‹ Erreurs sociales et maladies moralesChapitre 78 sur 93 · Delacroix, loc. cit · texte numérisé non relu

Delacroix, loc. cit

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point méprisable ; elle est un de ces grands états qui traduisent l'attitude d'ensemble de l'homme, sa réaction la plus personnelle à l'univers, » Les grands mystiques rejoignent sur les hautes cimes les génies les plus puissants de l'humanité.

L'hystérie chez les animaux.

Un problème curieux serait de connaître si l'hystérie existe chez les animaux.

Il ne semble pas y avoir unanimité d'opinion sur ce point ; certains admettent que Thystérie est surtout répandue sur les animaux de race. M. Edmond Blanc, qui possède la plus belle écurie de course du monde entier, estime au contraire que l'hystérie — j'entends le nervosisme avec ses tares — fait absolument défaut chez les chevaux de sang. Chose curieuse, la consanguinité si lourde de méfaits apparents chez l'homme, demeure exempte d'inconvénients chez le cheval. M. Edmond Blanc nous a montré la généalogie des chevaux de sang remontant au premier tiers du xviii® siècle ; tous les ascendants sont connus ; des croisements entre proches sont fréquemment opérés; les tares demeurent absentes. Autre constatation : les défauts, quand ils existent, proviennent de la mère ; les qualités semblent fournies par le père.

La valeur d'un cheval, en tant que bête future de course, est annoncée dès les premiers mois par

l'intensité de ses réactions nerveuses. On frôle du coude un jeune poulain. Si un violent soubresaut de l'animal, voire une ruade, ne répondent pas immédiatement à l'agacement du contact, la bête, si bien bâtie soit-elle, ne deviendra jamais qu'un coursier très médiocre (M. E. Blanc). L'apathie chez rhomme se concilie parfois avec une intelligence déliée et fine. L'animal apathique ne sera jamais qu'une rosse.

Il est à noter que l'impressionnabilité de l'animal, cette sensibilité aiguë qui le fait se hérisser à la moindre caresse un peu brusque, n'aboutit jamais chez les chevaux de sang à l'hystérie, je veux dire à l'incohérence des mouvements, aux paralysies passagères, contractures, à l'indiscipline systématique. Le dressage intervient pour arrêter l'apparition de ces désordres. Sans dressage, qu'adviendrait-il? Les documents manquent quelque peu, tous les chevaux de sang ayant passé par une période oii leur impulsivité native a été réfrénée par des essais d'éducation et de discipline. Il semble toutefois que l'animal abandonné à luimême voit plutôt se détendre en lui peu à peu les qualités de ressort énergique et prompt qu'il avait apportées à sa naissance. Il deviendrait une bête vulgaire, sans relief, m'ont assuré plusieurs vétérinaires.

Les chiens de race — moins entraînés en vue d'un but spécial — semblent plus que les chevaux

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exposés au tumulte des impressions incohérentes et brusques. L'éducation fait plus aisément défaut. Cependant Thystérie ne s'installe pas. Selon Dex- 1er', le chien, pas plus que l'homme idiot, ne peut être atteint d'hystérie ; pour devenir hystérique, il faut posséder la faculté de former des associations d'idées complexes. Inutile d'ajouter que Tidiot et le chien sont parfaitement incapables d'une semblable besogne. Les crises nerveuses qui atteignent le système nerveux des chiens ne s'observent guère en dehors des maladies infectieuses, du parasitisme, des troubles épileptiformes d'origine choréique ou traumatique. M. Cadiot, professeur à l'École vétérinaire d'Alfort, à l'obligeance duquel nous devons les renseignements qui précèdent^, nous a communiqué un autre travail surThystérie chez le chat. Ici les conclusions sont toutes différentes. L'auteur, M. Grobon -, note comme signes d'hystérie les crises nerveuses, les paralysies partielles, les contractures musculaires. Ce sont surtout les femelles qui sont atteintes et les tout jeunes animaux ; ils présenteraient, en plus des anesthésies partielles, des zones spasmogènes, une diminution du réflexe pharyngien. Tout cela guérirait par la castration. Si nous nous en rapportons aux travaux autorisés de M. Dexler, rien n'est moins assuré qu'une semblable affirmation.

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