‹ Erreurs des médecins, ou système chrono-thermalChapitre 50 sur 74 · DES BAINS · texte numérisé non relu

DES BAINS

Quelle est la maladie pour laquelle on n’ait pas recommandé des bains? Et de quelle autre manière ces bains peuvent-ils agir, si ce n’est de déterminer un changement de température et de mouvement dans les atomes? Il est clair que changement de température suppose changement de mouvement, et pour se convaincre que ce dernier produit toujours l’autre, on n’a qu’à parcourir une certaine distance, ou bien regarder par une fenêtre , pendant une froide matinée d’hiver.

On verra alors les cochers de fiacre se frappant les côtés, de toute la force de leurs bras, pour s’é" chauffer. Ils ne le feraient pas pour rien. La chaleur ^ loin d'être en elle-même une substance matérielle, comme le prétendent Black et autres chimistes, n'est qu'une condition de matière en mouvement. Ce n'est pas plus une substance que couleur j son ou fluidité. Comme ceux-ci , c’est simplement une condition motrice ou une association de matière. Y a-t-il un non -sens plus absurde qu’une substance sans poids ( impondérable ), comme on a désigné la lumière et la chaleur? Les choses sont matière seulement, lorsqu’on peut les peser et les mesurer; et cela est aussi facile avec les choses invisibles , comme avec celles qui sont apparentes. On peut donner le gaz pour exemple.

On me demande souvent quels sont les bains les plus salutaires, comme si tout remède n’était pas salutaire ou nuisible, selon l’à-propos ou l’inopportunité de son application, ce qui, la plupart du temps, ne peut être déterminé que par l’essai. Il dépend de la constitution, plus que du nom de la maladie, de fixer quel est le bain qui doit être prescrit, de préférence, au malade. En général, lorsque la peau est chaude et sèche, un bain froid fera du bien; et lorsqu’elle est froide, elle réclame un bain chaud. Mais cette règle a ses exceptions. Par exemple, j’ai vu un hypochondria-

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que tremblant , se plonger dans un bain froid et en sortir au bout d’une minute , guéri de ses douleurs et de ses caprices. Mais , dans les cas de cette nature, tout dépend de X ardeur ou de la réaction produite par le bain , et cela a plus de connexité avec la surprise ou le clioc , qu’avec la température du bain même. J’ai vu une personne qui avait la peau chaude et sèche , entrer dans un bain chaud , et en sortir tout aussi rafraîchie que si elle l’avait pris froid. Dans ce cas, la transpiration excitée a dû être la cause du soulagement.

Autant que mon expérience me dirige, je préfère la douche froide et tiède, et le bain froid plongeant, à tout autre; mais il y a des cas où ils ne soulagent pas, et, parfois, j’ordonne le bain tiède.

Dans les maladies que l’on appelle inflammatoires ^ il n’y a rien de plus facile , ni de plus efficace, que de jeter sur le malade quelques pots d’eau froide. On appelle cela verser à froid . Lorsque j’étais à l’armée, j’arrêtais, de cette façon, certaines fièvres inflammatoires, lièvres qui, dans les hautes positions sociales, et dans le régime ordinaire des saignées et de l’abslinence, auraient employé le docteur et l’apothicaire, la garde-malade et les poseurs de ventouses, un mois entier à deux, et en comptant deux, trois visites par jour. Avec le choc d’eau froide, on peut facilement, mais dans

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un sens différent de Mirmillo, dans le dispensaire,

« While otliers meanly take wliole mont lis to slay.

Despatch the grateful patient in a daij ! 1 »

Est-il étonnant, alors, que des préjugés soient chéris et conservés avec soin, contrairement à une manière de guérir si peu profitable? Pourquoi ce public, si facile à tromper, ne veut-il donc pas juger par lui-même? Pourquoi paye-t-il les médecins pour le tenir en état maladif? Dans leurs boutiques et hors leurs 'boutiques, les gens de ce monde jouent des rôles bien différents s là , ils tirent parti de leurs pratiques de toutes les façons possibles; mais du moment où ils quittent leurs comptoirs, ils cessent d’être fripons pour devenir dupes. Le marchand , le boutiquier qui achète bon marché et vend cher ; le propriétaire et le fermier qui soutiennent la loi des céréales par tous les sopb’smes imaginables; l’avocat et Fa voué qui se réjouissent et s’engraissent des imperfections et des dédales de la loi; le ministre de l’évangile et son clerc, dont la connaissance biblique et les cantiques sont en raison directe des dîmes et des honoraires pour les enterrements; tous deviennent des agneaux, dès l’instant qu’ils quittent leurs vocations respectives. Chacun rend alors justice à la probité et au désintéressement de l’autre dans

1 Tandis que d’autres prennent lâchement des mois pour tuer , dépêcher dans un jour le malade reconnaissant.

son métier ; et , cependant , chacun regarderait comme une véritable faiblesse de la pratiquer, cette probité, dans son cas particulier. Ces gens, avec une simplicité édifiante, demandent aux docteurs ce qu’ils pensent de telle pratique , ne songeant pas que la réponse du médecin , comme celle d’eux tous , sera favorable à ses propres intérêts. Au lieu de se servir des yeux que Dieu leur a donnés, ils les ferment afin que leurs oreilles soient facilement trompées. — «Quelle charmante personne est le docteur un tel , dira-t-on ; il éprouve tant d’inquiétude sur mon compte; je n’ai de confiance qu’en lui! » Comme si toute cette gentillesse, cette sollicitude affectée, n’était pas une partie essentielle du fond de commerce du bon docteur! Naïf et simple citoyen! Pourquoi avoir une croyance si aveugle clans une autorité si faillible, si fallacieuse, lorsque vous pourriez savoir la vérité par un peu d’examen personnel ! Pour distinguer dans le choix d’un médecin, pour vous mettre en garde contre l’imposture médicale , il vous en coûterait moins de temps ^ de peine et de difficulté de maîtriser les inflexions de tvtttw, verbero, ou amo* amare ! Laquelle de ces connaissances est la plus utile dans la vie ; je laisse cela à décider aux pédants et aux philosophes entre eux.

DE LEXEI1CICE.

Les effets d’un simple mouvement sur le corps,

sont quelquefois bien surprenants. Que Ton se rappelle ce que produit l’exercice du cheval dans la maladie de poitrine! J’ai rapporté, sous l’autorité du D.r Darwin, un cas de cette espèce. J’ai connu un homme qui, ayant un asthme habituel, respirait toujours librement lorsqu’il se promenait en tilbury. J’en connais un autre, en ce moment, qui est affecté de vertiges, mais qui ne les éprouve pas à cheval. Une femme, qui était venue, d’un lieu éloigné, pour me consulter sur une hydropisie, non-seulement se trouva mieux lorsqu’elle fut en diligence, mais ses rognons avaient agi avec tant de force , que cela devint fort incommode pour elle en route. Elle éprouva ce changement corporel toutes les fois qu’elle renouvela le même trajet. Le mouvement circulaire d’une balançoire a guéri l’épilepsie et la manie. Mais, comme nous l’avons souvent répété , ce qui est bon pour un malade est souvent mauvais pour un autre, et il ne serait donc pas étonnant de voir aussi l’exercice à cheval aggraver le mal dans quelques cas particuliers.

L’exercice des muscles, suffisant pour occuper toute l’attention d’un malade affecté d’un désordre chronique , y apporterait un grand soulagement. Le célèbre B.r Cheyne ne dédaigna pas d’écouter le conseil d’un charlatan Irlandais. — « Cette personne, dit-il, ordonnait aux malades épileptiques. assez rebutes pour le faire, une promenade journalière de cinq , sept ou même dix lieues.

Ils devaient commencer doucement et prolonger, graduellement, le pas et la distance selon leurs forces. Chez quelques-uns , une grande amélioration eut lieu, soit dans leur digestion, soit dans leur force musculaire; et dans peu de temps les bons effets furent si évidents, que, depuis l’époque où cette lumière apparut sur la métropole de l’Irlande, la plupart de nos malades épileptiques ont été de vrais péripatéticiens. » L’exercice est donc l’un de nos meilleurs moyens curatifs. De plus, il pourrait être utile dans les habitudes domestiques. Si je disais qu’avec une seule bûche, on pourrait se tenir chaud tout l’hiver, on aurait de la peine à me croire PNéanmoins la chose est possible. Nous devons cette découverte à nos amis les Américains. Yoici le procédé : — « prenez une pièce de bois d’un poids modéré; portez-la au grenier; jetez-la par la fenêtre dans la rue, ayant soin de ne blesser personne; descendez l’escalier le plus rapidement possible; remontez ensuite au grenier; répétez l’opération jusqu’à ce que vous ayez bien chaud, et alors vous pouvez mettre le morceau de bois de côté pour une autre occasion ! »

Le poète Goleridge, pendant son séjour à Malte, était habitué à observer ceux qui l’entouraient, et particulièrement les individus qui se trouvaient là à cause du mauvais état de leur poitrine. — « Il remarqua combien le malade était soulagé par le climat et le stimulant de la nouveauté; mais lors-

que la nouveauté devenait familière , le stimulant cessait, et la monotone uniformité du ciel bleu, accompagnée de la chaleur, agissant comme un sédatif , produisait bientôt la dissolution. » N’est-ce pas une preuve de l’exactitude de mes premières observations, que, dans des maladies chroniques, il faut changer souvent les remèdes?

L’avantage que la santé obtient par des voyages, quelquefois très grand dans les maladies chroniques, doit être attribué en partie au mouvement, et en partie au changement de scènes et d’air. Semblables atout mode de traitement qui présente des impressions nouvelles, l’exercice et les voyages aident beaucoup l’invalide dans toute espèce de maladie habituelle. Combien de fois, hélas! voit-on l’exercice recommandé comme une dernière ressource dans des circonstances où ce changement de vie accélère la fatale catastrophe! La respiration, qui aurait pu renouveler la flamme de la vie , ne fait que l’éteindre en arrivant trop tard. Le succès de tout remède dépend du temps et de la saison.

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