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DE LA PIERRE

On me demandera, probablement, si je considère cette affection comme Yejfet d’une fièvre in-

termittente? A cette question je répondrai qu'il faut convenir, d’abord, que la Pierre est le résultat d’une sécrétion morbifique urinaire. Mais serait-il possible qu’une sécrétion devînt anormale, sans le concours de l’action fébrile ou d’un changement constitutionnel? Certainement non, et sans un changement de cette nature, la Pierre ne se développerait pas. De plus, il y a des heures, dans la journée, où le malade est tantôt mieux, tantôt pis , et l’on ne pourrait l’attribuer à la période de micturition. Un accès de la Pierre est une expression aussi usitée qu’un accès de fièvre. Les docteurs Prout et Roget , qui ont beaucoup étudié les affections calculaires , disent que tandis que les remèdes , nommés Lithontriptiques , exercent fort peu d’influence dans la plupart des cas, les conditions du malade- sont au contraire généralement améliorées, par l’emploi des Toniques. Que sont les médicaments appelés Toniques, si ce n’est ceux qu’on administre dans le traitement de la fièvre!

Que la Goutte et le Rhumatisme soient ou non des maladies rémittentes, ils n’en sont pas moins remarquables par le changement de température et cette action que l’on nomme fièvre, et il n’y a que ceux qui préfèrent les livres de nosologie à ceux de la nature et du sens commun qui pourraient le mettre en doute. Que ce soit des variétés d’une même maladie, on doit le penser; mais ce qui

est certain, c’est que tous deux sont parents de la fièvre. En les traitant comme tels, le médecin peut s’épargner de la peine , de même qu’il évitera beaucoup de souffrance au malade, ce qui n’a pas lieu en adoptant la doctrine des pathologistes, laquelle veut que ces maladies soient inflammatoires, et par conséquent traitées avec les sangsues, la lancette, et le mercure jusqu’à la salivation. 11 faut rire, au surplus, des pathologistes et se moquer de leurs disputes , lesquelles étant basées sur le non-sens, ne sauraient jamais arriver à des conclusions rationnelles.

Les dépôts de calculs dans les jointures, pendant la présence de la Goutte , ont suggéré aux médecins, même dans les temps reculés, l’analogie qui existe entre cette maladie et celle de la Pierre. Pendant les maladies constitutionnelles, le calcul peut se développer dans tous les tissus du corps. Les concrétions salivaires sont communes. J’ai vu deux fois des calculs pulmonaires. La première, ils furent expectorés par une dame poitrinaire qui est morte. La seconde , ce fut par un de mes malades dont les poumons était lésés; mais celui-ci a complètement rétabli sa santé, en donnant de l’attention à la température de sa poitrine et en faisant usage, de temps à autre, de quinine et d’acide hydrocyanique. Ce malade avait consulté, avant moi, un médecin et un chirurgien , parmi ceux qui ont le plus d’occupation à

Londres, lesquels n’avaient plus d’espoir pour lui, qu’autant qu’il habiterait -un climat chaud. Ces messieurs apportaient au moins leur témoignage en faveur de Y attention à la température. Je n’ai pas besoin de dire que le foie, le vésicule du fiel, la vessie et les rognons sont principalement le siège de la Pierre. Lorsqu’il a lieu dans une artère , le calcul est improprement appelée ossification. Je suis surpris que les professeurs n’aient jamais songé à le nommer goutte! attendu qu’il y a cette ressemblance entre eux , que l’un et l’autre se développent chez les gens avancés en âge.

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