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ETUDE CLINIQUE ET FORMES DES ERUPTIONS IODOFORMIQUES

Les lésions cutanées dues à l'iodoforme peuvent être rangées sous la dénomination de Dermatites qu'on peut diviser d'après leur fréquence en: erythème, eczéma, purpura.

Avant de commencer l'étude de ces différentes formes cliniques, nous ne pouvons passer sous silence certains accidents attribués à l'emploi de l’iodoforme.

Nous voulons parler de l’érysipèle. Malgré les affirmations formulées par Gorges et principalement par Schéde nous ne pouvons admettre que l'icdoforme puisse devenir un facteur de l’érysipèle.

Ce dernier auteur observa en trois mois trente-neuf cas avec quinze décès dans son service, parmi lesquels dixsept cas et six décès revenaient à l’iodoforme.

La forme était grave comme on le voit. Absolument réfractaire aux moyens abortfs, elle aboutissait rapidement à la pyohémie métastatique, ce qu'il n'avait pas vu depuis 4875. À ceux-ci nous répondrons pure coincidence, et comme le fait observer Berger, il est permis de supposer que « trop confiants dans un antiseptique efficace, certains

chirurgiens ont négligé d'autres conditions ‘essentielles à la guérison des lésions opératoires. » |

Küster dit encore avoir observé de véritables phlegmons iodoformiques occasionnés par la présence de paillettes . d'iodoforme entre les lèvres d’une plaie. Falkson dit avoir été témoin d’un pareil fait. Mais ces accidents n'étaient-ils pas imputables à quelque faute contre l’antisepsie ? Cependant nous devons dire que certains chirurgiens, et entre autre Lucas Championnière attribuent à la poudre d'iodoforme une certaine action irritative qui pourrait retarder la cicatrisation des plaies: ce fait s'observe, surtout dans les plaies de la parotomie.

Erythème iodoformique.

Si nous consultons le tableau dressé par Taylor, nous voyons que l’érythème occupe le premier rang parmi les formes éruptives.

Sur une statistique de 24 cas, on trouve 14 cas d’éruption érythémateuse. Quel est son siège de prédilection? Quelles sont ses formes? Qu'elle est sa date d'apparition ? Telles sont les questions que nous avons à résoudre; et d'abord, à quelle époque apparaît l'éruption après l'application de l’antiseptique ? Nous voyons que dans 10 cas l'apparition de l'exanthème ne se fit pas attendre au delà de 2 heures: dans l'observation recueillie chez Lucas Championnière à la suite d’une application de poudre antiseptique (mélange d'iodoforme,d eucalyptus et de benjoin) sur une escharre au

Pope sacrum une demi-heure à peine s'écoulaentre l'application du topique et l'apparition d'un exanthème formidable. Dans deux autres cas l’éruption tarda 14 jours. . Deux cas 12 jours et un cas 10 jours.

La conclusion qui se dégage de l’ensemble de ces faits est que rapide est l'absorption du poison, rapide aussi ses effets sur la nutrition de la peau.

Nous avons vu que l'acte simple de respirer de l'iodoforme sans contact aucun suffit pour déterminer des aceidents.

Quel est le mode d'invasion de ces érythèmes ? Ils peuvent se propager du foyer en contact avec la poudre, s’étendre à certaines parties du corps, ou se généraliser.

Dans d’autres cas l’éruption éclate d'emblée sur un point éloigné de la plaie. Disons cependant que ce dernier mode d'invasion est le moins fréquent.

La question de savoir s'il existe des symptômes généraux associés à l’exanthème présente un certain intérêt: dans 4 cas nous trouvons un cortège symptomatique constitué par de l’anorexie, de la fièvre avec céphalalgie, vomissements, délire léger, et urines albumineuses.

1 faut dire que ces accidents généraux sont le plus souvent de peu d'importance comme nous le verrons au pronostie; quant aux formes cliniques sous lesquelles se présente l’érythème, elles sont nombreuses.

Il faut d'abord signaler les cas légers d'intoxication locale survenant aux mains des infirmiers, des individus employés à la fabrication de la gaze iodoformée.

lei, pas de symplômes caractéristiques capables de fre

disunguer ces éruptions de celles dues à certains médicaments tels que moutarde, goudron. Mais si nous entrons dans l'étude des intoxications plus graves, nous trouvons alors toutes les formes de l’érythème.

Le plus souvent, nous avons affaire à la forme papuleuse. :

Dans ces cas, sur un fond rouge se détachent des plaques un peu élevées, légèrement dures, siège de vives démangeaisons.

Dans une de nos observations, recueillies dans le service du docteur Roque à l'hôpital Tenon, nous trouvons ces caractères nettement dessinés.

C’est encore la forme observée dans un cas rapporté par Trèves, dans deux cas de Janowsky. Le Dentu, Wille et Reidtmann en ont rapporté chacun une observation.

Cette forme est rarement accompagnée de symptômes généraux : Dans un cas cependant, observé chez Lucas- Championnière, la température se maintint à 40° pendant deux jours.

Par ordre de fréquencé, nous trouvons l'érythème scarlatiniforme mentionné dans deux cas appartenant à Taylor.

La dénomination seule suflit pour indiquer les earactères de cette variété.

Au chapitre du diagnostic, nous verrons qu'il est important d’être renseigné sur les faits de cette nature pour éviter une méprise grossière.

La forme érysipélatoïde caractérisée par une rougeur diffuse, une tuméfaction de la peau appréciable au toucher est des plus importantes à connaitre.

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