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DE LA SANTÉ

Dans l’état de santé, il existe constamment une température moyenne et uniforme. Dans tout le corps, les muscles volontaires et autres, se prêtent avec aisance aux diverses nécessités qui réclament leur action. L’esprit ne s’élève ni ne s’abaisse que dans des circonstance majeures. La respiration , aisée et continue, n’exige aucun effort précipité, aucun soupir prolongé. Le cœur est égal en ses bat-

tements et n’éprouve aucun trouble. L’appétit est modéré et régulier. Les divers organes sécréteurs

réalisent leurs fonctions en leur place et périodes voulues. La structure du corps reste en apparence la même, quoique non en réalité, le possesseur n’étant embarrassé ni d’obésité ni de rachitisme. Son sensorium aussi, n’est ni péniblement excité, ni maladivement apathique. Il conserve , dans cet état et dans toute circonstance , une heureuse modération. Enfin, son sommeil est calme et sans rêves.

Si nous analysons ces phénomènes variés, nous

trouvons qu’ils consistent sur-tout en une série de mouvements alternatifs, pour l’accomplissement desquels des espaces de temps plus ou moins longs sont nécessaires. Les uns sont journaliers ; d’autres se représentent seulement à des intervalles d’une ou plusieurs heures ; quelques-uns enfin se succèdent de moment en moment , ou de minute en minute. Le matin, l’homme se lève pour se livrer au travail; la nuit il goûte le repos et le sommeil. Il renouvelle incessamment cet état d’exercice et de tranquillité. Ses poumons aspirent et expirent l’air ; son cœur se contracte et se dilate ; et son sang, brillant et vermeil dans ses vaisseaux artériels, s’obscurcit ensuite et prend une teinte bleue en parcourant les veines. La femme, compagne de sa vie, celle qui partage avec lui la succession des joies et des peines, des es-

pérances et des craintes; qui constitue pour lui le rêve de l’existence; la femme, dis-je, est sujette à une sorte de révolution , à une intermittence de douleurs qui précèdent le moment où elle devient mère, où elle met au monde le fruit de la mutuelle tendresse conjugale.

Chaque atome de la substance matérielle subit continuellement une révolution. Fluide ou aériforme à cette heure , il devient solide ensuite ; puis il revient à l’état fluide ou aériforme, transformant sans cesse ses propriétés, ses couleurs et ses combinaisons; et participant toujours, dans une brève mais régulière période, de la nature de chaque organe, tissu ou sécrétion, auquel il s’incorpore momentanément, fl est toujours en action, mais jamais stationnaire en même lieu.

Il ne peut y avoir de mouvement de la matière* sans changement de température , et vice versât point de changement de température sans mouvement dans la matière. C’est un axiome si incontestable en médecine, que Bacon et plusieurs autres ont pensé que mouvement et changement de température n’étaient qu’une même chose. Ainsi , par exemple, si l’on imprime le mouvement de rotation à une roue, on produit la chaleur, et le fer qui lie cette roue prend l’expansion dans un sens extérieur ; tandis que lorsque le cercle revient à l’état de repos, la température baisse, et le fer se concentre de nouveau par un mouvement interne .

D’après la même loi, si, au milieu de l’hiver, on se met à courir pendant un certain temps , on pourra s’échauffer et devenir pour ainsi dire bouffi, impressions qui disparaîtront ensuite au fur et à mesure que le calme et le repos ramèneront en soi-même une température moyenne. Ceux qui trouvent exclusivement dans les poumons , la source de la chaleur animale , ont certainement négligé l’observation des faits qui viennent d’être mentionnés; ils ont oublie aussi que, dans la permanente mutation des atomes, chaque organe, même chaque atome de cet organe, étant sans cesse en mouvement, contribue plus que tout autre chose à déterminer cette chaleur, puisque d’après la loi commune de toute matière, chaque changement dans le corps s’étend aux parties. Les puissances par lesquelles les mouvements des corps se sont influencés , sont les mêmes que celles qui influencent les mouvements de chaque sorte de matière. Ce sont l’électricité, la mécanique, les agents chimiques et la force de gravitation ; laquelle somme de puissance se résume ensuite en deux forces régulatrices : I’attraction et la répulsion. Par la première, la matière fluide du sang s’approprie la consistance solide des organes ; par la seconde s’accomplissent les sécrétions fluides. Provenant de la terre et retournant à la terre , la matière qui compose notre corps achève cette mutation dans le bref

délai de notre existence. Le système humain ressemble en cela à une grande cité, dont les habitants se renouvellent sans cesse , durant le cours des âges, sans que la cité elle-même, comme le corps humain , éprouve des changements appa- .rents, à moins qu’ils ne proviennent de progrès accomplis dans son sein, de sa maturité, ou de ses dispositions à tomber en ruines.

La dernière et la plus importante révolution de l’état de santé est le sommeil.

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