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MALADIES DES FEMMES

Avant de parler des principales maladies accidentelles des femmes, je ferai remarquer que la Cataménie, dans la plupart des cas, disparaît pendant la période de la grossesse ; et elle ne se rencontre pas non plus tant que la mère continue à allaiter. Dans toute autre circonstance , et lorsque la santé est bonne , la cataménie commence à l’époque de la puberté, ou période pendant laquelle les femmes peuvent produire des enfants, et elle cesse en même temps que ce pouvoir disparaît. Elle commence avec une fièvre , et c’est aussi avec la fièvre qu’elle se termine. Pourquoi ce phénomène est-il particulier à la femelle humaine? je n’en sais rien; mais rien d’analogue n’a été observé chez aucun autre animal. Quelques auteurs,

cependant, croient l’avoir remarqué chez le singe ; mais si c’était réellement la même chose, je ne pense pas que tant de physiologistes continueraient à douter de ce fait, sur-tout quand ils ont autant d’occasions de juger cette question définitivement. Des spéculateurs ont prôné la propriété et l’emploi de cette sécrétion ; mais je n’ai jamais pu m’assurer de la vérité d’aucune de leurs assertions à cet égard. Je suis plus satisfait de savoir que la meilleure preuve de santé est le retour régulier de ce phénomène. Alors , sans autre recherche , il fait reconnaître que cette sécrétion naturelle est aussi nécessaire à des femmes d’une période particulière d’âge, que la salive et la bile le sont à tout le monde et en tout temps. Il est donc absurde de dire qu’une femme, pendant ces périodes, est maladive ^ puisqu’il n’y a réellement désordre que quand la cataménie est trop abondante ou en trop petite quantité; ou que les périodes sont trop près ou trop éloignées les unes des autres ; ou que la nature de la sécrétion est altérée. Pour lors , comme dans tout autre cas où les sécrétions ne sont pas régulièrement effectuées , des douleurs peuvent suivre cette fonction particulière.

Une femme d’un certain âge ne peut jamais être atteinte d’une fièvre, sans éprouver en même temps un changement plus ou moins grand dans la cataménie. Une indisposition quelconque dé-

termine aussi des variations dans le même phénomène.

Dans les cas où le désordre produit cause un flux trop abondant, les praticiens ont l’habitude d'ordonner des astringents et des applications froides. Heureusement pour la malade , les remèdes ordinairement nommés astringents (le fer, le quinquina, l'alun, l’opium, etc.) sont tous chrono-thermaux dans leur action, et l’influence salutaire et générale > que par conséquent ils exercent sur tout le système , rétablit presque toujours l’ordre dans la cataménie et les autres fonctions. Toutefois le médecin qui a prescrit le traitement, n’a pas apporté la moindre attention à autre chose qu’à la partie dérangée ; et il continue à classer une menstruation prodigue, dans sa liste des maladies locales ! Quand un défaut ou une suppression > au contraire , est par hasard le résultat d’un changement général de la constitution , chose qui peut même provenir d’une agitation transitoire, cet effet ou coïncidence d’un désordre cérébral ^ est considéré, par plusieurs praticiens , comme la cause de tous les autres symptômes de déréglement corporel. Alors , sous le titre formidable d’ obstruction ^ comment penset-on que quelques-uns de nos grands médecinsaccoucheurs ont l’habitude de combattre la maladie? En appliquant des sangsues à la malade, en agissant d’une manière locale. Je vous demande

seulement ce qu’on penserait d’un praticien qui, en trouvant la même malade avec de la fièvre et de la soif; lui appliquerait des sangsues sur sa langue? ou, quand elle se plaint d’avoir la peau trop sèches aurait également recours aux sangsues? On se moquerait de lui sans doute; et avec la même raison, on peut se permettre de rire des médecins renommés du jour, quand on les voit appliquer des sangsues aux malades , pour une suppression ou un défaut de menstrues, un déréglement de fonction qu’un trouble peut produire, et dont une autre sensation peut rétablir l’état normal. Est-ce donc une maladie locale ou un désordre du cerveau ; ou bien une partie affectée , ou un déréglement général? Si c’est le dernier, qui peut songer, à moins d’être une simple mécanique, à placer des sangsues localement? Dans chaque cas, à moins d’être un maréchalferrant ou un droguiste , il est impossible de recourir à un moyen si dégoûtant et si barbare pour rétablir une sécrétion périodique! On pourrait se permettre aussi bien de vouloir donner à quelqu’un de l’appétit pour se mettre à table, en lui appliquant des sangsues sur l’estomac , quand l’horloge sonne cinq heures!

Ayant expliqué jusqu’ici la nature de ce phénomène, j’ai maintenant peu de chose à dire à ce sujet. Le principe général du traitement est sensible : c’est d’abord l’attention à la température ,

dans tous les cas d’irrégularité de la cataménie. En effet, soit qu’il s’agisse de la quantité ^ de la qualité j, ou de la période > la température des reins est toujours plus ou moins faible, une malade se plaignant d’avoir des frissons , et une autre trop de chaleur. Dans le premier cas , la friction ou un emplâtre chaud peut être essayé comme moyen local ; dans le dernier, on peut éponger avec de l’eau froide ou tiède. J’ajouterai qu’avec les remèdes chrono-thermaux seulement , j’ai obtenu les résultats les plus satisfaisants. Dans les deux cas, on fait usage aussi, avantageusement, des bains froids , chauds et tièdes , selon les circonstances.

La plus grande partie des femmes anglaises , qui souffrent d’une indisposition générale , moindre qu’une fièvre aiguë, sont plus ou moins sujettes à une perte particulière que les malades elles-mêmes appellent faiblesse „ mais que la profession désigne sous le nom de Leucorrhée ou fleurs blanches. La compagne la plus ordinaire de cette maladie , est une douleur lourde au bas du dos. Je n’ai jamais questionné une femme en proie à cette affection, qu’elle ne m’ait de suite avoué que le flux local était un jour plus considérable et un autre moindre, et qu’elle avait, de plus , des frissons , des chaleurs et autres symptômes du désordre général de la constitution. Mais, dans ce dérangement, la pejte qui est si

souvent considérée comme étant la cause , n’est, dans le premier exemple , qu’un résultat ou un effet; quoique, par suite de la douleur et de l’abondance , cet effet peut encore réagir sur l’ensemble de la constitution et former par-là une cause secondaire et aggravante. Dans les cas de cette espèce , je prescris ordinairement la quinine, le fer ou l’alun, quelquefois avec le copahu, le cachou ou les cantharides ; l’un des remèdes agissant mieux sur une malade que sur l’autre.

J’ai été souvent consulté lorsque les fleurs blanches sont douloureuses, et aussi quand la menstruation est aiguë, maladies que des praticiens, aussi réputés dans la profession qu’ils sont remarquables par leur ignorance de l’art, ont traitées avec une application de sangsues. Les uns les placent sur les reins , que les fleurs blanches ou la menstruation irrégulière aient produit ou non la faiblesse et par conséquent la douleur ; et les autres (malgré le dégoût et l’aversion de chaque femme pudique) les introduisent jusqu’à l’orifice de la matrice même. Quelle pratique peut être plus erronée? Quel soulagement, si on en obtient un, peut être plus illusoire? Le quinquina, le fer et l’opium , sont les remèdes les plus favorables dans les désordres de cette espèce; l’amélioration de la constitution en général , qui résulte de leur usage , et la disparition des irrégularités locales pour lesquelles on a demandé l’aide du

médecin , donne la meilleure réponse aux objections théoriques que Ion puisse apporter contre leur emploi. Le topique le plus convenable à appliquer dans les cas en question, et on letrouvera utile dans la plupart, est de mettre un emplâtre sur l’épine pour la tenir chaude et pour la soutenir. On peut également faire usage des fomentations froides, chaudes ou tièdes , aux reins ou à la matrice, selon que l’une ou l’autre est plus ou moins agréable aux sensations de la malade.

Parmi les affections variées des femmes qui se présentent chaque jour à la pratique , il faut placer la suivante comme la plus redoutable et la plus digne de fixer l’attention.

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