‹ Erreurs dévoilées des physiciens modernes dans l'explication des phénomènesChapitre 23 sur 37 · LIVRE îsEUYIEME · texte numérisé non relu

LIVRE îsEUYIEME

DE l' E A U.

Erreur des chimistes au sujet de la prétendue décomposition de Veau.

J j'eau est un des élemens qui subit le plus de métamorphoses ; elles sont si nombreuses et si variées, qu'elles cachent souvent sa présence aux yeux des chimistes les plus clairvoyans. Dans son état le plus naturel, ce liquide, comme on sait, couvre une grande partie de la surface du globe, en formant ou les vastes bassins des lacs et des mers , ou ces rivières plus ou moins considérables qui serpentent dans nos plaines. L'eau est encore répandue en grande quantité dans l'atmosphère terrestre , tantôt sous la forme de vapeurs élastiques , tantôt sous celle de nuages et de brouillards. Enfin une partie de l'eau qui des rivières fdtre dans les terres , ou que les nuages versent en abondance du haut des airs , est absorbée par les racines des plantes dans lesquelles elle se change en des substances ou solides ou liquides qui ont différentes propriétés.

Les anciens, regardant l'eau comme une substance simple , l'avaient rangée au nombre des élémens. Les chimistes modernes , trompés par une expérience mal réfléchie, l'ont dépouillée de cette prérogative , et ne l'ont plus considérée que comme un être composé.

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Si par être simple , on entend une substance qui n'ait absolument que des molécules uniformes, sans union avec une autre substance, il faut convenir qu'il n'existe dans la nature aucun être simple , si Ton excepte le gaz oxigène ; car tous ont leurs molécules-bases entourées dune enveloppe atmosphérique , d'une espèce toute différente de celle de la base.

D'un autre côté, si par élément on veut désigner une substance qui dans l'origine ait servi à la formation des corps naturels, dans ce cas il n'y a point d'élément ; parce que les molécules de tout ce qui compose cet univers ont été créées indépendamment Tune de l'autre par l'auteur de toutes choses, et de leur réunion il s'est formé , alors même ou darjs la suite , des agrégés plus ou moins composés. Ainsi par élément on doit entendre, non des substances qui aient concouru à la formation de tous les autres êtres , mais celles qui existent le plus généralement dans la nature ; et dans ce cas on ne saurait refuser à l'eau le titre d'élément.

L'expérience qui a induit en erreur les chimistes est une de celles que fit le célèbre Lavoisier. Ce savant ayant combiné par un procédé ingénieux une certaine quantité de gaz oxigène avec du gaz hydrogène, obtint de l'eau par la combustion de ce dernier fluide élastique. Aussitôt il crut que le liquide aqueux n'était qu'un composé résultant de l'union de l'oxigéne et d'un principe inflammable ou de l'hydrogène , sans se douter que la molécule de l'eau existait encore tout entière dans ce dernier gaz.

En effet , voyons ce qui se passe dans la formation du gaz hydrogène , et choisissons l'expérience la plus simple. Si l'on fait passer de l'eau en vapeur dans un canon de fusil rougi au feu , qu'ar-

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