‹ Erreurs et mensonges historiques (volume 2)Chapitre 8 sur 15 · LES CRIM,KS DE SAINTE GLOTILDE · texte numérisé non relu

LES CRIM,KS DE SAINTE GLOTILDE

Personne n'a cherché à repousser ex professo L'accusation portée par Grégoire de Tours contre sainte Clolilde, d'avoir armé ses fils contre Sigisniond. Presque tous les historiens ont reproduit, sans sourciller, cette accusation incroyable; quelques-uns même, avec un certain phiisir antireligieux, qu'on peut bien appeler antipatriolique.

M. Henri Martin (1), qui reconnaît dans sainte Clolilde un esprit de vengeance aveugle et implacable, se garde de mettre en doute le fait. Un.écrivain célèbre, quoique animé d'un tout autre esprit, César Cantù, le raconte sans exprimer, lui aussi, le moindre doute (2). Les auteurs ecclésiastiques en font autant pour la plupart. Fleùry cependant l'omet tout à fait; il ne dit pas uii' mot du prétendu discours de Clotilde à. ses fils. Par son silence, il montre qu'il ne croit pas au discours de Grégoire de Tours, puisque, dans cet endroit même, il cite, en marge, le vieux chroniqueur comme une des sources où il a puisé. Le baron Henrion, dans l'Histoire de l'Église, suit le sentier battu, tout en insinuant, comme circonstance' atténuante, que Clotilde voulait revendiquer par les armes de ses fils ses droits sur la Burgondie. jNous ne voyons pas nori plus que le savant abbé Gorini ait cherché à réfuter les historiens qui ont copié Grégoire de Tours. Il semble, au contraire, admettre comme eux le fait raconté dans l'Histoire des Francs (3).

A notre connaissance, un seul écrivain s'est arrêté un peu sur ce sujet, en consacrant quelques lignes à com-

(1) Histoire de France, 1" édiiion, t. II p. 6

(i) Histoire universelle, tome VII, p.Sv'S, 2c édition française. (F. Didot, 1857.) (3) Gorini, Défense de l'Eglise, etc. (2e édition), 1. 1, p. 359,

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}attre les assertions du chroniqueur du vi® siècle : c'est tf. du Roure, auteur de l'Histoire de Théodoric le Grand (I).

Nous n'avons pas nous-mème la prétention de traiter à 'ond cette question historique. Nous allons présenter ici juelques considérations, parmi lesquelles nous développerons les deux ou trois raisons indiquées par M. du ioure dans le ne chapitre du VIP livre de son Histoire du •ci d'Italie.

Il est bon de mettre ici sous les yeux le texte de Gréjoire de Tours : a La reine Clotilde, s'adressant à Glodonir et à ses autres fik, leur dit :

— a Que je n'aie point à me repentir, mes très-çhers, le vous avoir nourris avec tendresse : qu« votFe indignaion, je vous prie, ressente mon injure, et mettez un zèle irdent à venger la mort de mon père et de ma mère. »

« Eux, ayant entendu ces paroles, se dirigent vers la Bourgogne et marchent contre Sigismond et son frère

odomar (2). »

Ce qui frappe d'abord dans ce récit, dit avec raison 4. l'abbé' de Barrai, c'est son invraisemblance. L'action 'eprochée à sainte Clotilde parait bien extraordinaire, oit que l'on considère le caractère de la personne à laquelle on l'impute, soil qu'on s'arrête aux circonstances }ui accompagnent celte étrange démarche de la veuve de jlovis.

Clotilde n'est pas une femme ordinaire; des vertus hé- •oïques l'ont fait élever au rang des saints; et c'est cette jure auréole que l'on veut voir ternie par des sentiments i opposés aux premières règles de la morale évangéiique.

V) «840, f. [I, p. îio.

(% ilut. ceci. Franc, lib. ill, cap. ^,

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