Cité par Rostand, J. des Débats, 15 janvier
intérieur de réprobation contre le crime^ ils ne l'ont point entendu. A qui la faute, sinon au système d'éducation déplorable dont nous nous glorifions. Il est beau de prôner une morale sans obligation ni sanction. Elle ouvre la voie large aux appétits et avec l'accession aux suprêmes honneurs de tous les arrivistes sans scrupule, c'est là son résultat le moins contesté.
Les demi-fous accomplissent leur délit ou leur crime par impulsion exagérée, que celle-ci provienne de la faculté de vibration trop intense de leur système nerveux ou de l'absence de sourdine, une éducation défectueuse n'ayant prévu aucun remède à cette amplification désordonnée des sollicitations passionnelles. Dans les deux cas le criminel bénéficierait des circonstances atténuantes si la société n'avait pas le devoir de se défendre. On guillotinera le misérable, mais son exécution n'annihilera pas la responsabilité des culpabilités premières, celle des parents d'abord et de l'Etat ensuite, les premiers s'ils lui donnent le mauvais exemple, le second en organisant une instruction morale en contradiction avec la psychologie des | sentiments et, de ce fait, inefficace.