‹ Éruptions IodiformesChapitre 11 sur 20 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

due à M. le docteur Trousseau

Il s’agit d'un enfant de 11 ans, atteint à la paupière supérieure gauche, d'une ulcération vraisemblablement hérédosyphililique, haute de 18 millimètres, large de 23, lors de mon premier examen.

Après avoir pratiqué la suture des paupières, pour éviter la rétraction cicaitricielle, je pansai la partie ulcérée avec de Viodoforme finement pulvérisé, je recouvris le tout de coton hydrophile et d’une bande de tartalane imprégnée d'eau boriquée au 4/100. Le lendemain matin, je revis l'enfant, qui me parut être dans un état alarmant:il n'avait pas dormi de Ja nuit, n'ayant cessé de souffrir depuis l’application du pansement qui était souillé de sérosité visqueuse. Toute la partie gauche de la faceétait rouge, tuméfiée depuis l’implantation des cheveux jusqu’au bord du maxillaire inférieur, depuis le nez jusqu'à l'oreille. La peau était violacée, tendue semée, de place en place, de‘phlyctènes, dont quelques-unes avaient crevé, laissant échapper de la sérosité gluante; la limite du mal était tracée par un bord saillant, un ganglion sous-maxillaire était engorgé. La plaie n’avait pas mauvais aspect, la suture des paupières tenait, bien.

J'eus l'impression qu'il s'agissait d'un début d’érysipèle, et je demeurai étonné de la rapidité et de l'intensité du processus.

La mère du malade ne paraissait guère inquiète, et sehâta de me dire que semblable accident élait déjà arrivé à l'en-

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fant à la suite d'un pansement ordonné par un confrère avec la même poudre jaune, et que tout avait cessé avec l’emploi du remède.

Je fis un soigneux lavage des parties malades avec de l'eau boriquée, et je me conteai d'appliquer sur la plaie du lin boraté et du coton hydrophile bien désinfectés à l’étuve sèche.

Le lendemain matin, l'enfant n'avait plus souffert et tous les phénomènes avaient disparu comme par enchantement ; à peine restait-il quelques traces de l'orage de la veille.

Je continuai mes pansements, tantôt avec de l'eau boriquée, tantôt avec du sublimé, tantôtavec de l’eau phéniquée, et jamais je n'observai le moindre accident; l'ulcère se cicatrisait à vue d'œil (grâce aussi au trailement général antisyphililique) la suture palpébrale était solide.

Toutefois, alors que trois semaines après l’ulcère était réduit de moitié, je remarquai un temps d'arrêt dans la cicatrisation, et je voulus, de nouveau, avoir recours à l'iodoforme, que je croyais, à cause du peu d’étendue de la surface malade, ne plus devoir produire d’accidents. Je saupoudrai la plaie et j'engageaila mère à me ramener l'enfant le soir même. [l était midi quand je terminaile pansement, et à quatre heures le malade était chez moi, déjà fort souffrant et présentant un gonflement érysipélateux notable des bords et du voisinage de l’ulcère. Inutile de dire que je ne renouveläi pas expérience et que mon malade guérit sans iodoforme.

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OBsERvATION IV

due à l'obligeance de M: le docteur Schwartz.

G... Pierre, âgé de 79 ans, menuisier, entré salle Desprès n° 14, cataracte sénile.

Début il y a 3 ans environ par l’œil droit.

OEï droit : cercle sénile autour de la cornée, opacité complète du cristallin.

OEï1] gauche : cercle sénile, cataracte à trois branches.

Opération : opéré de la cataracte à l'œil droit le 22 février 1889, lavage de l’œil au biodure de mercure. Grand lambeau cornéen par transfixion. Le cristallin sort avec facilité, mais à ce moment on constate le ramollissemeut du corps vitré qui vient faire irruption dans la chambre antérieure.

Pansement : on enduit les paupières de vaseline iodoformée. Rondelles de ouate. Le tout fixé par une bande de flanelle.

22 février : t. 37°7.

23 février : t. 8707,

Le malade se plaint d’une douleur qu'il localise à son œil

opéré.

94 février : t. 3702.

25 février : t, 87°

Ouverture du pansement. Tuméfaction de la région palpébrale sourcilière qui est recouverte d’une éruption pustu-

pd 7 AE leuse confluente, due à l’irritation produite par la vaseline iodoformée. Conjonctive rouge fortement injectée. On cesse le pansement iodoformé que l’on remplace par la vaseline boriquée et des compresses boriquées. En peu de jours la tuméfaction disparut sous l'influence de l’application de compresses boriquées tièdes.

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