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TOUTES LES MALADIES

Le corps humain , soit dans l’état de santé ou celui de désordre, est un abrégé de chaque grand système de la nature. Semblable au globe que nous habitons , il a , en santé , ses révolutions journalières et autres, son soleil et son ombre, ses temps et saisons , ses alternatives de chaleur et d’humidité. En maladie, nous reconnaissons en lui, le même refoidissement et la soif, les mêmes orages passionnés, et les convulsions par lesquelles la terre est souvent agitée. Dans le cours varié de ces changements successifs, le corps est sujet à des tumeurs, des abcès et éruptions, de même qu’il se forme des montagnes , des tremblements de terre et des volcans. Tous ces maux, pareils aux tempêtes et ouragans de la nature, sont intermittents avec des périodes plus ou moins longues ou courtes de tranquillité, jusqu’à ce que

le corps fatigué rétablisse , ainsi que le fait notre commune mère , l’harmonie accoutumée de ses mouvements. De même un monde détruit peut se reconstituer de ses anciens éléments.

Dans le langage des écoles , les phases d’une maladie sont appelées Paroxisme et Rémission. Le premier, ou période de souffrance, est synonyme d’exacerbation , tranchées et accès. Le second , comme nous l’avons déjà vu , veut dire période comparative d’absence de désordre. Cependant , loin de reconnaître une loi générale qui harmonie chaque chose avec ce que nous savons du monde que nous habitons, on a supposé, vaguement, que le retour périodique de l’accès et les désordres dont il est empreint , étaient le produit exclusif des miasmes malfaisants dont l’atmosphère était chargée. Peut-il exister une erreur plus grave que celle-là! Les actes de la vie , en santé , sont tous périodiques, n’importe par quelle cause, et il en est de même des maladies. Celles-ci ont leurs rémissions ou périodes de comparative exemption de souffrance ; — ce qui , selon John Hunter, est un attribut appartenant à la vie, et montre que la vie ne pouvait pas toujours marcher d’une manière contraire , attendu qu’elle a ses heures de repos et ses heures d’action.

Quels sont les remèdes les plus influents pour prévenir le retour de la fièvre ? La profession répondra, et avec raison : l’écorce du Pérou,

ou son meilleur substitut , la quinine , puis I’arsenic et I’opium. On me permettra d’ajouter à ces substances , l’acide hydrocyanique ou acide prussique , le fer, l’argent, le cuivre , la strychnine, le musc, la valériane, le colchique, le zinc et le bismuth. Ces agents sont généralement plus efficaces, lorsqu’ils sont employés durant la rémission ; et à cause de la relation que leur influence établit avec le temps ou période et la température ou chaleur, je les comprends sous le nom de chrono thermal , de xpovoç, temps , et Qèpun, chaleur . Mais, attendu que beaucoup de gens, comme Baillie, et d’autres de la profession , sans parler de ceux qui ne lui appartiennent pas, pourraient avoir des idées sceptiques relativement au pouvoir de la médecine dans les maladies , je vais raconter ici la voie que j’ai suivie, sur cette matière, avec un jeune avocat qui se croyait apte à prouver que tout était galimatias en médecine. Qu’on me laisse dire d’abord que la gent la plus sceptique à l’égard de la médecine , est généralement celle des avocats ; et lorsqu’ils s’emparent d’un argument contre vous, il est bien rare que, dans leur orgueil ou leur désir de vaincre , il leur arrive de vous l’abandonner. — Faites-moi le plaisir de me dire, me demanda l’individu en question, si, en mettant de petits morceaux de bois pulvérisés ou des pierres dans l’estomac, vous pensez guérir toute espèce de maladie? — Oh! certai-

nement non , lui dis-je ; car avec les gens obstinés , il est mieux d’abonder un peu d’abord dans leur sens. Mais, ajoutai-je ensuite, vous serez sans doute disposé à admettre à votre tour que ces petits morceaux de bois ou de pierres pulvérisés peuvent causer une maladie et même la mort; car, autrement, vous seriez prêt à avaler de la ciguë et de l’arsenic , dans telle quantité qu’on vous les donnerait? » A cela l’homme de loi nia la proposition. Mais il ne put par aucune espèce de sophisme éluder les conséquences que je venais de tirer. Je pensai alors qu’il était temps de lui expliquer, comme je le fais à présent, que le principe d’après lequel les substances peuvent guérir ou causer une maladie, est un et le même , c’est-à-dire , que leur pouvoir, bon ou mauvais selon le cas , est de changer électriquement l’état du mouvement de certaines portions du corps en changeant aussi leurs conditions thermales.

Si l’on consulte l’histoire de la médecine, et que l’on remarque les remèdes sur lesquels les auteurs insistent le plus, comme les mieux appropriés aux formes des maladies , on trouvera que tous ces agents ont le pouvoir de modérer la température ou d’en préserver; qu’ils élèvent ou

répriment l’état d’exacerbation ; ou qu’ils pro-

longent les degrés salutaires qui caractérisent la période de rémission.

Pour cette dernière phase , le plus efficace de tous les remèdes est l’écorce du Pérou , ou quinquina. Cependant, il n’est pas toujours spécifique; il n’existe pas non plus un spécifique pour ce cas ou tout autre en médecine; l’arsenic, l’opium et l’acide hydrocyanique , sont meilleurs ou pires selon les cas particuliers des maladies. C’est moins d’ailleurs au désordre apparent et à la cause qu’il faut avoir égard pour le choix du remède, qu’à la constitution ou aux particularités du système des individus malades. Je parlerai plus tard et plus longuement de Faction des divers moyens

curatifs. — Dans le chapitre qui va suivre, nous

considérerons les phénomènes de la fièvre, et je montrerai sa relation avec les affections spasm radiques, telles que l’Asthme, l’Épilepsie, la Paralysie , le Strabisme , etc. Je prouverai que ces maladies ne sont autre chose qu’autant de développements qui se produisent pendant son cours: analytiquement par un examen sévère de leurs symptômes ; et synthétiquement ^ en détaillant les cas de guérison obtenus d’après les principes du système chrono-thermal.

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