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DES AFFECTIONS SPASMODIQUES

Les affections qui ne proviennent point d’un changement structural, sont nommées fonctionnelles par les praticiens , mot qui exprime leur simplicité. Quelle est l’acception du terme Spasme? Il désigne la contraction surnaturelle de quelques muscles du scorps , lorsque cette contraction de muscles, qui sont volontaires, ne permet pas aux efforts du malade de s’opposer à leur action. On peut cependant quelquefois réussir à les comprimer , soit en frottant ou chauffant la partie affectée, soit en faisant usage de quelques remèdes internes; mais ce qui réussit dans un cas, n’obtient pas toujours le même avantage dans un autre. La maladie est nommée Convulsion ou Crampe , lorsque le spasme est douloureux. La différence de localité où le spasme établit son siège, fournit amplement matière aux professeurs pour fourrer du pathos dans le sujet. Lorsque l’affection a lieu dans la membrane interne du conduit lachrymal, les larmes s’accumulent à l’angle intérieur de

l’œil, le passage du nez se trouvant fermé par suite de la contraction spasmodique. On appelle alors cette maladie Epiphanie ou Fistule lachrymale. L’E ter miment j, le Hoquet et le Bâillement, sont aussi des effets de Faction spasmodique. Lorsque le spasme attaque l’appareil respiratoire, il constitue ordinairement ce que Ton appelle Y Asthme; et, dans quelques cas, la difficulté de respirer est aussi nommée Dyspnée. Lorsque cette action des muscles se manifeste autour de la mâchoire ou de la gorge , avec convulsion de la face et des membres , il y a ordinairement perte de sentiment in-

térieur, et le malade tombe à terre. C’est YEpilepsie ou le Haut-Mal. Lorsque le spasme a son siège dans Yileum , ou petit intestin, il est désigné sous le nom de Passion iliaque; s’il s’établit dans le colon ou grand intestin, il est appelé Colique ; et on le nomme Stricture spasmodique , s’il se développe dans l’urètre. Le Tétanos est un autre exemple de spasme. Toutes ces diverses maladies sont simplement les modifications d’une même action; elles offrent, dans quelque cas particulier que ce soit, un type périodique parfaitement le même; et toutes peuvent être soumises au traitement le plus généralement employé pour préserver des accès de fièvre.

J’ai déjà démontré que la puissance des remèdes opère par Attraction ou Répulsion; mais, ce qui est étrange à dire, c’est que chaque remède peut

avoir un effet contraire chez différents individus ; tous sont susceptibles de produire des mouvements inverses, guérissant dans un cas, et causant la maladie dans un autre. L’opium, par exemple, peut amener le sommeil chez une personne et en tenir une autre éveillée. L’arsenic a guéri le tremblement et la chaleur de la fièvre, et rétabli la santé chez quelques individus; il en est de même de l’opium, du quinquina et du cuivre; ce qui n’empêche pas que ces quatre agents n’aient aussi déterminé les mêmes maladies avec accès et rémissions.

Une fille, dans le dessein de se suicider, avait pris une forte dose d’arsenic (64 grains) ; mais on s’en aperçut assez à temps pour l’arracher à la mort. Une Épilepsie périodique, manifestée par des frissons et de la chaleur , fut le résultat de sa tentative. Un soldat du 30. e régiment, devint épileptique à la suite d’une longue débauche ; les accès revenaient tous les deux jours à la même heure. La quinine , l’argent et le calomel furent employés sans succès. Je lui administrai alors l’arsenic , et aucun autre accès ne se représenta. On voit qu’en ces deux cas la même substance produisit des effets inverses : dans le premier, elle détermina l’épilepsie, dans le second, elle amena la guérison. Lorsque j’arriverai à traiter particulièrement des passions, je démontrerai que celle qui a causé une fièvre ou une épilepsie, peut aussi

guérir Finie ou l’autre. La vérité est que je ne connais pas une maladie que la peur , par exemple, ne puisse causer ou guérir, selon son mode attractif ou répulsif à’ action.

J’ai dit queFASTHME est une maladie rémittente. — « Les accès de l’asthme convulsif, dit le docteur Darwin , reviennent par périodes et ressemblent aux accès d’une fièvre intermittente. » J’ai guéri fréquemment cette maladie avec l’un ou l’autre des remèdes chrono-thermaux ; et avec la combinaison de deux ou d’un plus grand nombre de ces remèdes, j’ai eu bien rarement à me plaindre de l’insuccès de ce traitement. Dans un cas, cependant, où je soignais un gentleman, dont la maladie revenait chaque seconde nuit, j’épuisai presque toutes mes ressources sans résultat, et je ne parvins à le guérir qu’au moyen d’un emplâtre chaud appliqué sur son dos. On voit de nouveau ici, de la manière la moins contestable, l’avantage d’apporter de l’attention à la température : l’épine dorsale, dans ce cas, était toujours froide, et elle retrouva la chaleur qui lui manquait par l’usage de l’emplâtre. Beaucoup de docteurs reconnaissent l’analogie qui existe entre \e spasme et le tremblement ; mais ils ne sont nullement capables d’expliquer en quoi elle consiste. Qu’on analyse le tremblement, et l’on verra qu’il n’est autre chose qu’une rapide succession de spasmes incomplets. Dans la Danse de Saint Vitrn 3 ou

comme on dit quelquefois la Fièvre sautante , laquelle est aussi une maladie périodique, on ne trouvera également qu’une variété de l’action spasmodique et tremblotante. C’est une maladie que j ’ai souvent rencontrée chez les enfants, et je l’ai communément guérie, avec promptitude, par l’emploi des mêmes doses de quelques-uns des remèdes cliro no-thermaux, chacun d’eux agissant mieux dans un cas que dans un autre.

Avec les mêmes agents , prescrits suivant les mêmes principes, j’ai été également heureux dans le traitement de la strié ture de l’urètre , maladie dans laquelle on emploie en général la bougie avec trop peu de discernement. Tout le monde connaît l’influence des bains chauds dans cette affection , et l’on sait aussi quels sont les avantages obtenus par l’usage du fer à l’intérieur. Mais l’immense supériorité de la quinine dans le traitement de la strict ure est bien moins préconisée. Il est toutefois inutile pour moi de fournir à ce sujet des exemples de ma propre pratique, puisque sir Benjamin Brodie a détaillé longuement le cas d’un gentleman affecté de la stricture spasmodique, du troisième type , qui revenait chaque seconde nuit, à peu près à la même heure, et laquelle céda, en ses mains, à l’emploi de la quinine. La marche périodique qui avait lieu dans ce cas indiquait le traitement; mais lorsque cette marche est moins frappante, il suffit de demander au malade s’il

évacue mieux son eau dans un temps que dans un autre; et s’il répond par l’affirmative, on peut être certain que la stricture ne dépend pas de l’épaississement permanent de la membrane muqueuse de l’urètre, mais bien d’une action rémittente et spasmodique de l’appareil musculaire. Si un malade sort d’une chambre chaude pour passer dans une froide, il lui sera impossible, dans le premier moment, d’y lâcher une goutte d’eau. On voit par-là que l’effet d’un changement thermal produit le spasme, et l’on conçoit l’avantage qu’on retire du bain chaud dans le traitement du spasme en général. Dans la grande majorité des cas de stricture, on peut s’épargner de la peine et au malade la torture de la bougie, en traitant la maladie chrono-thermalement, c’est-à-dire si l’on préfère l’intérêt du malade au sien propre ; mais cette dernière manière d’agir est beaucoup plus commune chez les gens malhonnêtes qui infectent la profession, attendu que le mode qui a pour objet de prévenir le retour de la maladie, est bien moins lucratif que celui qui ne soulage que temporairement et exige une plus longue durée de soins.

Venons maintenant à la paralysie.

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