‹ Erreurs des médecins, ou système chrono-thermalChapitre 47 sur 74 · PÉRIODICITÉ HÉRÉDITAIRE · texte numérisé non relu

PÉRIODICITÉ HÉRÉDITAIRE

Si l’on prend une famille particulière, et que

l’on récapitule ses maladies , cle génération en génération , et aussi loin que la chose sera praticable , on trouvera que le plus grand nombre des membres de cette famille meurent d’une maladie particulière. Qu’on suppose, par exemple, que ce soit une consomption pulmonaire: de même que la fièvre intermittente, dont le retour individuel a lieu à des jours fixes, on verra que cette maladie attaque quelques familles seulement à des générations fixes ; souvent elle ne se montrera que de deux en deux générations, tandis qu’une autre fois, ce sera de trois en trois, ou de quatre en quatre. Dans plusieurs familles, le désordre n’attaque qu’un sexe en particulier, tandis que dans le plus grand nombre , l’âge auquel on devient sa victime, est également déterminé. La maladie, avec l’un, se présentera pendant l’enfance , et avec un autre , sa limite sera la vie adulte ou la vieillesse. En observant avec soin les maladies particulières d’une famille , ainsi que les âges où elles se manifestent; puis en portant son attention sur le premier état du désordre constitutionnel, et les moyens préservatifs que j’ai si souvent recommandés dans le cours de ce livre, on pourra rendre moins redoutables les maladies qui se sont reproduites si fréquemment, jusqu’à présent, telles que la manie, l’asthme, l’épilepsie et la consomption , qui sont héréditaires depuis des siècles, dans tant de familles. Mais hélas! les

membres de la profession médicale seront forcés de s’écrier : — « l’occupation d’Othello est finie!»

Nota. Pendant que l’on imprimait la présente feuille, j’ai reçu les trois lettres suivantes, qui confirment plusieurs des observations que j’ai faites précédemment, et leur contenu trouve naturellement sa place ici. La première est du D.r M’Kensie, de Kenellan , en Ecosse.

Kenellan, près de Dingwall, 24 février 1841.

« Cher Monsieur,

« Après avoir étudié à Edimbourg , à Londres et à Paris, j’obtins mon diplôme en 1824, et, immédiatement après je reçus une commission pour état-major de l’armée. Je dois vous dire d’abord, parlant phrénologiquement , que ma tête est un assez bon exemple de la généralité , et pendant ma jeunesse je fus doué des meilleures dispositions pour acquérir ce que la plupart des gens appellent l’intelligence médicale. Dans l’hôpital militaire, à Port-Pitt , jeus des occasions nombreuses de m’assurer de la portée de cette intelligence; mais, quoique j’eusse employé tous mes efforts à mettre en pratique les principes et les doctrines que j’avais étudiés si assidûment dans les écoles de médecine , le résultat de leur application fut tout autre chose qu’une satisfac-

tion pour moi; et, ni les observations auxquelles je me livrai, ni la pratique particulière de mes confrères n’apporta à cet état aucun amendement. Le système Sangrado était alors en pleine vigueur. Ainsi que les autres, je fis comme on m’avait enseigné de faire ; mais, plus je considérai le résultat de notre pratique , plus je fus amené à me convaincre que nous étions tous dans l’obscurité, et que nous n’agissions, avec la vie humaine, que d’une manière téméraire dans le plus grand nombre de cas.

« Cependant, je considérai que c’était un devoir pour moi de faire comme mes supérieurs le prescrivaient , espérant de voir bientôt plus clair moimême dans ma propre conduite. Dans la suite , je fus attaché à un régiment, dans lequel je servis à-peu-près deux années. Alors, je me mariai, et, trouvant qu’un homme marié ne devait pas être dans l’armée, je résolus de me livrer à la pratique particulière, espérant qu’après les occasions que j’avais eues, à l’armée, d’observer les maladies sous toutes leurs formes, et avec l’assistance de plusieurs amis, je pourrais facilement m’élever dans ma profession. Je m’établis à Edimbourg, et devins un des membres du collège des médecins. Mais je pus bientôt me convaincre qu’en quittant l’armée pour la pratique particulière , je me trouvais hors de la poêle pour tomber dans le feu . Je rencontrai en effet des obstacles aux-

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quels je n’avais nullement songé. Dans l’hôpital militaire , il me suffisait de dire seulement : faites cela , l’on faisait sur-le-champ; et je connaissais avec exactitude l’effet de mes remèdes ; car, dans chaque circonstance, ils étaient fidèlement administrés. Il n’en est pas de même dans la pratique particulière. Ici, pour vivre comme les autres hommes, par mon travail, il devient rigoureux de pratiquer le suaviter in modo dans une foule d’occasions, lors même que le fortiter in re serait le plus satisfaisant pour les malades. Je fus donc obligé d’opérer, comme les autres, dans la matière , et bientôt je fus à même de diviser le corps médical en trois classes.

« Au sommet de l’arbre j’ai marqué, çà et là, un individu solitaire , dont la parole est la loi de ses malades. J’ai examiné la carrière de ces praticiens favorisés, et j’ai eu le chagrin de voir que, dans très peu d’occasions, ils s’étaient élevés au moyen de l’intégrité , du talent, de la vraie science médicale. Il m’a fallu reconnaître, au contraire, que ces qualités étaient souvent une barrière opposée au progrès d’un médecin ; que la flatterie et la sottise étaient des moyens plus sûrs de faire son chemin dans le monde; et que l’habileté, plus que le savoir, conduisait à occuper le premier rang.

« Plus bas, j’ai trouvé un certain nombre d’hommes qui, comme moi-même, faisaient de leur

mieux pour maintenir convenablement la pratique , et préserver le vultus ad sidéra. Mais quand j’ai regardé au pied de l’arbre, j’ai vu, tout autour, une troupe de créatures, vides de tous scrupules , déterminées à gagner des richesses et à agir suivant la maxime ancienne : « rem si possis recte; si non, (inociincjue modo rem; » j’ai vu, enfin , des hommes qui, dépourvus de probité et de tout respect de soi-même, considéraient tous ceux qui ne partageaient pas leurs principes comme des gens fous.

« Je fus vraiment tout-à-fait découragé, et je regardai et regardai encore, espérant toujours que mon raisonnement m’avait trompé; mais plus je regardai , plus je fus satisfait, ou plutôt non satisfait de l’exactitude de mon investigation. Il me fut démontré , clairement, que je ne pourrais jamais avancer dans ma profession , et que , quoique j’eusse été élevé pour la médecine, la médecine ne serait jamais du pain pour moi. Je ne pouvais consentir effectivement à gagner ma vie aux dépens de ma dignité personnelle. Je renonçai à la pratique de la médecine malgré les plaintes de mes amis et de mes malades , qui , tout convaincus qu’ils étaient que je faisais bien, ne pouvaient apprécier mes sentiments; et je ne craignis pas non plus de m’exposer aux moqueries de ceux qui ne manqueraient pas de supposer que j’étais animé par l’orgueil, etc. J’ai donc

fait adieu à l’exercice spécial de ma profession , et j’ai converti ma lancette en un soc de cliarrue. Je suis fermier depuis neuf ans, et je jouis d’un bonheur et d’une tranquillité d’esprit, que peu de médecins pourraient comprendre.

« Cependant je continue à faire un peu de médecine parmi les pauvres, et, dans l’occasion , je suis consulté par ceux de mes amis qui pratiquent à la campagne; mais, comme mes vieilles lancettes, je deviens bien rouillé. Tous direz peutêtre que c’est le mieux.

«Maintenant, si vous me demandez pourquoi je vous ai ainsi dérangé avec tout ceci , sans vous connaître, je vous dirai, simplement, que c’est une préface aux remercîments que je vous offre pour la lumière que j’ai reçue en lisant votre Fallacies of the Faculty > qui m’a été envoyé par un ami qui n’est pas médecin. Mes idées, sur la médecine, en ont été entièrement changées, et je me ressouviens actuellement de plusieurs cas où j’ai obtenu les guérisons les plus heureuses, quoique par hasard „ en suivant votre système, sans aucune connaissance des principes d’application. C’est donc sincèrement, je le répète , que je vous offre mes félicitations sur vos découvertes, et c’est avec confiance que j’attends le jour peu éloigné où elles seront appréciées généralement comme elles méritent de l’être.

« Je fus moi-même presque martyr dans la

guerre que je déclarai aux Sangrados , mais rien ne me persuadera jamais de sacrifier une seule goutte de mon sang, tant qu’il voudra circuler dans les veines de

« Votre obligé et fidèle,

« S. M. Hensie , M. D.

« D.r Dickson , Clarges Street Piccaclilly. »

La lettre qui suit est du D.r Charles Greville , de Bath :

Bath, février, 24, 1841.

« Cher Monsieur ,

« J’ai lu avec beaucoup d’intérêt vos chapitres excellents et originaux sur les Erreurs de ta Faculté , et j’ai du plaisir à attester la vérité de vos remarques. J’ai traité plusieurs cas de maladies suivant le principe chrono -thermal , avec un succès parfait. Si le temps me le permet, je vous en donnerai les détails. Je ne doute pas que le public 5 avant peu ne rende justice à la supériorité de votre doctrine, et qu’il ne prenne congé de l’apothicaire fripon, dont l’existence dépend du déluge des remèdes inutiles et trop souvent délétères qu’il donne aux malades.

« Je suis, Monsieur,

« Votre très fidèle ,

« Charles Greville. »

La troisième épître est de M. Henry Smith , chirurgien qui a une grande pratique dans l’Hertfordshire :

Cheshunt, feb. 2/i,

« Cher Monsieur,

« Au moment où vos doctrines sont le sujet de discussions avec les médecins et le public, le témoignage d’un praticien de la province, qui a obtenu de bons résultats avec l’application de ces doctrines , ne sera pas sans doute déplaisant à leur auteur.

« Il y a à peu près dix-huit mois que j’entendis prononcer votre nom pour la première fois ; l’honorable Edmond Byng avait envoyé votre unité des maladies à mon beau-père, M. Sanders. Nous fûmes tous les deux frappés de la nouveauté et de la simplicité des idées renfermées dans cet ouvrage , et nous résolûmes de les mettre à l’épreuve. Vous serez charmé d’apprendre que ni moi, ni M. Sanders , n’avons pas eu , depuis lors , une seule occasion d’employer les sangsues ou la lancette dans notre pratique, quoique, auparavant, nous fussions fréquemment obligés de faire usage des deux; et que chaque jour est venu nous démontrer la vérité de vos opinions , par notre incroyable succès. J’ai traité, heureusement, plusieurs cas d’apoplexie, sans autre application que

des coups d’eau froide sur la tête et sur la figure, et les faisant suivre , après l’accès , de l’emploi de la quinine, de l’ammoniac et de l’acide prussique. J’ai guéri aussi toute espèce de convulsions avec le meme traitement. Dans celles des enfants, l’acide prussique a été le remède le plus efficace. Pour les enfants nés sans apparence d’animation , j’ai excité l’action des organes par des coups d’eau froide sur la tête et le corps. Avec la quinine et l’acide prussique, j’ai traité le croup, sans avoir jamais perdu un seul malade. Grand nombre de cas d’hystérie et d’épilepsie ont été soulagés et guéris par la créosote, après que tout autre remède avait été essayé sans résultat. Avec l’arsenic, j’ai guéri le rhumatisme, soit aigu , «soit chronique. Par l’emploi des toniques, j’ai également réussi dans l’inflammation de la poitrine et des entrailles. En terminant cette esquisse rapide, permettez- moi de vous exprimer mes remerciements et ma gratitude , pour la lumière avec laquelle vous avez dissipé l’obscurité dans laquelle la médecine avait été enveloppée par ses professeurs.

« Tout à vous, cher Monsieur ,

« Très fidèlement ,

« Henri Smith.

« A M. le D.r Dickson, Glarges Street, London. »

LES SENS ET LE MAGNÉTISME ANIMAL. — LES PASSIONS. — BAINS. — EXERCICE. — HOMÉOPATHIE.

Les causes des maladies, ainsi que je l’ai déjà dit et démontré , ne peuvent affecter le corps humain, autrement que par une ou plusieurs des modifications de la perception nerveuse . Aucune maladie ne peut se produire indépendamment de cette action , comme aucune ne peut être guérie sans elle. Qui a jamais entendu parler d’un cadavre atteint de la petite vérole? ou d une tumeur, ou d’un ulcère guéri sur un corps mort? Un rêveur ou un nouvelliste germanique pourrait seul imaginer une semblable chose! Même dans le sujet vivant, lorsque certains nerfs ont été accidentellement paralysés , les agents les plus actifs n’ont pu opérer le moindre changement aux endroits qui

reçoivent leur action de ces nerfs. Si on divisait les nerfs pneumo-gastriques d’un chien en vie, nerfs qui, comme leur nom l’indique, lient le cerveau avec les poumons et l’ estomac ^ l’arsenic ne pourrait plus produire ses effets ordinaires sur ces organes. N’est-ce pas une des preuves qu’un agent externe ne peut influencer les parties internes que d’une manière funeste, au moyen du pouvoir électrique qu’il exerce sur les nerfs qui y conduisent? Par ce même medium > et de la même ma-

nière j, la plupart des forces remédiales exercent leur influence salutaire sur le corps humain. Mais quelles aient pour résultat le bien ou le mal, toutes les forces de la nature agissent simplement par attraction ou par répulsion. Le cerveau et la colonne vertébrale (la dernière, prolongation du premier) sont les grands centres sur lesquels agissent, plus tôt ou plus tard, toute espèce de médicament, et bien nombreuses sont les avenues qui conduisent à ces centres.

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