‹ Erreurs des médecins, ou système chrono-thermalChapitre 20 sur 74 · DYSSENTERIE. — HYDROPISIE. — CHOLÉRA · texte numérisé non relu

DYSSENTERIE. — HYDROPISIE. — CHOLÉRA

Lorsqu’un jeune homme a fait son cours ordinaire d’études à l’université, il se figure qu’il a appris tout ce qui valait la peine d’être connu. Mais en cela il tombe dans une grave erreur. Bacon nous dit, dans ses œuvres, — « que, dans les universités, toutes choses se montrent en opposition à l’avancement des sciences, attendu que les leçons et les exercices y sont arrangés de telle manière, qu’il ne saurait entrer facilement dans l’esprit de quelqu’un de songer à se jeter en de-

hors de la route commune; que si, par-ci parla, on cherchait à s’aventurer, afin de juger par soi-même , on s’imposerait une tâche qui n’obtiendrait l’assistance d’aucuns camarades ; et qu’en admettant même que l’on pût s’en passer, on n’en rencontrerait pas moins de grands obstacles à surmonter, puisque l’étude des hommes, dans ces écoles, est bornée et clouée aux écrits de certains auteurs que l’on n’oserait contester sans s’exposer à passer pour un perturbateur et un novateur. »

Ce passage nous fait voir pourquoi la médecine a fait si peu de progrès depuis Hippocrate. Tous ceux d’ailleurs qui ont cherché à rendre plus rationnelle la pratique de l’art de guérir, ont eu à déplorer leur bon vouloir. Harvey perdit sa clientelle pour avoir découvert la circulation du sang; on attaqua la réputation de lady Marie Montagu , qui introduisit l’inoculation pour atténuer les effets de la petite-vérole ; et Jenner fut victime, durant la plus grande partie de son existence, de sa découverte de la vaccine. On sait que sa réputation fut attaquée violemment par les membres les plus corrompus de la profession. — « Telles sont les erreurs , dit Milton, tels sont les fruits du temps mal employé par la jeunesse, dans les écoles. On y apprend des mots et des choses qu’il vaudrait mieux ignorer. » En ce qui regarde la médecine , les doctrines des écoles n’ont été, en

effet, qu’un tissu d’absurdités. Je vais exposer les plus saillantes.

Pendant bien des années, l’état du sang fut regardé comme la cause de toute espèce de maladie, quelle que fût la manière dont elle avait commencé. Avait-on un frisson causé par le froid ou l’humidité , il fallait purifier le sang. Une fièvre était-elle le résultat d’une chute ou d’une contusion, on songeait aussitôt à adoucir le sang. Se serait-on empoisonné avec de la ciguë ou de la jusquiame , qu’on n’aurait pas manqué de trouver la cause de la souffrance dans la couleur du sang, et la grande affaire eût été alors d’en débarrasser le malade. Il ne serait jamais venu à l’esprit du médecin d’autrefois , que le sang étant une portion essentielle de la vie, il vaut mieux encore en conserver du noir que d’en manquer, et il eût continué à saigner jusqu’à ce qu’il n’èn restât plus une goutte dans les veines. Lorsque le malade succombait, c’était encore la faute de ce maudit sang noir , dont il se montrait aussi un peu dans le corps ! Quel moyen fallait-il employer pour en extraire la totalité? Tel était le sujet scolastique qui préoccupait le plus les grands faiseurs, et bon nombre de traités furent écrits pour démontrer la possibilité d’arriver à ce résultat. Avec le progrès de la science, une autre doctrine fut introduite. On prétendit que chaque maladie avait son commencement dans les solides , et cette opinion eut

de nombreux partisans qui la défendirent avec chaleur. Pendant plusieurs siècles, les fluidistes et les solidistes déployèrent donc des bannières adverses , ainsi que cela a eu lieu chez les Guelphes et les Gibelins. Aucun médecin instruit n’ignore, certainement, combien cette guerre fut active, et combien d’encre et d’éloquence furent dépensées pour établir quels étaient, des fluides ou des solides ^ ceux qui devaient supporter le blâme des désordres introduits dans la constitution. Mais laissons là ces vieilleries, pour examiner les doctrines des écoles modernes.

Le trait le plus frappant, dans les systèmes de nos jours, c’est que toute maladie peut être suivie jusqu’à l’inflammation , ou tout autre état théorique d’une certaine portion du corps , une école prenant un organe , une seconde un autre. Mais puis-je dire organe, lorsqu’il y a des professeurs qui patronisent un certain tissu, d’autres qui voient tout dans une certaine sécrétion ? des professeurs qui enveloppent une chose unique dans toute sorte de momerie et de mysticisme, et se mettent gravement à amplifier, à la Daniel O’connell, dans toute espèce de perturbation ! Une exposition au froid ou au chaud , une orgie, des plaisirs trop répétés, toutes ou chacune de ces causes peuvent nuire à la constitution. On le sait , on le sent ; mais on veut encore savoir ce que le Docteur en pense. Que fait celui-ci? U prend la main du malade, il

compte, ou fait semblant de compter les pulsations , regarde peut-être la langue avec une gravité édifiante, et dit : — « Yotre estomac va mal! » Mais, comme dit Hamlet, on n’avait pas besoin d’un revenant pour en être informé , puisque le manque d’appétit et des maux de cœur l’avaient suffisamment indiqué. Toutefois, comme le médecin ne croit pas encore s’être assez expliqué, il s’empresse d’exposer la cause de l’indisposition. A quoi pense-t-oil qu’il l’attribue? Gomme c’est un docteur d’estomac , il se fait un devoir d’affirmer que c’est celui-ci qui a déterminé le trouble ; l’estomac est la source de tout. Les frissons, la douleur de tête, les éblouissements, tout vient de là. Ce docteur est un homme qui , voyant une maison en ruines, accuserait une brique cassée de tout le désordre, tandis qu’en réalité, elle ne serait que l’un des effets coïncidents produits par l’action d’un agent externe, tel que l’effort du temps, ou celui des orages.

Pendant une période considérable, l’estomac domina dans les écoles, et le célèbre" John Hunter contribua pour beaucoup à mettre cette soi-disant cause à la mode. Son pupille Abernethy y joignit ensuite les organes digestifs , et personne n’osait contester que ces organes ne fussent la cause des maladies. Néanmoins, des esprits audacieux se mirent en tête , à leur tour, de protéger le foie ; et cet organe devint un substitut d’autant

plus commode, que non-seulement il épargnait au docteur d’exercer sa pensée, mais qu’il absorbait tellement celle du malade, que celui-ci se figurait que cet organe était réellement le seul qui méritât son attention. Oh! le foie, que de sommes n’a-t-il pas fait entrer dans la poche des médecins, jusqu’au moment où Laënnec inventa le stéthoscope! Alors, bonjour au foie, adieu à l’estomac et aux organes digestifs, il ne resta plus que des Cœurs et des Poumons , et ceux-ci sont dans un état si déplorable, sont tellement nuisibles à la santé , que Dieu seul pourrait dire la raison qui les lui a fait placer dans le corps de l’homme, à moins que ce ne fût pour être utile à l’apothicaire. On n’avait jamais entendu parler d’un catalogue de maladies pareil à celui que ces organes nous ont laissé en héritage ; mais ce qui est curieux, c’est que personne n’y songeait, jusqu’au moment ou Laënnec en fit la découverte avec son stéthoscope. Depuis lors, les sangsues, la lancette, les ventouses et les purgations ont obtenu une incroyable activité; mais je laisse à décider aux gens qui ont le sens-commun , si les aecès, les attaques subites qui envoient aujourd’hui tant de monde au cimetière , ne sont pas plutôt le résultat de ces doux remèdes, que les effets du désordre du cœur, comme les docteurs, dans leur innocente simplicité , se complaisent à le dire. Une chose, du reste, est incontestable : les méde-

cins ont fait de grands pas depuis le siècle de Molière ; car, dans ce temps-là, le seul organe qui fût l’objet de leur thèse, était la poitrine, tandis qu’aujourd’hui, grâce au stéthoscope, ils ont en outre le cœur , avec ses appareils valvulaires et vasculaires. Mais c’est assez pour les organes, parlons des tissus.

Pour être chronologiquement exact , il faut commencer par la Peau ; car de peau, et rien que de peau, il paraît que notre corps fut composé pendant fort long-temps. La peau fut aussi la rage médicale, et les docteurs prétendaient avoir fait une magnifique découverte , en y portant toute leur attention. Le dérangement de la peau expliquait tout alors», et bien autre chose encore. Quelles que fussent les souffrances , la réponse était constamment la même : — « La peau monsieur, la peau! » Cette peau fournissait la solution de toute espèce de difficulté, et puisque les malades étaient contents, aucun docteur ne trouvait opportun de les détromper! — « Us ne raisonnent pas , se disait-on, il faut donc les traiter comme des enfants ; et d’ailleurs celui qui saura s’emparer de cette crédulité deviendra l’homme à la mode. « La peau eut donc son règne et ses triomphes; mais, comme ses devanciers , elle eut aussi sa chute , et fut remplacée par une autre favorite qu’on nomma Membrane muqueuse. Entre les mains de Broussais, ce tissu s’est élevé à un haut degré

de considération. Remuant, actif, l’habile praticien sut fixer l’attention sur sa marotte , et plein d’adresse dans l’escamotage scolastique, il sut nonseulement défendre sa chère membrane muqueuse contre les attaques des amateurs de la peau , mais encore il obtint pour lui une telle importance auprès des malades, qu’on ne pouvait guère, sans la sanction de sa théorie , être expédié dans l’autre monde d’une manière légitime et satisfaisante pour les intéressés. Broussais devint le médecin dictateur, et la membrane muqueuse la doctrine à la mode. Après avoir été portée, par ses partisans, sur tous les points de la France, cette membrane franchit la Manche , et reçut un accueil plein de cordialité de feu le D.r Arsmtrong. Celui-ci trouva aussi dans sa clientelle une auxiliaire dévouée ; on accourut de toutes parts pour écouter ce qu’il avait à débiter sur la précieuse membrane ; on ne pouvait avoir une crampe à la jambe, ni un mal de tête, sans en attribuer aussitôt la cause à cette membrane ; et on la rendait aussitôt responsable du plus petit bouton sur le nez, ou de lapins légère douleur au doigt. Cette doctrine n’est pas encore morte; mais elle a déjà un pied dans la fosse.

Il serait oiseux d’examiner les sécrétions variées qui ont été accusées de causer des maladies. La transpiration eut aussi son moment de vogue, et

transpiration arrêtée fut une réponse à toutes ques-

lions. Nos grands-mères en parlent encore volontiers, et quelques-unes protègent les savants qui examinent burine pour y chercher des symptômes et le choix des remèdes. Je pourrais amuser mes lecteurs en leur racontant des anecdotes fort curieuses sur cette manière de pratiquer la médecine ; mais la plaisanterie ne convient point à un sujet grave, et je passerai sur-le-champ à la Bile ^ cause mystérieuse de tant de souffrances ! Combien de difficultés n’a-t-elle point surmontées ! combien n’a-t-elle pas créé, là où il n’y avait pas ! Par l’intempérance , on dérange les organes et leurs fonctions! Eh bien! ce n’est pas la boisson non plus qui supporte le blâme, c’est la bile! Une étude prolongée donne-t-elle des maux de tête? c’est encore la bile ! Les causes les plus évidentes ne sont point interrogées : une seule chose répond à tout, elle est parente de tous les effets produits.

Il me reste à parler d’une école de médecins qui fait beaucoup de bruit avec un seul mot, lequel n’ayant pas une signification bien claire , se prête à ce que l’on en fasse tout ce qu’on veut visà-vis du public. 11 se traduit par Rhumatisme „ Goutte j Scrofule et Scorbut „ termes qui dérivent tous de Fluidité ou d’Humeur ,, du verbe grec pè «, je coule. Shakspeare s’en est servi dans son propre sens, lorsqu’il a dit :

« Trust not these cunning waters of his eyes.

For villany is not without such rlieum \ »

Quant à la goutte, ce n’est qu’une mauvaise application d’un mot français, que l’on peut interpréter ainsi : — Maladie produite par une goutte de trop j souvent répétée. » Mais les docteurs ne l’entendent pas ainsi : pour eux, la goutte est une humeur fantastique. Scrofule en latin, et scorbut en saxon , ont la même signification : Humeur sèche. Qu’on s’arrête un instant sur ces mots : Liquide sec ! et que l’on dise si la confusion des langues, à la tour de Babel, ne s’est pas transmise dans le jargon des écoles de médecine! Il ne manque pas de docteurs allemands qui prétendent que le scrofule a pris la place du scorbut dans la constitution des Européens; mais ce n’est que l’un des moyens employés par les professeurs pour abasourdir ceux qui les écoutent. Les maladies qu’ils appelaient jadis Scorbutiques > sont, par un tour de passe-passe, converties en Scrofuleuses; et Dieu sait quelle sera, à la longue , la nomenclature imposée aux variétés de nos souffrances corporelles ! C’est cette école des Humeurs qui a propagé la pratique de la Purgation , pratique aussi fatale que la méthode sanguinaire de no.; pathologistes. Celle-ci est en effet identique avec le système du fabricant de pilules connu sous le

1 Ne vous fiez pas à cette eau rusée de ses yeux ; car la scélératesse est bien approvisionnée d’un tel rhume.

titre de Morrison* the hygeist , et de ses camarades, qui sous le prétexte de purger de certaines impuretés imaginaires du sang, débarrassent souvent aussi de la vie les crédules qui se sont soumis à ce traitement. Â-t-on besoin de publier, aujourd’hui qu’en purgeant un homme en bonne santé, on peut le conduire jusqu’à la mort ? qu’un purgatif, soit végétal, soit minéral, peut troubler tous les actes du corps , et changer la structure et les sécrétions au point de leur faire perdre leur consistance et leur apparence habituelles? Même avec le plus doux des purgatifs.* la Rhubarbe j on peut tellement changer, dans un corps sain, la forme des évacuations, qu’elles se présenteront sous l’aspect de toutes sortes d’impuretés; et par ces impuretés, de la propre création de celui qui purge, le malade peut être amené à cet état d’inanition qui constitue (comme je l’expliquerai plus tard) la maladie que l’on nomme le scorbut de mer (S bip scurvy). Tel est le résultat de la doctrine des Humeurs . Toutefois cette folie a paru encore trop simple à certains professeurs , et ils se sont empressés de lui donner une forme plus compliquée. Qui n’a pas entendu parler de Rhumatisme-Goutte y ou Rhumatisme-goutteux? qui oserait nier son existence? Qu’est-ce encore pourtant, si ce n’est une absurdité évidente! Qu’est-ce qu’une j Fluidité- fluide? On pourrait dire, avec autant de raison, d’une plaie causée par le feu : une

brûlure-brûlante! Est-il possible qu’un pareil langage puisse offrir au sens-commun la plus mince idée des véritables mouvements qui ont lieu dans le corps, pendant le cours d’une maladie quelconque? Gomment alors être surpris, lorsqu’on voit des hommes, distingués par leurs lumières, se moquer de la gent médicale? 11 n’y a effectivement que des fous ou des docteurs qui puissent se nourrir et être dupes de semblables puérilités; et lord Stowell n’était pas loin de la vérité, lorsqu’il affirmait que l’on pouvait être l’un et l’autre (fou et dupe), même à quarante ans.

— « Dans le cours de ma vie, disait sir William Temple, je me suis souvent amusé à observer les changements fantastiques dont on se plaint généralement, et les remèdes en vogue qui, semblables aux oiseaux de passage, sont remarqués pendant une saison, et disparaissent pour être remplacés par d’autres tout différents. Lorsque j’étais jeune, rien n’était plus commun que les enfants rachitiques et les adolescents des deux sexes atteints de la Consomption pulmonaire . Après , on parla beaucoup du Spleen , qui devint une véritable maladie, puis du Scorbut ; et l’on se figura que l’une et l’autre de ces affections se présentaient sous de nombreux déguisements. Plus tard, on ne parla que de la circulation du sang ^ laquelle passa alors pour la cause de toutes les indispositions que le malade et le médecin ne pouvaient pas comprendre.

A tout cela, enfin, succédèrent les Vapeurs , qui répondent merveilleusement à la curiosité des gens qui éprouvent certaine incommodité inexplicable, incommodité que les Chinois regarderaient comme des émanations de l’esprit ou des fumées du cerveau , plutôt qu’un véritable désordre des organes. Néanmoins, ces misères donnent, plus que des maladies réelles , de l’occupation à nos médecins. Pour conserver leurs pratiques , ils se gardent bien de contrarier leurs fantaisies ; ils craignent de se voir remplacés par des hommes qui, ayant plus de probité, gâteraient les habitudes des malades. Il donnent donc à ceux-ci des remèdes auxquels ni les uns ni les autres ne comprennent rien ; mais il en résulte profit d’une part et amusement de l’autre.

«J’ai remarqué aussi qu’à mesure que les maladies changeaient de noms , le traitement changeait de remèdes. Tantôt ce fut le tabac qu’on administra , puis la bière chaude, puis de petites boules ou cailloux, comme les gardes-chasse en font avaler aux faucons. Un docteur prétendit pouvoir guérir, avec autant d 'eau froide que le malade pourrait en avaler, toutes les fièvres ou affections analogues qui se présenteraient. Un autre prescrivit d’administrer la valeur d’une cuillerée de biscuit de mer j, en poudre, pour guérir infailliblement les indigestions et les gastrites. Vint ensuite le règne du thé et du café, puis celui des infusions

d'acier et des gouttes de toutes les compositions imaginables et inimaginables. Aucune de ces inventions n’a obtenu de l’autorité, ni généralement, ni pour long -temps. Elles ont passé comme la mode , que chacun suit et trouve gracieuse, tant qu’elle est en faveur, mais que l’on repousse et que l’on traite de détestable, du moment où la vogue s’est évanouie. C’est ainsi que les hommes usent de leur vie et de leur santé comme d’un costume; mais il faut les excuser, puisque la médecine est transitoire comme les habits, et que les remèdes, comme les étoffes, sont usés par leur emploi. Cependant la pratique de la médecine se traîne toujours sur la même voie parmi nous, c’est-à-dire qu’elle se renferme dans la saignée, les vomitifs ou les purgations d’une nature quelconque, quoique les médecins ne soient pas d’accord entre eux sur le cas de l’application, ni sur le degré où le médicament est utile, ni même sur la certitude qu’aucun des remèdes employés soit nécessaire. Montaigne exprime le doute que la purgation ait de l’efficacité, et cela pour des raisons fort ingénieuses. Les Chinois ne saignent jamais leurs malades. »

D’après tout ce que j’ai dit, on partagera probablement l’avis du D.r Grégory, qui trouve que les doctrines médicales sont autant d’absurdités. Que Dieu me pardonne aussi de le proclamer; mais

les auteurs , pour la plupart , ressemblent à ces charlatans, à ces imposteurs qui

« Wrap nonsense round In pomp and darkness, till it seems profound ,

Play on the hopes, the terrors of mankind

Witli changeful skill;

"While Reason , like a grave-faced mummy, stands With lier arras swathed in hieroglyphic bands. » Moor

Quant aux écoles, tout le régime d’instruction médicale n’est autre chose, en ce moment, qu’un système de déception, de fourberie, de fraude et d’intrigue, appuyé par tout l’appareil des journaux périodiques et des revues, au moyen desquels les maîtres étouffent la vérité, et mystifient, selon leur bon plaisir^ les étudiants, les praticiens de la province et le public. Maintenant, comme jadis, chaque école de médecine, ainsi que le dit Byron,

« Bows the knee to Baal,

And hurling lawful genius from his throne,

Erects a shrine and idol of its own ,

Some leaden calfs. — »

qui, par la seule vertu de sa position, se rend il-

1 Entourent l’absurde de pompe et d’obscurités qui semblent lui donner de la profondeur, et se jouent des espérances et des terreurs de l’humanité, avec des ruses sans nombre ; tandis que

la raison se tient debout comme une momie, ses bras liés de bandes hiéroglyphiques.

a Fléchit le genou devant Baal, et renversant le trône du génie austère, construit un autel et une idole à sa fantaisie , quelque veau de plomb. —

lustre et usurpe une autorité à laquelle son savoir et son mérite ne lui donnent aucun titre. Néanmoins il règne comme l’Esculape du jour, et ce n’est que dans le siècle à venir, comme le dit encore le même poète, que

« The vulgar stare ,

Wheii the swollen bubble bursts and ail is air 1 !

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