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CONVULSIONS DES ENFANTS

On peut faire usage du moyen qui précède , dans les convulsions enfantines qui sont la même chose, après tout, que Yêpilepsie chez les adultes. On réussira souvent, en substituant un accès de pleurs à un accès spasmodique, ce qui, je n’ai pas

besoin de le dire, est tout-à-fait sans danger, tandis que le spasme peut avoir un résultat déplorable. Qu’on fasse seulement en sorte que l’enfant pleure, et on n’aura plus à s’en occuper; car nu! être humain ne saurait pleurer et avoir au même moment des convulsions épileptiques ou défaillantes. Les sanglots convulsifs sont un phénomène tout-à-fait distinct de ces mouvements, car ils dépendent d’une action opposée dans les atomes du cerveau. Ce qui empêche souvent quelques praticiens de faire leur devoir est la crainte puérile d’offenser une nourrice ou une mère ignorante ,

qui les croiraient peut-être des monstres de cruauté, s’ils battaient leur enfant comme je viens de l’indiquer. Mais pour dissiper les appréhensions de tous, je dirai qu’il est très difficile de faire sentir à un enfant en convulsions les coups les plus rudes, et la preuve en est que des coups qui, surun enfant en bonne santé, laisseraient subsister des marques pendant un mois entier, offrent bien rarement une trace après que les paroxismes convulsifs ont cessé. Durant l’accès , l’enfant est en effet si complètement insensible, qu’il paraît à demi-mort. Ceci me rappelle un cas de convulsions enfantines où on me pria sérieusement de me réunir en consultation avec une vieille femme , laquelle était garde-malade ou sage-femme, je ne me le rappelle point. Ayant donné des soins à beaucoup d’enfants , on supposait nécessairement

qu’elle devait se connaître à merveille à leurs maladies. Cette consultation fera sans doute sourire ; mais il s’agissait de l’enfant d’un parent, et les parents, on le sait, ne se gênent pas entre eux. Ce n’était pas précisément pour dire cela, au surplus , que j’ai fait allusion à la maladie en question : c’était au contraire pour montrer comme ce médecin en jupons qu’on me présenta pour collègue fit preuve de science. La mère lui ayant demandé ce qu’il fallait faire si les convulsions se renouvelaient , la vieille femme répondit : — « Oli! madame, il faut laisser l’enfant bien tranquille et ne le point troubler par aucun bruit ou autre chose pareille! » On trouva sans doute cet avis excellent, dans un état où l’on pourrait crier jusqu’à se rompre les poumons, sans que le malade vous entendît le moins du monde.

Dans le cas d’Épilepsie chez les adultes, spécialement au commencement de l’accès, la plus petite chose peut causer, dans le cerveau, un mouvement contraire assez fort pour influencer le corps de manière à en arrêter les accès. L’application d’une simple ligature peut souvent produire cet effet; mais, comme tout autre remède souvent renouvelé, elle perdra son influence si le malade vient à s’y habituer. Dans les cas de cette nature, tout dépend de ce qu’il y a de soudain et d’ inattendu dans le remède auquel on a recours, et de la nouveauté du procédé par lequel on influence

le cerveau du malade. Le cri au feu! à ï assassin! une chanson chantée de manière à causer de la surprise au malade, peut dissiper, comme par un charme, un paroxisme de douleur aiguë. A l’armée, l’ordre de marcher ou de se battre, videra souvent les hôpitaux. L’excitation cérébrale, produite ainsi, a guéri des maladies qui avaient résisté à tous les efforts des médecins les plus expérimentés. Selon Sakespeare , on peut , littéralement :

« Fetter strong madness with a silken t lire ad,

Cure ache with air , and agony with words ï 1 »

1 Lier la plus forte démence avec une soie , guérir la douleur par l’air, et l’agonie avec des mots !

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