‹ Erreurs dévoilées des physiciens modernes dans l'explication des phénomènesChapitre 20 sur 37 · LIVRE SEPTIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIEME

De la matière lumineuse de certains insectes , de quelque diamans défectueux , du Soleil et des Étoiles.

UivE troisième variété de la lumière, dont on ne s'est pas douté encore , est celle qui paraît dans les vers luisans et les autres animaux phosphoriques. La petite atmosphère des molécules-bases de cette matière lumineuse n'est pas composée d'ignigène, comme celle des lumineuses qui brillent dans la flamme; car dans ce cas elle brûlerait l'animal , puisque ces lumineuses sont réunies en globules; et de plus celles-ci ne pourraient demeurer ainsi réunies , si elles ne recevaient continuellement d'ignigène pour remplacer celui que leur enlèveraient et le corps qui les contient et les corps environnans.

Cette atmosphère n'est pas non plus mélangée d'ignigène et d'oxigène , comme celle des molécules électriques , puisqu'elle ne donne aucun signe d'électricité; mais elle est composée du seul oxigène , qui ne pouvant être soutiré par les files des lumineuses ordinaires , reste uni autour de sa base.

La matière brillante des animaux phosphoriques , étant de la même espèce que celle des électriques , de la flamme, et des lumineuses or-

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dinaires répandues parmi les pores imperceptibles de toutes les substances , ne diffère de ces diverses lumineuses que par la nature de son enveloppe atmosphérique.

Les molécul^^-bases de cette matière lumineuse , se réunissent, se modifient, et prennent l'atmosphère oxigéne dans le lieu qui leur a été assigné par le Créateur , lors de l'animalisation ; tout de même que les molécules de l'eau se constituent en la chair, le sang, et les humeurs de l'animal.

Les lumineuses de ces animaux phosphoriques ont besoin, ainsi que toutes les autres lumineuses , de se réunir en globules pour devenir visibles et brillantes. INIais cette réunion s'opère naturellement dans quelques espèces, telles qu'est celle des vers luisans de nos campagnes ; et dans les autres , elle a besoin de l'intervention de l'animal même ; parce que , ou l'atmosphère des lumineuses phosphoriques de celui-ci , ayant trop d'étendue , a aussi moins de force attractive pour se réunir avec ses semblables à l'instar des opaques , ou les lumineuses ordinaires qui sont dans les pores , ayant une plus grande atmosphère à raison de la nature de l'animal , empêchent celte réunion; il faut donc que l'animal y supplée par ses efforts.

Les mouches lumineuses de la zone torride sont dans ce dernier cas. « Ces mouches , dit » Bernardin de Saint-Pierre dans ses Études de » la Nature^ lancent à la fois, par plusieurs bat- » teraens d'aile réitérés , une douzaine de jets d'un » feu qui éclaire d'une lumière dorée et bleuâtre, » les feuilles et les fruits des arbres où elles se » reposent , puis cessant tout-à-coup leurs mou- » vemens , elles les replongent dans l'obscurité. » Elles recommencent ce jeu alternativement toute

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». la nuit. Quelquefois il s'en détache des essaims )» tout brillans de lumière, qui s élèvent en l'air » comme les gerbes dun feu d'artifice. »

Ce que le repos opère dans ces mouches , le vide le fait à l'égard de nos vers-luisans. En effet, on a observé que ces derniers animaux perdent leur lueur quand on les soumet au vide d;!ns le récipient de la machine pneumatique. La raison de ceci , c'est que la force attractive de la petite atmosphère oxigène des lumineuses de ces vers luisans , n'étant plus aidée par la pression de notre fluide atmosphérique , ne peut plus lutter avec avantage contre la force répulsive de l'atmosphère ignigène des lumineuses ordinaires qui occupent tous les pores ; et par-là l'animal perd son éclat, mais cet éclat reparaît bientôt quand on fait rentrer l'air dans le récipient.

La lumière que , dans l'obscurité , on aperçoit, dit-on, dans quelques diamans défectueux, appartient à cette troisième variété. Cette matière himineuse , si elle exis-te réellement, a été renfermée dans ces sortes de pierres , lors de leur formation et dès l'origine du monde; car le diamant, quoiqu'en disent les physiciens, n'est pas plus que les cailloux une concrétion , ouvrage successif des siècles.

A cette troisième variété, il faut joindre encore la matière lumineuse du soleil et des étoiles. La petite atmosphère des molécules-bases de cette matière est aussi composée d'oxigène ; car si elle l'était d'ignigène , ainsi que les lumineuses logées dans les pores de 1 air et des autres substances , elle se dissiperait dans l'espace comme celle de la flamme. Cette atmosphère est aussi un peu moins étendue que celle des lumineuses de nos vers-luisans , comme l'atmosphère de ceux-ci l'est moins que celle des mouches lumineuses de la

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zone torride. Car dans tous les corps les atmosphères des bases qui les composent ne sont pas toujours semblables , quoique celles-ci aient entre elles la plus grande analogie.

Le soleil n'est pas tout composé de la matière qui le rend resplendissant , car dans ce cas il serait parfaitement spliérique ; parce que cette njatière à demi fluide, comme celle des animaux phosphoriques , ne pourrait prendre d'autres formes, étant coèrcée par la grande atmosphère qui environne l'astre, à l'instar de la nôtre. Or, les observations des astronomes ont prouvé que cette sphéricité n'existait pas. Donc le soleil doit avoir un noyau solide , autour duquel s'est arrangée sa matière lumineuse assez abondante pour couvrir, comme une mer, toute sa surface. Enfin, si l'on consulte l'analogie , on verra que les étoiles doivent avoir aussi un noyau solide.

La matière brillante du soleil et des étoiles n ayant point l'ignigène libre pour l'atmosphère de ses molécules , n'est pas plus brûlante que celle des animaux phosphoriques. Si elle communique de la chaleur aux corps qu'elle éclaire , c'est par la propriété qu'elle possède de solliciter, par son éclat , les opaques de ces corps , et principalement les lumineuses qui sont dans leurs pores, à s'approprier plus d'ignigène que ne comporte leur état ordinaire. Alors cet ignigène qui y a afflué, n'étant là que précairement , se porte sur les substances qui s'en approchent et qui ont un moindre degré de chaleur.

Bailly , dans son Histoire de l'astronomie, pense comme le plus grand nombre des astronomes modernes, que le soleil et les étoiles sont des globes d'un feu liquide toujours en action, semblable à la flamme ondoyante des corps combustibles; que ce feu , tel qu'un grand incendie dont

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la chaleur se propage au loin , consume les matières dures et solides qu'il renferme. Ce qui fait penser ainsi Baiily , c'est que le feu, selon lui, ne se manifeste que lorsqu'il brûle et dévore. On voit ici que cet astronome confond le feu avec la lumière; mais Tun n'est pas Tautre; et quoique presque toujours unis , ils peuvent cependant exister séparément ou sans union. En effet , les mouches lumineuses de la zone torride et nos vers-luisans répandent une vive clarté sans brûler ni communiquer aucune chaleur. Donc un corps peut paraître resplendissant sans se consumer ni causer aucun incendie. Bailleurs un embrasement échauffe d'autant plus qu'on s'en approche de plus près. D'où vient donc que les cimes des montagnes élevées, quoique plus voisines de ce prétendu incendie que la surface de la terre, sont toujours couvertes de neige , et par conséquent moins échauffées que cette surface , et qu'enfin la portion de l'atmosphère où elles se trouvent est moins froide la nuit que le jour , suivant l'observation de plusieurs phvsiciens ; ce qui ne devrait pas être si le soleil , comme un fover embrasé, lançait le feu de son sein. C'est ainsi qu'en faisant passer au creuset d'une saine critique les opinions de nos philosophes modernes , on les trouve fréquemment en contradiction avec les phénomènes les plus simples et les plus avérés.

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