DE L’AVORTEMENT
Une terminaison commune de la grossesse est l’avortement ou fausse-couclie. Celle-ci est toujours précédée des mêmes symptômes constitutionnels que ceux de la grossesse et de la parturition, c’est-à-dire des symptômes de la fièvre. Mais , de plus , quand une femme contracte l’habitude de faire des fausses-couches , il lui revient
comme une fièvre périodique , laquelle a lieu presque le même jour, et dans le même mois que la première fois. Une dame qui a été mariée pendant plusieurs années , mais qui n’a jamais pu produire un enfant à terme, quoiqu’elle ait eu plusieurs avortements, me consulta à ce sujet. Ses fausses couches avaient toujours eu lieu dans la même 'période de sa grossesse , à peu près vers la fin du troisième mois. Je la priai, quand elle serait encore grosse, de m’envoyer chercher une quinzaine avant l’époque où elle attendait son avortement. G’est ce qu’elle fit, et lorsque j’arrivai, elle me dit qu’elle était sûre detre bientôt malade , attendu quelle avait déjà eu des frissons. Je lui prescrivis de se servir d’un suppositoire d’opium tous les soirs, ce qu’elle continua pendant un mois ; elle fut mise en état, de cette manière , d’amener son enfant à terme. Depuis , elle en a eu deux , et tous trois sont à présent bien portants et bien constitués. J’ai eu de pareils succès avec un traitement interne, dans lequel j’employai la quinine, le fer, l’acide hydrocyanique, etc. Mais l’opium, substance qui déplaît le moins, sera toujours le plus utilement mis en usage pour prévenir les fausses-couclies ; il n’est pas nécessaire d’ajouter que, dans aucun cas, il ne faut le continuer quand il excite le vomissement.
Le retour d’un acte qui a déjà eu lieu une fois
dans la constitution, est même une loi dans quelques effets qui proviennent d’accidents. Une dame qui, à la suite d’une frayeur pendant une tempête , avait eu une fausse-couche de son premier enfant (un garçon), ne put jamais, après cet événement, quand elle était grosse de garçons , dépasser le terme où avait eu lieu son premier avortement. U n’en était pas de même quand elle était enceinte de filles (elle en mit cinq au monde), et toutes vivent en ce moment.