‹ Erreurs et mensonges historiques (volume 2)Chapitre 11 sur 15 · LES CRIMES DE SAINTE CLOTILDE · texte numérisé non relu

LES CRIMES DE SAINTE CLOTILDE

deClotilde comme argument pour prouver la seconde, et r(!venons h la question principale. Nous ne sommes pas à bout d'invraisemblances. Remarquons d'abord que cette femme si vindicative oublie sa vengeance, tout le temps de la vie du coupable. On ne voit pas qu'elle ait excité son mari contre le roi burgonde. Les occasions ne manquèrent pas cependant. Ainsi elle aurait pu l'engager h ne pas accorder la paix à Gondebaud enferme dans Avignon et à poursuivre à outrance ce meurtrier de sa famille. On ne voit pas, non plus, qu'elle se soit opposée au bon accueil que fit Clovis à cet Arédius, qui avait voulu empêcher son mariage el l'avait fait poursuivre par les troupes burgondes. C'est bien extraordinaire chez une femme pleine de ressentiment. Une autre occasion favorable se présenta d'exciter Clovis contre Gondebaud, quand celui-ci, violant les traités, refusa de payer le tribut au roi franc et s'empara des États de Godegisel. Bien plus, Clotilde oublia sa vengeance jusqu'à laisser Clovis faire alliance, en 507, avec Gondebaud contre Alaric.

Et voilh que, tout h coup, cette vengeance qui sommeillait depuis trente ans, en face pour ainsi dire de celui qui devait l'exciter, cette vengeance se réveille après la mort du coupable, et prend pour but de ses fureurs un innocent. Singulière et bizarre colère ! Clotilde laisse en paix celui qui a versé le sang de son père et de sa mère, et c'est sur le fils étranger au crime, c'est sur saint Sigismond qu'elle lance les impétueux bataillons des trois rois francs !... Clotilde alors n'est plus seulement vindicative, — elle est odieuse, atroce, insensée. A-t-on bien réfléchi h tout cel.i? A-t-on bien vu toutes les absurdités qu'il fallait admeUre ?

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