchées qui font les délices des professeurs, je ferai en sorte de rendre ma pensée par des similitudes* attendu que, suivant Fuller, elles sont les meilleures croisées par lesquelles arrive la lumière. On a souvent une certaine portion d’une dent, doucement ou lentement consumée par une maladie qu’on pourrait appeler consomption des dents. Par un changement quelconque dans la manière de vivre ou autrement, la maladie peut s’arrêter, et la portion saine de cette même dent devient encore utile pendant des années. J’ai souvent obtenu ces temps d’arrêt de la consomption des dents, par l’administration interne de la quinine;

et le docteur îrving, de Cheltenham, m’a communiqué deux cas où il avait parfaitement réussi avec le secours de ce remède. Eh bien ! avec des médicaments de cette classe, et quelquefois sans aucune espèce de remède, la même chose pourrait avoir lieu pour les poumons. J’ai connu des personnes qui sont parvenues à un grand âge avec certaines parties de leurs poumons détruites, attendu que par un traitement médical convenable, et une grande attention à la température de leur chambre , elles ont pu préserver les portions saines de ces mêmes poumons. De telles personnes, à des intervalles plus ou moins grands, n’offrent à l’observateur aucuns symptômes de consomption ; elles ne commencent à expectorer que durant quelques changements de temps et lorsqu’elles ont de légers accès de fièvre; mais ces attaques éphémères les abandonnent au retour d’une meilleure température.

Je n’ai pas la prétention de me faire passer pour le seul au monde qui ait guéri la consomption. Cette maladie , comme je le démontrerai tout à l’heure , Fa été par d’autres. Je ne suis pas convaincu, par exemple, que les personnes qui ont réussi , ont eu pour cela une connaissance parfaite du principe en vertu duquel leurs remèdes avaient agi; mais je suis persuadé qu’aucun auteur avant moi ^ n’a jamais expliqué la nature réelle de cette maladie ; et mon opinion est géné-

râlement admis aujourd’hui comme la plus rationnelle. Le même pouvoir qui place un navire dans sa véritable direction , peut aussi le jeter dans une mauvaise, s’il n’est pas mis en usage à propos. Il en est de même avec la médecine. Le même agent qui guérit une maladie chez une personne, peut la produire chez une autre, selon les circonstances. Quelle chose épouvantable alors qu’une telle puissance soit journellement à la merci de praticiens qui n’ont pas la plus petite idée du principe par lequel leurs remèdes ont de l’influence ! Il ne faut pas s’étonner, d’après cela , d’entendre tous les contes , plus ou moins contradictoires , qui se débitent sur l’action des médicaments dans la consomption pulmonaire. Je vais communiquer un cas où cette maladie a été guérie : il est raconté par le malade, médecin lui-même, qui était, je crois, feu le D.r Gurrie , de Liverpool ; et c’est le D.r Darwin qui l’a inséré dans son Zoonomici. — - « J. G. , âgé de vingt-sept ans, avec cheveux noirs et une forte complexion, était sujet, depuis sa puberté, à une toux et un crachement de sang continuels. Sagrand’-mère, du côté maternel, était morte d’une consomption , n’ayant encore que trente ans ; et sa mère avait été aussi victime de cette maladie, dans sa quarante-troisième année, immédiatement après qu’elle avait cessé de pouvoirêtre mère. Dans l’hiver de 1773 à 1774, il fut affligé d’une toux, et

— na —

ayant été exposé à un froid intense, durant le mois de février, il fut saisi d’une péripneumonie. La maladie fut violente et dangereuse , et, après beaucoup de saignées et de vésicatoires , qu’il supportait difficilement, il fut en état de quitter son lit au bout de six semaines. En ce moment, la toux était grave, l’expectoration malaisée, et l’on dut appliquer un cautère au coté gauche , où était resté une douleur aiguë. Une étisie régulière se reproduisait chaque jour, environ à une heure après midi ; et à la chaleur et à l’agitation de chaque nuit, succédait, vers le matin , une transpiration générale, Le malade , qui avait été autrefois affecté d’une Fièvre , était frappé de la ressemblance des paroxismes fébriles avec ce qu’il éprouvait clans son nouvel état morbide , et il se trouvait disposé à penser que celui-ci pouvait bien être de la même nature que l’autre. Il prit donc du quinquina dans les intervalles des accès , mais il y eut augmentation de toux. A la longue , un changement d’air et l’exercice à cheval le rétablirent. » Ce dernier moyen est regardé comme très important par Sydenham. Qui l’avait engagé à prescrire l’exercice du cheval dans la consomption pulmonaire? Croirait-on que ce fût quelque connaissance acquise à l’amphithéâtre? Point. Ce fut la même expérience que celle qui enseigna au paysan péruvien la propriété du quinquina pour guérir la fièvre, c’est-à-dire l’observation des effets.

non pas sur les morts , mais sur les vivants. On pourra disséquer des corps malades de tonte éternité , sans jamais y deviner des agents propres à exercer une influence utile sur aucune maladie. Quelle différence , en effet , entre la recherche d’une action externe sur les corps vivants , et les analyses oisives des organes détériorés des morts ! Néanmoins , lord Brougham s’est avisé , à la chambre des pairs, de déclarer, avec la simplicité d’un petit élève , que la seule bonne éducation médicale était obtenue dans les amphithâtres d’anatomie.

Les relations qui existent entre la Phthisie et la Fièvre, sont non-seulement établies par les chaleurs, les rémissions et les exacerbations du cas exposé ci-dessus, mais aussi par les médicaments qui ont été employés. L’exercice à cheval et le changement d’air ayant guéri des fièvres qui avaient résisté à toute espèce de remède interne, y compris le quinquina , il faut aussi en déduire que celui-ci n’est pas plus un spécifique pour la fièvre que pour toute autre maladie. Si l’on devait juger simplement par l’expérience que je viens de citer, où le quinquina a non-seulement failli, mais encore a aggravé les symptômes, on pourrait être conduit à conclure que l’on ne devrait pas l’employer dans la consomption. Néanmoins , il est essentiel de se rappeler que les mêmes effets résultent tous les jours de son em~

ploi dans la fièvre , et que , dr s cette dernière maladie , on le remplace par l'arsenic , l’opium , le fer, ou quelque autre agent plus en rapport avec la constitution particulière du malade, chose qu’on ne sait pas avant d’avoir fait un essai. On ne doit jamais décider d’une manière absolue sur la vertu d’un remède , lorsqu’il n’a réussi ou failli que dans un seul cas.

Dans le 13. e volume de la Gazette Médicale , on mentionne le cas d’un homme qui, atteint d’une phthisie pulmonaire , et auquel M. Maclure , qui rapporte le fait , avait prescrit un régime généreux et la quinine. Le D.1 Marshall avait examiné le malade avec le stéthoscope, et avait annoncé un pronostic défavorable. Après l’administration de la quinine , et quoiqu’une amélioration frappante en eût été le résultat, le D.r Hall persista à dire que la maladie était dangereuse : on consulta de nouveau le stéthoscope, et son arrêt fut encore fatal. En s’en rapportant à lui , le pauvre malade devait être moribond , nonobstant son pouls , sa bonne mine , sa fermeté musculaire , son appétit et sa gaîté. — « Je n’ai pas besoin d’ajouter, dit le narrateur, que notre judicieux ami, le docteur, était surpris et enchanté de cette apparence de mieux , attribuant le changement à la cure qui avait eu lieu. » Toutefois, il est juste de dire que le D.r Hall exprima, dans un autre numéro du journal, ses doutes sur la guérison.

C’est assez , pour notre argument , qu’il ait admis la suspension. Or, si cette suspension avait continué pendant un certain nombre d’années , ce n’eût pas été la peine de s’enquérir si le malade était guéri ou non ; car la chose se serait résolue dans une discussion verbale.

Avec la quinine et autres remèdes chronothermaux, je suis convaincu d’avoir guéri ou arrêté au moins cinq cents cas de consomption , dont un très grand nombre, selon toute apparence, étaient fort avancés. Je m’attends bien que les stéthoscopistes refuseront leur croyance à ce fait, et demanderont comment j’ai pu être fixé sur ce point sans le secours du stéthoscope. Je leur offrirai un cas de cette nature, où le stéthoscope fut employé, non par moi-même, mais par des hommes qui ont la réputation d’être très habiles à se servir de cet instrument. Un fabricant de pianos, âgé de trente-six ans, très étique, vint me consulter. Il se plaignait de frissons et d’accès de chaleur, de transpiration pendant la nuit, de toux, et d’une expectoration de matières mêlées de sang. Il me dit qu’il avait été long-temps dans un dispensaire de province, d’où, après avoir pris beaucoup de remèdes et avoir eu un grand nombre de vésicatoires appliqués , on l’avait renvoyé comme incurable. MM. les docteurs M. et A. avaient consulté le stéthoscope à son sujet, et avaient déclaré à sa femme qu’il se trouvait à la dernière

période de la consomption, et qu’il n’y avait plus le moindre espoir. Je prescrivis l’acide hydrocyanique, deux gouttes trois fois par jour, avec unepilule combinée d’opium et de quinine, à l’heure 011 il se montrait le plus exempt des symptômes de sa maladie. De ce jour, il commença à se remettre. Son pouls, qui avait été à 120, tomba graduellement à 80; son appétit devint bon; l’expectoration diminua en proportion , et , au bout de trois mois, il fut en état de retourner à son travail. Je ne dois pas oublier d’ajouter que j’avais ordonné aussi un emplâtre sur le dos, à l’endroit où le malade avait souffert du froid, lequel disparut par cette application. Je revis cet individu une année après, et il me déclara, en présence du docteur Selwyn de Ledbury, qu’il était parfaitement rétabli, et rempli de gratitude pour le bien que je lui avais fait. Les uns pourront croire que ce cas était bien une consomption, et d’autres prétendront le contraire; car lorsque le malade meurt, personne ne dispute ; mais quand sa santé revient, tout le monde est en désaccord sur la cause du rétablissement. 11 y en a d’autres aussi qui, très savamment, cherchent à faire comprendre qu’il se pourrait bien que la maladie reparut à une époque plus ou moins éloignée, dans cinq ou six années, par exemple. Je ne le nie pas, et, qui plus est, je crois que cela peut arriver après guérison, quelle que soit la maladie. Il en est de

même d’un os fracturé qu’on a réuni de la meilleure manière possible, et qui peut néanmoins, dans la suite, être encore désuni, sous l’influence d’un changement constitutionnel. On en trouvera des exemples, si on prend la peine de lire le détail des maladies dont furent affectés les matelots qui accompagnèrent Anson dans ses voyages.

Je mentionnerai un autre cas qui démontrera, avec plus de force encore, la puissance de la méthode chrono-thermale pour guérir la phthisie. Une femme de chambre, âgée de vingt-cinq ans, et atteinte d’une consomption , avait été traitée dans le même hôpital pendant plusieurs mois. Elle avait été saignée, et on lui avait appliqué des sangsues et des vésicatoires. Elle crachait du sang et de la matière , son pouls était petit et rapide, elle avait des frissons et des chaleurs, des transpirations nocturnes, et une toux pénible. De même que dans le cas déjà cité, j’ordonnai l’acide hydrocyanique, l’opium et la quinine, pendant les rémittences. Avec ce traitement, là malade fut complètement rétablie , et, depuis plusieurs années, elle n’a pas eu le moindre retour de son ancienne affection.

Lorsque je commençai à pratiquer la médecine dans ce pays, les médecins me blâmèrent beaucoup d’administrer l’acide prussique , quoique plusieurs d’entre eux l’aient administré depuis. Ce que je puis dire de ce médicament, c’est qu’il

est d’une grande puissance; mais de même que l’eau bouillante ou le feu , on ne doit pas le laisser à la discrétion des imbécilles, puisque, ainsi que pour ces deux agents , l’usage peut échauffer et l’abus détruire. De plus , il ne convient pas à tous les malades, attendu qu’il produit une augmentation de toux chez quelques-uns. Eh bien! on ne peut savoir cela que par l’expérience, et alors il faut consulter la constitution du malade , en ayant égard à ces paroles de Bacon :

« Un médecin sage ne continue pas toujours à administrer le même remède à un malade ; mais il le change , si son premier emploi ne lui semble pas réussir ; car il y a des médicaments, usités pour la jaunisse, la pierre ou la fièvre, qui font du bien dans un corps et non pas dans un autre , selon la sympathie plus ou moins intime du remède avec le corps de l’individu . » L’expérience de tous les jours confirme cette assertion. Gomment pourrait-on dire , avant de l’avoir essayé , que l’opium fera dormir une personne toute la nuit ou la tiendra éveillée ; ou que l’acide prussique aggravera certaine espèce de phthisie, ou l’améliorera ou la guérira? La différence dans la condition électrique du cerveau des malades, peut seule répondre. Quelle que soit , au reste , la véritable explication de ces faits, ils démontrent toujours clairement l’impossibilité de dire d’avance, dans la plupart des cas,

par quel agent on peut accomplir un résultat donné ; et ils constatent aux yeux de tous ceux qui ont la moindre prétention au sens commun , Fimposture journalière de tous ces charlatans qui offrent comme remède infaillible la panacée qu’ils ont adoptée. Quant à l’acide prussique, ses bons effets dans un grand nombre de cas de consomption , me paraissent sans réplique. Sur le continent , Magendie , parmi beaucoup d’autres , affirme qu’ayec cet acide , il a guéri des individus ayant non-seulement les symtômes d’un commencement de Phthisie, mais offrant encore le caractère des états les plus avancés de cette affection. Le D.r Frisch, de Nyborg , en Danemarck, a employé aussi ce médicament avec succès dans la Phthisie ; mais l’acide prussique exerce une influence non moins grande sur la fièvre. Je l’ai administré , avec le résultat le plus favorable , dans plusieurs conditions de cette maladie , qui avaient résisté à la quinine et à l’arsenic. Le D.r Brown Langrish a guéri également avec une infusion de laurier ( dont la vertu réside dans l’acide prussique qu’il contient) beaucoup de fièvres très opiniâtres. Le principe en vertu duquel cet acide agit consiste uniquement dans la puissance électrique qu’il exerce sur le mouvement de la température de certaines parties du corps, par le moyen du cerveau et des nerfs. Les personnes qui ont pris , acciden-

tellement, une trop forte dose de cet acide, nous disent, en effet, qu’elles ont éprouvé comme une forte consomption électrique. Toute chose quelconque qui agit subitement sur le corps, y produit un choc semblable , et l’action lente est un effet pareil à celui du galvanisme ou de l’électricité doucement et graduellement appliqué. Gomment pourrait-on, autrement, influencer le corps malade ,

« With drugs or minerais

« That waken motion! » Shakespeare r.

Je n’ai pas besoin de dire que l’action de ces substances est tout autre que mècanicjue. Que pourrait-elle être alors , si ce n’est électrique ou galvanique? L’appeler chimique ou magnétique, serait admettre également ma proposition , puisque M. Faraday a démontré que ces dernières étaient de simples modifications du même grand principe. On peut comprendre actuellement comment le galvanisme et l’électricité peuvent être , directement et avec avantage , employés dans toute affection qui reçoit le nom de fièvre ou de phthisie.

Avant d’abandonner le sujet de la consomption, je dirai que j’ai obtenu de grands avantages, dans plusieurs cas de cette maladie , par l’emploi de l’arsenic , de l’argent et aussi du sous-carbonate

, Avec drogues ou minéraux qui éveillent le mouvement.

de potasse. Dans quatre ou cinq circonstances où le mal avait résisté à plusieurs médicaments, une combinaison de stramonium et de belladone Y a suspendu pour un temps sans amener sa guérison. Mais il faut ajouter ici que, le plus souvent, on ne consulte le médecin que lorsque la maladie a fait de tels progrès, que la cure devient impossible. Disons encore qu’il est aussi des cas où, quoique tout semble présager la guérison, elle se trouve empêchée par des circonstances que l’art ne peut ni deviner ni maîtriser. Croit-on facile, par exemple, de guérir une maladie grave, si le malade est préoccupé constamment dans la crainte d’une banqueroute, ou s’il vit dans une atmosphère nuisible à tout le monde, ou si enfin il est la victime d’une femme qui le tracasse et le rend misérable? Dans des cas de cette nature, il faut désespérer de soulager , même temporairement, un poitrinaire.

Il y a une phrase qui est aujourd’hui tellement à la mode , qu’en la dénonçant comme un non-sens absolu , on me regardera sans doute avec surprise. A-t-on jamais entendu parler d’une toux de cerveau 3 d’une toux d’ oreille ou d’une toux d'œil? Non assurément. Mais on a été témoin, fréquemment, de consultations où des docteurs discutent avec une gravité inimaginable , pour déterminer si une maladie particulière est une consomption naissante, ou une toux d'estomac >

comme si les hommes de notre époque , toussaient avec leur estomac au lieu de tousser avec leurs poumons. Qu’on laisse les médecins en crédit répandre cette fausse monnaie pour de bon argent, ils lui donneront cours, bien certainement, jusqu’à ce que quelqu’un de soupçonneux, comme moi par exemple , vienne analyser cette monnaie dans le creuset du sens commun. Toutefois, beaucoup de gens auront peine à se rendre à l’évidence ; car un proverbe qui a trop souvent raison, dit que lorsque le public, facile à duper, a été une fois pénétré par le mensonge , il y demeure tellement attaché , que la mort seule peut l’en séparer. Je ne sais qui a introduit , pour la première fois la phrase : toux d’estomac? Mais le D.r Wilson Philip dit que Fin digestion ou dyspepsie est la cause éloignée d’une variété de la consomption, et pour le prouver, il ajoute qu’il l’a guérie avec de très petites doses de mercure. Or, si ceci était le moins du monde la preuve de l’origine d’une maladie , toute maladie qui existe pourrait être appelée affection d’ estomac; car je n’en connais pas , quelque grave qu’elle soit, que je n’aie aussi amenée à guérison par le même médicament; mais je l’ai vue aussi aggravée par ce médicament; et dans le dernier cas, assurément , ce ne pouvait être une maladie d’estomac.— « Portez votre attention sur les organes digestifs, dit le D.r Philip, et vous améliore-

rez l’état de celui qui est atteint d’une phthisie dyspepsique. » Ne le pourra-t-on pas également , si l’attention se porte sur toute autre partie du corps d’un poitrinaire, puisque, chez lui, aucune fonction ne s’accomplit sainement? Ses pieds et ses mains ne sont-ils pas froids et chauds tour-à-tour? La peau ne se montre-t-elle pas rude et sèche dans un moment , et humide et visqueuse dans un autre? Sont-ce des causes ou des coïncidences? Ne pourrions-nous pas dire aussi : guérissez la consomption, et les organes digestifs seront en meilleur état ; ou bien guérissez l’indigestion et vous arrêterez la phthisie? Les hommes du métier parlent constamment de l’indigestion , comme d’une essence ou d’un être , ayant des traits séparés et distincts de toute autre maladie. Je demanderai, à présent , si l’on peut être affecté d’une maladie, sans avoir la digestion plus ou moins compromise? Que devient la digestion dans une fièvre , ou lorsqu’on a reçu de mauvaises nouvelles au moment où on allait se mettre à table? Quoiqu’on fût affamé comme un vautour quelques instants auparavant, l’appétit disparaît sans aucun doute. Nous avons un cerveau ou nous n’en avons pas? Si l’on donne un coup sur ce cerveau, que sera la digestion? pour prouver à quel point l’action de cet organe exerce son influence sur l’estomac , je prendrai un exemple dans une scène théâtrale de Henri YIII.

Voici ce que dit le fier monarque au cardinal Wolsey, lorsqu’il le surprend avec les preuves de sa trahison :

« Read o’er this,

And after, this ; and then to break fast With what appetite you hâve i. »

Pense-t-on que la respiration d’un homme, ainsi surpris subitement et sans cérémonie, sera aussi affectée que l’appétit dans un semblable moment? G’est une absurdité que de placer des circonstances coïncidentes 3 comme preuves de causes et d’effets î Shakspeare connaissait mieux que la moitié de la faculté de médecine l’influence d’une passion sur la totalité du corps humain, et je suis convaincu qu’il aurait pu rédiger une meilleure ordonnance que celle de tout le collège réuni. Dans des cas de cette nature, assurément, il ne se serait point cassé la tête par l’examen des organes digestifs, et il n’eût pas dit, comme tant de nos grands docteurs du jour : — « Il faut que nous mettions l’estomac et les intestins en bon état ? » Le premier objet de son attention aurait été le cerveau; il aurait toujours commencé par cherchera calmer cette partie; et il aurait pu alors compter sur le retour de l’appétit. C’est en effet ce qu’on doit faire d’abord, pour porter remède à toutes les douleurs causées par l’indigestion et la consomp-

i Lisez ceci, puis après, ceci; et ensuite allez déjeûner avec quelque appétit que vous ayez.

tion. Chaque organe de notre corps est d’une grande importance dans notre économie; mais le cerveau l’emporte tellement, que sans lui, on ne pourrait vivre, et que tout ce qui l’affecte, soit en bien, soit en mal, agit puissamment sur toute autre partie du corps, sur les poumons autant que sur l’estomac. Or, ce n’est que par le moyen du cerveau et des nerfs, que le mercure peut exercer de l’influence sur les deux premiers organes, soit avantageusement ou non; car, comme je l’ai déjà dit, il peut en résulter l’un ou l’autre, selon le plus ou le moins d’affinité du remède avec le corps de chaque individu , et /’ échelle ou degré par lequel il peut être administré. C’est sur-tout en ce qui touche l’appétit , que le plus grand non-sens règne dans la pratique. On apprend que tel est très malade, mais que, Dieu merci! son appétit est resté bon. Comment donc se fait-il alors, que le malade continue à perdre de jour en jour son embonpoint et devient un vrai squelette ? c’est parce que son appétit, loin d’être bon et excellent est morbifique , vorace ^ et ne ressemble pas plus à un appétit sanitaire , qu’un épanchement diabétique de l’urine ne présente ce qui est utile, c’est-à-dire, une sécrétion modérée des rognons. Personne ne peut éprouver une maladie quelconque, sans que les organes digestifs ne participent du désordre général. Toute chose qui peut améliorer la santé générale dans un cas, le peut aussi dans un autre.

Quoique les remèdes chrono-tliermaux, judicieusement administrés pendant ia rémission puissent guérir d’eux-mêmes presque toute espèce de maladie, je n’en ai pas moins l’habitude de les combiner et de les alterner, comme je l’ai déjà dit, avec d’autres médicaments auxquels l’expérience a reconnu plus ou moins d’affinité avec les parties du corps les plus compromises dans un cas donné. Tels sont, par exemple, le mercure, l’iode, les apéritifs et les émétiques , attendu que la guérison peut être accélérée, dans bien des circonstances, par leurs propriétés médicales. L’influence bien constatée du mercure et de l’iode sur les nerfs glandulaires et assimilatifs , indique naturellement ces deux substances comme les plus propres au traitement des maladies de poitrine, et je regarde comme un devoir de déclarer que j’ai très souvent profité de leur puissance curative dans ce genre d’affection. On ne peut guère douter au surplus de leur pouvoir, quand il est question d’un désordre constitutionnel, si l’on considère que toute chose nuisible à la santé, en général, des personnes prédisposées à être poitrinaires., peut agir aussi sur les parties faibles de leur corps. J’ai été souvent témoin des effets produits par l’un ou l’autre des remèdes que je viens d’indiquer, et particulièrement par le mercure.

Lorsque les médecins débitent leurs niaiseries sur les phénomènes de la rémittence , ils arran-

gent en général leur langage de manière, qu'on a de la peine à distinguer s’il s’agit ou non de rémittence. Cependant, qu’on lise un écrivain non médical, mais intelligent, et il fera comprendre en bon anglais, les relations bien précises d’un cas. On peut prendre, par exemple , le narré de l’indisposition de la comtesse de Purgstall, fait par le capitaine Hall : « — Notre vénérable amie , dit-il, quoiqu’elle semblât plaisanter et se montrer aussi gaie qu’à l’ordinaire, n’en éprouvait pas moins une secousse assez grave. Ses nuits se passaient à tousser, elle avait une haute fièvre et des douleurs rhumatismales très aiguës ; tandis que , dans la journée , elle paraissait si bien portante ^ que nous nous refusions à la croire en danger, malgré ce qu’elle disait pour nous le persuader. ( Schloss fiainfield ). » Or, dans un cas pareil, n’y aurait-il pas une réponse du stéthoscope, matériellement différente selon le temps de son application? les indications obtenues par ce moyen, ne peuvent être en effet les mêmes le jour et la nuit.

Je mentionnerai ici, comme ayant un rapport avec le sujet, la destinée d’un petit ouvrage de moi, qui fut critiqué par deux journaux de médecine (la Revue Médico-Chirurgicale et la Revue Britannique et Etrangère) , dont les directeurs semblaient rivaliser de langage injurieux et vulgaire , dans le compte qu’ils rendaient de mes pages. Non contents d’analyser l’esprit du volume , ils eurent re-

cours à des grossièretés contre Fauteur. Le mépris que je témoignais pour leur idole de bois, le stéthoscope, leur avait inspiré une indignation extraordinaire ; et tandis que les docteurs Conolly et Forbes, éditeurs de l’une de ces Revues , trouvaient , avec une rare courtoisie, qu’il était nécessaire de m’indiquer les avantages du cons commun, qu’ils prétendaient être absent de chez moi , le B/ James Johnson, éditeur de l’autre Revue, m’accusait à son tour , d'une façon également polie , d’une ignorance profonde et de préjugés invétérés.

Ce langage , si évidemment le produit de l’absurdité et d’une éducation abjecte , ne m’inspira d’abord que le silence du mépris; mais quand j’eus réfléchi combien peu de gens, comparativement parlant, sont au fait de la manière dont la critique médicale s’accomplit dans cette métropole , et que les Revues en question n’étaient qu’une partie du mécanisme corrompu à l’aide duquel la médiocrité et le mensonge usurpent trop souvent la place du mérite et s’emparent des récompenses qui lui sont dues, je me décidai alors à répondre à mes adversaires par l’organe de la Lancette. L’une des parties seulement me répliqua : ce fut le D.r Johnson; mais je laisse à ses plus chauds avocats à juger s’il a perdu ou gagné dans la lutte. Quant aux docteurs Forbes et Conolly, ils n’ont jamais songé, du moins jus-

qu’à cette heure , à réfuter mes faits et mes déductions; bien que, dans un numéro récent de leur journal, ils aient eu le soin de répéter les injures qu’ils m’avaient primitivement adressées. C’est pour moi un signe non équivoque que le châtiment que je leur ai infligé de mes mains, leur cause encore des crispations.

Ayant déjà démontré l’inutilité du stéthoscope pour indiquer le diagnostic des maladies du cœur, je vais entrer dans une investigation sur son mérite, dans son rapport avec la consomption pulmonaire.

Je demanderai d’abord à mes critiques si polis, la permission de leur soumettre une question bien simple : Depuis que cet instrument est devenu à la mode, a-t-il pu conduire une maladie, pectorale ou autre, à une terminaison plus favorable qu’autrefois ? Quant à moi, je n’ai jamais pu obtenir, jusqu'ici, qu’une seule réponse à cette question , et cette réponse a toujours été la négative. Mais , doucement , dira-t-on , cet instrument n’a-t-il pas enseigné à comparer, à distinguer une maladie d’une autre? Admettons, pour un moment , que tel est le résultat (que bientôt je montrerai ne pas exister). Je demanderai de quelle utilité sont de semblables distinctions ? A quoi sert cet échange de verbiage, s’il ne conduit pas à quelque amélioration dans la pratique? Si nos moyens curatifs , pour toutes les variations et nuances des maladies pectorales, se réduisent.

en définitive , à la même chose , et si le traitement est identique , pourquoi cette perte de temps , cette recherche de pailles , ces efforts superflus, pour distinguer Tune de l’autre, par quelques signes auriculaires , l’affection d’un tissu de la substance pulmonaire? Si l’on m’objecte que c’est toujours une satisfaction de savoir si une maladie est guérissable ou non , je répondrai que quand les symptômes sont assez graves pour être distingués avec difficulté des tubercules de la Consomption, la maladie, en ce cas, peut, comme la Consomption, ou se guérir par le concours de certaines circonstances , ou se terminer par la mort, lorsque le désordre se présente dans des états très avancés.

— « Rush , Portai et les médecins les plus judicieux , dit le B.r Hancock, ont toujours regardé la Consomption comme une maladie constitutionnelle , qui ne consiste pas seulement dans des ulcérations ou perte de la substance des poumons, d’où il résulte qu’on ne peut nullement l’analyser par le moyen du stéthoscope ou de toute autre momerie aurieulaire. » On voit ainsi pourquoi la Consomption n’était pas autrefois, c’est-à-dire du temps de Morton , Sydenham , Bennet et autres, regardée comme une maladie incurable. J’admettrai encore néanmoins, comme argument , qu’une connaissance exacte de la somme des décompositions pectorales est utile

dans la pratique. Mais alors mes critiques pourront-ils prouver que le stéthoscope est apte à réaliser cette investigation ? Andral , autorité devant laquelle se courbent tous les pathologistes , admet candidement que cela n’est pas possible. — - « Sans le secours d’autres signes, dit-il, le stéthoscope ne révèle point avec exactitude l’existence de la Consomption , ou les inflammations du cœur. » Le D.r Lathan , qui s’est donné beaucoup de peine pour préconiser son emploi , est forcé de convenir aussi que les plus habiles auscultateurs ont été conduits par cet instrument à des pronostics très faux. — « Pour la plupart des malades, ajoute-t-il, je crains qu’il ne soit une cause de trouble et de désespoir. » Or, cette raison est précisément ce qui me fait repousser l’usage du stéthoscope. Tout moyen qui trouble ou afflige le malade , ne détermine pas seulement les mouvements cardiaques et respiratoires, de manière à neutraliser les indications que présente ce malade; mais il aggrave encore l’état général du système, et , par conséquent , au lieu de soulager la partie affectée , augmente nécessairement son état de souffrance ou de désordre. Eh bien ! puisque les indices obtenus par le stéthoscope doivent être vagues comme les choses à travers lesquelles il procède ; que l’appréciation du degré de changement organique ne pourrait, quand même on le connaîtrait avec exactitude, conduire à une amé-

lioration pratique; je préfère juger de ce changement d’après l’apparence générale du malade, le nombre de ses respirations, et les sons qui accompagnent ses paroles et sa toux. L’oreille seule, dans ce cas , vaut mieux qu’un instrument dont l’emploi, je le répète, occasionne de l’ appréhension ou de la souffrance à la majorité des malades * et ne fournit aucune espèce d’information importante.

Nous sommes tous disposés à nous fier un peu trop à notre oreille; mais il est infiniment plus sûr, dans les maladies de poitrine comme dans toute autre occasion, d’examiner les choses avec les yeux» Lorsqu’on consulte un médecin pour une affection de cette cavité , il doit commencer par examiner attentivement le physique du malade , remarquer si sa respiration est accélérée ou lente, s’il a perdu son embonpoint ou s’il en prend ; et de quelque partie du poumon que la matière soit expectorée, il ne peut se tromper sur le principe du traitement. Ses yeux lui diront bien vite si le malade est mieux ou pis , et si le médicament doit être continué ou remplacé par un autre. Au surplus ,

« There need no words, nor ternis précisé The paltry jargon of the theaching mart,

Where Pedantry gull folly; — We hâve eyes >. »

1 On n’a besoin ni des paroles, ni des ternies précis du misérable jargon de l’art d’enseigner, là oùla pédanterie trompe la folie. « — Nous avons des yeux.

Qu’on s’en rapporte donc à la nature , et l’on trouvera que les affections de poitrine sont, comme les autres , des maladies rémittentes. Dans ces circonstances, assurément, la quinine et l’opium sont infiniment plus profitables que toutes les discussions de ces docteurs qui mystifient sans cesse par leur vaine nosologie ! Le malade se soucie fort peu des combinaisons alphabétiques par lesquelles on baptise les maladies , si cette parade ne peut pas lui procurer un meilleur état; et si on réussit à le guérir, peu lui importe les noms donnés aux remèdes. N’est-ce pas assez de savoir que la maladie a son siège dans la poitrine et que le traitement est judicieux ? Comme le résultat est l’objet essentiel, un médecin sage doit, lors même qu’il désespère du succès, se mettre en garde contre les pronostics absolus et dans quelque cas que ce soit. Combien de fois n’ai-je pas entendu des malades, qui avaient souffert d’affections de poitrine, se vanter qu’ils avaient vécu , tout exprès „ pour tromper le médecin qui avait prédit leur mort d’après les théories ! Ï1 faut se garder d’excepter ici les stéthoscopistes !

Il est vraiment amusant de voir des hommes qui s’érigent en critiques sans posséder aucune des connaissances que réclame un pareil office. Celui qui m’a censuré dans la Revue médico- chirurgicale j, le D.r James Johnson, était tellement ignorant des lois universelles qui gouvernent la

santé et la maladie , qu’il m’accusa d’avoir des vues trop bornées dans ma profession, pour constituer une fièvre; non pas une fièvre dans le sens étendu du mot, mais seulement une fièvre remit tente , qui selon moi est le siège de toute maladie. Il était enchanté de pouvoir m’opposer tous les termes des écoles : fièvre continue j fièvre dans le sens large du mot. Mais selon un pro~ fesseur vivant , le D.r A. T* Thomson : — « Dans la fièvre continue, et dans toute espèce de cas, il y a exacerbation vers le midi et rémittence vers le matin » Un autre contemporain , le D.r Shearman , dit s — « Une intermittence est la forme la plus parfaite de la fièvre , ayant les périodes les plus complètes d’accès et d’intermission. La fièvre continue ^ comme on l’appelle, en diffère seulement par ses périodes, celles-ci étant moins régulières et les états de ses curriculum moins apparents. »Cullen, il y a long-temps, disait les mêmes choses dans les mêmes termes. Mais ma préférence de la forme parfaite de la fièvre, à celle qui ne l’est pas , pour mon type de toute maladie , était aux yeux du D.r James Johnson , une si grande méprise , que non-seulement il condamna ma doctrine in toto* comme un Pyrexy-Mania , ou Fièvre-Folle, mais il assura encore à ses lecteurs que ma folie n’était pas toutà-fait dépourvue de méthode. Que la pratique de ce même docteur mérite ou non la qualification

de folie , par son type sanguinaire et homicide, j’aurai l’occasion d’en parler lorsque je viendrai à traiter de la dyssenterie. En attendant je ferai observer que,

« Tho’ I hope not hence unscathed to go,

Who conquers me shall fînd a stubborn fœ;

The time hath been when no harsh sound would fall,

From lips that now would seem imbued with gall,

Nor fools, nor folliestempt me to despise

The meanest thing that crawls Beneath mine eyes ;

But now so calions grown, so changed since youth ,

I’ve learned to think and sternly speak the truth ,

Learned to déridé the critic’s starch decree ,

And Break him on the wheed lie meant forme ;

To spurn the rod a scribler Bids me ICiss ,

Nor care if courts or crowds applaud or hiss. » Byron g

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