‹ Erreurs dévoilées des physiciens modernes dans l'explication des phénomènesChapitre 22 sur 37 · G4 ERREURS DÉVOILÉES · texte numérisé non relu

G4 ERREURS DÉVOILÉES

sphère des opaques du corps combustible et que le frottement enlève ; car on a vu que les opaques d'une substance pulvérisée ont moins de couches atmosphériques que lorsqu'elles forment un tout compacte et solide. Or, le frottement n'a jamais lieu sans détacher quelques-unes de ces opaques du corps auquel elles sont unies , et les dépouiller ainsi d'une portion de leur atmosphère ignigène.

JSota, Les chimistes les plus modernes , après avoir adopté et soutenu l'opinion de Lavoisier sur la production de chaleur et de lumière lors de la combustion par la fixation de l'oxigène, ont fini par se douter qu'il s'était trompé, et ils ont pensé qu'il était probable que la majeure partie de la chaleur , qui se développe dans la combinaison des corps et les rend incandescens, est due à l'électricité (i). Ces chimistes se trompent encore ; et ce que j'ai dit fait voir qu'ils ne connaissent ni la nature des corps combustibles , ni celle de l'oxigène, et encore moins celle de l'électricité.

Si la philosophie sait tout , comprend tout , comme Va prétendu M. Cousin dans ses Leçons de philosophie.

Je transcrivais l'article qu'on vient de lire et que j'avais rédigé depuis long-temps , lorsque je vis dans le Journal des Débats du i8 avril 1828, que M. Cousin , lors de la reprise de son Cours de Philosophie moderne , avait avancé , dans sa première Leçon , que la philosophie dormait la raison de toutes choses^ quelle comprenait tout. Sans doute, les nombreux auditeurs, qui écoutaient ce discours , durent s'en féliciter, et se dire

( i ) Voyez Tliônard , Ti ailO de Chimie , iN° «3 de la 5* édil.

à eux-mêmes : Soyons , soyons vite philosophes , puisque alors sans beaucoup de peine nous saurons tout , nous connaîtrons tout. Quoi qu'il en soit , beaucoup de génies du premier ordre ne seront point de Tavis de M. le professeur qui a été ici trop munitique envers sa chère favorite ; car le prince des orateurs romains soutient positivement qu'on ne peut concevoir rien de si absurde qui ne soit dit par quelque philosophe. JVihil tam absurde dici potest , quod non dicatur ah aliquo philosophorum.Ce&itucove le sentiment du célèbre Euler , et de Fourcroy , compté parmi nos plus habiles chimistes (i).

On peut bien présumer que M. le professeur n'a été , sans doute , dans cette partie de sa leçon , que l'écho des idées d'autrui , et qu'il n'a point précisément , par lui-même , examiné la matière; car s'il l'eût fait, non point pendant une heure, un jour, un mois, mais durant des années entières, il aurait reconnu que la philosophie de nos jours n'est pas plus heureuse que l'ancienne dans l'explication des phénomènes naturels, et qu'elle ne pourrait pas en citer deux qu'elle eût expliqué d'une manière qui ne s'écartât en rien de la vérité : tant elle sait comprendre tout. Il est vrai qu'elle veut rendre raison de toutes choses; ce qu'elle fait en entassant suppositions sur sophismes qu'elle veut faire passer pour des vérités incontestables, tandis que ce sont autant d'erreurs manifestes. Voilà comment elle sait moissonner dans les sciences , comme elle sait comprendre tout.

(i)Voy. Fonrcroy, Connaissances chiiii.,tora I,p. i3i ,N'22.

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